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Idéalement, les nouveaux vaccins inclus dans les programmes subventionnés par l'État devraient être administrés en même temps que les autres vaccins afin d'augmenter le niveau de couverture et de minimiser les coûts d'administration. L'utilisation concomitante de Men4-DT avec la formulation pour adulte du vaccin tétanos-diphtérie (dT) a été évaluée et aucune interaction négative significative n'a été observée (Sanofi Pasteur ltée, 2006). Il s'agissait de la plus importante association à étudier à cause de la présence d'anatoxine diphtérique dans les deux produits. Il n'existe présentement aucunes données sur l'administration concomitante de Men4-DT avec d'autres vaccins présentement offerts aux adolescents au Canada, y compris DCaT, l'hépatite A et B et le papillomavirus.
Les programmes de vaccination contre la MI devraient avoir les buts suivants : i) prévenir l'occurrence d'éclosions ou d'épidémies, ii) contrôler les éclosions ou épidémies qui n'ont pu être évitées, iii) prévenir les cas sporadiques et iv) prévenir les cas secondaires chez les personnes en contact étroit avec les cas de MI.
Tel que présenté au tableau 1, la vaccination contre les infections méningococciques du sérogroupe C est incluse dans les calendriers d'immunisation de toutes les provinces et tous les territoires canadiens. Pour l'immunisation primaire, la recommandation la plus fréquente est l'administration d'une simple dose de vaccin conjugué contre le type C (C-CMV) à 12 mois (en vigueur au Nouveau-Brunswick, à Terre-Neuve-Labrador, en Nouvelle-Écosse, à l'Île-du-Prince-Édouard, au Québec, en Ontario, en Saskatchewan et au Nunavut). L'immunisation primaire avec trois doses précoces (2, 4 et 6 mois) a été recommandée en Alberta, mais ce calendrier a été modifié récemment en faveur de l'administration de la troisième dose à 12 mois. Un calendrier de deux doses est en place en Colombie-Britannique (2 et 12 mois), au Yukon (2 et 6 mois) et dans les Territoires du Nord-Ouest (2 et 4 mois). Enfin, une seule dose à 12 mois avec vaccination de rattrapage en 4e année du primaire est en vigueur au Manitoba. Cette stratégie est justifiée par la situation épidémiologique de 2004. La vaccination de rattrapage avec calendriers variables existe dans la plupart des juridictions. En Alberta et au Québec, les campagnes d'immunisation massive rendent superflues toute vaccination de rattrapage.
| Immunisation primaire | Rattrapage (1 dose)* | |
|---|---|---|
| Provinces | ||
| Alberta | 3 doses : 2, 4 et 12 mois |
Une campagne de vaccination massive a été menée en 2000-2002, ciblant la population des 2 -24 ans, et les vaccins polysaccharidiques méningococciques ont été utilisés. Par la suite, les vaccins conjugués contre le sérogroupe C ont été utilisés pour les moins de 2 ans. |
| Colombie-Britannique | 2 doses : 2 et 12 mois |
1 dose en 6e année |
| Manitoba | 1 dose à 12 mois | 1 dose en 4e année |
| Nouveau-Brunswick | 1 dose à 12 mois | 9e année (Menactra) |
| Terre-Neuve et Labrador | 1 dose à 12 mois | 4e année et 9e année |
| Nouvelle-Écosse | 1 dose à 12 mois | 7e année et entre 14 et 16 ans |
| Ontario | 1 dose à 12 mois | 7e année et entre 15 et 19 ans |
| Île-du-Prince-Édouard | 1 dose à 12 mois | 9e année (Menactra)) |
| Québec | 1 dose à 12 mois | Une campagne de vaccination massive a été menée en 2001, ciblant la population des des 2 mois à 20 ans, utilisant principalement un vaccin conjugué de type C. |
| Saskatchewan | 1 dose à 12 mois | Entre 4 et 6, 6e année |
| Territoires | ||
| Territoires du Nord-Ouest | 1 dose à 12 mois | Une campagne de vaccination massive a été menée en 2004, ciblant tous les individus d'âge scolaire avec un vaccin conjugué de type C. Rattrapage jusqu'à 5 ans. Dépistage et rattrapage en 9e année |
| Nunavut | 1 dose à 12 mois | Entre 14 et 16 ans |
| Yukon | 2 doses: 2 et 6 mois |
Rattrapage en 9e année; étudiants post secondaires quittant l'école et/ou non vaccinés.. |
* Un vaccin conjugué monovalent contre le sérogroupe C est utilisé pour le rattrapage, sauf à l'Île-du-Prince-Édouard et au Nouveau-Brunswick où on utilise Men4-DT.
L'utilisation de Men4-DT n'a pas été autorisée pour les moins de 2 ans et, dans ce groupe d'âges, la réponse immunitaire est faible, notamment pour les antigènes C, Y et W135 (Rennels et coll., 2002). Au Canada, la première augmentation de l'infection méningococcique survient vers l'âge d'un an et est causée principalement par le sérogroupe C (figure 1). De plus, aucune province ou aucun territoire n'applique une vaccination systématique à 2 ou 3 ans. Pour toutes ces raisons, Men4-DT ne devrait pas être utilisé pour la vaccination primaire contre le sérogroupe C chez les jeunes enfants. La vaccination primaire devrait plutôt utiliser un vaccin conjugué monovalent contre le sérogroupe C prévoyant une dose à 12 mois, ou éventuellement plus tôt avec une ou deux doses et dose de rappel au cours de la deuxième année (De Wals et coll., 2006).
Au Canada, l'indication préférée d'utilisation de Men4-DT consiste à vacciner les adolescents à l'âge de 12 ans, soit juste avant l'augmentation de l'incidence de la MI qui survient à 13 ans. Pour les adolescents qui n'ont pas été vaccinés auparavant, il s'agirait d'une vaccination primaire. Pour ceux qui ont déjà été vaccinés au C-MCV en bas âge, il s'agirait d'une dose de rappel contre le sérogroupe C et d'une vaccination primaire contre les sérogroupes A, Y et W135. Les résultats des études épidémiologiques au Royaume-Uni et en Espagne indiquent que la baisse progressive de la protection durant les années qui suivent la vaccination primaire d'un vaccin conjugué contre le sérogroupe C est plus prononcée si la vaccination primaire a eu lieu en bas âge (Trotter et coll., 2004; Larrauri et coll., 2005). La modélisation de l'efficacité relative des divers calendriers de vaccination semble indiquer que la revaccination vers l'âge de 12 ans est utile quand la baisse de la protection assurée par une vaccination primaire en bas âge est égale ou supérieure à 3 % par année (De Wals et coll., 2006). Pour la protection contre le sérogroupe C, l'ajout d'une revaccination environ 10 ans après la vaccination primaire pourrait prolonger la durée de la protection. D'ailleurs, les concentrations observées d'anticorps bactéricides contre le sérogroupe C sont 35 fois plus grandes un mois après la revaccination avec Men4-DT qu'après la vaccination primaire (Pichichero et coll., 2005; El Bashir et coll., 2006).
Tout comme le vaccin conjugué contre le sérogroupe C, Men4-DT déclenche probablement l'apparition d'anticorps des muqueuses (Zhang et coll., 2000; Zhang et coll., 2002). Par conséquent, la vaccination d'une importante proportion d'adolescents pourrait réduire sensiblement la transmission des souches pathogènes dans toute la population puisque la prévalence du portage de N. meningitidis est à son maximum dans ce groupe d'âge (Cartwright, 1995). Au Royaume-Uni, à la suite de la campagne d'immunisation massive au moyen de C-MCV (atteignant 81 % de la population âgée de 18 ans et moins), le portage observé du sérogroupe C a été réduit de 4,5 % à 1,5 % chez les étudiants de 15 à 17 ans (Maiden et coll., 2002), alors que l'incidence de la MI du sérogroupe C a diminué de 52 % dans la partie non vaccinée de la population cible (Ramsay et coll., 2003). Il n'existe aucunes données épidémiologiques concernant l'immunité collective induite par un programme de vaccination systématique lorsque seulement une ou deux cohortes sont vaccinées à chaque année. Trotter et ses collègues (2005) ont élaboré un modèle de simulation dynamique de l'infection méningococcique et de la méningococcie. Ce modèle prédit l'effet indirect maximal quand des adolescents sont immunisés par un vaccin antiméningococcique conjugué. Cet effet d'immunité collective pourrait être passablement important après une revaccination contre le sérogroupe C et pourrait empêcher de nouvelles éclosions. En ce qui a trait aux autres sérogroupes, l'immunité collective serait induite par la vaccination des adolescents au Men4-DT, mais un groupe de sujets sensibles persisterait chez les enfants et les adultes plus âgés.
Advenant l'autorisation d'administrer aux enfants de moins de 2 ans un vaccin conjugué quadrivalent antiméningocoque qui démontrent une réaction immunitaire non inférieure au vaccin polysaccharidique contre le sérogroupe C comparativement aux vaccins monovalents contre le sérogroupe C présentement disponibles, la stratégie idéale serait de faire la transition vers l'utilisation exclusive du produit quadrivalent tant pour la vaccination primaire (utilisant soit une dose à 12 mois, soit une ou deux doses avant un an avec injection de rappel au cours de la deuxième année) que pour l'injection de rappel chez les adolescents (idéalement à 12 ans).
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