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ARCHIVÉ - Surveillance accrue des mÉningococcies invasives au Canada : du 1er janvier 2002 au 31 dÉcembre 2003

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Relevé des maladies transmissibles au Canada

le 15 avril 2006  Volume 32  Numéro 08

[Table des matières] [Prochaine]

La méningococcie invasive (MI) est une maladie à déclaration obligatoire à l'échelle nationale au Canada depuis 19241. La Division de l'immunisation et des infections respiratoires, Centre de prévention et de contrôle des maladies infectieuses, publie des rapports de surveillance accrue des MI depuis 1995 2-5. Le présent rapport de surveillance fournit des renseignements sur les MI pour la période s'étendant du 1er janvier 2002 au 31 décembre 2003.

Méthodologie

À compter du 1er janvier 2000, les cas cliniques de MI ne sont plus déclarés à l'échelle nationale. La définition de cas pour la période visée par la présente publication est la suivante:

Cas confirmés : maladie invasive* avec confirmation en laboratoire de l'infection :

  • isolement de Neisseria meningitidis dans un prélèvement habituellement stérile (sang, liquide céphalorachidien [LCR], liquide articulaire, pleural ou péricardique)

  • mise en évidence de l'antigène de N. meningitidis dans le LCR.

Les ministères provinciaux et territoriaux de la Santé fournissent à l'Agence de la santé publique du Canada (ASPC) des données épidémiologiques non nominatives sur tous les cas de MI répondant à la définition nationale de cas. Les laboratoires provinciaux et territoriaux de santé publique et/ou d'hôpitaux transmettent les isolats de N. meningitidis au Laboratoire nationale de microbiologie (LNM) à Winnipeg pour une confirmation du sérogroupe et des études bactériologiques plus poussées (sérotypage et sous-typage pour tous les isolats et électrophorèse enzymatique multilocus pour toutes les souches appartenant au sérogroupe C). Un appariement probabiliste est effectué pour coupler les données épidémiologiques et les données de laboratoire. L'appariement se fait à l'aide des variables suivantes : province/territoire, date de naissance (ou âge), sexe, date d'apparition de la maladie et sérogroupe (si les données sont disponibles). En 2002 et 2003, la Colombie-Britannique, l'Alberta et le Québec ont transmis pour chaque cas des données qui avaient été couplées au préalable à des données de laboratoire. Les données sont entrées dans la base de données Access (v2000) et analysées à l'aide du logiciel SPSS (v12.0).

Les estimations démographiques pour les provinces et territoires (PT), basées sur le recensement de 20016, ont été fournies par Statistique Canada. Ces estimations ont servi au calcul des taux d'incidence. Tous les taux d'incidence sont exprimés pour 100 000 habitants par année. Nous avons utilisé des tests du chi carré, des tests t ou le test H non paramétrique de Kruskal-Wallis pour vérifier les associations entre les variables.

Au moment de mettre sous presse, l'ASPC ne dispose pas d'une méthode systématique de collecte de l'information sur les éclosions de MI au Canada. Afin d'avoir une idée du nombre d'éclosions de MI durant la période de surveillance visée, nous avons envoyé en mai 2005 un questionnaire électronique à des représentants pour les MI dans toutes provinces et tous les territoires.

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Résultats

Nombre de cas

En 2002 et 2003, les provinces et les territoires ont signalé 214 et 171 cas de MI, respectivement; dans 85 % et 92 % de ces cas, les données ont pu être appariées à des données de laboratoire (33 cas et 13 cas n'ont pas été appariés).

Le LNM a fait état de 19 autres cas en 2002 et de 20 autres cas en 2003 qui ne pouvaient être appariés à ceux signalés par les PT (14 de l'Ontario, huit de l'Alberta, six du Québec, cinq de la Colombie-Britannique, trois du Manitoba et un chacun du Nouveau-Brunswick, de la Nouvelle-Écosse et de Terre-Neuve). Le nombre total de cas pour 2002 et 2003 était donc de 233 et de 191, respectivement. Les tableaux 1 et 2 présentent des données détaillées sur l'incidence, les taux de létalité (TL) et le sérogroupe selon le groupe d'âge et l'année. Les figures 1 et 2 donnent un aperçu du nombre annuel de cas et des taux d'incidence par PT pour 2002 et 2003. Ces taux peuvent être instables en raison des petits nombres.

Incidence

Les taux d'incidence de la MI en 2002 et 2003 s'établissaient à 0,74 et 0,6 pour 100 000 habitants, respectivement. La figure 3 présente le nombre annuel de cas et les taux d'incidence depuis 1985.

Sexe

Les femmes représentaient 51 % et 49 %, respectivement, des cas de MI en 2002 et 2003.

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Tableau 1. Données sur l'incidence, la létalité et le sérogroupe pour la MI selon le groupe d'âge, Canada, 2002

Groupe d'âge, ans

< 1

1-4

5-9

10-14

15-19

20-24

25-64

65+

Age inconnu

Total

Nbre de cas

21

31

6

12

39

27

62

33

2

233

Taux d'incidence pour 100 000

6.40

2.22

0.30

0.57

1.83

1.25

0.36

0.82

n.d.

0.74

Nbre de décès

2

3

2

0

2

2

7

3

0

21

Rapport de létalité (%)

9.52

9.68

33.33

0.00

5.13

7.41

11.29

9.09

n.d.

9.01

Taux de mortalité pour 100 000

0.61

0.21

0.10

0.00

0.09

0.09

0.04

0.07

n.d.

0.07

Nbre de cas du sérogroupe B

16

19

1

5

15

10

16

9

1

92

Nbre de cas du sérogroupe C

1

7

1

1

12

15

37

6

0

80

Nbre de cas du sérogroupe Y

3

0

1

5

7

0

7

15

1

39

Nbre de cas d'autres sérogroupes (p. ex.,W135, X, non groupables)

0

2

1

0

2

1

1

2

0

9

Nbre de cas sans données sur le sérogroupe

1

3

2

1

3

1

1

1

0

13

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Tableau 2. Données sur l'incidence, la létalité et le sérogroupe pour la MI selon le groupe d'âge, Canada, 2003

Groupe d'âge, ans

< 1

1-4

5-9

10-14

15-19

20-24

25-64

65+

Total

Nbre de cas

20

23

8

7

41

20

42

30

191

Taux d'incidence pour 100 000

6.07

1.67

0.41

0.33

1.93

0.91

0.24

0.74

0.60

Nbre de décès

2

2

0

1

3

4

6

5

23

Rapport de létalité (%)

10.00

8.70

0.00

14.29

7.32

20.00

14.29

16.67

12.04

Taux de mortalité pour 100 000

0.61

0.14

0.00

0.05

0.14

0.18

0.03

0.12

0.07

Nbre de cas du sérogroupe B

16

13

4

3

14

11

14

6

81

Nbre de cas du sérogroupe C

1

4

3

1

16

5

15

2

47

Nbre de cas du sérogroupe Y

0

1

1

3

7

3

10

16

41

Nbre de cas d'autres sérogroupes
(p. ex., W135, X, non groupables)

3

5

0

0

2

1

1

6

18

Nbre de cas sans données sur le sérogroupe

0

0

0

0

2

0

2

0

4


Distribution selon l'âge

En 2002, l'âge médian des cas de MI était de 21 ans (intervalle de 0 à 97 ans), et 25 % des cas étaient âgés de < 9 ans. Les taux d'incidence étaient les plus élevés chez les enfants : les nourrissons de < 1 an et les enfants de 1 à 4 ans affichaient des taux de 6,40 et de 2,22 cas pour 100 000 habitants, respectivement. Les adolescents de 15 à 19 ans venaient au troisième rang (1,83 pour 100 000). La distribution par âge variait selon le sexe (l'âge médian des femmes était de 26 ans et celui des hommes de 18 ans, p < 0,01).

En 2003, l'âge médian des cas de MI était de 19 ans (intervalle de 0 à 95 ans), et 25 % des cas avaient < 9 ans . Les taux d'incidence les plus élevés ont été relevés chez les nourrissons de < 1 an (6,07 pour 100 000). Les adolescents de 15 à 19 ans occupaient le deuxième rang (1,93 pour 100 000) et les enfants de 1 à 4 ans, le troisième rang (1,67 pour 100 000). On n'a observé aucune variation importante dans la distribution par âge entre les hommes et les femmes.

Figure 1. Nombre de cas de MI par province/territoire et par année

Figure 1. Nombre de cas deMI par province/territoire et par année

Figure2. Incidence de la MI par province/territoire et par année

Figure2. Incidence de la MI par province/territoire et par année

Figure 3. Nombre de cas et taux d'incidence de la MI au Canada, 1985-2003

Figure 3. Nombre de cas et taux d'incidence de la MI au Canada, 1985-2003

Distribution saisonnière

Il est intéressant de noter qu'en 2002, des cas de MI ont continué de survenir après la période de pointe habituelle durant l'hiver, un grand nombre de cas ayant été enregistrés en mai et juin. L'incidence de la MI en 2003 suivait la courbe saisonnière habituelle, avec des périodes de pointe pendant les mois d'hiver, de novembre à mars. La figure 4 présente la distribution saisonnière des cas de MI.

Figure 4. Distribution des cas de MI selon le mois, 2002-2003

Figure 4. Distribution des cas de MI selon le mois, 2002-2003

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Létalité et mortalité

La MI est associée à un taux de létalité relativement élevé. Les RN s'élevaient à 9 % et à 12 % en 2002 et en 2003, respectivement. L'âge médian des cas mortels était de 21 ans en 2002 et de 22 ans en 2003. En 2002, les enfants de 5 à 9 ans affichaient le RL le plus élevé, soit 33,3 % (n = 6 cas), suivis de ceux de 25 à 64 ans, avec 11,3 % (n = 62 cas). En 2003, les personnes de 20 à 24 ans ont enregistré le RL le plus élevé, 20,0 % (n = 20 cas), suivies de celles de ≥ 65 ans, avec un RL de 16,7 % (n = 30 cas).

Les taux de mortalité associée à la MI s'établissaient à 0,07 pour 100 000 tant en 2002 qu'en 2003. Durant ces deux années, les nourrissons de < 1 an ont enregistré le plus haut taux de mortalité, soit de 0,61 pour 100 000. Les taux de létalité et de mortalité pourraient être instables en raison des petites nombres.

Sérogroupes

En 2002, de l'information sur les sérogroupes était disponible pour 94,4 % des cas confirmés (220/233). La distribution des sérogroupes était la suivante : 92 cas (41,8 %) étaient du sérogroupe B, 80 (36,4 %) étaient du sérogroupe C, 39 (17,7 %) étaient du sérogroupe Y, 7 (3,2 %) étaient du sérogroupe W135, 1 (0,4 %) était du sérogroupe X, et 1 (0,4 %) ne pouvait être classé dans aucun sérogroupe. En 2003, on disposait de données sur le sérogroupe pour 97,9 % des cas confirmés (187/191). Les sérogroupes se répartissaient de la façon suivante : 81 (43,3 %) étaient du sérogroupe B, 47 (25,1 %) du sérogroupe C, 41 (21,9 %) du sérogroupe Y, 17 (9,1 %) du sérogroupe W135, et un (0,5 %) du sérogroupe Z. Les figures 5 et 6 comparent la distribution des sérogroupes selon l'année.

Figure 5. Distribution des cas de MI selon le sérogroupe, 2002 (n = 220*)

Figure 5. Distribution des cas de MI selon le sérogroupe, 2002 (n = 220*)

* N'inclut pas les cas pour lesquels on ne disposait pas de données sur le sérogroupe.

Figure 6. Distribution des cas de MI selon de sérogroupe, 2003 (n = 187*)

Figure 6. Distribution des cas de MI selon de sérogroupe, 2003 (n = 187*)

* N'inclut pas les cas pour lesquels on ne disposait pas de données sur le sérogroupe.

La figure 7 présente le nombre de nouveaux cas des sérogroupes B, C et Y selon l'année.

Figure 7. Incidence de la MI, sérogroupes B, C et Y, 1993-2003, Canada

Figure 7. Incidence de laMI, sérogroupes B, C et Y, 1993-2003, Canada

Distribution des sérogroupes selon l'âge

En 2002, l'âge médian des cas de MI causés par les sérogroupes B, C et Y étaient de 17, 26 et 52 ans, respectivement. Les âges médians étaient statistiquement différents pour les sérogroupes B et C (p < 0,001) et B et Y (p = 0,001) mais pas pour C et Y. En 2003, l'âge médian des cas des sérogroupes B, C et Y était de 16, 20 et 47 ans, respectivement. Les âges médians étaient statistiquement différents pour les sérogroupes B et Y (p < 0,001) et C et Y (p < 0,001), mais pas pour B et C.

Sérogroupes et RL

Durant les deux années, les RL étaient les plus élevés pour le sérogroupe C, lequel était suivi des sérogroupes B et Y. En 2002, les RL pour les sérogroupes C, B et Y étaient de 13,8 %, 5,4 % et 2,6 %, respectivement. En 2003, les RL s'établissaient à 19,1 %, 11,1 % et 7,3 % pour les sérogroupes C, B et Y, respectivement.

Sérotypes et sous-types

En 2002, 35,9 % des 92 cas du sérogroupe B n'étaient pas sérotypables, 25,0 % appartenaient au sérotype 4, 7,6 % au sérotype 14, et 6,2 % au sérotype 15. Les combinaisons de sérotype et de sous-type les plus courantes pour les cas du sérogroupe B étaient B:NT:P1. (11/92) et B:4:P1. (7/92). Sur les 80 cas du sérogroupe C, 73,8 % appartenaient au sérotype 2a, et 6,3 % n'étaient pas sérotypables. Les combinaisons les plus fréquentes pour les cas du sérogroupe C étaient C:2a:P1.1,7 (21/80) et C:2a:P1.2,5 (14/80). Parmi les 39 cas du sérogroupe Y, 41,0 % n'étaient pas sérotypables, et 35,9 % étaient du sérotype 14. Les combinaisons les plus fréquentes pour le sérogroupe Y étaient Y:NT:P1.5 (9/39) et Y:NT:P1.2,5 (6/39).

En 2003, 35,8 % des 81 cas du sérogroupe B n'étaient pas sérotypables; 23,5 % appartenaient au sérotype 4, 11,1 % au sérotype 14 et 9,9 % au sérotype 1. Les combinaisons de sérotype et de sous-type les plus fréquentes pour le sérogroupe B étaient B:NT:P1. (18/81) et B:4:P1. (8/81). Sur les 47 cas du sérogroupe C, 66,0 % étaient du sérotype 2a, et 10,6 % n'étaient pas sérotypables. Les combinaisons les plus fréquentes pour les cas du sérogroupe C étaient C:2a:P1.1,7 (12/47), C:2a:P1.2,5 (9/47) et C:2a:P1.5 (8/47). Parmi les 41 cas du sérogroupe Y, 63,4 % n'étaient pas sérotypables, et 31,7 % appartenaient au sérotype 14. Les combinaisons les plus fréquentes pour le sérogroupe Y étaient Y:NT:P1.2,5 (14/41), Y:NT:P1.5 (9/41) et Y:14:P1. (7/41).

Typage par électrophorèse enzymatique multilocus

Le LNM effectue un typage par électrophorèse enzymatique multilocus (MLEE) des isolats du sérogroupe C transmis par les PT. En 2002, 73,8 % (59/80) des souches du sérogroupe C provenant de cas de MI qui avaient pu faire l'objet d'un typage par MLEE appartenaient au clone hypervirulent ET-37, 97 % (57/59) de ces souches ont été associées au variant ET-15. Pour 25 % (20/80) des souches du sérotype C, on ne possédait pas de données sur le profil ET. En 2003, 68 % (32/47) des souches du sérogroupe C provenant de cas de MI qui avaient pu faire l'objet d'un typage MLEE appartenaient au clone hypervirulent ET-37, 94 % (30/32) d'entre elles correspondant au variant ET-15. Pour 21 % (10/47) des souches, on ne possédait pas de données sur le profil ET, et 2,1 % (1/47) n'appartenaient ni au clone ET-15 ni à un autre membre du complexe clonal ET-37.

Éclosions

Douze des 13 PT ont répondu au questionnaire électronique concernant les éclosions de MI; ces 12 représentaient 99,6 % de la population canadienne. Les résultats obtenus montrent qu'une éclosion de MI est survenue au Canada entre le 1er janvier 2002 et le 31 décembre 2003. Cette éclosion communautaire imputable au sérogroupe C s'est produite dans le district de Sudbury, en Ontario, entre septembre et octobre 2003. Elle a touché des adolescents de 15 à 18 ans, et trois cas ont été confirmés (un décès). Dans le cadre de la stratégie de prévention et de lutte, un programme de vaccination contre le méningocoque, faisant appel tant au vaccin polysaccharidique quadrivalent (12 310 doses) qu'au vaccin conjugué contre le méningocoque C (40 doses), a ciblé les personnes de 14 à 20 ans. En tout, 11 000 personnes ont été vaccinées (population cible et contacts étroits des adolescents et du groupe cible) (S. Dolman, ministère de la Santé et des Soins de longue durée de l'Ontario, Toronto : communication personnelle, juin 2005).

Analyse

Amplification par la polymérase

On a recours de plus en plus à l'amplification par la polymérase (PCR) comme méthode de rechange pour détecter N. meningitidis. Bien que certains PT utilisent des techniques de PCR pour le diagnostic des MI, les cas ainsi détectés ne répondaient pas à la définition de cas en vigueur en 2002 et 2003 et n'ont donc pas été inclus dans les statistiques nationales. La définition nationale de cas a été révisée en 2005 et comprend maintenant les cas détectés par PCR. La nouvelle définition de cas, qui est entrée en vigueur le 1er janvier 20067, est la suivante :

Cas confirmé : maladie invasive* confirmée par analyse de laboratoire

  • isolement de N. meningitidis dans un prélèvement normalement stérile (sang, liquide céphalorachidien [LCR], liquide articulaire, pleural ou péricardique); OU

  • mise en évidence de l'ADN de N. meningitidis par des tests d'amplification des acides nucléiques (TAN)** dûment validés portant sur un prélèvement normalement stérile.

Cas probable : maladie invasive* avec purpura fulminans ou pétéchies en l'absence d'une autre cause apparente :

  • avec mise en évidence de l'antigène de N. meningitidis dans le LCR; OU

  • en l'absence d'isolement de N. meningitidis et de mise en évidence d'ADN par des TAN** dûment validés portant sur un prélèvement normalement stérile.

Sérogroupes

Les cas dus au sérogroupe B étaient plus nombreux en 2002 et 2003 que dans les années précédentes5; les proportions s'élevaient à 28 % et à 24 % en 2000 et 2001, respectivement, alors qu'en 2002 et en 2003, les cas du sérogroupe B représentaient 40 % et 42 % de l'ensemble des cas de MI. Ces résultats sont naturels dans les années où il n'y a pas d'éclosions.

En 2001, 2002 et 2003, l'âge médian des cas du sérogroupe B dépassaient celui relevé dans les années 1999 et 2000 (4 ans, 5 ans, 17 ans, 17 ans et 16 ans entre 1999 et 2003, respectivement)5. Bien qu'elle ne soit pas significative sur le plan statistique, cette tendance épidémiologique mérite d'être examinée. Alors qu'en 2001 l'âge médian des cas du sérogroupe Y était statistiquement et épidémiologiquement différent de celui relevé en 1999 et 2000 (âges médians de 56 ans, 52 ans et 17 ans en 1999, 2000 et 2001, respectivement), on n'a pas observé la même chose pendant les années 2002 et 2003 (âges médians de 52 ans et de 47 ans, respectivement).

Immunisation

Malheureusement, les données sur l'état vaccinal ne sont pas systématiquement enregistrées dans le cadre de la surveillance accrue. En 2002, deux provinces ont mis en oeuvre des programmes de vaccination systématique contre le méningocoque du groupe C (Alberta à l'âge de 2, 4, 6 mois et le Québec à l'âge de 12 mois). En outre, durant une éclosion, le Québec a lancé une campagne de vaccination de masse entre septembre 2001 et janvier 2002 qui visait les personnes âgées de 2 mois à 20 ans (M. Landry, ministère de la Santé et des Services Sociaux, Québec : communication personnelle, mars 2006). Au cours de la première année de mise en oeuvre de leur programme, les provinces ayant procédé à une vaccination précoce au moyen du vaccin conjugué contre le méningocoque du groupe C, qui représentaient ensemble 34 % de la population canadienne, ont fait état d'une diminution de 60 % de l'incidence de la maladie du sérogroupe C entre 2002 et 2003, alors que dans le reste du pays, la baisse a été de 15 %. On ne sait pas cependant si cette diminution est due aux programmes de vaccination universelle, aux campagnes de vaccination de masse mises en oeuvre durant une éclosion ou à la nature cyclique de la MI; d'autres données sont requises.

À la fin de 2003, trois autres PT avaient adopté des programmes de vaccination universelle : l'Î.-P.-É. à l'âge de 12 mois, la Colombie-Britannique à l'âge de 2 et 12 mois, et le Yukon à l'âge de 2 et 6 mois. La même année, la Colombie-Britannique a également lancé une campagne de rattrapage destinée aux élèves de la 6e année8. À mesure qu'augmentent les taux de vaccination contre le méningocoque du groupe C, on pourrait s'attendre à un changement dans la distribution des sérogroupes au Canada.

Sous-déclaration

On ignore l'ampleur de la sous-déclaration. Toutefois, 8 % des cas de MI en 2002 et 10 % en 2003 ont été signalés par le LNM et ne pouvaient être appariés aux données épidémiologiques communiquées par les PT, ce qui donne une estimation minimale de l'ampleur de la sous-déclaration. L'information épidémiologique sur ces cas était soit tirée des demandes d'analyses en laboratoire ou était absente.

Limites

À cause de l'instabilité des résultats découlant des petits nombres, il faut user de prudence dans l'interprétation des résultats.

Remerciements

Nous aimerions remercier nos collègues des ministères provinciaux et territoriaux de la Santé qui nous ont fourni les données épidémiologiques, ainsi que les laboratoires de santé publique et les laboratoires hospitaliers de tout le Canada qui ont soumis des isolats au LNM pour la réalisation d'études plus approfondies. Nous tenons également à souligner la contribution de Dennis Law, Jan Stoltz et Averil Henderson, trois experts qui ont analysé en laboratoire les isolats soumis au LNM.

Références

  1. Agence de la santé publique du Canada. Maladies à déclaration obligatoire en direct. URL : <http://dsol-smed.hc-sc.gc.ca/dsol-smed/ndis/index_f.html>.

  2. Whalen CM, Hockin JC, Ryan A et coll. The changing epidemiology of invasive meningococcal disease in Canada, 1985 through 1992. Emergence of a virulent clone of Neisseria meningitidis. JAMA 1995; 273(5):390-4.

  3. Deeks S, Kertesz D, Ryan A et coll. Surveillance de la méningococcie invasive au Canada, 1995-1996. RMTC 1997;23(16):121-5.

  4. Squires SG, Pelletier L, Mungai M et coll. Les méningococcies invasives au Canada, du 1er janvier 1997 au 31 décembre 1998. RMTC 2000; 26(21):177-82.

  5. Squires SG, Deeks SL, Tsang RSW. Surveillance accrue des méningococcies invasives au Canada : du 1er janvier au 31 décembre 2001. RMTC 2004;30(3):17-28.

  6. Statistics Canada. Population estimates, 2002 final post-censal, 2003 revised post-censal. Ottawa: Demography Division, Statistics Canada.

  7. Santé Canada. Définitions de cas des maladies faisant l'objet d'une surveillance nationale. RMTC 2000;26(S3):49.

  8. Agence de la santé publique du Canada. Programmes l'immunisation provinicaux et territoraux. URL: <http://www.phac-aspc.gc.ca/im/ptimprog-progimpt/index-fra.php>.

Source : K.M. Watkins, MHSc, S.L. Deeks, MD, MHSc, A. Medaglia, Division de l'immunisation et des infections respiratoires, Centre de prévention et de contrôle des maladies infectieuses, Agence de la santé publique du Canada, Ottawa, Ontario; R.S.W. Tsang, MMedSc, PhD, Division des infections du SNC, Laboratoire national de microbiologie, Winnipeg, Manitoba.


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