Supplément
Recommandations canadiennes pour la prévention
et le traitement du paludisme (malaria) chez les
voyageurs internationaux
Annexe V
Questions fréquentes au sujet du
paludisme
Document préparé par le Comité consultatif de
la médecine tropicale
et de la médecine des voyages, 2003
- Le paludisme est-il une maladie grave chez les gens en
santé?
Le paludisme est une importante cause de mortalité dans le
monde et c'est la principale maladie infectieuse mortelle
à laquelle les voyageurs canadiens sont exposés
lorsqu'ils voyagent dans certaines régions. Au cours des
dernières années, on a observé chez les
voyageurs canadiens une nette augmentation des cas de paludisme,
qui ont entraîné plusieurs décès.
- Tous les voyageurs qui se rendent dans des pays en
développement doivent-ils suivre une prophylaxie contre le
paludisme?
Dans beaucoup de pays en développement, le risque de
paludisme est soit nul, soit tellement faible qu'une
prophylaxie n'est pas nécessaire. Par ailleurs,
même s'ils se rendent dans des pays où il existe
un risque connu de paludisme, certains voyageurs n'ont pas
besoin de prophylaxie antipaludéenne, parce que la maladie
ne se transmet que dans des régions précises du pays
(habituellement des régions rurales) et, dans certains cas,
elle est saisonnière. Par exemple, la plupart des gens qui
ne voyagent que dans des centres urbains ou qui restent dans des
centres de villégiature en Amérique centrale, en
Amérique du Sud ou en Asie du Sud-Est n'ont pas besoin
de suivre un traitement prophylactique. Cependant, TOUS les
voyageurs (adultes et enfants) qui se rendent dans des
régions où il existe un risque, même faible, de
paludisme doivent recourir à des mesures de protection
individuelle, comme l'utilisation d'insectifuges et de
moustiquaires de lit imprégnées d'insecticide,
pour éviter les piqûres de moustiques.
- Doit-on administrer une prophylaxie
anti-paludéenne aux femmes enceintes, aux
bébés et aux enfants?
Les femmes enceintes, les bébés et les jeunes enfants
sont tout particulièrement exposés au risque de
contracter le paludisme grave; s'ils doivent se rendre dans des
régions à risque élevé, ils doivent
suivre une prophylaxie antipaludéenne. Il existe plusieurs
traitements prophylactiques efficaces qui sont sans danger pour ces
catégories de personnes. Il faut cependant rappeler que le
médicament pris par une femme qui allaite ne protège
pas son nourrisson.
- La plupart des gens qui suivent une prophylaxie contre
le paludisme éprouvent-ils des effets indésirables
graves?
Pour les voyageurs qui se rendent dans des régions fortement
impaludées, le risque de contracter le paludisme et d'en
mourir est sensiblement plus grand que le risque
d'éprouver des effets secondaires graves à cause
des médicaments utilisés pour la prophylaxie. La
grande majorité des personnes qui suivent une prophylaxie
contre le paludisme (de 95 % à 99 %) n'éprouvent
pas d'effets secondaires, ou seulenent des effets bénins
et passagers. D'après la plupart des études,
seulement de 1 % à 4 % des gens doivent changer de
médicament en raison des effets secondaires. Du reste, ces
effets sont presque toujours réversibles, alors que les
décès causés par le paludisme ne le sont pas.
En définitive, le choix du médicament à
utiliser doit se fonder sur une évaluation individuelle du
risque faite par un spécialiste de la médecine des
voyages, tenant compte de facteurs comme l'efficacité
des médicaments, la disposition du voyageur à
accepter d'éventuels effets indésirables, la
commodité du schéma posologique (prise quotidienne ou
hebdomadaire), le coût des médicaments et les
contre-indications possibles.
- Existe-t-il des antipaludéens
particulièrement sûrs ou efficaces?
Pour les régions à risque élevé
où le paludisme est résistant à la
chloroquine, il existe trois médicaments homologués
au Canada qui ont une efficacité équivalente :
l'association atovaquone-proguanil (Malarone®), la
doxycycline (Vibratabs®) et la méfloquine (Lariam®).
Chacun d'eux présente des avantages et des
inconvénients. Les voyageurs doivent se méfier des
médicaments qu'on leur offrira dans d'autres pays,
car ceux-ci pourraient être inefficaces ou toxiques;
c'est le cas de la chloroquine, du proguanil (Paludrine®),
de l'amodiaquine, de la pyriméthamine (Daraprim®),
de la pyriméthamine associée à la sulfadoxine
(Fansidar®), et de la pyriméthamine associée
à la dapsone (Maloprim®). Avant de quitter le Canada,
les voyageurs devraient consulter un professionnel de la
santé ayant de bonnes connaissances en médecine des
voyages qui saura leur donner des conseils judicieux au sujet de la
prophylaxie antipaludéenne, en fonction de
l'itinéraire prévu.
- Si je suis une prophylaxie et que je contracte le
paludisme, sera-t-il plus résistant au
traitement?
La prise d'antipaludéens à titre prophylactique
ne favorise pas le développement de parasites
pharmacorésistants. Bien au contraire, une bonne prophylaxie
réduit plutôt la résistance en atténuant
le fardeau de la maladie.
- Y a-t-il des limites à la période pendant
laquelle on peut suivre une prophylaxie sans danger?
Il n'y a pas de limite absolue quant à la durée
du traitement prophylactique contre le paludisme, peu importe le
médicament que l'on prend. Les effets
indésirables marqués que les antipaludéens
peuvent causer chez certaines personnes relativement peu nombreuses
apparaissent généralement pendant les
premières semaines du traitement. S'ils sont graves, on
devrait opter pour un autre médicament servant à
prévenir le paludisme. Dans bon nombre de cas, les effets
indésirables bénins s'atténuent avec le
temps. Si le voyageur consulte à l'avance un
professionnel de la santé ayant des connaissances en
médecine des voyages, il aura peut-être le temps de
faire l'essai d'un médicament avant son
départ, et donc de savoir s'il le tolère.
- Est-il vrai que certains cas de paludisme ne peuvent
être traités?
Dans presque tous les cas, le paludisme peut être
complètement guéri s'il est diagnostiqué
rapidement et traité correctement. Cependant, tout retard,
même léger, dans le diagnostic peut rendre le
traitement plus difficile et compromettre ses chances de
succès.
- Une fois qu'on a contracté le paludisme,
est-on infecté pour la vie?
Non. Un traitement et un suivi appropriés peuvent assurer
une guérison complète.
- Est-il vrai que les personnes qui sont nées et
ont grandi dans un pays impaludé sont immunisées
à vie?
Avec le temps, les personnes nées dans les pays où le
paludisme est endémique finissent par mourir de cette
maladie ou deviennent partiellement immunisées contre ses
manifestations les plus graves. Cette immunité est toutefois
de courte durée et disparaît une fois que le sujet a
quitté la région impaludée. Bien qu'il
soit important de se protéger contre les piqûres de
moustiques (par des vêtements appropriés, des
moustiquaires de fenêtre et de lit, des insectifuges), il
faut absolument prendre des antipaludéens à des fins
prophylactiques pour s'assurer une protection optimale dans la
plupart des régions. Toute personne qui a voyagé dans
une région impaludée et chez qui une fièvre
apparaît par la suite doit de toute urgence consulter un
médecin (même si la fièvre apparaît des
mois après le retour au Canada) et demander que l'on
effectue des frottis sanguins pour écarter la
possibilité de paludisme.
Pour plus d'information sur la médecine des voyages
et pour les coordonnées des spécialistes de la
médecine des voyages dans votre région, consultez le
site Internet du Programme de médecine des voyages de
Santé Canada : www.Travelhealth.gc.ca.
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