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Bref rapport sur les infections transmissibles sexuellement au Canada : 2007

Syphilis (Treponema pallidum)

La syphilis, qui doit obligatoirement être déclarée depuis 1924, est une infection causée par la bactérie Treponema pallidum et qui comprend diverses phases. Les rapports nationaux font état des phases primaire, secondaire et latente précoce (moins d’un an après le point d’infection), qui sont les plus infectieuses. La syphilis non traitée entre dans une phase latente tardive non infectieuse qui peut entraîner de graves complications associées à la syphilis tertiaire, y compris des lésions du système nerveux central, de l’appareil cardiovasculaire, des yeux, de la peau et d’autres organes internes. En l’absence de traitement, la syphilis peut être mortelle1. Les personnes atteintes de syphilis courent un plus grand risque de contracter ou de transmettre l’infection au VIH2.

Les taux signalés de syphilis infectieuse au Canada sont demeurés stables entre 1998 et 2001, puis ont considérablement augmenté au cours des trois années suivantes, surtout chez les hommes. Depuis 2004, les taux semblent se stabiliser pour les deux sexes.

  • En 2007, 1 206 cas de syphilis infectieuse ont été signalés à l’ASPC, soit un taux de 3,7 cas pour 100 000 habitants. Le taux global a augmenté de 516,7 % depuis 1998 (0,6 cas pour 100 000 habitants) – (figure 9).

Figure 9 : Taux signalés de syphilis infectieuse par sexe et sur l’ensemble, de 1998 à 2007, au Canada

 Taux signalés de syphilis infectieuse par sexe et sur l’ensemble, de 1998 à 2007, au Canada

  • Comme par le passé, le nombre de cas déclarés est plus élevé chez les hommes que chez les femmes. En 2007, les hommes représentaient 86,8 % des cas signalés.
  • Entre 1998 et 2007, le nombre de cas signalés de syphilis infectieuse a augmenté pour les deux sexes, l’augmentation la plus importante étant observée chez les hommes. Au cours de cette période, le taux a augmenté de 814,3 % (de 0,7 à 6,4 cas pour 100 000) chez les hommes et de 150 % chez les femmes (de 0,4 à 1 cas pour 100 000 habitants) – (figure 9).
  • Le rapport hommes-femmes est passé de 1,8 pour 1 en 1998 à 6,4 pour 1 en 2007, ce qui indique qu’un plus grand nombre de cas ont été signalés chez les hommes que chez les femmes et que cet écart a augmenté au fil du temps.

La répartition des cas de syphilis infectieuse selon l’âge n’était pas la même que pour la chlamydia et la gonorrhée; les taux signalés étaient plus élevés chez les sujets plus âgés, surtout pour le groupe des hommes de 30 à 39 ans.

  • En 2007, le groupe des sujets de 30 ans et plus représentait 77,8 % des cas déclarés.
  • Chez les hommes, le taux signalé le plus élevé de syphilis infectieuse se rapportait au groupe des 30 à 39 ans (13,7 cas pour 100 000 habitants) – (figure 10), et ce groupe d’âge représentait près du tiers des cas signalés chez les hommes en 2007. Chez les femmes, le taux signalé le plus élevé se rapportait au groupe des 25 à 29 ans (3,2 cas pour 100 000 habitants) – (figure 10).

Figure 10 : Taux signalés de syphilis infectieuse par sexe et groupe d’âge, en 2007, au Canada

Taux signalés de syphilis infectieuse par sexe et groupe d’âge, en 2007, au Canada

Depuis 2002, les taux signalés de syphilis infectieuse par groupe d’âge varient d’année en année pour les deux sexes. De façon générale, les taux signalés ont augmenté entre 1998 et 2007 dans la plupart des groupes d’âge.

  • Chez les hommes, l’augmentation absolue la plus importante des cas déclarés de syphilis infectieuse se rapportait au groupe des sujets de 30 à 39 ans. Le taux pour ce groupe d’âge est passé de 1,6 cas pour 100 000 habitants en 1998 à 13,7 cas pour 100 000 habitants en 2007 (figure 11).
  • Bien que les taux signalés chez les jeunes hommes soient demeurés faibles par rapport au groupe des hommes de 30 à 59 ans, des augmentations importantes ont été observées depuis 1998. En effet, le taux signalé chez les hommes de 20 à 24 ans a augmenté de 1 506,5 %, passant de 0,4 cas pour 100 000 habitants en 1998 à 6,2 cas pour 100 000 habitants en 2007 (figure 11).

Figure 11 : Taux signalés de syphilis infectieuse chez les hommes par groupe d’âge, de 1998 à 2007, au Canada

Taux signalés de syphilis infectieuse chez les hommes par groupe d’âge, de 1998 à 2007, au Canada

  • Chez les femmes, l’augmentation absolue la plus importante des taux déclarés de syphilis infectieuse se rapportait au groupe des 25 à 29 ans (figure 12). Pour ce groupe d’âge, le taux est passé de 0,9 cas pour 100 000 habitants en 1998 à 3,2 cas pour 100 000 habitants en 2007.

Figure 12 : Taux signalés de syphilis infectieuse chez les femmes par groupe d’âge, de 1998 à 2007, au Canada

La plupart des cas signalés étaient concentrés dans les provinces canadiennes les plus peuplées.

  • En 2007, le taux signalé le plus élevé de syphilis infectieuse était celui de l’Alberta, suivi de la Colombie-Britannique (tableau 4).
  • Entre 1998 et 2007, l’augmentation la plus importante du taux signalés de syphilis infectieuse était celle de l’Alberta, en hausse de 3 450 % (tableau 4).
  • Au cours de cette période, des éclosions de syphilis infectieuses ont été signalées partout au Canada, notamment dans les villes de Vancouver, Edmonton, Calgary, Winnipeg, Toronto, Ottawa et Montréal ainsi qu’au Yukon4-11.
  • En 2007, le rapport national hommes-femmes était de 6,4 pour 1, c’est-à-dire que le nombre de cas signalés était plus élevé chez les hommes que chez les femmes. Toutefois, cette moyenne masque des écarts partout au pays. Le rapport hommes-femmes le plus élevé a été observé au Québec (32,1 pour 1).
Tableau 4 : Cas et taux1 signalés de syphilis infectieuse par province et territoire, 1998 et 2007, au Canada
Province ou territoire Nombre de cas Taux pour 100 000 habitants3 Écart (%)
1998 2007 1998 2007 1998-2007
Canada 177 1 206 0,6 3,7 516,7
C.-B 115 299 2,9 6,9 137,9
Alb. 6 250 0,2 7,1 3 450,0
Sask. 6 10 0,6 1,0 66,7
Man. 3 27 0,3 2.3 666,7
Ont. 41 386 0,4 3,0 650,0
Qc 4 226 0,1 2,9 2 800,0
N.-B. 0 2 0,0 0,3 *
N.-É. 2 3 0,2 0,3 50,0
Î.-P.-É. 0 1 0,0 0,7 *
T.-N.-L. 0 2 0,0 0,4 *
Yn 0 0 0,0 0,0 0,0
T.N.-O. 0 0 0,0 0,0 S.O.
Nt2 S.O. 0 S.O. 0,0 S.O.

1 L’écart a été calculé en utilisant des valeurs non arrondies.
2 Le Nunavut n’est officiellement devenu un territoire qu’en 1999; avant 1999, les données pour le Nunavut étaient regroupées avec celles des Territoires du Nord-Ouest. L’écart pour le Nunavut n’a pas été calculé, les taux de 1998 ne pouvant être comparés avec ceux de 2007 en raison de la création du Nunavut.
3 Les valeurs indiquées en gras indiquent les taux supérieurs à la moyenne nationale.

* L’écart ne peut être calculé.