Bref rapport sur les infections transmissibles sexuellement au Canada : 2007
Gonorrhée (Neisseria gonorrhoeae)
La gonorrhée, une infection causée par la bactérie Neisseria gonorrhoeae, doit obligatoirement être déclarée partout au pays depuis 1924. Elle demeure la deuxième infection transmise sexuellement la plus couramment signalée au Canada. En l’absence de traitement, les conséquences de la gonorrhée sont inquiétantes pour les deux sexes, mais peuvent être particulièrement lourdes pour les femmes. En effet, l’une des complications les plus graves et les plus communes chez les femmes est l’atteinte inflammatoire pelvienne, qui peut entraîner des douleurs abdominales chroniques, la stérilité et une grossesse ectopique. Chez les hommes, l’infection non traitée peut entraîner une épididymite et, rarement, la stérilité. Bien que le phénomène soit peu fréquent, la gonorrhée peut se propager dans la circulation sanguine et les articulations3. Comme les autres ITS non ulcéreuses, la gonorrhée peut accroître la concentration de cellules dans les secrétions vaginales, qui peuvent être envahies par le VIH, d’où un risque accru de contracter ou de transmettre le virus2.
Les taux déclarés de gonorrhée au Canada ont augmenté de façon constante entre 1998 et 2007
- En 2007, 11 873 cas de gonorrhée ont été signalés à l’échelle nationale, soit un taux de 36,1 cas pour 100 000 habitants (figure 5). Le taux global a augmenté de 124,2 % depuis 1998 (16,1 cas pour 100 000 habitants).
- Entre 1998 et 2007, les taux signalés chez les deux sexes ont augmenté de façon constante. Le taux a augmenté de 116,9 % (de 19,5 à 42,3 cas pour 100 000 habitants) chez les hommes et de 134,6 % (de 12,7 à 29,8 cas pour 100 000 habitants) chez les femmes (figure 5).
Figure 5 : Taux signalés de gonorrhée par sexe et sur l’ensemble, de 1998 à 2007, au Canada

En 2007, les taux déclarés d’infections gonococciques étaient plus élevés chez les jeunes.
- Les sujets de moins de 30 ans représentaient la majorité (68,3 %) des cas signalés en 2007. Par comparaison, pour la syphilis infectieuse, le même groupe d’âge ne représentait que 22,1 % des cas signalés.
- Chez les femmes, les taux de gonorrhée les plus élevés se rapportaient au groupe des 15 à 19 ans (150,6 cas pour 100 000 habitants) et au groupe des 20 à 24 ans (151,1 cas pour 100 000 habitants) – (figure 6). Chez les hommes, le taux le plus élevé a été observé dans le groupe des 20 à 24 ans (153,1 cas pour 100 000 habitants) – (figure 6).
Figure 6 : Taux signalés de gonorrhée par sexe et groupe d’âge, en 2007, au Canada

Les taux signalés d’infections gonococciques ont augmenté de façon constante durant la période examinée pour tous les groupes d’âge chez les sujets masculins et féminins de 15 ans et plus.
- Chez les hommes, l’augmentation absolue la plus importante des cas signalés d’infections gonococciques a été observée pour le groupe des 20 à 24 ans (figure 7). Le taux est passé de 64 cas pour 100 000 habitants en 1998 à 153,1 cas pour 100 000 habitants en 2007.
- Bien que les taux déclarés chez les hommes plus âgés soient demeurés faibles par rapport aux autres groupes d’âge, des augmentations importantes ont été observées depuis 1998, notamment pour le groupe des hommes de 60 ans et plus. Les taux déclarés pour les hommes de ce groupe d’âge ont augmenté de 180 %, passant de 1,5 cas pour 100 000 habitants en 1998 à 4,2 cas pour 100 000 habitants en 2007 (figure 7).
Figure 7 : Taux signalés de gonorrhée chez les hommes par groupe d’âge, de 1998 à 2007, au Canada

- Chez les femmes, l’augmentation la plus importante du taux déclaré d’infections gonococciques a été constatée pour le groupe des femmes de 20 à 24 ans. Le taux pour ce groupe d’âge est passé de 57,7 cas pour 100 000 habitants en 1998 à 151,1 cas pour 100 000 habitants en 2007 (figure 8).
Figure 8 : Taux signalés de gonorrhée chez les femmes par groupe d’âge, de 1998 à 2007, au Canada

- Bien que les taux déclarés chez les femmes plus âgées soient demeurés faibles par rapport aux autres groupes d’âge, des augmentations importantes ont été observées depuis 1998, surtout dans le groupe des femmes de 30 à 39 ans. Dans ce groupe d’âge, le taux a augmenté de 239 % (passant de 7,7 à 26,1 cas pour 100 000 habitants) – (figure 8).
La majorité des cas signalés de gonorrhée en 2007 se rapportaient aux provinces les plus peuplées au Canada; toutefois, les taux signalés les plus élevés étaient ceux des régions du Nord du pays.
- En 2007, le nombre le plus élevé de cas de gonorrhée a été signalé en Ontario, suivi de l’Alberta et du Manitoba (tableau 2). Toutefois, les taux signalés les plus élevés étaient ceux des Territoires du Nord-Ouest et du Nunavut, suivi du Manitoba et de la Saskatchewan (tableau 2).
- Entre 1998 et 2007, l’augmentation la plus importante des taux signalés a été observée à Terre-Neuve-et-Labrador, en hausse de 800 % (tableau 2). Toutefois, le nombre total de cas déclarés dans cette province est faible; ces résultats doivent donc être interprétés avec prudence.
- En 2007, le rapport national hommes-femmes était de 1,4 pour 1, ce qui indique que le nombre de cas déclarés d’infections gonococciques était plus élevé chez les hommes que chez les femmes (tableau 3). Toutefois, cette moyenne masque des écarts partout au pays. Dans quatre compétences (Île-du-Prince-Édouard, Manitoba, Saskatchewan et Yukon), un plus grand nombre de cas ont été signalés chez les femmes que chez les hommes.
Tableau 2 : Cas et taux1 signalés de gonorrhée par province et territoire, 1998 et 2007, au Canada
1 L’écart a été calculé en utilisant des valeurs non arrondies.
2 Le Nunavut n’est officiellement devenu un territoire qu’en 1999; avant 1999, les données pour le Nunavut étaient regroupées avec celles des Territoires du Nord-Ouest. L’écart pour le Nunavut n’a pas été calculé, les taux de 1998 ne pouvant être comparés avec ceux de 2007 en raison de la création du Nunavut.
3 Les valeurs indiquées en gras indiquent les taux supérieurs à la moyenne nationale. |
| Province ou territoire |
Nombre de cas |
Taux pour 100 000 habitants3 |
Écart (%) |
| 1998 |
2007 |
1998 |
2007 |
1998-2007 |
| Canada |
4868 |
11873 |
16.1 |
36.1 |
124.2 |
| C.-B |
569 |
1285 |
14.2 |
29.8 |
109.9 |
| Alb. |
518 |
2193 |
17.8 |
62.5 |
251.1 |
| Sask. |
326 |
1033 |
31.8 |
103.3 |
224.8 |
| Man. |
424 |
1485 |
37.3 |
124.4 |
233.5 |
| Ont. |
2272 |
3960 |
20.0 |
31.0 |
55.0 |
| Qc |
490 |
1403 |
6.7 |
08.3 |
173.1 |
| N.-B. |
17 |
36 |
2.3 |
4.8 |
108.7 |
| N.-É. |
84 |
72 |
9.0 |
7.7 |
-14.4 |
| Î.-P.-É. |
1 |
3 |
0.7 |
2.2 |
214.3 |
| T.-N.-L. |
2 |
18 |
0.4 |
3.6 |
800.0 |
| Yn |
11 |
15 |
34.9 |
46.0 |
31.8 |
| T.N.-O. |
154 |
221 |
228.2 |
507.6 |
S.O. |
| Nt2 |
S.O. |
149 |
S.O. |
476.8 |
S.O. |
Tableau 3 : Rapport hommes-femmes des taux signalés de gonorrhée par province et territoire, en 2007, au Canada
| Province ou territoire |
Rapport hommes-femmes des taux |
| Canada |
1.4 pour 1.0 |
| C.-B |
1.9 pour 1.0 |
| Alb. |
1.5 pour 1.0 |
| Sask. |
0.8 pour 1.0 |
| Man. |
0.9 pour 1.0 |
| Ont. |
1.5 pour 1.0 |
| Qc |
2.4 pour 1.0 |
| N.-B. |
2.3 pour 1.0 |
| N.-É. |
1.4 pour 1.0 |
| Î.-P.-É. |
0.5 pour 1.0 |
| T.-N.-L. |
17.0 pour1.0 |
| Yn |
0.6 pour 1.0 |
| T.N.-O. |
0.9 pour 1.0 |
| Nt2 |
1.2 pour 1.0 |