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Bref rapport sur les infections transmissibles sexuellement au Canada : 2007

Chlamydia (Chlamydia trachomatis)

La chlamydia, une infection causée par la bactérie Chlamydia trachomatis, doit obligatoirement être déclarée depuis 1990. Elle demeure l’infection transmise sexuellement (ITS) la plus couramment signalée au Canada. Comme les infections asymptomatiques sont courantes chez les hommes et les femmes, les personnes infectées qui ne passent pas de test de dépistage ne sont pas au courant de leur infection, servent de porteurs et contribuent à la propagation de l’infection. Les complications associées aux infections non traitées soulèvent aussi des préoccupations, parce que la chlamydia touche disproportionnellement les jeunes, surtout les femmes. L’une des complications les plus graves et les plus courantes qui touchent les femmes est l’atteinte inflammatoire pelvienne, qui peut entraîner des douleurs pelviennes chroniques, une grossesse ectopique et la stérilité. Chez les femmes enceintes, la chlamydia non traitée peut être transmise à l’enfant pendant l’accouchement, ce qui peut entraîner une conjonctivite ou une pneumonie néonatale. Plus rarement, les hommes développent une orchi-épididymite ou d’autres affections moins courantes1 . Comme les autres ITS non ulcéreuses, la chlamydia peut accroître la concentration de cellules dans les sécrétions vaginales, qui peuvent être envahies par le VIH, d’où un risque accru de contracter ou de transmettre l’infection à VIH2 .

Les taux signalés d’infections à chlamydia au Canada aux augmenté de façon constante entre 1998 et 2007.

  • En 2007, 73 770 cas d’infections à chlamydia ont été signalés, soit un taux de 224 cas pour 100 000 habitants (figure 1). Le taux global observé en 2007 a augmenté de 73,6 % depuis 1998 (129 cas pour 100 000 habitants).
  • Les taux signalés d’infections à chlamydia ont augmenté de façon constante chez les deux sexes pendant la période examinée. Entre 1998 et 2007, les taux observés chez les hommes ont augmenté de 109,2 %, passant de 73,7 à 154,2 cas pour 100 000 habitants, et les taux observés chez les femmes ont augmenté de 59,5 %, passant de 183,1 à 292,1 cas pour 100 000 habitants (figure 1).
  • Le taux signalé chez les femmes était presque deux fois plus élevé que chez les hommes en 2007 (figure 1), ce qui correspond aux tendances historiques à cet égard.

 

Figure 1 : Taux signalés de chlamydia par sexe et sur l’ensemble, de 1998 à 2007, au Canada

Taux signalés de chlamydia par sexe et sur l’ensemble, de 1998 à 2007, au Canada

Les taux signalés d’infections à chlamydia étaient plus élevés chez les sujets plus jeunes, surtout de sexe féminin.

  • La majorité des cas signalés d’infections à chlamydia (82,8 %) se rapportaient au groupe des moins de 30 ans. Par comparaison, les cas signalés de syphilis infectieuse pour le même groupe d’âge représentaient seulement 22.1 % des cas.
  • Autant chez les femmes que chez les hommes, les taux signalés les plus élevés de chlamydia concernaient le groupe des 20 à 24 ans; le taux observé chez les femmes (1 656,1 cas pour 100 000 habitants) était toutefois plus de deux fois plus élevé que chez les hommes (801,4 cas pour 100 000 habitants) – (figure 2).
  • Le rapport femmes-hommes des taux diminue chez les sujets plus âgés. Dans le groupe des sujets de 40 ans et plus, les taux étaient plus élevés chez les hommes que chez les femmes. Dans le groupe des sujets de 60 ans et plus, le taux signalé d’infections était près de trois fois plus élevé chez les hommes (5,2 cas pour 100 000 habitants) que chez les femmes (1,9 cas pour 100 000 habitants) – (figure 2).

Figure 2 : Taux signalés de chlamydia par sexe et groupe d’âge, en 2007, au Canada

Taux signalés de chlamydia par sexe et groupe d’âge, en 2007, au Canada

Les taux signalés d’infections à chlamydia augmentent pour tous les groupes d’âge chez les sujets masculins et féminins de 15 ans et plus.

  • Chez les hommes, la hausse absolue la plus élevée des cas signalés de chlamydia a été observée dans le groupe des 20 à 24 ans. Le taux est passé de 394,1 cas pour 100 000 habitants en 1998 à 801,4 cas pour 100 000 habitants en 2007 (figure 3).
  • Bien que les taux signalés chez les hommes plus âgés soient demeurés faibles au fil du temps, des augmentations importantes ont été observées depuis 1998, notamment chez les hommes de 60 ans et plus. Chez les hommes de ce groupe d’âge, les taux signalés ont augmenté de 246,7 %, passant de 1,5 cas pour 100 000 habitants en 1998 à 5,2 cas pour 100 000 habitants en 2007 (figure 3).
  •  Chez les femmes, entre 1998 et 2007, la hausse absolue la plus élevée des cas signalés de chlamydia a été observée dans le groupe des 20 à 24 ans (figure 4). Le taux est passé de 1 011,8 à 1 656,1 cas pour 100 000 habitants durant cette période.

Figure 3 : Taux signalés de chlamydia chez les hommes par groupe d’âge, de 1998 à 2007, au Canada

Taux signalés de chlamydia chez les hommes par groupe d’âge, de 1998 à 2007, au Canada

  • Bien que les taux signalés chez les femmes plus âgées soient demeurés faibles par rapport aux autres groupes d’âge, des hausses importantes ont été observées depuis 1998, notamment chez les femmes de 30 à 59 ans. Entre 1998 et 2007, les taux signalés pour le groupe des 30 à 39 ans a augmenté de 127,1 % (de 90,7 à 206 cas pour 100 000 habitants); pour le groupe des femmes de 40 à 59 ans, l’augmentation a été de 122,9 % (de 12,7 à 28,2 cas pour 100 000 habitants) – (figure 4).

Figure 4 : Taux signalés de chlamydia chez les femmes par groupe d’âge, de 1998 à 2007, au Canada

Cas signalés de chlamydia chez les femmes par groupe d’âge, de 1998 à 2007, au Canada

La majorité des cas signalés en 2007 se rapportaient aux provinces les plus peuplées au Canada; toutefois, les taux signalés les plus élevés d’infections à chlamydia étaient ceux des Territoires du Nord-Ouest.

  • Comme par le passé, les taux signalés de chlamydia sont plus élevés au Nunavut, dans les Territoires du Nord-Ouest et au Yukon (tableau 1).
  • Entre 1998 et 2007, l’augmentation la plus importante des taux déclarés de chlamydia a été observée en Colombie-Britannique, où la hausse s’élève à 95,6 % (tableau 1).
  • En 2007, le rapport femmes-hommes était de 1,9 pour 1, c’est-à-dire que les cas signalés de chlamydia étaient plus nombreux chez les femmes que chez les hommes. Le rapport femmes-hommes le plus élevé a été constaté à Terre-Neuve-et-Labrador (3,7 pour 1), et le plus faible, dans les Territoires du Nord-Ouest (1,5 pour 1).

Tableau 1 : Cas et taux1 signalés de chlamydia par province et territoire, 1998 et 2007, au Canada

1 L’écart a été calculé en utilisant des valeurs non arrondies.
2 Le Nunavut n’est officiellement devenu un territoire qu’en 1999; avant 1999, les données pour le Nunavut étaient regroupées avec celles des Territoires du Nord-Ouest. L’écart pour le Nunavut n’a pas été calculé, les taux de 1998 ne pouvant être comparés avec ceux de 2007 en raison de la création du Nunavut.
3 Les valeurs indiquées en gras indiquent les taux supérieurs à la moyenne nationale.

Province ou territoire Nombre de cas Taux pour 100 000 habitants3 Écart (%)
1998 2007 1998 2007 1998-2007
Canada 39 034 73 770 129,0 224,0 73,6
C.-B 4 769 10 057 119,3 233,3 95,6
Alb. 5 195 11 194 178,7 318,8 78,4
Sask. 2 399 4 400 234,1 440,1 88,0
Man. 2 954 5 621 259,6 471,0 81,4
Ont. 12 458 23 324 109,4 182,3 66,6
Qc 7 264 13 352 99,2 173,7 75,1
N.-B. 959 1 187 127,3 159,2 25,1
N.-É. 1 216 1 788 129,9 191,0 47,0
Î.-P.-É. 144 172 105,2 124,5 18,3
T.-N.-L. 375 503 68,8 99,3 44,3
Yn 177 218 561,5 669,1 19,2
T.N.-O. 1 124 752 1665,7 1727,3 S.O.
Nt2 S.O. 1 202 S.O. 3486,3 S.O.