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Bref rapport sur les infections transmissibles sexuellement au Canada : 2006

Syphilis (Treponema pallidum)

La syphilis, qui doit obligatoirement être déclarée à l’échelle nationale depuis 1924, est une infection qui comprend diverses phases. Les rapports nationaux font état des phases primaire, secondaire et latente précoce (< 1 an), qui sont les plus infectieuses. La syphilis non traitée entre dans une phase latente tardive et n'entraîne parfois aucune complication. Elle peut toutefois entraîner des complications graves associées à la syphilis tertiaire, y compris des lésions du système nerveux central, de l'appareil cardiovasculaire, de l'œil, de la peau et d'autres organes internes. La syphilis non traitée peut être mortelle1 . Les personnes atteintes de syphilis courent un plus grand risque de contracter et de transmettre l'infection à VIH2 .

Le taux déclaré de syphilis infectieuse est en hausse au Canada, surtout chez les hommes.

  • En 2006, 1 311 cas de syphilis infectieuse ont été signalés à l’ASPC, ce qui correspond à un taux de 4,0 cas pour 100 000 habitants (figure 10). Le taux global en 2006 a augmenté de 21,2 % par rapport à 2005 (3,3 cas pour 100 000 habitants) et de 900 % par rapport à 1997 (0,4 cas pour 100 000 habitants).
  • Dans le passé, il y a eu plus de cas déclarés de syphilis infectieuse chez les hommes que chez les femmes. Cette tendance s’est poursuivie en 2006, année où 86,3 % des cas déclarés étaient de sexe masculin (1 131 cas chez les hommes contre 180 chez les femmes).
  • De 1997 à 2006, des éclosions de syphilis infectieuse ont été déclarées partout au Canada, notamment à Vancouver, Edmonton, Calgary, Winnipeg, Toronto, Ottawa, Montréal, et au Yukon4-12 .
  • Les taux déclarés de syphilis infectieuse ont augmenté tant chez les hommes que chez les femmes, mais davantage dans la population masculine. De 2005 à 2006, les taux déclarés chez les hommes ont grimpé de 25 % (passant de 5,6 à 7 cas pour 100 000 habitants) (figure 10). Au cours de cette période, les taux chez les femmes ont augmenté de 10 % (passant de 1 à 1,1 cas pour 100 000 habitants) (figure 10). Entre 1997 et 2006, la hausse des taux déclarés a été de 1 650 % chez les hommes (les taux passant de 0,4 à 7 cas pour 100 000 habitants) et de 233,3 % chez les femmes (passant de 0,3 à 1,1 cas pour 100 000 habitants).
  • De 1997 à 2006, on a observé une hausse du ratio hommes : femmes des taux déclarés de syphilis infectieuse, qui est passé de 1,3 : 1 en 1997 à 6,3 : 1 en 2006.
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Figure 10 : Taux déclarés de syphilis infectieuse au Canada, 1997-2006

Figure 10 : Taux déclarés de syphilis infectieuse au Canada, 1997-2006

Les cas déclarés de syphilis infectieuse sont plus nombreux dans les groupes plus âgés, surtout chez les hommes.

  • Contrairement à ce qui a été observé dans le cas de la chlamydiose et de la gonorrhée, en 2006, les cas déclarés de syphilis infectieuse concernaient surtout les hommes plus âgés (≥ 30 ans).
    • En 2006, le taux déclaré le plus élevé de syphilis infectieuse a été observé chez les hommes de 30 à 39 ans, soit 15,2 cas pour 100 000 habitants (figure 11). Ce chiffre représente près du tiers de tous les cas de syphilis infectieuse déclarés dans la population masculine.

Figure 11: Taux déclarés de syphilis infectieuse par sexe et par groupe d’âge, 2006

Figure 11: Taux déclarés de syphilis infectieuse par sexe et par groupe d’âge, 2006

  • Entre 1997 et 2006, le taux déclaré de syphilis infectieuse chez les hommes de 30 à 39 ans a augmenté de 1 420 % (passant de 1 à 15,2 cas pour 100 000 habitants) (figure 12).

    • Chez les femmes de ce groupe d’âge, la hausse a été de 257,1 % (passant de 0,7 à 2,5 cas pour 100 000 habitants) (figure 13).
  • Chez les femmes, les taux ont été le plus élevés dans le groupe des 20 à 24 ans, soit 3,3 cas pour 100 000 habitants (figure 13).
  • La mère peut transmettre la syphilis infectieuse à son enfant pendant la grossesse ou l’accouchement, ce qui peut entraîner une mort fœtale ou une syphilis congénitale.

    • En 2006, sept cas de syphilis congénital ont été déclarés en tout par la Colombie­Britannique, l’Alberta et l’Ontario, ce qui correspond à un taux de 1,97 cas pour 100 000 naissances vivantes.

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Figure 12: Taux déclarés de syphilis infectieuse chez les hommes, par groupe d’âge, 1997-2006

Figure 12: Taux déclarés de syphilis infectieuse chez les hommes, par groupe d’âge, 1997-2006

Figure 13: Taux déclarés de syphilis infectieuse chez les femmes, par groupe d’âge, 1997-2006

Figure 4:Taux déclarés de chlamydiose chez les femmes, par groupe d'âge, 1997-2006

La majorité des cas déclarés sont concentrés dans les provinces les plus populeuses.

  • En 2006, c'est la Colombie-Britannique, suivie de l’Alberta, qui a enregistré le taux déclaré de syphilis infectieuse le plus élevé (tableau 3).
  • Entre 1997 et 2006, c’est le Québec et l’Alberta qui ont enregistré les plus importantes hausses de taux de syphilis infectieuse.

    • Au Québec, de 1997 à 2006, la hausse du taux déclaré de syphilis infectieuse chez les hommes a été de 9 500 % (passant de 0,1 à 9,6 cas pour 100 000 habitants) alors qu’elle a été de 100 % chez les femmes (passant de 0,1 à 0,2 cas pour 100 000 habitants) au cours de la même période.
    • En Alberta, entre 1997 et 2006, la hausse du taux déclaré chez les hommes a été de 4 300 % (passant de 0,2 à 8,8 cas pour 100 000 habitants), alors qu’elle a été de 1 200 % chez les femmes (passant de 0,3 à 4,0 cas pour 100 000 habitants) au cours de la même période.
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Tableau 3. Cas et taux déclarés de syphilis infectieuse par province et territoire, 1997 et 2006

Province ou territoire Nombre de cas Taux pour
100 000 habitants
Différence de taux1
1997-2006 (%)
1997 2006 1997 2006
T.-N. 0 0 0,0 0,0 0,0
Î.-P.-É. 0 0 0,0 0,0 0,0
N.-É. 1 2 0,1 0,2 100,0
N.-B. 0 0 0,0 0,0 0,0
Qc 7 367 0,1 4,8 4 700,0
Ont. 49 361 0,4 2,8 600,0
Man. 0 15 0,0 1,3 *
Sask. 2 17 0,2 1,7 750,0
Alb. 7 218 0,2 6,5 3 150,0
C.-B. 49 331 1,2 7,7 541,7
Yn 0 0 0,0 0,0 0,0
T.N.-O.2 0 0 0,0 0,0 N.D.
Nt2 N.D. 0 N.D. 0,0 N.D.
Canada 115 1 311 0,4 4,0 900,0

1 Changement des taux calculés en utilisant des valeurs non arrondies.

2 Le Nunavut n’est officiellement devenu un territoire qu’en 1999. Avant cette date, les données concernant le Nunavut étaient regroupées avec celles des Territoires du Nord-Ouest. La différence de taux pour les T.N.-O. n’a pas été calculée, les taux de 1997 n’étant pas comparables à ceux de 2006 en raison de la création du Nunavut.

* La différence de taux ne peut être quantifiée.