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Bref rapport sur les infections transmissibles sexuellement au Canada : 2006

Gonorrhée (Neisseria gonorrhoeae)

La gonorrhée, une infection causée par Neisseria gonorrhoeae, doit obligatoirement être déclarée à l'échelle nationale depuis 1924. Elle demeure la deuxième ITS la plus couramment déclarée au Canada. Les conséquences de la gonorrhée sont inquiétantes pour les deux sexes, mais peuvent être particulièrement lourdes pour les femmes. En effet, les jeunes femmes peuvent souffrir d'une affection inflammatoire pelvienne (AIP), qui peut entraîner des douleurs abdominales chroniques, la stérilité et une grossesse ectopique. Chez les hommes, l'infection non traitée peut entraîner une épididymite et, rarement, la stérilité. Bien que le phénomène soit peu fréquent, la gonorrhée peut se propager dans la circulation sanguine et les articulations3 . Comme les autres ITS non ulcéreuses, la gonorrhée peut accroître la concentration de cellules dans les sécrétions génitales, qui peuvent être envahies par le VIH, d'où un risque accru de contracter ou de transmettre l'infection à VIH2 .

Depuis 1997, le taux déclaré de gonorrhée est en hausse, davantage chez les hommes que chez les femmes.

  • En 2006, 11 334 cas de gonorrhée ont été déclarés à l'échelle nationale, soit un taux de 34,7 cas pour 100 000 habitants (figure 5). Le taux global déclaré de gonorrhée en 2006 a augmenté de 21,5 % par rapport à 2005 (28,5 cas pour 100 000 habitants) et de 132,8 % par rapport aux taux signalés en 1997 (14,9 cas pour 100 000 habitants).
  • De 1997 à 2006, les taux déclarés de gonorrhée chez les hommes ont grimpé de 140,4 % (passant de 17,8 à 42,3 cas pour 100 000 habitants) alors que ce chiffre était de 126,7 % (soit de 12,0 à 27,2 cas pour 100 000 habitants) chez les femmes au cours de la même période (figure 5).
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Figure 5: Taux déclarés de gonorrhée au Canada, 1997-2006

Figure 1: Taux déclarés de chlamydiose au Canada, 1997-2006

Les taux par âge de gonorrhée sont le plus élevés chez les plus jeunes.

  • En 2006, les personnes de moins de 30 ans représentaient encore la majorité (65 %) des cas signalés de gonorrhée, alors que dans le cas de la chlamydiose et de la syphilis infectieuse, ce même groupe d'âge représentait respectivement 83 % et 20 % des cas signalés. 
  • Chez les femmes, le taux le plus élevé de cas signalés de gonorrhée par âge touchait le groupe des 15 à 19 ans (143,8 cas pour 100 000 habitants) (figure 6).
  • Chez les hommes, le taux le plus élevé par âge concernait le groupe des 20 à 24 ans (141,1 cas pour 100 000 habitants) (figure 6).

Figure 6: Taux déclarés de gonorrhée par sexe et par groupe d'âge, 2006

Figure 2: Taux déclarés de chlamydiose par sexe et par groupe d'âge, 2006

Depuis 1997, l'augmentation la plus importante du taux déclaré de gonorrhée concerne les groupes plus âgés. 

  • De 1997 à 2006, les taux déclarés de gonorrhée étaient en hausse dans tous les groupes d'âge. C'est chez les hommes de plus de 60 ans que l'augmentation a été la plus marquée, soit de 386,0 % (passant de 1,1 à 5,2 cas pour 100 000 habitants); ils étaient suivis de près par les femmes de 40 à 59 ans, chez qui la hausse a été de 335,8 % (passant de 1,1 à 4,7 cas pour 100 000 habitants).
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Figure 7: Taux déclarés de gonorrhée chez les hommes, par groupe d'âge, 1997-2006

Figure 7: Taux déclarés de gonorrhée chez les hommes, par groupe d'âge, 1997-2006

Figure 8 : Taux déclarés de gonorrhée chez les femmes, par groupe d'âge, 1997-2006

Figure 4:Taux déclarés de chlamydiose chez les femmes, par groupe d'âge, 1997-2006

Il est vrai que la majorité des cas de gonorrhée sont observés dans les provinces les plus populeuses, mais les taux sont le plus élevés dans le Nord du pays.

  • En 2006, les taux déclarés de gonorrhée étaient le plus élevés dans les Territoires du Nord­Ouest, au Nunavut et au Manitoba (tableau 2).
  • C'est en Ontario que le nombre le plus élevé de cas de gonorrhée a été déclaré. Suivaient l'Alberta et le Manitoba (tableau 2).
  • De 1997 à 2006, l'augmentation la plus importante des taux déclarés a été enregistrée en Alberta, où elle était de 345,5 % (tableau 2).
  • En 2006, le ratio hommes : femmes des taux enregistrés à l'échelle nationale était de 1,5 : 1, ce qui reflète le fait que l'on déclare un plus grand nombre d'infections gonococciques chez les hommes que chez les femmes. Cette moyenne masque toutefois les variations observées d'une région à l'autre du pays. Le ratio hommes : femmes était le plus élevé au Québec (2,5 : 1), alors que le nombre de cas déclarés était plus élevé chez les femmes que chez les hommes (1 : 1,8). 
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Tableau 2. Cas et taux déclarés de gonorrhée par province et territoire, 1997 et 2006

Province ou territoire Nombre de cas Taux pour
100 000 habitants
Différence de taux1
1997-2006 (%)
1997 2006 1997 2006
T.-N. 3 8 0,5 1,6 189,7
Î.-P.-É. 1 0 0,7 0,0 -100,0
N.-É. 108 101 11,6 10,8 -6,5
N.-B. 15 32 2,0 4,3 114,8
Qc 545 1 271 7,5 16,6 122,6
Ont. 1 931 3 871 17,2 30,5 77,5
Man. 518 1 576 45,6 133,7 193,4
Sask. 342 954 33,5 96,6 188,7
Alb. 406 2 149 14,3 63,8 345,5
C.-B. 458 1 078 11,6 25,0 115,7
Yn 0 11 0,0 35,2 *
T.N.-O.2 150 181 221,5 426,9 N.D.
Nt2 N.D. 102 N.D. 335,5 N.D.
Canada 4 477 11 334 14,9 34,7 132,5

1 Changement des taux calculés en utilisant des valeurs non arrondies.

2 Le Nunavut n'est officiellement devenu un territoire qu'en 1999. Avant cette date, les données concernant le Nunavut étaient regroupées avec celles des Territoires du Nord-Ouest. La différence de taux pour les T.N.-O. n'a pas été calculée, les taux de 1997 n'étant pas comparables à ceux de 2006 en raison de la création du Nunavut.

* La différence de taux ne peut être quantifiée.

Résistance aux antimicrobiens

La gonorrhée non compliquée peut être traitée par une seule dose d'antibiotiques administrée par voie orale ou par injection. La difficulté survient lorsque des souches résistantes sont traitées au moyen d'antibiotiques auxquels la bactérie est moins sensible. Lorsque cela se produit, à moins de pouvoir identifier et traiter adéquatement l'organisme résistant, il existe une probabilité accrue de transmission attribuable à l'échec du traitement et de séquelles. La résistance des gonocoques à la pénicilline, à l'érythromycine et à la tétracycline est établie depuis longtemps. Aucun de ces antibiotiques n'est recommandé comme traitement1 .

  • Au Canada, la surveillance de la résistance gonococcique s'effectue grâce à une collaboration entre le Laboratoire national de microbiologie (LNM) de l'ASPC et les laboratoires provinciaux et territoriaux.
  • L'envoi au LNM d'isolats de gonocoques qui présentent une sensibilité moindre à au moins un antibiotique est volontaire et n'est pas normalisé à l'échelle nationale.
  • Le LNM évalue la résistance des gonocoques aux antibiotiques suivants : pénicilline, tétracycline, spectinomycine, érythromycine, azithromycine, ciprofloxacine, céfixime et ceftriaxone.
  • En 2006, 28,8 % des souches mises en culture étaient résistantes à la ciprofloxacine, une hausse par rapport aux 2,4 % de 2003 (figure 9).

Figure 9 : Sensibilité de N. gonorrheae aux antimicrobiens, souches analysées au Canada, 1999-2006

Figure 9 : Sensibilité de N. gonorrheae aux antimicrobiens, souches analysées au Canada, 1999-2006

* Le nombre d'échantillons analysés constitue le dénominateur à partir duquel les pourcentages sont calculés.

Il n'existe pas de souches résistantes à la spectinomycine, à la céfixime ou à la ceftriaxone.