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Bref rapport sur les infections transmissibles sexuellement au Canada : 2006

Bref rapport sur les infections transmissibles sexuellement au Canada : 2006

Il s'agit d'un survol qui résume les données recueillies au moyen d'une surveillance systématique de trois infections transmissibles sexuellement qui doivent être obligatoirement déclarées à l'échelle nationale, soit la chlamydiose, la gonorrhée et la syphilis. Plusieurs observations relatives à 2006 méritent d'être soulignées.

Chlamydiose (Chlamydia trachomatis)

Les infections à Chlamydia trachomatis, qui sont à déclaration obligatoire au Canada depuis 1990, sont les ITS le plus souvent déclarées à l'échelle nationale. Les sérovars D à K de C. trachomatis causent des infections dans les régions génitale et anale. Le lymphogranulome vénérien (LGV), attribuable aux sérovars L1, L2 et L3, ne fait pas l'objet d'une déclaration obligatoire systématique, mais il est soumis à une surveillance accrue. Pour en savoir plus long sur le LGV, il suffit de consulter le site web suivant : http://www.phac-aspc.gc.ca/publicat/lgv/index-fra.php.

Comme la chlamydiose génitale frappe de façon disproportionnée les jeunes sujets, surtout de sexe féminin, les conséquences de l'infection non traitée sont préoccupantes. Parmi les séquelles pour les femmes figurent les atteintes inflammatoires pelviennes (AIP), qui peuvent occasionner des douleurs pelviennes chroniques, une grossesse ectopique et la stérilité. Les femmes enceintes peuvent transmettre l'infection à leur bébé, ce qui peut causer la conjonctivite ou la pneumonie. Il arrive, mais moins souvent, que les hommes souffrent d'une épididymite ou d'autres affections moins répandues1 . La chlamydiose peut accroître la concentration de cellules dans les sécrétions génitales, qui peuvent être envahies par le VIH, d'où un risque accru de contracter ou de transmettre l'infection à VIH2 .

Le taux déclaré de chlamydiose est en hausse au Canada, surtout chez les hommes.

  • En 2006, 69 938 cas de chlamydiose ont été déclarés, ce qui équivaut à 212,4 cas cas pour 100 000 habitants (figure 1). Le taux global en 2006 a augmenté de 3,3 % par rapport à 2005 et de 86,4 % depuis 1997.
  • De 1997 à 2006, les taux déclarés de chlamydiose chez les hommes a augmenté de 148,6 % (passant de 58,7 à 145,9 cas pour 100 000 habitants) alors que la hausse a été de 65,3 % chez les femmes au cours de la même période (passant de 167,8 à 277,3 cas pour 100 000 habitants) (figure 1). 
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Figure 1: Taux déclarés de chlamydiose au Canada, 1997-2006

Figure 1: Taux déclarés de chlamydiose au Canada, 1997-2006

Les taux déclarés de chlamydiose sont le plus élevés chez les sujets plus jeunes, surtout de sexe féminin. 

  • En 2006, le taux global de chlamydiose déclaré chez les femmes était de 277,4 cas pour 100 000 habitants, soit presque le double du taux signalé chez les hommes (145,9 cas pour 100 000 habitants) (figure 2). 
  • En 2006, la majorité des cas déclarés de chlamydiose (82,8 %) faisaient partie du groupe des moins de 30 ans (figure 2). Par comparaison, les chiffres étaient respectivement de 65 % et de 20 % pour la gonorrhée et la syphilis.
  • Dans la population féminine, le taux déclaré de chlamydiose le plus élevé par âge concernait des sujets de 20 à 24 ans (1 158,6 cas pour 100 000 habitants) (figure 2). Bien qu'il soit plus faible que le taux déclaré chez les femmes, le taux par âge chez les hommes était aussi le plus élevé chez des sujets de 20 à 24 ans (760,5 cas pour 100 000 habitants (figure 2).
  • Le taux déclaré de chlamydiose chez les hommes de 60 ans et plus était presque le triple du taux signalé chez les femmes du même âge (4,8 contre 1,7 cas pour 100 000 habitants, respectivement) (figure 2).

Figure 2: Taux déclarés de chlamydiose par sexe et par groupe d'âge, 2006

Figure 2: Taux déclarés de chlamydiose par sexe et par groupe d'âge, 2006

Les taux déclarés de chlamydiose sont en hausse chez les hommes plus âgés.

  • Entre 1997 et 2006, le taux déclaré de chlamydiose chez les hommes de plus 60 ans et plus a augmenté de 380,0 % (passant de 1,0 à 4,8 cas pour 100 000 habitants) (figure 3).
  • La hausse la plus importante de taux déclarés chez les femmes au cours de cette période, soit 126,7 %, concernait le groupe d'âge des 30 à 39 ans (passant de 81,9 à 185,7 cas pour 100 000 habitants) (figure 4).
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Figure 3: Taux déclarés de chlamydiose chez les hommes, par groupe d'âge, 1997-2006

Figure 3: Taux déclarés de chlamydiose chez les hommes, par groupe d'âge, 1997-2006

 

Figure 4:Taux déclarés de chlamydiose chez les femmes, par groupe d'âge, 1997-2006

Figure 4:Taux déclarés de chlamydiose chez les femmes, par groupe d'âge, 1997-2006

Les taux déclarés de chlamydiose sont le plus élevés dans les Territoires du Nord.

  • Les taux déclarés de chlamydiose demeurent les plus élevés au Nunavut, dans les Territoires du Nord­Ouest et au Yukon (tableau 1).
  • Entre 1997 et 2006, la hausse la plus importante de taux de chlamydiose (105,7 %) a été observée en Colombie­Britannique (tableau 1).
  • En 2006, le ratio hommes : femmes des taux enregistrés à l'échelle nationale était de 1 : 1,9. Ce ratio était le plus élevé à Terre­Neuve et au Labrador (1 : 4,0), et le plus faible au Manitoba (1 : 1,6).

Tableau 1. Cas et taux déclarés de chlamydiose par province et territoire, 1997 et 2006

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Province ou territoire Nombre de cas Taux pour 100 000 habitants Différence de taux1
1997-2006 (%)
1997 2006 1997 2006
T.-N. 335 547 60,5 107,3 77,4
Î.-P.-É. 139 169 101,6 122,4 20,5
N.-É. 1 127 1 760 120,6 188,2 56,1
N.-B. 819 1 326 108,6 177,0 63,0
Qc 6 380 12 820 87,4 167,6 91,8
Ont. 10 559 22 552 93,9 177,5 89,1
Man. 2 587 4 231 227,6 359,0 57,7
Sask. 2 317 4 260 226,7 431,4 90,3
Alb. 4 547 10 452 160,3 310,1 93,5
C.-B. 4 116 9 236 103,9 213,8 105,7
Yn 173 169 536,6 541,5 0,9
T.N.-O.2 1 045 696 1 542,8 1 641,5 N.D.
Nt2 N.D. 1 129 N.D. 3 713,8 N.D.
Canada 34 144 69 347 113,9 212,4 86,5

1 Changement des taux calculés en utilisant des valeurs non arrondies.

2 Le Nunavut n'est officiellement devenu un territoire qu'en 1999. Avant cette date, les données concernant le Nunavut étaient regroupées avec celles des Territoires du Nord-Ouest. La différence de taux pour les T.N.-O. n'a pas été calculée, les taux de 1997 n'étant pas comparables à ceux de 2006 en raison de la création du Nunavut.