Rapport et recommandations du Réseau pan-canadien de santé publique sur l'utilisation d'antiviraux à des fins de prévention pendant une pandémie d'influenza
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Annexe 3.7 – Rapport sur les dialogues
délibératifs avec des citoyens et des intervenants sur
l’utilisation d’antiviraux à des fins
prophylactiques
Présenté
au Groupe de travail sur l’utilisation d’antiviraux à
des fins prophylactiques
Le 11 mai 2007
Contenu
Résumé
Contexte
Partie I : Le processus
- Lae
méthodologie du dialogue délibératif
- Les
éléments du processus de dialogue
- Les
objectifs du dialogue
- Les
séances de dialogue du GTUAP
- Les
dialogues régionaux avec des citoyens et le dialogue organisé
par le Québec
- Séance
avec des membres des Premières nations vivant dans les
réserves
- Séances
visant les intervenants nationaux et séances visant les
groupes cibles de bénéficiaires
- Outils et
matériel pédagogiques
- Cadre
d’évaluation
Partie II : Les résultats
du dialogue – Ce que nous avons entendu
Partie III : Observations sur le
processus, l’évaluation et les prochaines étapes
- Les
objectifs généraux établis pour les séances
de dialogue ontils été atteints?
- Le
dialogue délibératif s’est-il avéré
une méthode appropriée pour déterminer les
points de vue des participants sur les enjeux étudiés?
- Le
processus élaboré sous la direction du GTUAP était-il
efficace?
- Y
aurait-il lieu d’entreprendre d’autres évaluations
et, le cas échéant, quels seraient les points à
évaluer en priorité?
Partie
IV : Annexes (à venir)
- Annexe A
: Calendrier des dialogues
- Annexe B
: Guide de discussion du participant
- Annexe C
: Exposé principal
- Annexe D
: Rapport du GTUAP : détermination des enjeux
- Annexe E
: Enquêtes/questionnaires destinés aux participants
- Annexe F
: Cadre d’évaluation
- Annexe G
: Rapport final d’EKOS
RÉSUMÉ
Le Groupe
de travail sur l’utilisation d’antiviraux à des
fins prophylactiques (GTUAP) a opté pour l’utilisation
d’une technique de « dialogue délibératif »
pour déterminer le point de vue des citoyens (y compris des
membres des Premières nations vivant dans les réserves)
et des intervenants sur la question de savoir si les gouvernements
devraient stocker des antiviraux à des fins prophylactiques
et, le cas échéant, quels sont les groupes qui
devraient avoir un accès prioritaire à la réserve.
Le
dialogue délibératif, qui fait appel aux discussions et
à l’interaction, offre aux décideurs une idée
plus précise des valeurs et des « points de
convergence » des participants sur un ensemble précis
de questions et sur les solutions de rechange. Les résultats
du dialogue délibératif peuvent offrir un cadre de
référence solide pour l’évaluation des
choix stratégiques complexes, qui soulèvent des
questions d’ordre éthique.
Onze
séances de dialogue ont été tenues
entre novembre 2006 et février 2007, soit
six séances régionales avec des citoyens (dont une
au Québec); une séance avec les Premières
nations vivant dans les réserves; deux séances avec des
intervenants nationaux et deux séances avec des groupes
cibles. Les séances avec les citoyens étaient
co-organisées par les provinces et les territoires.
Au terme
d’une séance d’éducation approfondie, les
participants ont été invités à engager
une réflexion sur les avantages et les inconvénients de
trois approches distinctes :
Approche no 1 : Réduire au minimum
les maladies graves et les décès (« Réduire
au minimum la maladie grave et le nombre de décès en
fournissant des antiviraux en guise de prévention afin de
prendre soin des plus vulnérables »)
Approche no 2 : Maintenir le
fonctionnement de la société (« Maintenir
les fonctions essentielles sanitaires et socioéconomiques en
fournissant des antiviraux aux travailleurs essentiels par mesure de
prévention »)
Approche no 3 : Réduire au minimum
le rôle du gouvernement (« S’en remettre
aux institutions et aux particuliers lorsqu’il s’agit de
décider de constituer une réserve d’antiviraux
par mesure de prévention »)
Les
points de vue des participants sur ces approches et sur le classement
des groupes prioritaires avant et après les Dialogues ont été
évalués, l’idée étant de déterminer
si les participants avaient changé d’avis au cours du
processus. Les participants ont aussi été invités
à indiquer si, selon eux, les gouvernements devraient
entreprendre de stocker des antiviraux à des fins
prophylactiques. Un cadre d’évaluation complet a été
élaboré et appliqué au processus.
Voici
quelques-uns des faits saillants qui se sont dégagés du
processus :
- Même
si quelques différences ont été observées
entre les diverses séances (citoyens, Premières
nations, intervenants nationaux, groupes cibles), du point de vue
des politiques publiques, elles ne sont pas assez marquées
pour justifier une modification de la décision que doivent
prendre les responsables de l’élaboration de politiques
ni des futures initiatives d’information ou de
sensibilisation.
- Parmi
les trois approches présentées, celle qui consiste à maintenir le fonctionnement de la société a été
la mieux cotée par les participants. Celle visant à réduire au minimum les maladies graves et les décès a également été très bien accueillie
(quoique dans une moindre mesure) alors que celle consistant à réduire au minimum le rôle du gouvernement a
été la moins bien cotée. Les réponses au
questionnaire subséquent au dialogue révèlent
que l’adhésion globale aux deux approches les mieux
cotées avait augmenté, mais qu’elle avait
diminué à l’égard de la troisième.
- Il
existe incontestablement un vaste consensus selon lequel les
gouvernements devraient créer une autre réserve
nationale d’antiviraux devant être utilisée à
des fins prophylactiques précises et limitées.
- En
dépit de ce consensus général, les avis en
faveur de la création de cette autre réserve
d’antiviraux à des fins prophylactiques semblent
nuancés. Dans les dialogues, les participants ont soulevé
beaucoup de préoccupations à l’égard des
« inconnues », notamment la sécurité,
l’efficacité et l’équité, ainsi que
les coûts d’option. Ils ont également exprimé
une diversité de points de vue sur le rôle et les
responsabilités que devraient assumer les individus et les
institutions dans les décisions concernant le recours aux
antiviraux à des fins de protection. De manière
générale, les participants se sont accordés à
dire que leur utilisation devrait être réservée
au plus petit nombre nécessaire pour obtenir des résultats.
- En
ce qui concerne les « valeurs fondamentales » que
les participants semblent souhaiter voir reflétées
dans les décisions prises sur cette question, c’est le pragmatisme qui domine. En conséquence, les
participants jugeaient important d’affecter les ressources
limitées surtout aux travailleurs de la santé et aux
intervenants d’urgence, non pas parce qu’ils
présentaient des risques accrus (même s’il
s’agissait là d’un facteur aux yeux de certains
participants) mais parce qu’ils contribuaient pour beaucoup à
maintenir le fonctionnement de la société et à
endiguer la propagation de la grippe.
- De
l’avis des participants, il fallait également que le
gouvernement fasse preuve de leadership en la matière
et que l’information soit transparente et diffusée
à grande échelle pour éviter l’indignation
de la population et une possible anarchie. (Autrement dit, les
gouvernements se doivent de prendre des mesures proactives afin de
tenir la population au courant d’une éclosion, de
l’informer des mesures de lutte qu’ils ont prévues
et de bien lui faire comprendre que ces mesures ont été
conçues de manière objective à la lumière
des meilleurs éléments d’information disponibles
et qu’elles seront appliquées de manière
équitable.)
- Même
si la compassion représentait une valeur importante aux yeux
des participants et qu’une bonne partie des discussions ont
tourné autour de la notion d’équité et de justice, pour la plupart des participants, c’est
toutefois le « pragmatisme » qui primait.
- De
nombreux participants ont conclu que la société avait
l’« obligation » de prendre toutes les
mesures raisonnables afin de protéger la santé et la
sécurité des personnes (et, dans une moindre mesure,
celles de leur famille immédiate) susceptibles de se trouver
sur la ligne de front de la lutte contre une pandémie. C’est
pourquoi ils percevaient comme raisonnable, juste et nécessaire
la distribution d’antiviraux à des fins de prévention
aux travailleurs de la santé et aux intervenants d’urgence,
même s’ils n’étaient pas parfaitement
convaincus de l’utilité réelle d’une telle
mesure. (Certains ont aussi souscrit à la notion de réciprocité : la responsabilité qui
incombe à ceux qui bénéficient des médicaments
de se présenter au travail et de suivre leur traitement
jusqu’au bout.)
- En
ce qui concerne le classement par ordre de priorité, les
citoyens ont placé en tête de liste les travailleurs de
première ligne en santé ayant des contacts étroits
avec des patients (suivis de ceux n’ayant pas de contacts
étroits avec des patients). Les intervenants d’urgence
ont reçu une cote inférieure, essentiellement
comparable à celle obtenue par les groupes vulnérables.
(Dans la catégorie des groupes « vulnérables »,
ce sont les enfants qui ont reçu la cote la plus élevée).
- Chez
les membres de groupes cibles et les intervenants, les résultats
étaient moins ambigus, les travailleurs de première
ligne en santé ayant des contacts étroits avec des
patients ayant reçu la cote la plus élevée,
suivis de près des autres travailleurs de la santé
(indépendamment des contacts avec des patients). Les
intervenants d’urgence et les dispensateurs de services
essentiels sont arrivés au second rang, et les groupes
vulnérables, au dernier rang.
- Les
répondants étaient aussi favorables à l’idée
qu’une fois les besoins des travailleurs de la santé et
des intervenants d’urgence satisfaits, la société
avait l’obligation de « bien agir » à
l’égard des segments les plus vulnérables de la
société, les enfants se voyant accorder la préséance
par rapport aux autres catégories possibles de groupes
« vulnérables ».
- Les
participants ont fortement insisté sur la nécessité
d’une campagne précoce et soutenue d’éducation
de la population au sujet de la préparation à une
pandémie en général, mais aussi, en cas de
décision favorable à la constitution d’une
réserve, pour que les citoyens comprennent qu’il existe
une politique fondée sur des données probantes et des
règles très claires qui seront appliquées de
manière uniforme.
- Les
participants ont aussi fortement recommandé la réalisation
d’autres recherches en vue de combler les lacunes actuelles
sur le plan des connaissances, généralement qualifiées
d’« importantes ». C’est pourquoi
il ne serait pas déraisonnable de conclure que l’obtention
de nouveaux renseignements sur les risques et les avantages pourrait
donner des résultats différents.
- Lors
de la séance destinée aux membres des Premières
nations vivant dans les réserves, tenue à Edmonton,
certains participants ont fait valoir que les décideurs
devaient reconnaître la possible contribution de la médecine
traditionnelle au plan de lutte contre une pandémie et à
la lutte proprement dite.
Enfin,
les participants, le GTUAP et d’autres décideurs et les
responsables des dialogues proprement dits suggèrent de
soumettre certains aspects du processus à une évaluation
plus approfondie. Certaines suggestions tiennent compte du fait que
les participants dont les points de vue sont évalués
doivent être mis au courant de la façon de procéder
pour intégrer les résultats du dialogue à la
formulation de recommandations ou aux décisions de politique
concernant les questions plus globales associées au stockage
d’antiviraux achetés avec des deniers publics et
destinés à des fins prophylactiques.
VALEURS EXPRIMÉES
PAR LES CITOYENS ET LES INTERVENANTS AU SUJET DE L’UTILISATION
D’ANTIVIRAUX À DES FINS DE PRÉVENTION
Pragmatisme
- Protection
des personnes nécessaires au maintien du fonctionnement
de la société
- Importance
d’une « police d’assurance »
pour prévenir une pandémie et pour en ralentir la
propagation
- Importance
d’une approche souple qui tienne compte des nouvelles
informations et des incertitudes liées au virus
Équité et
justice
- Égalité
d’accès à la protection, indépendamment
du revenu, de la région géographique, etc.
Compassion à l’égard
des personnes vulnérables
- Beau
principe, mais qui aura aussi pour effet de soulager le système
de soins de santé
Information
- Importance
de renseigner la population en tant que principe (mais aussi
comme moyen de maîtriser la peur/panique)
Réciprocité
- Obligation
de protéger les personnes qui se trouvent sur la ligne de
front de la lutte en cas de pandémie
- Devoir
des personnes bénéficiant d’antiviraux à
des fins prophylactiques de « se présenter au
travail »
Transparence
- La
population doit savoir qui est protégé et pourquoi
Leadership
- Confiance
en l’idée que les gouvernements prendront une
décision à la lumière des meilleurs
éléments d’information possibles et
communiqueront plus d’information
Contexte
Par
l’entremise du Conseil du Réseau de santé
publique (CRSP), le gouvernement du Canada, les provinces et les
territoires n’ont cessé d’améliorer et de
mettre à jour le Plan canadien de lutte contre la pandémie
d’influenza dans le secteur de la santé (le Plan),
document de référence publié en février
2004.
Comme
l’utilisation d’antiviraux à des fins de
traitement fait partie intégrante du Plan, environ 55 millions
de doses d’antiviraux sont actuellement stockées aux
quatre coins du Canada. Plus récemment, le CRSP s’est
surtout employé à formuler une recommandation
stratégique nationale adressée aux ministres de la
Santé du Canada concernant l’utilisation prophylactique
d’antiviraux en cas de pandémie. C’est dans cette
optique que le CRSP a mis sur pied un Groupe de travail sur
l’utilisation d’antiviraux à des fins
prophylactiques (GTUAP), chargé de déterminer si les
gouvernements doivent constituer une réserve d’antiviraux
pour prévenir les cas de maladie pendant une éclosion
de grippe et, le cas échéant, qui devrait recevoir ces
médicaments en priorité (bénéficiaire
prioritaires).
Le
GTUAP a, par la suite, élaboré un plan de travail
complet visant à faire en sorte que les conseils qu’il
offre au CRSP reposent sur sept sources de référence :
un examen de considérations scientifiques, juridiques et
éthiques, une étude sur la logistique
fédérale-provinciale-territoriale, des considérations
liées aux Premières nations et aux Inuits, un examen
des pratiques exemplaires dans d’autres pays et les politiques
d’organismes internationaux. Dans son plan de travail, le GTUAP
reconnaît aussi qu’il est essentiel que les décideurs
entendent le point de vue des citoyens canadiens, des membres des
Premières nations, des intervenants nationaux et de possibles
bénéficiaires prioritaires sur ces questions. Il s’agit
là d’une des sept sources de référence.
Pour des
raisons de brièveté, le présent rapport a été
divisé en quatre parties :
La Partie I décrit le processus utilisé par le
GTUAP pour faire participer les citoyens, les membres des Premières
nations, les intervenants nationaux et les possibles bénéficiaires
prioritaires à l’examen des grands enjeux liés à
l’utilisation potentielle d’antiviraux à des fins
de prévention en cas de pandémie.
La Partie II résume les résultats du processus,
fait ressortir les points de convergence et les points de divergence
qui se dégagent de chacune des onze séances prévues
dans le cadre du processus, et d’une séance à
l’autre. Cette section intègre également les
résultats de la séance de dialogue avec les citoyens
tenue à Montréal les 16 et 17 février par
le gouvernement du Québec à l’aide d’une
méthodologie identique et de matériel pédagogique
analogue à ceux qui ont servi ailleurs au Canada lors de
séances visant les citoyens. Cette section résume aussi
les points saillants du rapport plus étoffé sur le
dialogue, préparé par EKOS, et fait la lumière
sur l’importance de certains constats.
La Partie III offre des observations sur le processus,
l’évaluation et les prochaines étapes.
La Partie IV comprend sept annexes.
Partie I : Le Processus
1. La méthodologie
du dialogue délibératif
Après
avoir étudié l’intérêt présenté
par diverses autres méthodes de participation, y compris les
groupes de discussion, les assemblées publiques locales, les
recherches quantitatives sur l’opinion publique et les sondages
en ligne, le GTUAP a opté pour la technique du «
dialogue délibératif » comme instrument de
choix.
Le
dialogue délibératif diffère des autres modèles
de recherche en ce sens qu’il permet de mieux connaître
les valeurs et les « points
de convergence »
des participants par rapport à une question précise ou
à un ensemble de questions. Si les méthodes classiques,
soit les recherches sur l’opinion publique et les groupes de
discussion, permettent de recueillir les réactions spontanées,
le dialogue délibératif jette un éclairage
différent sur les choses. Il vise d’abord à
offrir à un vaste échantillon idéalement
représentatif de participants la possibilité de mieux
comprendre une série précise de questions, les pistes
de solution possibles et leurs conséquences. Il amène
ensuite les participants à prendre part à une
discussion en groupe élargi sur les questions étudiées
et sur les avantages et les inconvénients associés aux
options envisagées.
Dans ce
processus, il n’existe pas de bonnes ni de mauvaises réponses.
Les participants ne sont pas obligés de faire un choix parmi
des options ou des démarches divergentes. Il s’agit
plutôt de permettre aux participants de déterminer quels
sont les éléments qu’ils apprécient ou non
et, s’il y a lieu, de proposer des solutions de rechange plus
conformes à leurs valeurs et priorités.
Dans le
contexte des dialogues sur l’utilisation des antiviraux aux
fins de la prévention, les opinions, les valeurs et les
priorités communes des participants qui se sont dégagées
du processus et qui sont examinées dans la Partie II
offrent un cadre de référence que les gouvernements
peuvent utiliser pour élaborer une recommandation stratégique
nationale sur la question.
2. Les
éléments du dialogue
Les
éléments essentiels de chacune des onze séances
de dialogue (annexe A) étaient pour ainsi dire
identiques, sauf ceux signalés cidessous. Ainsi, toutes
les séances ont duré 1,5 jour. Le mode de
présentation et le temps alloué étaient les
mêmes. Les participants ont reçu la même trousse
d’information avant la séance et un même guide de
discussion au moment de l’inscription. De plus, les enquêtes
et les questionnaires étaient en grande partie identiques. Le
processus s’est déroulé de la manière
suivante :
- Les
participants à chaque séance de dialogue visant les
citoyens ont été recrutés au hasard à
l’aide des méthodes courantes. Avant d’être
choisis, ils ont été invités à répondre
à une série de questions sur leur profil démographique
et sur leurs attitudes (qui sont exposées dans le rapport
définitif d’EKOS sur le processus). Une centaine
d’autres résidents choisis au hasard dans la région
d’où étaient issus les participants ont aussi
été sondés sur les mêmes questions. Il
s’agissait ainsi de déterminer si les opinions
spontanées des participants aux dialogues étaient
sensiblement analogues à celles de l’ensemble de la
collectivité d’où ils provenaient.
- Les
participants aux dialogues avec des citoyens, des membres des
Premières nations vivant dans les réserves et des
groupes cibles ont reçu chacun un incitatif de 175 $
en contrepartie de leur participation à la séance.
Leurs frais de déplacement et d’hébergement ont
été pris en charge. Les intervenants nationaux n’ont
pas eu droit à l’incitatif; par contre, leurs frais de
déplacement ont été assumés.
- Chaque
participant au dialogue délibératif a reçu,
avant la rencontre, une mini trousse d’information
comprenant :
- Une
lettre cosignée par l’administrateur en chef de la
santé publique du Canada et le médecin hygiéniste
en chef de la province ou du territoire où la séance
avait lieu, remerciant l’intéressé de sa
participation et décrivant le processus et les attentes (la
lettre a été revue et approuvée par le GTUAP);
- La
première partie d’un guide de discussion qui
renfermait les éléments suivants : description
des éléments essentiels du Plan canadien de lutte
contre la pandémie d’influenza dans le secteur de
la santé, renseignements généraux sur le virus
grippal, genèse des pandémies de grippe,
répercussions prévues au Canada d’une pandémie
et mesures prises et envisagées par les gouvernements en
prévision d’une pandémie, y compris
l’utilisation de vaccins et d’antiviraux à des
fins de traitement. Le document offrait pour conclure une brève
analyse des indications possibles du recours aux antiviraux à
des fins de prévention, en soulignant que les avantages et
les risques associés à une telle mesure restent
encore en grande partie à prouver. Le contenu du guide de
discussion (annexe B) a été élaboré
de concert avec le GTUAP, qui l’a revu et approuvé.
- Chaque
séance de dialogue a duré 1,5 jour, soit du vendredi
soir au dimanche aprèsmidi. Le vendredi soir a été
consacré à une séance d’information et
d’éducation de 2,5 heures. La journée du
samedi a presque exclusivement consisté en un dialogue dirigé
par un animateur.
- Au
moment de l’inscription, les participants ont été
invités à remplir un premier questionnaire destiné
à déterminer, entre autres, leurs réactions
spontanées à trois façons hypothétiques
d’utiliser à des fins de prévention des
antiviraux achetés avec des deniers publics. Ils ont alors
reçu un guide de discussion complet contenant la première
trousse d’information déjà reçue par le
courrier, ainsi qu’un ordre du jour de la séance de
dialogue, les règles de participation et des renseignements
détaillés sur trois façons hypothétiques
d’utiliser à des fins prophylactiques des antiviraux
achetés avec des deniers publics et les arguments « en
faveur » et « à l’encontre »
de chaque approche. Ces approches sont examinées ci après.
- Une
fois que les participants ont été réunis autour
d’une table en forme de fer à cheval, ils ont été
accueillis par un animateur qui se trouvait en avant de la salle,
qui leur a présenté le médecin hygiéniste
en chef de la province ou du territoire (ou son délégué)
et les a invités à se présenter brièvement
et à indiquer les raisons expliquant leur intérêt
pour la séance. Le médecin hygiéniste en chef a
ensuite présenté un exposé Powerpoint
soigneusement conçu (annexe C), qui a donné un
aperçu historique et scientifique des pandémies et qui
faisait le point sur les connaissances relatives à
l’utilisation de vaccins et d’antiviraux à des
fins de traitement et de prévention.
- D’autres
éléments contenus dans le guide de discussion et les
arguments en faveur et à l’encontre de l’utilisation
des trois approches hypothétiques ont été
présentés. Le plan local/provincial de préparation
à une pandémie a aussi été décrit
dans le contexte de cet exposé. Les participants ont été
activement incités à poser des questions pour obtenir
des précisions et à discuter des enjeux. À
l’issue de l’exposé et de la période de
questions, les participants ont été invités à
passer en revue l’information contenue dans leur guide de
discussion et à poser le lendemain des questions afin
d’éclaircir des points obscurs.
- Le
lendemain matin, l’animateur a commencé par demander
aux participants s’ils avaient d’autres questions à
poser au médecin hygiéniste en chef au sujet du
matériel ou des scénarios. Il a ensuite donné
un aperçu de processus, après quoi les participants
ont été invités à faire part de leurs
expériences personnelles dans une situation d’urgence
en santé publique afin d’encourager le dialogue et de
mettre la discussion en contexte. L’animateur a ensuite
demandé aux participants de se pencher sur la question
suivante :
« Comment justifier
l’utilisation préventive, durant une
pandémie d’influenza, d’antiviraux achetés
avec les deniers publics »?
- On a
proposé d’axer la discussion sur trois approches :
Approche no 1 : Réduire au minimum
les maladies graves et les décès
(« Réduire au minimum la maladie grave et le nombre
de décès en fournissant des antiviraux en guise de
prévention afin de prendre soin des plus vulnérables »)
Approche no 2 : Maintenir le
fonctionnement de la société
(« Maintenir les fonctions essentielles sanitaires et
socioéconomiques en fournissant des antiviraux aux
travailleurs essentiels par mesure de prévention »)
Approche no 3 : Réduire au minimum
le rôle du gouvernement
(« S’en remettre aux institutions et aux
particuliers lorsqu’il s’agit de décider de
constituer une réserve d’antiviraux par mesure de
prévention »)
- Ces
trois approches ont été élaborées par le
GTUAP dans le cadre d’une séance rigoureuse consacrée
à la définition des questions. Lors de cette séance,
le GTUAP a évalué les questions et les incidences des
diverses décisions possibles et leur viabilité
pratique et politique comme options stratégiques fondées
sur des valeurs. Ces approches ont ensuite été mises à
l’essai auprès de citoyens, l’objet étant
de s’assurer qu’elles représentaient des choix de
politique « réalistes » avec lesquels
on pouvait s’attendre à ce que la population soit
raisonnablement d’accord. Les approches ont ensuite été
peaufinées (annexe D).
- L’animateur
a souligné que les approches n’étaient pas des
options stratégiques actuellement envisagées, mais des
« scénarios » visant à susciter
un dialogue, et que ces trois approches ne s’excluaient pas
mutuellement. Il a ensuite précisé que les approches
reposaient sur les postulats suivants :
- Des
antiviraux achetés avec des deniers publics seront mis à
la disposition de tous ceux qui en ont besoin à des fins de
traitement.
- La
production d’une quantité suffisante de vaccins pour
immuniser tous les Canadiens nécessitera un délai
d’au moins six mois puisque la fabrication du vaccin ne peut
débuter qu’une fois que le virus grippal en cause est
connu.
- Il
sera impossible de distribuer des antiviraux à des fins de
prévention aux 33 millions d’habitants du Canada.
- La
pandémie sera d’intensité modérée.
- Les
participants ont ensuite été invités à
discuter de la pertinence des trois approches. Après une
pauserepas, ils ont discuté en petits groupes des
aspects des trois approches qu’ils appréciaient ou non
et des raisons expliquant leur position. Les résultats des
discussions en petits groupes ont ensuite été
présentés lors d’une séance plénière,
et les points de convergence et les points de divergence observés
dans les différents groupes à l’égard de
chaque approche ont été notés sur un tableau à
feuilles mobiles.
- Après
une courte pause, les participants ont une fois de plus été
invités à former de petits groupes afin de se pencher
sur les conclusions qu’ils avaient tirées jusquelà
et à déterminer ensuite les types de catégories
de personnes qui, selon eux, devraient être considérés
comme des bénéficiaires prioritaires d’antiviraux
achetés avec des deniers publics en cas de pandémie.
Là encore, les résultats des discussions en petit
comité ont ensuite été présentés
lors d’une séance plénière, et les points
de convergence et les points de divergence ont été
notés sur un tableau à feuilles mobiles.
- Les
participants ont ensuite été invités à
remplir un sondage post-dialogue (annexe E) qui visait à
déterminer si leurs opinions spontanées sur la
question avaient évolué depuis le début du
dialogue et, le cas échéant, comment et pourquoi.
- Ensuite,
les participants ont été invités à se
demander s’il y avait d’autres questions ou éléments
que les gouvernements devaient prendre en considération dans
leur décision concernant l’idée de distribuer ou
non, à des fins de prévention, des antiviraux achetés
avec des deniers publics en cas de pandémie. À la fin
de cette discussion, les participants ont été priés
de remplir un dernier questionnaire dans lequel ils devaient
indiquer si, à la lumière de ce qu’ils avaient
appris au cours de la journée et demie précédente,
ils estimaient que les gouvernements devraient fournir à des
fins de protection des antiviraux achetés avec des deniers
publics en cas de pandémie, et pourquoi. Ils devaient aussi
décrire comment ils obtenaient généralement de
l’information sur des questions de santé publique et
sur les types d’efforts ou de matériel d’éducation
de la population qu’ils conseilleraient aux gouvernements
d’utiliser au sujet de la grippe pandémique.
- Après
les dernières observations faites par les participants, les
animateurs et les hôtes, les participants ont été
priés de faire une évaluation du processus proprement
dit.
3.Objectifs
du dialogue
Les
dialogues visaient à atteindre trois grands objectifs :
- Mieux
saisir les attentes et les points de vue des citoyens, des possibles
groupes cibles de bénéficiaires et des intervenants
nationaux (exprimés lors de séances de dialogue
délibératif distinctes) sur la formulation d’une
recommandation stratégique nationale concernant l’utilisation
prophylactique d’antiviraux achetés avec des deniers
publics en cas de pandémie de grippe.
- Permettre
aux décideurs d’atténuer les possibles critiques
à l’égard des difficiles choix de politique
qu’ils pourraient être tenus de faire à propos de
l’utilisation prophylactique d’antiviraux en montrant que
la décision a été précédée
d’un vaste processus de dialogue et de réflexion ouvert.
- Montrer
la pertinence et les avantages de l’inclusion des citoyens et
d’autres groupes et intervenants clés dans un dialogue
structuré délibératif sur les difficiles choix
de politique publique à caractère éthique qui
pourraient être associés à des éclosions
de grippe pandémique.
4. Séances
de dialogue du GTUAP
Le
processus entrepris par le GTUAP et décrit dans la Partie III
comprenait onze séances distinctes, soit :
- Cinq
séances de dialogue régional avec des citoyens
- Une
séance de dialogue avec des citoyens organisée par le
gouvernement du Québec, à l’aide de la même
méthodologie et des mêmes instruments que ceux du GTUAP
- Une
séance avec les membres des Premières nations vivant
dans les réserves
- Deux
séances avec des intervenants nationaux
- Deux
séances avec des groupes cibles
Dialogues
régionaux avec des citoyens et dialogue organisé par le
Québec
Des
séances de dialogue avec des citoyens ont été
tenues à Halifax (en novembre), à Toronto
(en novembre), à Winnipeg (en novembre), à Vancouver
(en décembre) et à Iqaluit (en janvier). Le
gouvernement du Québec a convoqué à Montréal
(en février) une autre séance fondée sur la même
méthodologie et les mêmes outils. Chaque séance a
réuni de 20 à 25 personnes choisies au hasard
par une société de recherche sur l’opinion
publique parce qu’elles étaient jugées
représentatives de la région selon leur sexe, leur âge,
leur niveau d’instruction et leur revenu. La plupart des
participants se trouvaient à une distance raisonnable de la
ville où se tenaient les consultations, même si
certains, venant de régions éloignées de la
province, d’une province adjacente ou d’un autre
territoire, ont dû s’y rendre en avion.
Étant
donné la taille réduite de l’échantillon,
la capacité d’extrapoler les résultats de ces
processus est évidemment limitée. Toutefois, des
mesures ont été prises en vue de faire en sorte que les
points de vue des participants aux dialogues sur les questions clés
liées à la grippe pandémique se rapprochent de
ceux de l’ensemble de la population d’où ils
étaient issus. C’est pourquoi, pendant la phase du
recrutement, tous les individus contactés par la société
de recrutement, qu’ils aient au bout du compte été
choisis ou non comme participants, ont fait l’objet d’un
sondage visant à déterminer s’ils étaient
au courant de la grippe pandémique et ce qu’ils en
pensaient. À leur arrivée aux séances, les
participants ont été priés de remplir un
questionnaire préalable à l’inscription qui
renfermait des questions analogues à celles posées lors
du processus de recrutement. Si l’on se fie aux résultats
de ces évaluations distinctes (soit le questionnaire de
recrutement et le questionnaire de préinscription), de
manière générale, les points de vue des
participants aux dialogues et ceux de l’ensemble de la
population d’où ils étaient issus se recoupaient.
Outre les
objectifs primordiaux du processus, les dialogues avec les citoyens
visaient certains objectifs spécifiques :
- Définir
les valeurs/principes fondamentaux que les citoyens souhaiteraient
voir/s’attendraient à voir reflétées dans
les décisions concernant l’utilisation ou non, à
des fins prophylactiques, d’antiviraux achetés avec des
deniers publics en cas de pandémie et la façon de
procéder à cet égard.
- Recueillir
les préférences des citoyens sur les bénéficiaires
(différentes catégories d’intervenants ou
d’individus) à privilégier si l’on
décidait de distribuer à des fins de prévention
des quantités limitées d’antiviraux achetés
avec des deniers publics en cas de pandémie.
- Recueillir
le point de vue des citoyens sur la pertinence d’utiliser à
des fins prophylactiques des antiviraux achetés avec des
deniers publics en cas de pandémie.
- Déterminer
les secteurs où l’information de la population sur les
pandémies laisse à désirer (pour mieux cibler
les efforts d’éducation ou de sensibilisation de la
population).
- Déterminer
quels types de renseignements serviraient à renforcer ou à
changer les points de vue spontanés des citoyens sur
l’utilisation d’antiviraux à des fins préventives
en cas de pandémie.
- Déterminer
s’il existe des différences entre le « jugement
collectif » (exprimé par les participants dans les
points de convergence qui sont ressortis des dialogues) et leur
jugement individuel (exprimé dans les questionnaires).
- Déterminer
s’il existe d’une région à l’autre
des différences marquées dans les points de vue sur
les questions étudiées.
- En
savoir davantage sur la pertinence et les avantages de l’inclusion
des citoyens dans un dialogue structuré délibératif
sur les difficiles choix de politique publique à caractère
éthique qui pourraient être associés à
des éclosions de grippe pandémique.
Séance
avec les membres des Premières nations vivant dans les
réserves
En
janvier, une séance distincte réunissant quelque 28
communautés des Premières nations vivant dans les
réserves de l’Alberta, de la Saskatchewan, de la
ColombieBritannique et du Yukon a été tenue à
Edmonton. Les objectifs de ce dialogue avec les Premières
nations vivant dans les réserves étaient analogues à
ceux des séances avec les citoyens, à la différence
près que s’y est ajouté un autre objectif
consistant à déterminer si des différences de
points de vue importantes ont été mises en évidence
par les résultats des dialogues avec des citoyens et du
dialogue avec les membres des Premières nations vivant dans
les réserves.
Séances
avec des intervenants nationaux et séances avec des groupes
cibles de bénéficiaires
Afin de
compléter les dialogues avec des citoyens, des séances
distinctes ont aussi été tenues à Ottawa à
l’intention de groupes d’intervenants nationaux
(28 participants) et de représentants de possibles
groupes cibles de bénéficiaires (46 participants).
Le GTUAP a examiné et approuvé un modèle
d’invitation de groupes cibles et une liste proposée
d’invitation d’intervenants. Les deux séances
comprenaient une séance commune d’information/d’orientation,
tenue le premier jour, à l’intention de tous les
participants, mais de plus petites séances de dialogue animées
séparément, le deuxième jour.
Deux
catégories distinctes d’intervenants nationaux ont été
invités à prendre part aux dialogues : des
groupes qui possédaient une expertise précise dans le
secteur de la santé ou dont les membres travaillaient dans le
secteur de la santé (p.ex. des infirmières, des
médecins, des membres des professions paramédicales,
des épidémiologistes) et des groupes non associés
à la santé, dont les intérêts ou les
membres seraient directement touchés par une éclosion
de grippe pandémique (p. ex. des policiers, des
pompiers, des compagnies d’assurance, des salons funéraires,
des organismes de services sociaux, des entreprises de services
publics, des commerces). On a cherché à faire en sorte
que la répartition des participants du secteur de la santé
et des participants n’appartenant pas au secteur de la santé
soit équilibrée à chacune des séances de
dialogue du deuxième jour.
Les
participants aux séances destinées aux groupes cibles
étaient des personnes indépendantes choisies en
fonction de la probabilité qu’elles soient désignées
par des citoyens comme des bénéficiaires prioritaires
d’antiviraux à des fins de prévention selon la
nature de leur travail ou de leurs compétences
professionnelles (p. ex. des infirmières, des
médecins, des enseignants, des travailleurs des services de
garderie, des entrepreneurs de pompes funèbres, des membres
d’un ordre religieux, des dispensateurs de services essentiels
(liés à l’hydro-électricité, la
qualité de l’eau, les transports, etc.). Il importe
de signaler que les représentants des groupes cibles ont
été invités à participer à titre
d’individus et non comme défenseurs du point de vue ou
des intérêts de leur organisation.
Les
dialogues avec les intervenants et les groupes cibles visaient les
objectifs suivants :
- Définir
les valeurs/principes fondamentaux que les intervenants nationaux et
les possibles groupes cibles de bénéficiaires
souhaiteraient voir/s’attendraient à voir reflétées
dans les décisions concernant l’utilisation ou non, à
des fins prophylactiques, d’antiviraux achetés avec des
deniers publics en cas de pandémie et la façon de
procéder à cet égard.
- Recueillir
les préférences des intervenants nationaux et des
possibles groupes cibles de bénéficiaires (différentes
catégories d’intervenants ou d’individus) si l’on
décidait de distribuer à des fins de prévention
des quantités limitées d’antiviraux achetés
avec des deniers publics en cas de pandémie.
- Recueillir
le point de vue des intervenants nationaux et des possibles groupes
cibles de bénéficiaires sur la pertinence d’utiliser
à des fins prophylactiques des antiviraux achetés avec
des deniers publics en cas de pandémie.
- Déterminer
les secteurs où l’information des intervenants
nationaux et des possibles groupes cibles de bénéficiaires
sur les pandémies laisse à désirer (pour mieux
cibler les efforts d’éducation ou de sensibilisation).
- Déterminer
quels types de renseignements serviraient à renforcer ou à
changer les points de vue spontanés des intervenants
nationaux et des possibles groupes cibles de bénéficiaires
sur l’utilisation d’antiviraux à des fins
préventives en cas de pandémie.
- Déterminer
s’il existe des différences entre le « jugement
collectif » (exprimé par les participants dans les
points de convergence qui sont ressortis des dialogues) et leur
jugement individuel (exprimé dans les questionnaires).
- Déterminer
s’il existe entre les intervenants du secteur de la santé
et les intervenants n’appartenant pas au secteur de la santé
des différences marquées dans les points de vue sur
les questions étudiées.
- Déterminer
s’il existe des différences appréciables entre
les participants aux séances destinées aux
intervenants et les participants aux séances destinées
aux groupes cibles.
- En
savoir davantage sur la pertinence et les avantages de l’inclusion
des intervenants nationaux et des possibles groupes cibles de
bénéficiaires dans un dialogue structuré
délibératif sur les difficiles choix de politique
publique à caractère éthique qui pourraient
être associés à des éclosions de grippe
pandémique.
5. Outils et
matériel pédagogiques
Pour que
l’information communiquée soit uniforme d’une
région du pays et d’une séance à l’autre,
chaque participant a reçu le même Guide de discussion et
la même lettre d’invitation. Le médecin hygiéniste
en chef de l’administration où une séance de
dialogue s’est déroulée a présenté
la même séance d’éducation sous forme
d’exposé PowerPoint renfermant de l’information de
base sur la grippe pandémique, préparé par le
GTUAP. Le médecin hygiéniste en chef avait la
possibilité de compléter l’exposé
Powerpoint par de l’information adaptée à la
réalité locale des participants.
Comme
nous l’avons signalé, les participants ont aussi été
invités à remplir les documents suivants :
- Un
questionnaire préalable à l’inscription destiné
à déterminer les réactions spontanées
des participants aux questions clés (soit l’orientation
à donner aux efforts de préparation à une
pandémie, les trois approches, le classement des groupes
prioritaires)
- Un
questionnaire subséquent au dialogue visant à
déterminer si les opinions spontanées des participants
avaient évolué, comment et pourquoi.
- Un
questionnaire à remplir à la fin de la journée,
dans lequel les participants devaient donner au gouvernement leur
avis sur l’idée de stocker ou non des antiviraux à
des fins prophylactiques ainsi que sur la meilleure façon de
procéder pour communiquer aux Canadiens de l’information
sur la préparation à une pandémie de grippe.
- Un
formulaire d’évaluation sur la pertinence/qualité
du dialogue proprement dit.
6.Cadre
d’évaluation
Le GTUAP
a demandé aux concepteurs du dialogue délibératif
d’élaborer un cadre solide permettant d’évaluer
la pertinence du dialogue, soit aussi bien ses résultats que
le recours à la technique du « dialogue délibératif »
comme outil devant faciliter la prise de décisions par les
responsables de l’élaboration des politiques.
C’est
ainsi qu’a été élaboré un cadre
comprenant des critères d’évaluation explicites
applicables au processus proprement dit et à de possibles
secteurs à évaluer après le processus
(annexe F). Plus précisément, les concepteurs du
processus percevaient l’évaluation essentiellement de
deux façons : « …soit,
premièrement, comme une démarche structurée
permettant de déterminer la réussite par rapport à
des critères préétablis et, ensuite, comme une
occasion, tout aussi importante, d’apprentissage et d’échanges
entre les participants, les membres du personnel de l’agence/les
organisateurs et les concepteurs.
En ce qui
concerne le processus même (soit chacune des onze séances
de dialogue), quatre questions clés ont servi à définir
la démarche et les méthodes utilisées :
- Le
processus atil permis de recueillir le point de vue du
groupe de participants visé (p. ex. les citoyens,
les intervenants, etc.) sur ces questions?
- Le
processus atil réussi à donner un aperçu
des secteurs où l’information des groupes de
participants (p. ex. les citoyens, les intervenants, etc.)
laissait à désirer et des types d’information
qui auraient une incidence sur ces points de vue spontanés ou
qui les renforceraient?
- La
pertinence et les avantages de l’inclusion de groupes de
participants dans un dialogue délibératif structuré
ontils été démontrés?
- Quelles
leçons aton tirées tout au cours du
processus, de l’étape préalable à la
planification à la période consécutive à
la consultation?
Des
indicateurs ont été définis et des possibles
sources de données ont été repérées
à l’égard de chaque question étudiée.
La démarche globale utilisée aux fins de l’évaluation
comprenait divers éléments : la décision
prise à l’étape du recrutement de déterminer
les points de vue relativement spontanés des participants aux
dialogues avec les citoyens et de l’ensemble de la population
régionale d’où ils étaient issus; les
questionnaires que devaient remplir les participants avant et après
le dialogue et dans lesquels ils devaient donner leur point de vue
sur les questions primordiales avant et après la discussion;
le troisième questionnaire qui invitait les participants à
indiquer si, à leur avis, les gouvernements devraient acheter
des antiviraux à des fins de prévention et, dans
l’affirmative, dans quelles conditions, et le questionnaire
d’évaluation du processus qui demandait aux participants
d’évaluer divers aspects techniques de la consultation.
Une
approche analogue a été adoptée à l’étape
de la rédaction du rapport final. Outre les réponses
aux questionnaires et les notes sur le tableau à feuilles
mobiles prises lors des réunions, chaque séance, à
laquelle assistait un preneur de notes/observateur d’EKOS, la
société de recherche chargée de préparer
le rapport final, a été enregistrée sur bande
audio. Les animateurs ont aussi été invités à
donner leur avis spontané sur le processus. Ces premières
observations ont été communiquées aux
observateurs pour des raisons de cohérence. Avant de résumer
chaque séance, EKOS a examiné les notes de
l’observateur et celles de l’animateur et a écouté
l’enregistrement audio de la séance pour déterminer
si les points de vue sur les questions convergeaient ou divergeaient.
Enfin, il
importe de signaler que si le processus proposé au départ
comprenait d’autres éléments, ils n’ont pu
être mis en œuvre faute de temps et de ressources. Voici
en quoi consistaient ces autres éléments, qui auraient
apporté plus de profondeur et d’ampleur au processus :
- Une
séance nationale de synthèse où un
échantillon de participants de chacune des onze séances
auraient été invités à prendre part à
une rencontre nationale afin de présenter les résultats
de leur séance respective et d’en discuter en vue de
déterminer dans quelle mesure les points de vue convergeaient
d’une séance à l’autre.
- Un
dialogue parallèle en ligne où une version
électronique d’une variante du guide de discussion et
un questionnaire dirigé auraient été affichés
en vue de déterminer si les résultats du dialogue et
les points de vue de l’ensemble de la population se
recoupaient.
Le fait
que le GTUAP ait choisi de ne pas retenir ces éléments
additionnels ne nuit en rien à la valeur globale de
l’exercice. S’il y avait eu des différences
marquées entre les points de vue exprimés dans les
diverses séances de dialogue, ces éléments
supplémentaires auraient eu beaucoup plus d’importance.
Cela dit, du point de vue du travail universitaire et de la
recherche, il serait très intéressant d’évaluer
plus à fond le processus, la méthodologie employée
et les points de vue des participants comme des décideurs au
sujet de la valeur du processus tant à court terme (autrement
dit, atil servi à prendre une décision?) qu’à
moyen terme (autrement dit, la décision de politique finale
atelle pris en compte les résultats des séances
de dialogue et, le cas échéant, de quelle manière?).
La Partie
III offre une analyse plus approfondie de l’évaluation.
Partie II : Les résultats
du dialogue – Ce que nous avons entendu
Comme
nous l’avons souligné dans la Partie I de ce rapport, un
cadre rigoureux a été élaboré pour
l’évaluation des résultats du dialogue. Un bref
résumé des faits saillants qui se dégagent des
séances de dialogue individuelles et des résultats de
l’ensemble du processus à la lumière de la série
préétablie de critères d’évaluation
est présenté plus loin dans cette section. Voici, à
l’intention des responsables de l’élaboration des
politiques, un compte rendu des éléments essentiels du
processus :
- Même
si quelques différences ont été observées
entre les diverses séances (citoyens, intervenants nationaux,
groupes cibles), dans la perspective des politiques publiques, elles
ne sont pas assez marquées pour justifier une modification de
la décision que doivent prendre les responsables de
l’élaboration de politiques ni des futures initiatives
d’information ou de sensibilisation.
- Lorsqu’ils
ont été invités à faire un choix parmi
les trois approches pouvant guider les décisions de
politique, une majorité de participants (citoyens,
intervenants et groupes cibles) ont privilégié celle
qui consiste à maintenir le fonctionnement de la société.
L’approche visant à réduire au minimum les
maladies graves et les décès a également
été très bien accueillie alors que celle
consistant à réduire au minimum le rôle du
gouvernement a été la moins bien cotée.
Les réponses au questionnaire subséquent au dialogue
révèlent que l’adhésion globale aux deux
approches les mieux cotées avait augmenté, mais
qu’elle avait diminué à l’égard de
la troisième.
- Il
existe incontestablement un vaste consensus selon lequel les
gouvernements devraient créer une autre réserve
nationale d’antiviraux devant être utilisée à
des fins prophylactiques.
- En
dépit de ce consensus général, les avis en
faveur de la création de cette autre réserve
d’antiviraux à des fins prophylactiques semblent, pour
le moins, nuancés et réservés.
- Cette
attitude réservée à l’égard du
stockage d’antiviraux à des fins prophylactiques
traduit divers questionnements au sujet des « inconnues »,
plus précisément sur les plans suivants :
Sécurité
- Les
risques d’effets secondaires associés à la prise
d’antiviraux pendant une période prolongée ou à
la nonobservance du régime prophylactique intégral
(soit un comprimé par jour pendant huit semaines)
- Le
risque d’apparition d’une résistance aux
antiviraux
Efficacité
- Les
énormes défis logistiques associés à la
distribution en temps opportun des antiviraux (surtout en région
rurale/éloignée et en dehors des milieux
institutionnels)
- Les
questions liées à l’observance (autrement dit,
est-ce réaliste de penser que les personnes suivront
intégralement le régime prophylactique, soit un
comprimé par jour pendant huit semaines?)
- L’incertitude
concernant l’efficacité des antiviraux à des
fins de prévention.
Équité
- Les
critères qui présideront au choix des bénéficiaires
prioritaires seront-ils valables et justes?
- Ces
critères seront-ils respectés?
- Quelle
incidence pourraient-ils avoir sur le principe de l’accès
universel aux soins de santé?
Coût
d’option
- Des
investissements dans des secteurs tels que « l’éducation
de la population » seraientils plus efficaces?
- Quel
serait le coût d’option lié à l’achat
d’antiviraux par rapport à d’autres
investissements en santé publique?
Responsabilité
individuelle/institutionnelle
- Quel
rôle et quelle responsabilité les individus et les
institutions devraient-ils assumer face à la décision
d’utiliser des antiviraux aux fins de la prévention?
- Quels
sont les cas qui justifient l’utilisation de deniers publics
pour l’achat d’antiviraux aux fins de la prévention?
- L’importance
de la notion de réciprocité : la responsabilité
qui incombe à ceux qui bénéficient des
médicaments de se présenter au travail et de suivre
leur traitement jusqu’au bout.
- Ces
mises en garde ressortent nettement du consensus général
selon lequel, advenant une décision de stocker, à des
fins de prévention, des antiviraux achetés avec des
deniers publics, ces produits devraient être distribués
au plus petit nombre possible de bénéficiaires dont on
aurait besoin pour obtenir les résultats souhaités,
non pas pour des considérations de coût, mais en raison
des « inconnues ». Par conséquent, il
ne serait pas exagéré de conclure que si l’on
obtenait de nouvelles données sur les risques et les
avantages, les résultats seraient peutêtre
différents.
- En
ce qui concerne le classement par ordre de priorité,
lorsqu’ils ont été invités à
choisir les trois principales catégories de bénéficiaires
prioritaires parmi une liste possible (pour ce qui est de l’accès
à des fins de prévention aux antiviraux achetés
avec des deniers publics), les citoyens ont placé en tête
de liste les travailleurs de première ligne en santé
ayant des contacts étroits avec des patients (suivis de ceux
n’ayant pas de contacts étroits avec des patients).
L’appui à l’égard des groupes vulnérables
et des intervenants d’urgence a varié considérablement,
mais il était presque égal. (Dans la catégorie
des groupes « vulnérables », ce sont
les enfants qui ont reçu la cote la plus élevée,
suivis des malades chroniques (et immunodéficients) et des
personnes âgées).
- Les
résultats étaient moins ambigus et plus pragmatiques
chez les membres de groupes cibles et les intervenants. Ce
sont en effet les travailleurs de la santé ayant des contacts
étroits avec des patients qui ont reçu la cote la plus
élevée. Les autres travailleurs de la santé ont
aussi reçu énormément d’appui,
indépendamment des contacts avec les patients. Ils étaient
suivis de près des autres intervenants en santé
(indépendamment des contacts avec des patients). Les
intervenants d’urgence et les dispensateurs de services
essentiels sont arrivés au second rang, et les groupes
vulnérables, au dernier rang. Il importe de souligner que la
cote élevée reçue par les travailleurs de la
santé et les intervenants d’urgence tient davantage au
pragmatisme (autrement dit, « ils sont nécessaires au
maintien du fonctionnement de la société et à
l’endiguement de la pandémie ») qu’à
une préoccupation à l’égard du fait
qu’ils présentent un risque accru d’exposition en
raison de leur activité professionnelle.
En ce qui
concerne les « valeurs fondamentales »
défendues par les participants, qu’ils semblaient
souhaiter voir reflétées dans les politiques adoptées
et les décisions prises à l’égard du
possible stockage d’antiviraux à des fins de prévention
et de la désignation de bénéficiaires
prioritaires, un certain nombre ressortaient nettement :
- Pragmatisme : l’idée de faire en sorte que la société
continue de fonctionner semblait une préoccupation dominante
chez la plupart des participants au dialogue. C’est pourquoi
l’appui accordé par certains participants à la
distribution, par les gouvernements, d’antiviraux à
des fins prophylactiques semblait surtout lié à une
volonté d’endiguer l’épidémie ou
de limiter la propagation du virus. Dans pareil contexte, on
s’étonnera à peine de ce que les participants
étaient presque inconditionnellement favorables à
l’idée de la distribution prophylactique d’antiviraux
aux travailleurs de la santé de première ligne (et,
dans une moindre mesure, aux intervenants d’urgence). En
effet, non seulement ces groupes sont essentiels au maintien du
fonctionnement de la société, mais il est aussi plus
facile de leur distribuer rapidement des médicaments; il est
plus probable que cette catégorie de personnes observent
intégralement le régime prophylactique, ce qui leur
permettra de prendre soin des malades et ainsi de réduire le
fardeau déjà trop lourd qui pèse sur le
système de santé. Ainsi, malgré les
inquiétudes liées aux « inconnues »,
l’idée d’investir dans la constitution d’une
réserve d’antiviraux à des fins de prévention
était jugée prudente, responsable et raisonnable.
Dans une même veine, les raisons invoquées
pour le rejet de l’approche no 3 (Réduire
au minimum le rôle des gouvernements) étaient
également éloquentes (cette approche exclut la
possibilité que les gouvernements utilisent leur pouvoir
d’achat pour faire en sorte que les coûts demeurent
faibles; il s’agit d’une attitude de laisserfaire;
les gouvernements ne jouent pas un rôle de chef de file;
l’approche pourrait susciter l’indignation de la
population et déboucher sur l’anarchie, et il faut que
quelqu’un s’occupe de ceux qui sont incapables
d’obtenir une ordonnance parce qu’ils n’ont pas
de médecin, ou qui dispensent des services essentiels (comme
le personnel d’entretien travaillant en milieu hospitalier),
qui ne peuvent assumer le coût d’achat d’antiviraux).
- Compassion,
équité et responsabilité : Même si,
chez la plupart des participants, le « pragmatisme »
semble l’avoir emporté sur la « compassion »,
il ne faudrait pas pour autant en conclure que les décideurs
ont « carte blanche ». En effet, la
compassion représentait une valeur importante aux yeux des
participants et une bonne partie des discussions ont tourné
autour de la notion d’équité et de
justice.
Ainsi, de nombreux participants étaient
d’avis que la société avait l’« obligation »
de prendre toutes les mesures raisonnables afin de protéger
la santé et la sécurité des personnes (et,
dans une moindre mesure, celles de leur famille immédiate)
susceptibles de se trouver sur la ligne de front de la lutte contre
une pandémie. C’est pourquoi ils percevaient comme
raisonnable, juste et nécessaire la distribution
d’antiviraux à des fins de prévention aux
travailleurs de la santé et aux intervenants d’urgence,
même s’ils n’étaient pas parfaitement
convaincus de l’utilité réelle d’une
telle mesure. (Toutefois, beaucoup de discussions ont entouré
la notion de réciprocité : la responsabilité
qui incombe à ceux qui bénéficient des
médicaments de se présenter au travail et de suivre
leur traitement jusqu’au bout.)
D’autres
participants ont fortement insisté sur la nécessité
d’une campagne précoce et soutenue d’éducation
de la population qui expliquerait aux gens que la décision
de désigner des groupes prioritaires repose sur des critères
objectifs et justifiables et que des règles claires seront
appliquées de manière uniforme lorsqu’il
s’agira de choisir les personnes qui bénéficieraient
d’antiviraux à des fins de protection. La séance
de dialogue tenue avec les citoyens d’Iqaluit et celle qui a
eu lieu à Edmonton avec les membres des Premières
nations vivant dans les réserves font aussi ressortir une
préoccupation à l’égard de la question
de l’équité, autrement dit la crainte que les
décideurs ne fassent pas cas des besoins des personnes
vivant en région rurale et éloignée.
Les
répondants étaient aussi d’accord pour dire
que, toutes choses étant égales et une fois les
besoins des travailleurs de la santé et des intervenants
d’urgence satisfaits, la société avait
l’obligation de « bien agir » à
l’égard des segments les plus vulnérables de la
société, les enfants se voyant accorder la préséance
par rapport aux autres catégories possibles de groupes
« vulnérables ».
- Comme
nous l’avons déjà indiqué, dans son
analyse détaillée du processus de dialogue, la société
EKOS Research a observé entre les diverses séances
régionales de dialogue avec des citoyens quelques différences
de points de vue sur certaines questions, mais du point de vue des
politiques publiques, elles ne sont pas assez marquées pour
justifier une modification de la décision que doivent prendre
les responsables de l’élaboration de politiques ni de
la décision prise par les ministres FPT de la Santé à
l’égard des futures initiatives d’information ou
de sensibilisation. Parmi les différences de points de vue
observées entre les régions figurent cellesci :
En ce
qui concerne l’approche no I :
Réduire au minimum les maladies graves et les décès
- Les
participants d’Halifax et d’Iqaluit, et les participants
aux séances destinées aux membres des Premières
nations vivant dans les réserves ont trouvé cette
approche particulièrement convaincante, alors que ceux de
Vancouver se méfiaient des coûts associés à
cette approche.
En ce
qui concerne l’approche no III :
Réduire au minimum le rôle du gouvernement
- Même
si cette approche a généralement été
rejetée dans tous les dialogues, les participants des
Premières nations vivant dans les réserves voyaient
d’un bon œil une participation accrue de la collectivité
(et une intervention moins grande du gouvernement). Ils ont
toutefois insisté sur le fait que les gouvernements ont
l’obligation de fournir à toute collectivité qui
en fait la demande des antiviraux achetés avec des deniers
publics à des fins de prévention.
En ce
qui concerne les points de convergence
- La
séance qui a eu lieu à Toronto a insisté
davantage sur les questions liées à l’accès
universel. Les participants de Vancouver ont davantage mis l’accent
sur les coûts d’option et l’importance de la
recherche; les participants de Halifax se sont montrés plus
sensibles aux besoins des personnes économiquement
vulnérables; les participants des Premières nations
doutaient de la capacité et de la volonté du système
de santé de répondre aux besoins des Premières
nations et les participants d’Iqaluit ont souligné
l’importance des stratégies communautaires.
En ce
qui concerne les bénéficiaires prioritaires
- Les
participants de Halifax, de Toronto et des Premières nations
étaient proportionnellement plus nombreux à manifester
de l’empathie envers les personnes vulnérables, groupe
dans lequel ils ont inclus les personnes et les familles à
faible revenu.
- De
même, le rapport final de la société EKOS
Research (annexe G) met également en évidence
certaines différences de points de vue entre les citoyens,
les intervenants et les groupes cibles à l’égard
de certaines questions. Là encore, ces différences ne
sont pas assez marquées pour justifier une modification de la
décision que doivent prendre les responsables de
l’élaboration de politiques ni de la décision
prise par les ministres FPT de la Santé à l’égard
des futures initiatives d’information ou de sensibilisation.
Voici de quoi il s’agit :
En ce
qui concerne l’approche no I :
Réduire au minimum les maladies graves et les décès
- Cette
approche a été jugée assez intéressante
par les intervenants et les groupes cibles, mais elle a suscité
chez eux moins d’enthousiasme que chez les citoyens.
En ce qui concerne les points de convergence
- Les intervenants et les groupes cibles ont accordé plus
d’importance aux aspects pratiques (p. ex. répercussions,
logistique, coûts d’option) qu’aux considérations
liées aux valeurs.
- Parmi
les autres constats et observations qui se dégagent des
dialogues, trois ressortent très nettement :
La
nécessité absolue de tabler sur l’éducation
de la population comme forme de prévention
- À
chaque séance, les participants ont maintes fois insisté
sur le fait que les gouvernements doivent investir dans l’éducation
de la population axée sur la préparation à une
pandémie comme forme de prévention. En effet, la
question de savoir s’il serait plus rentable d’investir
dans l’éducation de la population que dans la
distribution d’antiviraux à des fins prophylactiques a
suscité énormément de discussions lors de
plusieurs séances.
La
nécessité de poursuivre les recherches sur
l’utilisation d’antiviraux à des fins de
prévention
- Un
autre thème a dominé dans toutes les séances,
soit la nécessité d’approfondir les recherches
sur les avantages et les risques à long terme associés
à l’utilisation d’antiviraux à des fins de
prévention. À cet égard, il convient de
souligner une fois de plus que l’appui accordé à
l’idée du stockage d’antiviraux à des fins
prophylactiques était nuancé et tenait davantage à
des principes de prudence/précaution qu’à une
profonde conviction à l’égard de l’utilisation
prophylactique d’antiviraux. Une analyse objective des
résultats des dialogues permet de tirer une conclusion plus
importante et sans doute plus évidente : le niveau de
soutien accordé à l’idée du stockage
d’antiviraux à des fins prophylactiques pourrait
nettement augmenter ou diminuer s’il existait des données
de recherche établissant nettement l’innocuité
et l’efficacité de l’utilisation prolongée
de ce genre de médicaments chez des individus en bonne santé.
Dans cette optique, on pourrait considérer qu’au lieu
d’exclure la possibilité de stocker des antiviraux à
des fins prophylactiques, certains participants se sont montrés
favorables à l’idée du stockage en attendant que
des résultats de recherche pertinents soient connus. En
termes plus familiers, on pourrait résumer ainsi une telle
position : « Je ne suis pas convaincu que
l’utilisation des antiviraux à des fins prophylactiques
donnera les résultats souhaités, mais je ne suis pas
prêt à exclure l’idée de les stocker aux
fins de la prévention jusqu’à ce que l’on
obtienne des données probantes montrant nettement que les
risques pour la santé et la sécurité
l’emportent sur les possibles avantages ».
La
nécessité pour le gouvernement de faire preuve de
leadership
- Il
s’est dégagé des séances un troisième
thème récurrent ou sousjacent. Les participants
souhaitaient que le gouvernement assume un leadership très
clair et visible dans ce dossier, et ils s’y attendaient. Ils
l’ont exprimé de diverses façons. Par exemple,
dans les observations finales faites à chacune des séances,
de nombreux participants ont indiqué que même s’ils
s’attendaient à ce que les gouvernements tiennent
compte des résultats des dialogues dans leurs délibérations,
il ne fallait pas pour autant que les gouvernements adoptent leurs
recommandations. Les participants ont aussi bien fait comprendre
qu’ils ne voulaient pas que la décision de stocker ou
non des antiviraux à des fins de prévention repose
uniquement sur des considérations scientifiques ou
économiques, mais également sur des principes de
justice, d’équité et de compassion.
- De
plus, plusieurs participants ont souligné que l’absence
de leadership des gouvernements pouvait engendrer un état de
panique et l’anarchie. Selon eux, ce leadership impliquait
nécessairement une volonté des gouvernements de
communiquer l’information de manière transparente et
proactive. À cet égard, les participants ont indiqué
que le gouvernement a l’« obligation » de tenir
les citoyens au courant des événements en cas
d’éclosion, de leur expliquer clairement les plans qui
ont été conçus pour y faire face et de bien
leur faire comprendre que ces plans ont été élaborés
de manière objective à la lumière des meilleurs
éléments d’information disponibles et qu’ils
seront appliqués de manière équitable.
- Ensemble,
ces thèmes font ressortir l’absolue nécessité,
pour le gouvernement, de concilier diverses questions associées
à cette décision, de prendre sa décision et de
la justifier clairement et vigoureusement avant la survenue d’une
possible éclosion.
- Lors
de la séance tenue à Edmonton à l’intention
des Premières nations vivant dans les réserves,
certains participants ont indiqué qu’il fallait que les
décideurs reconnaissent la possible contribution de la
médecine traditionnelle au plan de lutte contre une pandémie
et à la lutte proprement dite.
PartIE III : Observations
sur le processus, l’évaluation et les prochaines étapes
Les
objectifs généraux établis pour les séances
de dialogue ontils été atteints?
Comme
nous l’avons souligné dans la Partie II, quatre
questions clés ont servi à définir la démarche
et les méthodes utilisées :
- Le processus atil permis de recueillir le point de vue
du groupe de participants visé (p. ex. les citoyens,
les intervenants, etc.) sur ces questions?
- Le processus atil réussi à donner un
aperçu des secteurs où l’information des groupes
de participants (p. ex. les citoyens, les intervenants,
etc.) laissait à désirer et des types d’information
qui auraient une incidence sur ces points de vue spontanés ou
qui les renforceraient?
- La pertinence et les avantages de l’inclusion de groupes de
participants dans un dialogue délibératif structuré
ontils été démontrés?
- Quelles leçons aton tirées tout au cours
du processus, de l’étape préalable à la
planification à la période consécutive à
la consultation?
D’après
les constats et les conclusions contenus dans le rapport final de la
société EKOS (annexe G), une analyse des
réponses aux questionnaires remplis avant et après les
dialogues et du questionnaire d’évaluation de chaque
séance rempli par les participants, la réponse rapide
aux trois premières questions est un OUI catégorique.
De plus, si l’on se fie à un examen approfondi et
informel des points de vue des membres du GTUAP ayant observé
les diverses séances, ces derniers étaient pour la
plupart étonnés de la facilité avec laquelle les
participants ont assimilé les principaux enjeux étudiés
et de l’étendue et de la profondeur du débat qui
s’est déroulé pendant les séances. En
effet, plus d’un membre du GTUAP a signalé qu’au
cours des onze séances, chaque question ou point auxquels le
groupe de travail était confronté, et pas uniquement
ceux qui étaient mentionnés dans le Guide de
discussion, avaient été soulevés et examinés
par les participants.
En ce qui
concerne la quatrième question, il y aurait lieu d’envisager
de faire une évaluation plus complète du processus une
fois qu’on aura pris une décision sur les deux questions
étudiées (si l’on stockera des antiviraux à
des fins prophylactiques et, le cas échéant, quels sont
ceux qui y auraient accès en priorité) et sur la façon
de procéder. Idéalement, cette évaluation
devrait permettre d’établir si les résultats des
séances de dialogue ont eu une incidence sur les choix faits
ou les orientations prises, comment et pourquoi. Outre la valeur
intrinsèque d’un tel exercice dans l’optique de
l’élaboration d’une politique, l’idée
de faire savoir aux participants aux dialogues comment les résultats
du processus ont en définitive été pris en
compte leur permettrait de porter un jugement plus éclairé
sur la valeur de l’initiative.
Le dialogue délibératif s’est-il avéré
une méthode appropriée pour déterminer les
points de vue des participants sur les enjeux étudiés?
Cette
question comporte deux dimensions. D’abord, il s’agit de
savoir si l’idée de sonder ou non l’opinion des
citoyens, des intervenants, des groupes cibles et des représentants
des Premières nations vivant dans les réserves est
pertinente pour une entité telle que le Groupe de travail sur
l’utilisation d’antiviraux à des fins
prophylactiques (GTUAP). Ensuite, le dialogue délibératif
étaitil l’instrument adapté à un tel
sondage?
En ce qui
concerne la première dimension, la réponse dépend
totalement du contexte. Il est indéniable qu’il est
toujours utile et important que les responsables de l’élaboration
de politiques et les décideurs tentent de connaître les
points de vue des citoyens et de ceux qui pourraient être
touchés par une décision de politique publique
proposée. Une telle démarche renforce la démocratie;
elle confère une certaine légitimité à la
décision prise et elle est politiquement judicieuse (selon la
crédibilité que l’on prête au processus de
participation). Toutefois, dans le contexte de la distribution
d’antiviraux à des fins prophylactiques, il conviendrait
davantage de se demander si le GTUAP pourrait parvenir à une
décision « politiquement acceptable »
sans pour autant évaluer les points de vue des citoyens ou des
intervenants, ou si l’information recueillie au moyen des
dialogues a une incidence sur la recommandation finale du GTUAP.
Étant
donné l’envergure des recherches que le GTUAP a dirigées
ou commandées (hormis les dialogues délibératifs),
il est probable que l’on puisse présenter au CRSP des
arguments convaincants, fondés sur des données
probantes, concernant la façon de procéder. En effet,
le GTUAP a mis sur pied un groupe consultatif d’experts chargé
d’évaluer les données scientifiques existantes,
les pratiques exemplaires et les considérations juridiques et
éthiques sur lesquelles devrait reposer une telle décision
de politique. Le fait que le GTUAP ait choisi de recueillir le point
de vue d’un vaste échantillon de citoyens et
d’intervenants donne à penser que les données
scientifiques n’étaient pas suffisamment claires pour
que l’on puisse prendre une décision fondée sur
les « paramètres habituels », et qu’il
était donc important de déterminer les « valeurs »
communes. La décision apporte toutefois aussi une « valeur
ajoutée » importante et constructive (« Messieurs
et Mesdames les ministres, nous avons le plaisir de vous apprendre
que l’approche que nous proposons trouve un écho
favorable auprès d’un grand nombre d’individus et
de groupes », ou, « Messieurs et Mesdames les
ministres, nous estimons que tout compte fait, il s’agit de la
bonne démarche à suivre, mais nous pouvons vous
affirmer maintenant qu’un défi énorme vous attend
sur le plan de l’éducation de la population »).
Le GTUAP aurait aussi pu procéder de manière plus
directe en déclarant : « Messieurs et Mesdames
les ministres, c’est là la meilleure ligne de conduite
que nous puissions vous conseiller. Nous pensons que vous devriez la
soumettre à un groupe de discussion/consultation avant de la
mettre à exécution afin de déterminer comment la
population et les principaux intervenants y réagiront ».
Cela dit,
depuis quelques années, les organismes de réglementation
en Amérique du Nord tentent de trouver de nouvelles
façons de faire participer les citoyens à la résolution
d’enjeux complexes d’ordre politique, lorsque les
réponses apportées par la science sont ambiguës ou
lorsque la science et l’éthique entrent en conflit. Par
exemple, tant au Canada qu’aux ÉtatsUnis, des
groupes consultatifs d’experts chargés de déterminer
s’il faudrait ou non remettre sur le marché les
inhibiteurs de la Cox2 (VIOXX) ont spécifiquement
sollicité de l’information « non scientifique »
et « expérimentale » tant auprès
des familles de personnes ayant subi les effets indésirables
de ce médicament qu’auprès des personnes dont la
qualité de vie a été améliorée par
ces produits. De plus, il existe un nombre croissant de publications
sur la façon dont les groupes consultatifs d’experts
peuvent intégrer les valeurs de la population et les données
probantes non scientifiques à des décisions qui sont
manifestement censées être de nature technique et
fondées sur des données probantes. Dans pareil
contexte, le dialogue délibératif peut s’avérer
un mécanisme utile et approprié lorsqu’il s’agit
de prendre et ensuite d’appuyer des décisions d’ordre
scientifique qui soulèvent des questions éthiques.
En ce qui
concerne la question de savoir si le dialogue délibératif
était la méthode de participation appropriée, là
encore, la réponse est une question de point de vue subjectif.
D’une part, peu d’autres méthodes de recherche
offrent aux participants la même possibilité de se
plonger dans l’étude d’une question et d’aboutir
à une décision éclairée. D’autre
part, rares sont les méthodes qui obligent les participants à
s’attaquer à des questions complexes et
pluridimensionnelles et à faire le genre de choix et les
compromis difficiles auxquels sont régulièrement
confrontés les décideurs (par exemple, «…est-ce
que votre croyance dans la responsabilité individuelle
l’emporte sur votre croyance que la société a le
devoir de protéger les personnes vulnérables? »).
On peut à coup sûr faire valoir qu’il est plus
probable que les points de vue ou opinions de participants à
un dialogue délibératif bien encadré soient
beaucoup plus solides que ceux découlant d’autres
méthodes de recherche qui se bornent à recueillir les
points de vue « spontanés ». La question
que l’on doit se poser est la suivante : la différence
importetelle vraiment et le jeu en vautil la
chandelle?
En ce qui
concerne la question de savoir si la différence « importe
vraiment », la réponse semble être OUI. Le
fait de comprendre non seulement les points de vue initiaux des
participants, mais les valeurs fondamentales sur lesquelles
reposaient leurs opinions initiales, comment concilier des valeurs
divergentes par le dialogue et quels types d’arguments sont
jugés les plus convaincants peut apporter de précieux
indices sur la façon de justifier une décision de
politique complexe ou qui soulève des questions éthiques
et d’expliquer les éléments d’une telle
décision. Le processus peut aussi aider à déterminer
quelle serait la position de la population lorsque les citoyens ont
la possibilité d’engager une réflexion sur les
enjeux étudiés.
Enfin,
pour ce qui est de savoir si « le jeu en vaut la
chandelle », la réponse est partiellement
subjective et partiellement contextuelle. Il existe indéniablement
d’autres méthodes de recherche moins coûteuses à
appliquer, moins exigeantes pour les planificateurs, les participants
et les animateurs, et plus rapides. Cependant, elles ne donnent pas
nécessairement des résultats aussi solides que ceux qui
découlent de dialogues bien conçus et bien orchestrés.
De même, il est toujours difficile de tenter de quantifier la
valeur d’un processus délibératif (ou, en fait,
de toute autre forme de consultation ou de participation de citoyens
ou d’intervenants). Cela dit, du strict point de vue de la
« communication des risques », on peut
difficilement nier l’intérêt que représente
pour les décideurs la capacité d’affirmer
qu’avant de prendre leur décision, ils ont invité
des citoyens ordinaires de partout au pays à prendre part à
un dialogue afin de mieux comprendre les valeurs que les citoyens
souhaitaient voir exprimées dans les politiques ou les
programmes annoncés.
Le
processus élaboré sous la direction du GTUAP était-il
efficace?
Il est
impossible de donner une réponse complète à
cette question aussi longtemps que le GTUAP n’aura pas pris sa
décision finale et ne l’aura pas justifiée auprès
du CRSP, et que le CRSP n’aura pas décidé de
tenir compte ou non de l’avis du GTUAP en justifiant sa
position. En effet, il faut évidemment assurer un suivi auprès
des membres du GTUAP pour savoir en quoi les résultats des
séances de dialogue délibératif ont eu une
incidence sur leurs décisions individuelles et collectives.
Toutefois,
il est remarquable de constater à quel point les participants
aux diverses séances de dialogue ont pour la plupart été
élogieux dans leur évaluation de l’exercice. Le
consensus observé dans les diverses séances à
l’égard de la plupart des questions et des décisions
importantes est tout aussi étonnant. Il semble évident
que les éléments des trois approches proposées
ont bien « résumé » l’enjeu.
Cela dit, pour de nombreux participants, mais pas tous, les dialogues
ont servi à renforcer leurs opinions spontanées
initiales (même si, au fil des séances de dialogue, le
niveau d’appui à l’idée d’inclure les
enfants parmi les bénéficiaires prioritaires a quelque
peu augmenté, aux dépens des autres groupes inclus dans
la catégorie des « groupes vulnérables »
et que le niveau d’appui à l’approche no 3,
Réduire au minimum le rôle du gouvernement, a chuté).
D’un
point de vue strictement méthodologique, certaines variables
qui pourraient être associées au processus auraient pu
être mieux maîtrisées. Certaines mises en garde
concernant le processus laissent également entendre que la
prudence est de mise lorsqu’on interprète ou extrapole
les résultats de ces séances. Certaines de ces
« difficultés » liées au
processus rendent compte des réalités et de la
dynamique des processus intergouvernementaux qui s’appliquent à
des secteurs délicats de compétence partagée.
D’autres tiennent aux délais serrés dont
disposaient les responsables de la mise en œuvre du processus. Le point essentiel à retenir c’est qu’aucune de
ces « difficultés » – tant individuelle
que collective – n’a eu de conséquences très
graves ou irrémédiables sur les résultats du
processus. Elles sont énumérées ci-dessous
en vue de futurs travaux de recherche et d’évaluation :
Recrutement en vue des séances avec des citoyens et de la
séance avec les membres des Premières nations vivant
dans les réserves
Les responsables de la planification du processus ont bien précisé
d’entrée de jeu qu’étant donné le
nombre relativement restreint de participants à chacune de ces
séances et la présence de participants « régionaux »
à la plupart des séances, il fallait se contenter de
considérer les résultats comme étant
« représentatifs » du point de vue de la
trentaine de citoyens (ou de membres des Premières nations)
issus pour la plupart, mais non exclusivement, de la ville hôte
et de ses environs. Toutefois, lors de la sélection des
participants, on a cherché à déterminer si leurs
points de vue « spontanés » sur les
questions clés étaient essentiellement identiques à
ceux de la population régionale dont ils étaient issus.
Il importe aussi de souligner que même si on s’est
efforcé d’atteindre l’objectif d’une
représentation équilibrée à chaque
séance, le nombre restreint de participants et l’obligation
d’inclure dans certaines séances des « participants
régionaux » ont donné lieu à
d’évidentes anomalies démographiques en ce qui
concerne le nombre de participants issus des minorités
visibles, des Autochtones et des jeunes.
Recrutement de membres de groupes cibles
Même
si lors de l’élaboration d’une matrice de
sélection, on a cherché à recruter, pour les
diverses séances, un vaste échantillon de personnes qui
pourraient faire partie des groupes de bénéficiaires
prioritaires, toutes celles qui ont été invitées
n’ont pas assisté aux séances. De plus, les
participants ont spécifiquement été priés
de prendre part aux séances à titre d’« individus »
et non comme défenseurs du point de vue ou des intérêts
de leur entreprise, organisation ou association. D’où la
nécessité de faire preuve de prudence lorsqu’on
fait allusion à la « position » des
participants membres de groupes cibles.
Exposés du premier jour
Bien qu’un « exposé de base » ait
été préparé pour les séances du
premier jour et avalisé par le GTUAP, les médecins
hygiénistes en chef provinciaux (ou leurs délégués)
ont été très libres d’y intégrer
des éléments d’information d’intérêt
local. En effet, certains auteurs ont choisi d’adapter leur
exposé en fonction de ce qu’ils croyaient correspondre à
la réalité de leur « public ». De
même, il est possible que des facteurs externes aient eu une
incidence sur les résultats de certaines séances
(p. ex., les séances de Vancouver ont été
tenues peu après de graves tempêtes et un avis prolongé
d’ébullition de l’eau; le rapport d’une
Commission d’enquête sur le SRAS est paru avant les
séances tenues en janvier). Il est impossible de déterminer
au juste dans quelle mesure ces différences et ces facteurs se
sont répercutés sur les résultats des dialogues.
De plus, dans leurs observations faites le premier jour, la plupart
des auteurs d’exposés ont décrit de manière
assez détaillée les éléments précis
du plan de préparation à une pandémie de leur
propre province. Comme la plupart des séances visant les
citoyens comprenaient des participants venant de provinces voisines
(p. ex. certains participants à la séance de
Halifax venaient de l’Î.-P.-É., du
NouveauBrunswick et de TerreNeuve), on ne sait pas au juste
si les points de vue des participants « régionaux »
différaient de ceux de la province hôte qui avaient
bénéficié d’un aperçu des mesures
prises à l’échelle locale en prévision
d’une pandémie.
Questionnaires
Plusieurs participants ont indiqué avoir eu de la difficulté
à comprendre certaines parties des questionnaires et avoir
demandé de l’aide pour les remplir. La remarque vaut
surtout pour les parties des questionnaires portant sur le classement
des trois approches et des bénéficiaires prioritaires.
On ne sait toutefois pas si et en quoi ce facteur a influencé
les résultats. Si l’on se fie au vaste consensus observé
dans les divers dialogues à l’égard de la plupart
des questions, ce n’était pas nécessairement un
problème important.
Explication de concepts clés
Au
fil des dialogues, les participants ont perçu peu de
différence entre « dispensateurs de services
essentiels » (« essential workers »), «
intervenants d’urgence » (« emergency
workers » et « premiers intervenants »
(« first responders ») et ont eu de la difficulté
à saisir où se situent les différentes
catégories de « travailleurs de la santé »
par rapport à ces catégories (ou s’ils formaient
une catégorie distincte).
Il semblait aussi exister beaucoup d’écart dans la
définition donnée au concept de « groupes
vulnérables » qui, selon les participants,
englobaient les personnes économiquement vulnérables,
les enfants, les personnes âgées, malades, handicapées,
immunodéficientes, sansabri, etc. Ces différentes
perceptions de la notion de « vulnérable »
ont peutêtre créé une certaine confusion,
mais elles se sont avérées à la fois éclairantes
et utiles.
Y
aurait-il lieu d’entreprendre d’autres évaluations
et, le cas échéant, quels seraient les points à
évaluer en priorité?
Un
certain nombre d’aspects des dialogues délibératifs
et du processus utilisé par le GTUAP pourraient faire l’objet
d’une évaluation plus approfondie ou servir à des
fins d’information sur la politique publique. En voici
quelquesuns :
- Une
lettre de remerciement à tous les participants aux séances,
les invitant à donner leur avis général sur le
processus; leur demandant s’ils ont fait part à leurs
amis, à leur famille ou à leurs collègues des
« enseignements » qu’ils en ont tirés
et, avec le recul, si leur point de vue a continué d’évoluer
et, le cas échéant, dans quel sens?
- Un
questionnaire destiné aux membres du GTUAP/CRSP, leur
demandant ce qu’ils pensent de la valeur et de l’utilité
du processus, dans quelle mesure les résultats des dialogues
ont influencé leur façon de penser ou leurs conseils
et si, à leur avis, l’exercice était rentable.
- Des
entrevues individuelles ont été faites avec des
membres clés du GTUAP/des observateurs du processus afin de
mieux comprendre la valeur et l’utilité du processus de
dialogue qui a été utilisé.
- Une
tableronde avec les membres du GTUAP sur la conception du
processus, les méthodes utilisées et les résultats
obtenus est prévue à l’occasion d’une
future réunion du GTUAP.
- Une
tableronde animée avec le personnel, les animateurs et
les responsables des dialogues qui permettra de dégager les
enseignements tirés de l’expérience et de se
pencher sur la conception et la valeur du processus.
- Une
fois que le rapport final d’EKOS sera rendu public, il
s’agirait d’adresser une lettre aux participants leur
demandant leur avis sur la valeur du processus à la lumière
d’une comparaison entre les résultats de leur séance
et ceux des autres séances (et comprenant idéalement
des précisions sur l’incidence des résultats des
séances sur les décisions de politique ou les
orientations prises à l’égard des questions
étudiées).
- Un
rapport d’évaluation final de synthèse qui
intègre chacun des éléments mentionnés
cidessus ainsi que les divers résultats de sondages
menés auprès des participants concernant l’évaluation
du processus, inclus dans le rapport d’EKOS.
Partie IV : Annexes (À venir)
Annexe A
: Calendrier des dialogues
Annexe B
: Guide de discussion du participant
Annexe C
: Exposé principal
Annexe D
: Rapport du GTUAP : détermination des enjeux
Annexe E
: Enquêtes/questionnaires destinés aux participants
Annexe F
: Cadre d’évaluation
Annexe G
: Rapport final d’EKOS
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