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Réseau pancanadien de santé publique

Rapport et recommandations du Réseau pan-canadien de santé publique sur l'utilisation d'antiviraux à des fins de prévention pendant une pandémie d'influenza

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Annexe 3.6 – Tendances internationales sur l’utilisation des antiviraux à des fins prophylactiques

Auteur :
Jill Sciberras
Épidémiologiste principal, Division de l’immunisation et des infections respiratoires, ASPC

Date : 6 décembre 2006

Destinataire : Groupe de travail sur l’utilisation d’antiviraux à des fins prophylactiques

RÉSUMÉ

Deux des huit pays examinés (les États Unis, le Mexique, le Royaume Uni, la France, l’Allemagne, le Japon, l’Australie et l’Italie) ont indiqué qu’actuellement leurs réserves d’antiviraux seraient utilisées principalement à des fins prophylactiques. Ces deux pays sont très différents l’un de l’autre. L’un a la plus petite réserve par habitant des huit pays, et il a donc choisi de se concentrer sur la prophylaxie post exposition des travailleurs de la santé et d’autres premiers intervenants. Ce pays ne s’est pas engagé à utiliser les antiviraux dans le cadre d’une stratégie d’endiguement et ne possède pas actuellement assez d’antiviraux pour mener une stratégie de traitement. L’autre pays possède l’une des réserves les plus importantes par habitant. Il oriente intensément ses efforts vers l’endiguement en vue de retarder la propagation du virus jusqu’à l’apparition d’un vaccin. En cas d’échec de l’endiguement, il mettra l’accent sur la prévention de l’infection chez les dispensateurs de services essentiels et les personnes qui, par leur travail, courent un risque élevé d’exposition au virus pandémique et de transmission de ce virus.

Sources d’Information

Outre le Canada, les pays suivants ont rempli un questionnaire distribué en octobre 2006 dans le cadre des activités du Groupe de travail sur la protection de la santé mondiale (GTPSM) :

  • États Unis
  • Mexique
  • Royaume Uni
  • France
  • Allemagne
  • Japon

L’enquête comportait un certain nombre de questions sur l’état des activités de préparation à une pandémie dans ces pays et notamment sur les réserves d’antiviraux et l’utilisation prévue durant une pandémie. Vu la nature confidentielle du questionnaire, seules des données sommaires sont fournies pour le moment.

On a également puisé ce type d’information dans les plans nationaux de l’Australie et de l’Italie, qui sont actuellement affichés sur Internet. L’analyse ci dessous repose sur les informations publiques provenant de ces pays.

Réserves d’antiviraux

Parmi les huit pays (sauf le Canada) énumérés ci dessus :

  • Tous les pays ont mis l’accent sur l’oseltamivir dans leurs réserves (deux pays indiquent qu’ils ont stocké certaines doses en formulation pédiatrique).
  • Quatre pays ont des réserves qui contiennent du zanamivir (la situation d’un autre pays n’est pas claire, car il indique les « inhibiteurs de la neuraminidase » sans plus de précision) et un autre pays a indiqué qu’il avait l’intention d’acheter du zanamivir.
  • Un pays a un peu de rimantadine dans sa réserve, et aucun pays n’a indiqué avoir stocké de l’amantadine.
  • Un pays a indiqué que sa réserve est complète (sa réserve actuelle correspond à l’objectif fixé pour leur réserve).

Utilisation d’antiviraux

Les données suivantes reposent sur l’information obtenue des huit pays énumérés plus haut :

  • Six des huit pays ont indiqué que leur stratégie antivirale serait axée sur l’utilisation des réserves pour le traitement des cas durant la pandémie.
  • Aucun des six pays dont la stratégie est axée sur le traitement ne s’est engagé à fournir des antiviraux à des fins prophylactiques, mais cinq d’entre eux ont mentionné que l’utilisation des antiviraux pour la prophylaxie post exposition était en discussion. Un des pays a mentionné que la prophylaxie durant la période pandémique était « peu utile » et « augmenterait le risque d’apparition de souches virales résistantes et… d’effets collatéraux ».
  • Lorsque l’on envisage la prophylaxie, on met l’accent sur la prophylaxie post exposition pour les travailleurs de la santé et les contacts familiaux des cas.
  • Les six pays dont la stratégie est axée sur le traitement ont indiqué qu’ils envisageaient la prophylaxie pendant un effort d’« endiguement » (p. ex. durant les phases 4 et 5 ou même « au début de la pandémie »).
  • L’un des pays qui n’a pas inclus le « traitement » dans sa stratégie actuelle est celui qui a la plus petite réserve par habitant. Ce pays a mentionné que tant que la décision d’accroître le stock n’aura pas été prise, il mettra l’accent sur la prophylaxie post exposition réservée aux travailleurs de la santé et aux autres premiers répondants.
  • L’autre pays qui n’est pas clairement « axé sur le traitement » a indiqué qu’il avait l’intention d’utiliser une partie (10 %) de sa réserve pour évaluer la stratégie de traitement avant la pandémie, ce qui lui permettra de prendre des décisions plus éclairées. Ce pays a résolu de traiter les cas dans le cadre d’une stratégie d’endiguement, mais il a indiqué que, pendant la pandémie, il mettrait l’accent sur la prophylaxie pré exposition et post exposition (fondée sur une évaluation du risque continu) chez les personnes qui fournissent des services essentiels à la communauté et qui, par leur travail, courent un risque élevé d’exposition au virus pandémique et de transmission de ce virus. Ce pays est le seul parmi les huit pays examinés à avoir indiqué que la prophylaxie continue (pré exposition) faisait partie de sa stratégie antivirale.

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