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Ces considérations jouent un rôle important dans l’élaboration des politiques, car une société juste et équitable s’attend à ce que ses instances dirigeantes conçoivent des politiques conformes aux valeurs de la société et à des principes solides sur le plan éthique (voir l’annexe 3.4). Le GTUAP présente ses réflexions et ses conclusions proprement dites dans cette section, mais il a tenu compte du point de vue éthique tout au long de ses délibérations. Il est important que les considérations éthiques fassent partie de la communication à la population de la décision prise à la suite des recommandations du GTUAP.
La médecine de la santé publique est axée sur les buts; l’éthique sous jacente des initiatives de santé publique impose donc l’obligation de respecter les buts du programme. Les buts de la fourniture d’antiviraux à des fins prophylactiques durant une pandémie sont clairement énoncés dans le PCLPI, à savoir réduire au minimum l’incidence de maladies graves, le nombre global de décès et les perturbations sociales dans la population canadienne. Les buts de la Stratégie antivirale, énoncés précédemment dans ce document, viennent compléter ceux du PCLPI et contribuer par des moyens précis à leur atteinte.
Comme l’objectif global de tout programme de santé publique est d’offrir les meilleurs soins médicaux au plus grand nombre de personnes possible, il est important de peser les avantages et les inconvénients des priorités de distribution et de veiller à ce que le processus soit équitable et transparent. Des critères objectifs sont proposés en vue d’obtenir ce résultat. Si l’on veut que le processus suscite l’adhésion des intervenants et de l’ensemble de la population, il faut que les critères eux mêmes soient choisis avec soin en fonction des valeurs chères à la société canadienne, notamment la protection des plus vulnérables, la justice et l’équité et enfin la réciprocité, soit le sentiment que les personnes qui auront la priorité pour les antiviraux à des fins prophylactiques demeureront fidèles à leur obligation de protéger les autres lors d’une pandémie.
En outre, lorsque l’on propose une intervention médicale, il faut garder à l’esprit que l’utilisation et la non utilisation d’antiviraux comportent toutes les deux des risques. Les planificateurs doivent également se pencher sur les questions de logistique ou de mise en œuvre, car l’incapacité de faire face à ces obstacles pratiques pourrait rendre futiles les arguments favorables au stockage des antiviraux à des fins prophylactiques.
À partir des considérations énoncées ci dessus, les critères suivants sont proposés en vue de faciliter la prise de décision sur les groupes à privilégier en ce que concerne l’utilisation prophylactique des antiviraux durant une pandémie de grippe :
Le GTUAP reconnaît que les personnes chargées de décider si les gouvernements FPT devraient stocker des antiviraux à des fins prophylactiques doivent s’acquitter de la tâche ardue et importante de bien définir le niveau de risque, perçu ou réel, couru par la population et les intervenants. Ces décideurs ont l’obligation de rendre des comptes à leurs mandants et ils devraient mener des campagnes soigneusement conçues de sensibilisation du public visant à informer les intervenants, notamment les dispensateurs de soins de santé et l’ensemble de la population, des complexités de la question et des motifs de leur décision.
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