De nombreuses questions soulevées par les participants à l’atelier national sur les priorités de recherche concernant le VPH à Québec, en novembre 2005, demeurent pertinentes et sont restées sans réponse(75). Bien qu’il importe de ne pas retarder la vaccination systématique contre le VPH, il faut combler les lacunes dans les données de recherche. Des priorités de recherche similaires ont été établies par le CCNI dans sa déclaration de février 2007 sur le VPH(2).
Il est nécessaire d’avoir accès à des données de base sur la transmission du VPH dans des sous populations (p. ex. Autochtones, sujets immunodéprimés), sur la distribution des types de VPH, ainsi que sur la prévalence, la durée, l’histoire naturelle et les coûts (liés au dépistage, au diagnostic et au traitement) des maladies associées au VPH. Il serait utile de connaître les effets de la migration, de l’origine ethnique, de l’état de santé sous jacent et de l’isolement géographique sur l’efficacité des programmes de prévention primaire et secondaire de même que le fardeau psychosocial que représentent pour des groupes particuliers les états précurseurs détectés.
Il faut examiner d’autres calendriers de vaccination contre le VPH. Comme on a observé durant les essais cliniques que les filles plus jeunes présentaient une réponse immunitaire plus forte au vaccin contre le VPH après 2 doses, des études scientifiques sont actuellement en cours pour examiner un calendrier de vaccination à 2 doses. Un essai clinique dans le cadre duquel 2 doses du vaccin sont administrées aux filles de 9 à 14 ans a débuté en 2007 dans quatre provinces canadiennes. Des données sur l’immunogénicité, l’efficacité réelle et virtuelle à court et à long terme associées à l’administration de deux doses plutôt que trois doses du vaccin seront disponibles dans quelques années.
La possibilité d’administrer le vaccin contre le VPH sur une plus longue période pourrait également être explorée. Voici une solution possible : 2 premières doses administrées à 6 mois d’intervalle à l’école primaire et la troisième dose à l’école secondaire, au besoin. Les arguments à l’appui de cette proposition peuvent être classés en deux catégories : immunologiques et opérationnels.
D’autres recherches devraient examiner les conséquences sur le plan de l’innocuité et de l’immunogénicité de l’administration simultanée d’autres vaccins, ainsi que l’innocuité et l’immunogénicité du vaccin durant la grossesse, chez les sujets immunodéprimés, et dans les populations autochtones. L’immunité collective basée sur le taux de couverture de même que l’effet de l’infection naturelle sur les titres d’anticorps chez les personnes vaccinées devraient être documentés. On devrait tenter de comparer l’utilisation et l’efficacité du vaccin bivalent par rapport au vaccin quadrivalent. Autres questions prioritaires : l’impact des programmes de vaccination contre le VPH sur le dépistage du cancer du col utérin, non seulement du point de vue de l’observance et des intervalles de dépistage mais également du point de vue de la sensibilité, de la spécificité et de la valeur prédictive de différents tests.
L’effet potentiel d’un programme d’immunisation sur le comportement sexuel, les programmes de dépistage du cancer du col utérin et les services de santé doit être examiné. La mesure périodique des connaissances, des attitudes et des croyances des professionnels de la santé et de la population en général relativement à la vaccination contre le VPH constitue une priorité de recherche. Il faut mettre au point des façons créatives d’accroître l’accès des femmes au vaccin contre le VPH. Enfin, en raison des risques, le fardeau de la maladie et les répercussions de l’infection liée au VPH peuvent différer dans certains sous groupes, tels que les immigrants et les populations autochtones, des recherches doivent être effectuées pour s’assurer que le programme de vaccination systématique contre le VPH répond bien aux besoins de ces sous populations.
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