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Introduction

La respiration fait partie des principales fonctions vitales du corps humain. Toutefois, la plupart des gens s’attardent très peu à cette action involontaire qui se produit environ 12 fois par minute, 24 heures par jour, sept jours par semaine. Pour leur part, les Canadiennes et les Canadiens atteints de maladies respiratoires ne peuvent tenir pour acquis la respiration!

Le présent rapport, intitulé La vie et le souffle : Les maladies respiratoires au Canada, met en évidence les principales maladies respiratoires qui touchent la population canadienne, notamment l’asthme, la maladie pulmonaire obstructive chronique (MPOC), le cancer du poumon, la tuberculose, la fibrose kystique, le syndrome de détresse respiratoire (SDR) et l’apnée du sommeil. Il met également en relief les principaux facteurs de risque – le tabagisme et la qualité de l’air – et décrit le recours à la greffe de poumon au Canada. Les maladies respiratoires touchent tous les âges – les enfants, les adolescents, les adultes et les aînés. La plupart de ces maladies sont chroniques de nature et ont des répercussions importantes non seulement sur la personne atteinte, mais également sur la famille, la communauté et le système de soins de santé. Les données utilisées dans le présent rapport proviennent de plusieurs sources. Une brève description de chacune de ces sources est présentée à la fin du rapport.

Incidence et prévalence

Le tableau 1-1 démontre que cinq maladies respiratoires graves touchent plus de trois millions de Canadiennes et de Canadiens. Cependant, vu l’absence de données sur d’autres affections telles que la grippe, la pneumonie, la bronchiolite et le SDR, le nombre total de personnes aux prises avec une maladie respiratoire est en fait beaucoup plus élevé.

Facteurs de risque

Les deux principaux facteurs de risque évitables eu égard aux maladies respiratoires sont la fumée du tabac (le fait de fumer soi-même et l’exposition à la fumée secondaire de tabac) et la piètre qualité de l’air (à l’intérieur et à l’extérieur). Un peu moins de cinq millions de personnes qui fument des cigarettes augmentent leur risque de développer un cancer du poumon, la MPOC et l’asthme7. L’exposition à la fumée secondaire de tabac a une incidence sur tous les Canadiens, car elle irrite les yeux, le nez et la gorge, et elle entraîne le syndrome de mort subite du nourrisson (SMSN) chez les nouveau-nés. Chez les personnes atteintes d’asthme ou de MPOC, l’exposition à la fumée secondaire peut exacerber les symptômes. Le tabagisme maternel pendant la grossesse contribue au risque d’accouchement prématuré, qui est le principal facteur associé au développement du SDR chez les bébés. Tous les Canadiens sont affectés par la qualité de l’air qu’ils respirent, mais les effets sont plus graves pour ceux et celles qui souffrent d’une maladie respiratoire.

Hospitalisations

Il arrive que les personnes atteintes d’une maladie respiratoire chronique doivent être hospitalisées, soit pour recevoir des traitements en raison d’une exacerbation aiguë, soit à la phase terminale de leur maladie. En 2004, les maladies respiratoires, y compris le cancer du poumon, représentaient le troisième diagnostic principal le plus courant donnant lieu à une hospitalisation, tant chez les hommes que chez les femmes (Figures 1-1 et 1-2). Elles étaient le diagnostic principal pour 11,9 % des hospitalisations chez les hommes et 10,5 % chez les femmes (excluant les admissions liées à la grossesse).

En 2004, les maladies respiratoires les plus courantes donnant lieu à une hospitalisation étaient la grippe/pneumonie et la MPOC. Le besoin d’hospitalisation en raison de la grippe/pneumonie augmente en présence d’autres troubles respiratoires chroniques sous-jacents, tels que l’asthme, la MPOC, la fibrose kystique et le cancer du poumon.
En 2004, l’asthme, la pneumonie et la bronchiolite ont fréquemment été inscrits comme l’un des cinq premiers diagnostics parmi 16 possibilités dans le dossier d’hospitalisation des enfants de moins de cinq ans (Figure 1-3). L’asthme a été un facteur contributif dans environ 10 % des admissions des enfants de moins de cinq ans et dans 8 % des admissions des enfants de 5 à 14 ans.

L’asthme et la pneumonie ont contribué grandement à l’hospitalisation de personnes de 15 à 44 ans en 2004 (Figure 1-4). La pneumonie était une cause d’hospitalisation courante chez les personnes âgées (Figure 1-5), tout comme la MPOC.

Décès

Les maladies respiratoires, y compris le cancer du poumon, sont une cause importante de décès au Canada (37 260 décès en 2004) (Figures 1-6 et 1-7). Les trois maladies respiratoires les plus courantes, notamment le cancer du poumon (17 653 décès), la MPOC (9 607), la grippe et la pneumonie (5 729), ont entraîné le décès de 32 989 personnes en 2004 (17 845 hommes et 15 144 femmes). Ensemble, elles ont contribué à 15,6 % des décès chez les hommes et à 13,5 % des décès chez les femmes. Bien que d’autres maladies respiratoires importantes contribuent aussi à la mortalité au Canada, les nombres sont beaucoup moins élevés, soit parce que le taux de mortalité clinique est faible (comme dans le cas de l’asthme avec 268 décès), soit parce que la maladie n’est pas répandue (comme dans le cas de la fibrose kystique avec 52 décès).
Le cancer du poumon représente une cause importante de décès chez les 45 à 64 ans (13,1 %) (Figure 1-8). La MPOC et le cancer du poumon jouent un rôle important en matière de décès chez les personnes de 65 ans et plus. La grippe et la pneumonie ont également contribué à une forte proportion des décès chez les personnes plus âgées.

Coûts des soins de santé

Coûts directs

Les coûts directs sont définis comme étant la valeur des biens et services pour lesquels un versement a été effectué et des ressources ont été utilisées pour un traitement, des soins et des services de réadaptation liés à la maladie ou à la blessure8. Au Canada, en 2000, les maladies respiratoires comptaient pour plus de 5,70 milliards de dollars en coûts directs de soins de santé, y compris les médicaments, les soins d’un médecin, les soins hospitaliers et la recherche. Sans compter les coûts de la recherche sur la MPOC et l’asthme, environ un quart des coûts directs liés aux maladies respiratoires (1,40 milliard de dollars) concernaient la MPOC et l’asthme.

Parmi les principaux problèmes de santé, les maladies respiratoires (excluant le cancer du poumon) se classaient au quatrième rang (10,3 %), pour le total des coûts de soins de santé directs. Seules les maladies neuropsychiatriques
(17,1 %), les blessures (15, 1 %) et les maladies cardiovasculaires (13,6 %) les surpassaient à ce chapitre (Figure 1-9).

Coûts indirects

Les coûts indirects sont définis comme étant la valeur des extrants économiques perdus en raison de la maladie, de l’invalidité attribuable à un accident de travail ou d’un décès prématuré9. Les coûts indirects liés aux maladies respiratoires, y compris la mortalité et l’invalidité à long terme (qui ne sont pas disponibles pour toutes les maladies respiratoires; voir le tableau 1-2), évalués en fonction de la perte de productivité, étaient de 6,72 milliards de dollars en 2000.

Parmi les principaux problèmes de santé au Canada en 2000, les maladies respiratoires (excluant le cancer du poumon) comptaient pour 4,0 % des coûts de soins de santé indirects. Elles se classaient au sixième rang parmi les problèmes de soins de santé, venant après les maladies musculo-squelettiques (20,2 %), le cancer (18,8 %), les maladies respiratoires (17,1 %), les blessures (13,0 %) et les maladies neuropsychiatriques (10,5 %) (Figure 1-10).

Total des coûts

En 2000, la proportion du total des coûts de soins de santé, y compris les coûts directs et indirects à la fois, affectée aux maladies respiratoires (excluant le cancer du poumon) était de 6,4 % (8,63 milliards de dollars). Seulement cinq problèmes de santé – les maladies cardiovasculaires, les maladies musculo-squelettiques, les blessures, le cancer et les maladies neuropsychiatriques – occupaient une place plus importante (Figure 1-11).

Résumé

Près de 3,5 millions de Canadiennes et de Canadiens vivent avec des maladies respiratoires potentiellement graves. Seulement les maladies cardiovasculaires et le cancer sont responsables d’un plus grand nombre d’hospitalisations et de décès que les maladies respiratoires.

Ensemble, ces maladies ont de lourdes répercussions économiques sur le système de soins de santé canadien, ayant coûté plus de 12,42 milliards de dollars au cours de l’année 2000. Ces coûts comprennent les coûts directs ou visibles du système de soins de santé. Ils comprennent également les coûts moins visibles ou indirects de l’invalidité (le cas échéant) et de la mortalité, qui risquent d’être encore plus marqués.

Le présent rapport, Les maladies respiratoires au Canada, met en lumière les affections respiratoires au Canada. Les chapitres 2 et 3 examinent deux des plus importants facteurs de risque ayant une influence sur la santé pulmonaire : la fumée du tabac et la qualité de l’air. Les sept prochains chapitres portent sur des maladies respiratoires spécifiques qui touchent une proportion considérable de la population. Le dernier chapitre présente des renseignements sur la greffe de poumon au Canada.


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1 Centre de prévention et de contrôle des maladies chroniques, Agence de la santé publique du Canada, à l’aide des données de l’Enquête sur la santé des collectivités canadiennes 2005, Statistique Canada.

2 Centre de prévention et de contrôle des maladies chroniques, Agence de la santé publique du Canada, à l’aide des données de l’Enquête longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes, (élément transversal), Statistique Canada.

3 Centre de prévention et de contrôle des maladies chroniques, Agence de la santé publique du Canada, à l’aide des données de l’Enquête sur la santé des collectivités canadiennes 2005, Statistique Canada.

4 Centre de prévention et de contrôle des maladies chroniques, Agence de la santé publique du Canada, à l’aide des données du Registre canadien du cancer, Statistique Canada.

5 Système canadien de déclaration des cas de tuberculose. Lutte antituberculeuse, Centre de prévention et de contrôle des maladies infectieuses, Agence de la santé publique du Canada.

6 Fondation canadienne de la fibrose kystique. Rapport du Registre canadien des données sur les patients de 2002. Toronto : La Fondation. Disponible à : http://www.ccff.ca/pdf/Lay%20CPDR%20ReportF.pdf.

7 Piipari R, Jaakkola JJK, Jaakkola N, Jaakkola MS. Smoking and asthma in adults. Eur Respir J 2004; 24: 734-739.

8 Agence de la santé publique au Canada. Le fardeau économique de la maladie au Canada, 2000.

9 Agence de la santé publique au Canada. Le fardeau économique de la maladie au Canada, 2000.