Asthma
Introduction
L’asthme est une maladie chronique qui touche un grand nombre d’enfants et d’adultes dans le monde entier. Il est caractérisé par la toux, l’essoufflement, l’oppression thoracique et la respiration sifflante. En règle générale, les symptômes et les crises d’asthme (épisodes d’essoufflement sévère) sont déclenchés par l’exercice, l’exposition à des allergènes, les infections respiratoires virales (les « rhumes »), des vapeurs ou des gaz irritants. Ces expositions causent l’inflammation de la paroi des voies aériennes et un rétrécissement anormal des ces dernières, qui entraînent les symptômes de l’asthme. Un traitement efficace peut prévenir ou atténuer les symptômes déclenchés par ces facteurs.
Facteurs de risque
Des études longitudinales révèlent que la susceptibilité des enfants à l’asthme est déterminée durant le développement du fœtus et au cours des trois à cinq premières années de la vie. Plusieurs facteurs de risque sont liés au développement de l’asthme, y compris :
- les antécédents familiaux d’allergies et d’affections allergiques (y compris la fièvre des foins, l’asthme et l’eczéma)1;
- l’exposition importante des enfants susceptibles à des allergènes inhalés (animaux de compagnie, acariens détriticoles, coquerelles et moisissure) pendant la première année de vie2;
- l’exposition à la fumée du tabac, y compris l’exposition in utero3;
- les infections respiratoires fréquentes au cours des premières années de vie4;
- le faible poids à la naissance et le syndrome de détresse respiratoire (SDR)5.
Chez les adultes, l’asthme peut être dû à l’exposition professionnelle à des sensibilisants de faible masse moléculaire comme les isocyanates, ou à l’exposition à des agents infectieux, à des allergènes ou à la pollution.6 La pollution atmosphérique n’est vraisemblablement pas une cause primaire de l’asthme à moins que d’autres facteurs soient présents. En effet, la majeure partie des données porte à croire que la pollution atmosphérique est un facteur qui aggrave l’asthme. Chez les femmes, d’autres facteurs de risque possibles comprennent le tabagisme, l’obésité et l’influence hormonale.7
Prévalence
Chez les enfants canadiens de 4 à 11 ans, 15,6 % (485 700 enfants) ont reçu un diagnostic d’asthme (Tableau 5-1). La prévalence globale de l’asthme diagnostiqué par un médecin chez les Canadiens de 12 ans et plus est de 8,3 % dans l’ensemble (2,2 millions de Canadiens). Chez les personnes autochtones de 12 ans hors réserve, 11,9 % souffrent d’asthme (Tableau 5-2). Depuis 1994-1995, la prévalence de l’asthme diagnostiqué par un médecin est uniformément plus élevée chez les garçons que chez les filles, mais l’inverse est vrai chez les femmes et les hommes adultes (Figure 5-1, Figure 5-2, Figure 5-3).
La prévalence réelle de l’asthme peut cependant différer des estimations fournies dans les enquêtes auprès de la population, qui sont fondées sur l’auto-déclaration de l’asthme diagnostiqué par un médecin : pour certaines personnes asthmatiques, le diagnostic peut ne pas encore avoir été établi et pour d’autres, il peut être erroné.
Une crise d’asthme peut faire peur en raison du sentiment de suffocation, d’essoufflement et de perte de contrôle; cela peut aussi constituer un danger de mort. En 2005, 70,8 % des asthmatiques de 12 ans et plus ont déclaré avoir souffert de symptômes d’asthme ou avoir eu une crise d’asthme ou utilisé des médicaments pour l’asthme, au cours des 12 mois précédents (Figure 5-3).
Entre 1994-1995 et 2005, la prévalence de l’asthme diagnostiqué par un médecin a augmenté de 60 % chez les femmes de 35 à 44 ans et de 80 % chez les femmes de 45 à 64 ans (Figure 5-4). La prévalence a également augmenté de 41 % chez les hommes de 35 à 44 ans (Figure 5-5).
Services/Hospitalisations
Dans la plupart des cas, l’asthme est bien contrôlé au moyen de médicaments et de la régulation des conditions ambiantes, ce qui permet aux asthmatiques de vivre une vie active complète. Une piètre maîtrise de l’asthme entraîne souvent des absences de l’école, du travail, des sports et d’autres activités qui ont un effet sur la qualité de vie. Les consultations au service des urgences et/ou les hospitalisations en raison d’un problème d’asthme sont l’une des mesures de l’asthme mal maîtrisé.
Hospitalisations
Les taux d’hospitalisation des enfants et des jeunes adultes souffrant d’asthme ont chuté depuis 1987 (Figure 5-6). Depuis 1987, les taux d’hospitalisation ont également chuté chez les adultes, particulièrement chez les personnes de plus de 65 ans (Figure 5-7). Bien que ce déclin reflète probablement une meilleure maîtrise de la maladie, la réduction des effectifs dans le secteur hospitalier, donnant lieu à la réduction de lits disponibles, représente un autre facteur d’influence.
L’asthme continue d’être une cause majeure d’hospitalisation d’enfants au Canada. Lorsqu’il a été inscrit comme l’un des cinq premiers diagnostics dans le dossier d’hospitalisation, l’asthme a contribué à 10 % de toutes les admissions chez les enfants de 0 à 4 ans et à 8 % de toutes les admissions chez les jeunes de 5 à 14 ans en 2004 (voir la Figure 1-3).
En 2004, les enfants de moins de cinq ans affichaient le plus haut taux d’hospitalisation due à l’asthme. Les taux étaient plus élevés chez les garçons que chez les filles dans le groupe des moins de 15 ans, mais c’était l’inverse pour les groupes plus âgés. (Figure 5-8). Les taux d’hospitalisation chez les femmes d’âge moyen étaient plus du double de ceux de leurs homologues masculins.
Consultations au service des urgences
Les consultations en salle d’urgence attribuables à l’asthme varient au cours de l’année, atteignant un point culminant pendant la troisième semaine de septembre pour tous les groupes d’âge. Bien que les infections respiratoires catalysent souvent des symptômes d’asthme, les consultations attribuables à des infections respiratoires ont plutôt tendance à atteindre un point culminant au milieu de l’hiver. La cause de ce phénomène est inconnue à ce jour (Figure 5-9).
Résultats pour la santé
Décès
Bien que les décès dus à l’asthme ne soient pas courants chez les enfants et les jeunes adultes, même un seul est inacceptable, cette maladie peuvent être parfaitement maîtrisée. Le nombre plus élevé de décès chez les femmes de plus de 65 ans reflète le taux de mortalité plus élevé chez les femmes et le nombre plus élevé de femmes que d’hommes dans ce groupe d’âge (Figure 5-10). Depuis 1987, les taux de mortalité due à l’asthme diminuent dans tous les groupes d’âge, particulièrement chez les 65 ans et plus (Figure 5-11 et Figure 5-12).
Analyse et répercussions
Bien que l’asthme soit souvent perçu comme une maladie d’enfants, il est courant dans tous les groupes d’âge de la population canadienne. La prévalence de l’asthme et les taux d’hospitalisation sont effectivement les plus élevés chez les enfants et les adolescents. Cependant, pour ce qui est du nombre de personnes touchées, les adultes sont plus nombreux que les enfants à souffrir de cette maladie. La prévalence chez les adultes augmente et il y a lieu de s’en inquiéter. Il faudrait mener des recherches plus poussées pour cerner les facteurs responsables de l’augmentation de la prévalence, et examiner la prévention primaire de l’asthme chez les personnes à risque.
Le sexe semble être un facteur dans la prévalence de l’asthme diagnostiqué par un médecin. La maladie est plus courante chez les jeunes garçons que chez les jeunes filles ainsi que chez les femmes adultes que chez les hommes. Ce phénomène est peut-être attribuable au fait que les femmes consultent leur médecin plus fréquemment et par conséquent, ont plus de hances d’obtenir un diagnostic. Toutefois, la différence est possiblement occasionnée par l’effet de la plus petite taille des voies respiratoires chez les garçons par opposition aux filles et chez les femmes par opposition aux hommes, et par diverses influences hormonales et sensibilités aux irritants et allergènes.
Les données sur les consultations en salle d’urgence et les hospitalisations laissent croire à une amélioration de la maîtrise de l’asthme dans l’ensemble de la population. L’un des facteurs essentiels pour améliorer la maîtrise de l’asthme est l’utilisation appropriée des Lignes directrices pour la pratique clinique en matière de prise en charge de l’asthme par les médecins. La participation active des asthmatiques et de leurs familles représente un autre élément essentiel de la maîtrise efficace de l’asthme. Plusieurs asthmatiques ont besoin d’aide pour utiliser des stratégies de gestion comme les plans d’action axés sur la maîtrise de l’asthme. La formation pertinente des éducateurs sur l’asthme, le financement de programmes d’information et l’accès accru à ces services pourraient améliorer la maîtrise des symptômes et l’utilisation appropriée des services de santé par les asthmatiques. On doit poursuivre les efforts afin d’améliorer davantage la maîtrise de l’asthme dans l’ensemble de la population.
La réduction de l’exposition aux contaminants aériens à l’école et au travail, de même qu’à la fumée secondaire de tabac, aux acariens détriticoles, aux squames animales et aux moisissures peut réduire le risque d’asthme chez des personnes qui y sont susceptibles. Elle peut également atténuer les symptômes et les crises chez les asthmatiques.
Bien que les personnes puissent elles-mêmes prendre des mesures préventives, d’autres solutions nécessitent l’effort commun du gouvernement, du secteur privé et du secteur des affaires. Les lois, les politiques et la collaboration volontaire doivent faire partie des efforts concertés visant à réduire l’exposition aux contaminants dans les écoles et le milieu de travail et à améliorer la qualité de l’air.
Le système actuel de surveillance de l’asthme au Canada fournit des données à jour sur la prévalence, les hospitalisations et les décès liés à l’asthme. L’ajout d’enquêtes populationnelles exhaustives sur l’asthme, conjugué à une meilleure utilisation des bases de données administratives sur la surveillance de la santé à l’échelle provinciale et territoriale, fournirait des renseignements supplémentaires utiles aux décideurs.
1 Global Strategy for Asthma Management and Prevention, Global Initiative for Asthma (GINA) 2006. Disponible à : http://www.ginasthma.org.
5 Shaubel D et coll. Neonatal characteristics as risk factors for preschool asthma. J Asthma 1996; 33:4:255-64.
6 Pearce N et coll. Is allergen exposure the primary cause of asthma? Thorax 2000; 424-431.
7 Chen Y et coll. Increased effects of smoking and obesity among female Canadians: The National Population Health Survey, 1994/95. Am J Epidemiol 1999; 150:3:255-63.














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