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Document d'information - L'environment socio-économique et la santé

Pour un avenir en santé : Deuxième rapport sur la santé de la population canadienne constitue un résumé de l'information la plus récente disponible sur la santé des Canadiens et les facteurs qui influencent ou « déterminent » la santé. Le revenu, la répartition du revenu, le niveau de scolarité et les capacités de lecture et d'écriture sont des facteurs clés de l'environnement socio-économique qui ont un effet marqué sur la santé.

En quoi l'environnement socio-économique influe-t-il sur la santé?

De nombreuses études, partout dans le monde, ont démontré que les conditions sociales et économiques (ce qu'on appelle souvent l'environnement socio-économique) influent sur la santé individuelle et collective. Pour un avenir en santé examine un certain nombre de facteurs clés liés à l'environnement socio-économique : l'emploi et le chômage, les conditions de travail, les facteurs présents dans l'environnement social (p. ex., le soutien social, l'engagement communautaire et la violence), le revenu et la répartition du revenu ainsi que le niveau de scolarité et les capacités de lecture et d'écriture. Selon le rapport, ces deux derniers facteurs doivent constituer une priorité d'action dans nos efforts à long terme pour maintenir et améliorer la santé de la population entière.

L'une des meilleures façons de contribuer à la santé de la population ainsi qu'à la compétitivité et à la prospérité de la nation consiste à prendre des mesures positives afin d'offrir à tous les Canadiens la possibilité de recevoir une solide éducation et d'acquérir des capacités de lecture et d'écriture suffisantes.

Dans une économie de libre marché, il est irréaliste de s'attendre à ce que tous les Canadiens aient des revenus égaux. Par contre, il est réaliste de penser que dans un pays civil comme le Canada, aucun individu ni aucune famille ne devrait être privé des nécessités de la vie, comme la sécurité personnelle, une nourriture suffisante et un logement sécuritaire et abordable. Des études réalisées dans nombre de pays industrialisés indiquent également que la réduction des inégalités au niveau du revenu peut grandement contribuer à améliorer la santé de la population.

Bien que la relation entre le revenu, la répartition du revenu et la santé soit claire, notre compréhension de sa mécanique continue d'évoluer. Nombre de chercheurs ont démontré que des écarts réduits de revenu au sein d'une population procurent aux individus et aux groupes un plus grand sentiment de contrôle, de confiance et de bien-être. Des écarts importants de revenu contribuent à l'accroissement de la criminalité et de la violence, à la détérioration des systèmes de santé et d'éducation et à l'existence d'autres problèmes sociaux. Donc, les Canadiens à revenu moyen ou élevé, autant que leurs concitoyens à faible revenu (ceux qui vivent sous le seuil de faible revenu de Statistique Canada), ont à gagner d'une plus grande égalité dans la répartition du revenu.

Faits saillants : Revenu, répartition du revenu et santé

  • Seulement 47 p. 100 des Canadiens au plus bas échelon de revenu jugent leur santé très bonne ou excellente, comparativement à 73 p. 100 de leurs concitoyens aux échelons supérieurs de revenu.
  • Les Canadiens à faible revenu sont plus susceptibles de mourir prématurément et d'être malades que les Canadiens dont le revenu est plus élevé et ce, indépendamment de l'âge, du sexe, du lieu de résidence ou de la cause de décès.
  • Plus ils se situent à un échelon élevé dans l'échelle des revenus, moins les Canadiens sont malades, plus ils vivent longtemps et plus ils sont en santé.
  • En 1995, les enfants, les jeunes et les personnes âgées seules (le plus souvent des femmes) étaient sur-représentés au sein de la population à faible revenu.
  • En 1995, près de 50 p. 100 des familles monoparentales avec une femme à leur tête comptaient parmi les familles à faible revenu. Toutefois, la pauvreté n'est pas seulement le lot des familles monoparentales. De 1990 à 1995, le pourcentage de couples mariés avec des enfants parmi les familles à faible revenu est passé de 9,5 p. 100 à 13 p. 100 (soit presque 460 000 familles au total).
  • En 1996, beaucoup de Canadiens avaient de la difficulté à trouver un logement abordable. De fait, 58 p. 100 des familles monoparentales et 59 p. 100 des Canadiens âgés vivant seuls devaient consacrer plus de 30 p. 100 de leur revenu au logement. Certaines indications portent à croire qu'un nombre croissant de Canadiens sont sans-abri, y compris des familles avec des enfants, des Autochtones, des adolescents et des personnes atteintes de maladies mentales.
  • Dans l'ensemble, les inégalités dans la répartition du revenu sont demeurées relativement constantes au Canada entre 1985 et 1995, surtout grâce à la taxation redistributive et aux paiements de transfert, qui aidaient à compenser pour l'écart grandissant entre les 10 p. 100 de Canadiens à plus faible revenu et les 10 p. 100 à plus haut revenu. Des données sur les tendances nationales après 1995 n'étaient pas disponibles au moment de la préparation du présent document. Il y aurait lieu d'en tenir compte dans le cadre des prochaines analyses.
  • Les changements dans la répartition du revenu sont en étroite corrélation avec les changements dans l'emploi et les salaires. Au cours des dernières années, certains travailleurs ont vu leur revenu augmenter, notamment les travailleurs plus âgés et ceux qui sont hautement spécialisés. D'autres, en particulier les jeunes travailleurs et les hommes peu spécialisés, moins bien payés, ont subi une perte de revenu.
  • Bien que leur situation s'améliore sur le marché du travail, les femmes gagnent encore moins que les hommes, surtout parce qu'elles occupent la majorité des emplois les moins bien rémunérés.

Faits saillants : Niveau de scolarité, capacités de lecture et d'écriture et santé

Les Canadiens qui ont des capacités de lecture et d'écriture réduites et un faible niveau de scolarité risquent plus que leurs concitoyens plus instruits ayant de meilleures capacités de lecture et d'écriture d'être sans emploi et pauvres, puis d'être en moins bonne santé et de mourir prématurément.

  • En 1994-1995, environ 17 p. 100 des Canadiens se sont classés dans la dernière catégorie pour la compréhension d'un texte suivi; 26 p. 100 ont réussi à se hisser dans la catégorie suivante, celle des gens qui savent lire, mais difficilement.
  • En 1995, la proportion de gens dont les capacités de lecture et d'écriture laissaient à désirer au Canada était deux fois plus élevée qu'en Suède, le pays qui arrive en tête de classement selon l'indice utilisé.
  • Les personnes plus instruites ont davantage accès à des environnements physiques sains et sont plus en mesure de préparer leurs enfants à entrer à l'école que les personnes moins instruites. Elles fument également moins, sont plus actives physiquement et ont accès à des aliments de meilleure qualité.
  • En 1996, plus de jeunes Canadiens (surtout des femmes) que jamais auparavant obtenaient des diplômes d'études avancées, ce qui n'empêche pas qu'un certain nombre de jeunes gens quittent l'école secondaire prématurément. Le plus souvent, il s'agit de jeunes hommes qui éprouvent des difficultés à l'école et qui sont peu encouragés à poursuivre leurs études, ou qui manquent de moyens financiers pour le faire. Les jeunes femmes qui quittent l'école prématurément le font en général parce qu'elles sont enceintes ou vivent d'autres problèmes d'ordre familial.
  • La stimulation positive au cours des cinq premières années de vie améliore la capacité d'apprendre pendant toute la vie.
  • L'éducation peut être particulièrement importante pour le maintien de la santé mentale et de la capacité d'apprentissage chez les adultes âgés.

La demande pour des travailleurs possédant des connaissances et des compétences spécialisées continuera d'augmenter au cours du prochain millénaire. En conséquence, le double problème des capacités de lecture et d'écriture et de la scolarité doit constituer une priorité pour tous les éléments de la société : écoles, milieux de travail, collectivités, gouvernements et familles. En raison des rapports étroits entre l'éducation, les capacités de lecture et d'écriture et la santé, le secteur de la santé doit collaborer avec les autres secteurs pour empêcher la grossesse chez les adolescentes, pour aider les jeunes à demeurer à l'école, pour favoriser les possibilités d'apprentissage chez les enfants et les personnes âgées, et pour instaurer des programmes d'amélioration des capacités de lecture et d'écriture à l'intention des personnes de tous les âges.

Pour obtenir de plus amples renseignements

Pour un avenir en santé : Deuxième rapport sur la santé de la population canadienne a été préparé par le Comité consultatif fédéral-provincial-territorial sur la santé de la population, en collaboration avec Santé Canada, Statistique Canada, l'Institut canadien d'information sur la santé et le Centre de promotion de la santé de l'Université de Toronto. La version intégrale du rapport est disponible sur le site Web de Santé Canada à l'adresse suivante : http://www.hc-sc.gc.ca. Des exemplaires imprimés du Rapport sont aussi disponibles auprès des ministères de la Santé des provinces et territoires, ou à l'adresse suivante :

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