Les opinions exprimées dans la présente publication sont celles des auteures, et ne reflètent pas nécessairement le point de vue officiel de Agence de la santé publique du Canada.
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À la fin de 2002, 400 spécialistes des politiques sur le plan social et sur le plan de la santé, des représentants des collectivités et des chercheurs médicaux se sont rencontrés à l'Université York dans le cadre d'une conférence sur les déterminants sociaux de la santé pendant toute la durée de vie. Cette conférence visait à se pencher sur l'état des principaux déterminants sociaux de la santé (DSS) à l'échelle du Canada, à examiner les répercussions sur la santé des Canadiens et à discuter des orientations stratégiques afin de renforcer ces DSS.
À la suite de la conférence, Santé Canada a fait appel aux services de Peggy Edwards afin de préparer :
des résumés d'une série de rapports de recherche et d'exposés sur neuf DSS (voir l'Annexe A);
un synopsis qui regroupe toutes les questions en les rattachant à une approche axée sur la santé de la population.
Ce synopsis est basé sur les rapports et les exposés qui ont été présentés à la conférence, y compris un exposé sommaire présenté par Dennis Raphael. Le contenu de tous les rapports est riche en idées, mais pas entièrement inclusif. Dans certains cas, les auteurs et les présentateurs ont choisi de mettre l'accent sur un aspect particulier de la question. On n'a pas tenté d'aller au delà de la base de données et des groupes de population abordés dans les rapports et les exposés originaux. Par exemple, certains présentateurs ont présenté des données liées aux Autochtones ou aux nouveaux immigrants, tandis que d'autres ne l'ont pas fait.
Des déterminants sociaux de la santé supplémentaires (tels que la paix, le soutien social et la violence familiale) ne sont pas mentionnés dans les résumés. Il y a également d'autres déterminants de base de la santé (tels que la supériorité génétique et l'environnement physique) qui se combinent avec les DSS pour donner une vision d'ensemble des raisons expliquant pourquoi certaines personnes sont en santé et d'autres ne le sont pas. Cet aperçu traite du rôle du système de soins de santé en tant que DSS; toutefois, aucun résumé ne porte sur ce sujet parce qu'un document complet comprenant des renvois n'a pu être consulté. Il faut cependant se rappeler que l'accès universel à des soins médicaux est un aspect important des DSS. Sans cet accès, les Canadiens malades ou blessés seraient obligés de dépenser une importante part de leur revenu pour leur traitement, et il leur resterait peu d'argent à consacrer aux autres DSS, tels que le logement et la nourriture.
Cet aperçu comprend un résumé et une interprétation des rapports présentés à la conférence en précisant leurs liens avec les politiques et le rôle du secteur de la santé en fonction des neuf DSS et des interactions entre eux, à savoir :
l'inégalité des revenus;
l'inclusion et l'exclusion sociales;
la sécurité d'emploi;
les conditions de travail;
la contribution de l'économie sociale;
les services de garde de la petite enfance;
l'éducation;
la sécurité alimentaire;
le logement.
Les lecteurs peuvent obtenir de l'information plus détaillée sur chacun de ces sujets en lisant les résumés individuels ou en consultant les rapports et les exposés originaux. Prière de se reporter à l'Annexe B qui contient certaines définitions des termes ci dessus auxquels font référence les rapports présentés à la conférence.
Une foule de données concernant le Canada et d'autres pays soutiennent la notion selon laquelle la situation socio économique des personnes et des groupes est aussi importante, sinon plus, pour l'état de santé que les soins médicaux et les comportements personnels tels que le fait de fumer et les habitudes alimentaires (Evans et coll., 1994; Frank, 1995; Comité consultatif fédéral-provincial-territorial sur la santé de la population, 1999). Ces données importantes démontrent que les DSS ont une incidence directe sur la santé des particuliers et des populations, qu'ils sont les meilleurs indicateurs de l'état de santé de ces derniers, qu'ils structurent les choix de vie et que leur interaction produit l'état de santé (Raphael, 2003). En ce qui a trait à la santé des populations, il a été établi que les disparités - l'importance de l'écart ou l'inégalité sur le plan du statut social et de la situation économique entre les groupes d'une population donnée - ont une incidence considérable sur l'état de santé de l'ensemble de la population. Plus l'écart est important, plus l'état de santé de l'ensemble de la population en souffre (Wilkinson, 1996; Wilkinson et Marmot, 1998).
Le Canada a été le chef de file mondial en matière de recherche portant sur les DSS. Cependant, d'après l'Initiative sur la santé de la population canadienne de l'Institut canadien d'information sur la santé, le Canada a pris du retard par rapport à des pays comme le Royaume-Uni et la Suède et même certains territoires de compétences aux États-Unis pour ce qui est de l'application de la base de connaissances sur la santé de la population qui a été largement élaborée au Canada (Initiative sur la santé de la population canadienne, 2003).
Tous les rapports présentés à la conférence brossent un tableau décourageant des disparités en ce qui a trait aux DSS à l'échelle du Canada, lesquelles se sont accrues au cours des 15 à 20 dernières années. Les politiques du gouvernement ont pour la plupart contribué à ce que l'écart s'accentue, à quelques exceptions près - principalement au Québec où certaines politiques récentes (tels que le programme universel de services de garderie à 5 $ et l'augmentation du nombre de logements sociaux) ont été adoptées pour améliorer les DSS.
Entre 1997 et 2000, les Canadiens ont bénéficié d'augmentations de leurs revenus personnels en raison d'un taux d'emploi élevé (particulièrement chez les employés à temps plein) et d'augmentations salariales. Cependant, le taux de pauvreté chez l'ensemble des Canadiens - à l'exception notable des personnes âgées - est toujours plus élevé qu'il ne l'était en 1989, soit avant la récession. L'incapacité de réduire le taux de pauvreté au moins au niveau de 1989 est associée à l'inégalité accrue des revenus au Canada. L'écart de pauvreté - soit l'écart entre le seuil de pauvreté et le revenu moyen des familles pauvres ou des personnes sous le seuil de la pauvreté - a augmenté au cours de la dernière décennie, même si l'économie a prospéré (Scott, 2002).
Les revenus se sont polarisés davantage. Les impôts et les transferts ont aidé à contrebalancer l'inégalité grandissante; toutefois, la tendance de l'accroissement des disparités est toujours évidente lorsque l'on examine les revenus après impôt. Par exemple, la part de revenus des familles du dernier quintile en 2000 provenant de rémunérations et d'investissements était de 2,8 %, comparativement à 45,1 % chez les familles du premier quintile - soit un ratio de 16,1 à 1. Après les transferts et les déductions d'impôt, la part de revenus du dernier quintile était de 7,3 %, comparativement à 38,8 % - soit un ratio de 5,3 à 1 (Scott, 2002).
La mondialisation, la croissance au ralenti dans les années 70 et les récessions du début des années 80 et 90 ont entraîné une rationalisation de la population active, des mises à pied et l'émergence de nouveaux types de travail qui se traduit par l'augmentation du nombre d'emplois temporaires, à temps partiel, occasionnels, à contrat et indépendants. Aujourd'hui, seulement la moitié de tous les travailleurs canadiens occupent un seul emploi à temps plein depuis six mois ou plus; seulement un Canadien sur deux est admissible à des prestations d'assurance emploi en raison des changements apportés aux exigences et de ces nouveaux types de travail (Tremblay, 2002). Moins de la moitié des employés non syndiqués bénéficient d'avantages sociaux et de régimes de pension offerts par l'employeur (Jackson, 2002). Ainsi, la moitié des travailleurs canadiens connaissent une insécurité sur le plan du revenu et de l'emploi. Ces « employés précaires », qui sont souvent de jeunes parents, ne sont pas en mesure de payer des visites chez le dentiste ni pour eux ni pour leurs enfants. Le chômage à court terme est fréquent, et l'accès à un soutien sous forme de prestations d'assurance emploi est limité.
Une pression accrue pour ce qui est de la concurrence dans le marché mondial et des changements quant à la nature du travail ont entraîné des taux élevés de stress en milieu de travail et des problèmes de santé liés aux longues heures de travail, à l'insécurité d'emploi, aux blessures tels que les microtraumatismes répétés, aux diminutions relatives à la participation des employés et du contrôle qu'ils exercent ainsi qu'aux problèmes en matière de conciliation travail-famille (Jackson, 2002; Polanyi, 2002).
Dans les années 90, le gouvernement fédéral et la plupart des provinces ont cessé de fournir des logements sociaux. Au même moment, certaines provinces ont réduit les taux d'aide sociale (cette réduction a atteint 22 % dans une province). Cela a entraîné une crise du logement pour ce qui est de la location et la formation accrue de getthos dans les quartiers résidentiels des grandes villes. Les personnes et les familles à faible revenu - particulièrement les Autochtones, les nouveaux immigrants et les familles monoparentales - ont été durement touchés. En novembre 2001, les gouvernements fédéral et provinciaux ont conclu un accord à l'unanimité visant à construire un nombre beaucoup plus important d'unités de logement social. Un an plus tard, le Réseau national sur le logement et l'itinérance a révélé qu'à l'exception du Québec (qui s'est engagé à financer 2 900 nouvelles unités cette année), aucune province ne s'est réellement engagée à construire de nouveaux logements à prix abordable (Réseau national sur le logement et l'itinérance, 2002). De plus, plusieurs provinces n'avaient toujours par signé l'accord bilatéral (Bryant, 2002). Entre temps, les revenus des propriétaires de maisons ont augmenté à 70 fois celui des locataires en 1999, alors qu'ils étaient 29 fois plus élevés en 1984 (Statistique Canada, 1999). Lorsque le montant des loyers équivaut à 30 à 50 % ou plus du revenu, il ne reste pas beaucoup d'argent à consacrer à la nourriture, aux loisirs, au transport et aux autres besoins fondamentaux.
L'Enquête nationale sur la santé de la population menée en 1998 1999 a révélé que 10,1 % des ménages canadiens connaissaient une insécurité alimentaire, ce qui représente 3 millions de personnes, y compris 678 000 enfants. Les possibilités de signaler une insécurité alimentaire augmentaient lorsque le revenu diminue et lorsqu'il y avait une dépendance envers l'aide sociale. Cette tendance était davantage constatée chez les femmes monoparentales (Che et Chen, 2001). D'après l'Enquête longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes menée en 1994, les familles monoparentales dirigées par des femmes étaient huit fois plus susceptibles de signaler que leurs enfants ne mangeaient pas suffisamment, comparativement aux autres familles. Les enfants des familles touchant des prestations d'aide sociale étaient 13 fois plus susceptibles de ne pas manger à leur faim que les autres familles (McIntyre, Walsh et Connor, 2001).
Bien que 65 à 85 % des mères font partie de la population active, seulement 12 % des enfants canadiens bénéficient de places réglementées de garde d'enfants. Même s'il est de plus en plus reconnu que les services de garde et d'éducation de la petite enfance de qualité ont une incidence positive sur le développement et la santé future des enfants, le total des fonds affectés à ces services a diminué au cours des dernières années dans chaque province à l'exception du Québec (Friendly, 2002).
Depuis sa création à la fin du 19e siècle, le système d'éducation publique universel au Canada a préparé les jeunes à assumer les responsabilités d'un citoyen adulte. Aujourd'hui, les écoles publiques au Canada sont pénalisées par des compressions budgétaires, des conflits de travail et les besoins accrus en matière d'éducation spécialisée ainsi que la diversité linguistique et culturelle. Une incapacité de faire face à ces défis met en péril le système d'éducation publique, ce qui a pour effet de nuire à la santé des Canadiens et au bien être de la structure sociale (Ungerleider et Burns, 2002).
Les enfants et les jeunes défavorisés ne réussissent pas aussi bien à l'école que les autres enfants. Pour ce qui est des Autochtones, un nombre inférieur d'entre eux obtiennent leur diplôme d'études secondaires et poursuivent des études postsecondaires. Les enfants de familles à faible revenu sont plus susceptibles de souffrir de retards du développement et d'adopter des comportements délinquants. L'ampleur relative des conditions défavorables est également importante. Dans les sociétés où il y a un taux de variation considérable sur le plan de la situation socioéconomique, les enfants défavorisés sont plus susceptibles de souffrir de problèmes de développement (Keating, 2002).
Il est démontré que l'exclusion sociale est grandissante au sein de la société canadienne, particulièrement dans le cas des Autochtones, des groupes racisés et des immigrants provenant d'autres pays que ceux de l'Europe. Par exemple, les Autochtones et les groupes raciaux sont plus de deux fois plus susceptibles de vivre dans la pauvreté et trois fois plus susceptibles que le Canadien moyen d'être sans emploi, malgré les importants titres de compétences de bons nombres d'immigrants. La tendance voulant que les immigrants se taillent une place après avoir passé quelques années au Canada s'est inversée. Des études démontrent que les immigrants des minorités visibles (qui constituent maintenant la majorité des nouveaux Canadiens) présentent un risque élevé de vivre dans la pauvreté à long terme. Les membres des groupes minoritaires sont souvent victimes de racisme institutionnalisé dans les systèmes de soins de santé et de justice. Le taux d'incarcération des hommes de race noire a augmenté de plus de 200 % au cours des 10 à 15 dernières années. Des constatations semblables figurent dans les rapports de plusieurs provinces concernant les expériences des Autochtones dans le système de justice (Galabuzi, 2002).
L'exclusion sociale est exacerbée par le sexe, l'âge, l'incapacité, l'orientation sexuelle, la race, l'origine ethnique et la religion. Par exemple, la plupart des employés de l'industrie du vêtement sont des femmes des groupes racisés. Cette industrie embauche des employés occasionnels qui travaillent dans les ateliers clandestin au Canada, lesquels ne sont souvent pas sécuritaires et offrent des salaires peu élevés (de Wolff, 2000).
La plupart des gens qui vivent des situations difficiles sont désavantagés à plusieurs points de vue. Shaw et ses collègues soutiennent dans The Widening Gap: Health Inequalities and Policy in Britain que les inégalités sur le plan de la santé sont causées par un ensemble de conditions défavorables - en ce qui a trait aux opportunités, aux conditions de vie matérielle et aux comportements liés à la santé pendant toute la durée de vie (Shaw et coll., 1999).
La situation décrite ci dessus s'applique à un contexte plus large, lequel comprend :
la détérioration des programmes de l'aide sociale qui a appuyé un régime d'impôt progressif ainsi que les programmes sociaux et les programmes d'emploi visant à protéger les travailleurs, les familles et les personnes qui avaient besoin d'assistance;
la création de compagnies transnationales qui exercent des pressions sur les nations et les entreprises afin qu'elles réduisent leurs coûts et qu'elles maximisent leurs profits aux dépens des travailleurs;
le déclin des structures institutionnelles et gouvernementales qui empêchaient l'exclusion sociale et les conflits de travail;
les récessions du début des années 80 et 90 qui ont entraîné des compressions budgétaires systématiques et des changements rapides aux politiques touchant le secteur de la santé, le secteur social et le secteur de l'éducation, afin de réduire les déficits;
l'émergence d'idéologies politiques axées sur le marché qui considèrent l'individu comme étant responsable de sa place dans l'économie de marché et qui prévoit peu ou pas de protection sociale de la part des gouvernements pour les personnes et les groupes qui ont besoin d'assistance.
Cependant, malgré ces changements de cap à l'échelle mondiale, des pays comme la Finlande et la Suède ont systématiquement intégré des mesures axées sur l'égalité en ce qui a trait aux DSS dans leurs programmes d'action nationale et régionale, tout en bénéficiant simultanément d'une croissance économique (Raphael, 2003). Au Canada, certaines autorités provinciales et locales ont réussi à apporter des changements sur le plan des politiques et des programmes qui améliorent les DSS et qui favorisent l'économie et le marché du travail (Vaillancourt et coll., 2002). Les rapports présentés à la conférence comportaient une analyse des diverses démarches effectuées qui porte à croire que les responsables des politiques canadiennes envisageraient peut être de souscrire à six stratégies clés visant à améliorer les DSS et, par conséquent, l'état de santé de la population. Une amélioration sur le plan de la santé entraînera inévitablement une productivité accrue et des économies au chapitre des coûts de traitement pour cause de maladie ou de blessure.
Établir un cadre de travail lié à l'inclusion sociale pour guider la mise en œuvre de politiques et de pratiques qui réduisent les iniquités en matière de revenu, de race, de sexe, d'origine ethnique, d'emplacement géographique, d'âge, de l'incapacité et d'orientation sexuelle.
Favoriser le plein emploi, la sécurité d'emploi et de saines conditions de travail pour tous les Canadiens; faire en sorte que les employés précaires, qui en ont le plus besoin, soient admissibles à l'assurance emploi.
Assurer l'accès universel à un système de soins de santé de qualité qui répond aux besoins en matière de santé mentale, sociale et spirituelle, et qui comprend des infrastructures solides et adéquatement financées permettant de faire la promotion de la santé, de prévenir les maladies et de protéger la santé.
Protéger et conserver le système d'éducation publique de qualité du Canada, élargir les programmes liés à la garde et à l'éducation de la petite enfance et améliorer les possibilités de profiter d'expériences significatives en matière d'apprentissage continu et de formation professionnelle.
Défendre et garantir le droit de tous les Canadiens à de la nourriture et à un logement adéquat.
Réduire les écarts de revenu en garantissant un salaire minimum et des prestations d'aide sociale qui permettent de répondre aux besoins fondamentaux de tous les Canadiens afin que leur mode de vie au Canada soit sain, en procédant à des transferts fiscaux et en adoptant des politiques sociales ainsi que des politiques touchant la santé, le travail et l'éducation qui contribuent à assurer un traitement égal aux personnes et aux familles qui ont besoin d'un soutien à différents moments de leur vie.
La prochaine section traite du rôle du secteur de la santé relativement à ces six grandes stratégies.
Malgré le fait qu'il soit clairement démontré que les DSS ont une incidence sur la santé et la maladie, le secteur de la santé n'a pas eu tendance à appuyer les politiques visant à améliorer les conditions sociales puisque les politiques sociales et économiques ne font généralement pas partie du champ de compétence du secteur de la santé. On était réticent à « se marcher sur les pieds » et à envisager des moyens de collaborer entre les secteurs. Pourtant, le secteur de la santé doit assumer trois rôles clés pour ce qui est des disparités relatives aux déterminants sociaux et des stratégies énoncées ci dessus, soit :
Chef de file
Dans certains cas, le secteur
de la santé doit assumer un rôle de leadership direct afin
de répondre aux besoins en matière de santé et de soins
de longue durée de certains groupes de population ainsi qu'en tant
important employeur de nombreux travailleurs.
Secteur d'influence
Dans bien des cas, le
secteur de la santé peut agir comme catalyseur, défenseur,
médiateur et collaborateur influant pour ce qui est de créer
des situations favorables en vue de convaincre d'autres secteurs d'élaborer
des politiques d'intérêt public et d'affecter des ressources
publiques à l'amélioration des DSS.
Communicateur et courtier du savoir
Dans
tous les cas et à tous les niveaux, le secteur de la santé peut
communiquer avec le public et avec les décideurs au sujet des répercussions
des politiques touchant le travail, les finances, le logement et d'autres
secteurs sur la santé, le bien être et la production des citoyens
canadiens. Le secteur de la santé peut également faire office
de courtier du savoir pour ce qui est de l'approfondissement ou du transfert
de connaissances quant à la valeur de la réduction des disparités
relatives aux DSS ainsi qu'aux moyens d'y parvenir, et conséquemment
de l'état de santé.
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Rapport et conférencière principale
Katherine Scott
Analyste principale des politiques, Conseil canadien de développement
social
Observations
Richard Lessard
Directeur de la santé publique, Régie régionale de la
santé et des services sociaux de Montréal-Centre
Rapport et conférencière principale
Diane-Gabrielle Tremblay
Professeure et directrice de recherche, Télé-université,
et chaire de recherche du Canada sur les défis sociaux et organisationnels
associés à l'économie du savoir
Observations
Andrew King
Coordonnateur national de la santé, de la sécurité et
de l'environnement, United Steelworkers of America
Rapport et conférencier principal
Andrew Jackson
É conomiste principal, Congrès du travail du Canada, Ottawa
Observations
Michael Polanyi, professeur adjoint, Saskatchewan Population health
Research and Evaluation Unit et faculté de kynésiologie et
d'études sur la santé, Université de Regina
Rapport et conférencier principal
Yves Vaillancourt
Directeur, Laboratoire de recherche sur les politiques et les pratiques
socials, et professeur, École de service social de l'Université du Québec à Montréal
Observations
Pat Armstrong
Chaire de recherche sur les services de santé et les sciences infirmières,
Fondation canadienne de la recherche sur les services de santé et
Instituts de recherche en santé du Canada, et professeure, département
de sociologie, Université York.
Rapport et conférencière principale
Martha Friendly
Coordonnatrice et directrice, Childcare Resource and Research Unit, Centre
for Urban and Community Studies, Université de Toronto.
Observations
Gina Browne, professeure en sciences infirmières, épidémiologie
clinique et biostatique, et directrice, System-Linked Research Unit, Université McMaster.
Rapport et conférencier principal
Charles Ungerleider
Professeur en sociologie de l'éducation, Université de la Colombie-Britannique
et ancien sous-ministre de l'éducation de la Colombie-Britannique.
Observations
Daniel Keating
Professeur en développement et en éducation de la petite enfance
d'Atkinson, département de développement humain et de psychologie
appliquée, Institut d'études pédagogiques de l'Ontario,
Université de Toronto.
Rapport et conférencier principal
Lynn McIntyre
Professeure, faculté des professions de la santé, Université Dalhousie.
Observations
Valerie Tarasuk
Professeure agrégée, département des sciences de la
nutrition, faculté de médecine, Université de Toronto.
Rapport et conférencière principale
Toba Bryant
Titulaire d'une bourse de recherche postdoctorale, Centre for Health Studies,
Université York.
Observations
Sharon Chisholm, directrice administrative, Association canadienne d'habitation
et de rénovation urbaine, Ottawa.
Panéliste
Cathy Crowe, infirmière de rue, Toronto
Rapport et conférencier principal
Grace-Edward Galabuzi
Chercheure, Centre for Social Justice and Doctoral Candidate, département
des sciences politiques, Université York
Observations
Ronald Labonté, directeur, Saskatchewan Population Health and Evaluation
Research Unit, et professeur, Community Health and Epidemiology, Université de
Saskatchewan, et faculté de kynésiologie et d'études
sur la santé, Université de Regina.
Rapport et conférencier principal
Dennis Raphael
Professeur agrégé, School of Health Policy and Management,
Université York, Toronto.
La Société canadienne d'hypothèques et de logement (SCHL) utilise le terme « besoins impérieux » pour suivre le nombre de ménages qui n'ont pas les moyens de se procurer un logement locatif adéquat dans leur collectivité. Ce terme mesure les moyens financiers, le caractère convenable du logement et le caractère satisfaisant (Layton, 2000).
Ce terme est utilisé pour décrire une approche intégrée, multifonctionnelle, axée sur les politiques et les services, qui englobe tous les enfants et parents, peu importe l'emploi ou le statut socioéconomique. Au Canada, cette définition englobe les garderies et les autres services de garde réglementés - comme la garde en milieu familial dans des résidences privées - dont le principal objectif est de permettre aux mères de faire partie de la population active rémunérée. Elle inclut également les maternelles, les prématernelles et les centres préscolaires, qui sont axés principalement sur l'éducation de la petite enfance (Friendly, 2002).
L'insécurité d'emploi est largement subjective - c'est une chose qu'un individu ressent compte tenu de sa propre situation d'emploi et de la conjoncture économique globale. La validité et la pertinence des mesures objectives traditionnelles dans le contexte actuel de l'économie du savoir et du marché du travail transformé sont parfois douteuses. Par exemple, le taux de chômage ne permet plus de mesurer correctement l'offre réelle de travailleurs ou l'insécurité. La mesure des catégories de chômeurs et de travailleurs inactifs est trop simpliste pour permettre une analyse du contexte réel du travail indépendant, de la nouvelle diversité de statuts d'emploi (occasionnel, temporaire, à temps réduit, à temps partiel, etc.) et d'autres facteurs comme la prestation de soins (Tremblay, 2002).
Dans les sociétés développées, l'insécurité alimentaire est définie comme « l'incapacité de se procurer ou de consommer des aliments de qualité, en quantité suffisante de façon socialement acceptable, ou l'incertitude d'être en mesure de le faire » (Davis et Tarasuk, 1994). L'insécurité alimentaire comprend la difficulté d'obtenir des aliments sains et nutritifs en raison du manque d'argent pour les acheter ou de leur disponibilité réduite dans les collectivités isolées géographiquement (Campbell, 1991).
Au Québec, le terme « économie sociale » est largement utilisé et fait référence à un vaste ensemble de groupes, pour la plupart des organismes sans but lucratif, dont des groupes de revendication, des organismes bénévoles et d'autres organismes communautaires, notamment des coopératives. Ce terme n'est pas couramment utilisé au Canada anglais, mais il s'apparente à la notion de « voluntary and community sector » (secteur bénévole et communautaire) qui comprend des organis pour lesquels travaillent à la fois des bénévoles et des employés rémunérés. La mission de ces organismes sans but lucratif est d'offrir des services rencorçant l'autonomie aux membres et à la collectivité (Vaillancourt, Aubrey, Tremblay et Kearney, 2002).
L'exclusion sociale englobe les structures et les processus dynamiques d'inégalité envers certains groupes de la société. Elle invoque l'incapacité de certains groupes ou personnes à participer activement à la vie canadienne en raison d'inégalités structurelles en ce qui concerne l'accès aux ressources sociales, économiques, politiques et culturelles. Ces inégalités sont issues de l'oppression liée à la race, à la classe, au sexe, à l'incapacité, à l'orientation sexuelle, au statut d'immigrant et à la religion.
Jackson (2002) a déterminé que les conditions de travail suivantes permettent essentiellement d'établir si un emploi est sain ou non :
sécurité d'emploi;
conditions matérielles du travail;
rythme de travail, contrôle et stress;
durée du travail (nombre d'heures);
possibilités d'extériorisation et de perfectionnement individuel au travail;
participation et relations au travail;
conciliation travail-famille.
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