« Autrefois le fief d'un certain nombre de bandes et paralysée par les menaces de violence, la promenade Dufferin est aujourd'hui reconnue à l'échelle internationale comme une extraordinaire expérience de développement communautaire. Ce changement découle, il faut le souligner, d'un partenariat unique entre l'entreprise privée et les organismes publics. »
C'est ce que le Toronto Start déclarait le 16 avril 1994. Aujourd'hui, la promenade, et la communauté qui l'entoure, continue de se développer à la même cadence. Les deux parties poursuivent leur partenariat qui s'est lui-même accentué au fil des ans. Oeuvrant dans un esprit éminemment créatif avec les jeunes, les parents, la police, les détaillants, les services sociaux, les communautés artistiques et sportives, les responsables de la promenade ont parrainé ou organisé une myriade de programmes et de services qui aident les jeunes à retourner à l'école, à apprendre des métiers, à résoudre leurs problèmes personnels et familiaux et à explorer leur créativité. La violence et la criminalité ont diminué; les taux d'occupation, le nombre de clients et les ventes au détail ont tous augmenté. Les visiteurs du monde entier viennent apprendre à partir de l'expérience vécue par la promenade Dufferin.
Au début des années 1990, la promenade de la rue Dufferin de Toronto était considérée comme un endroit où le taux de criminalité était important. Seulement soixante pour cent des clients potentiels de la promenade utilisaient cette dernière; les interviews tenues avec les non-clients ont révélé qu'ils ressentaient de la crainte et des malaises. Bien des femmes refusaient d'y aller sauf si un compagnon masculin de la famille les accompagnaient. Les gens se sentaient menacés par la cohue de jeunes qui pullulaient sur la promenande. (Il y a six écoles secondaires à moins de dix minutes de marche de la promenade et jusqu'à 3000 jeunes fréquentent celle-ci chaque jour. Les aires de stationnement étaient considérées comme sombres et dangereuses. Comme le David Hall l'indique, la violence réelle ou imaginaire est devenue « un composant du tissu social du quartier ». (The Dufferin Papers, 1996: 14).
L'entreprise de David Hall avait un grave problème. Si elle ne parvenait pas à le résoudre, les clients et les marchands iraient « n'importe où sauf sur la promenade Dufferin ». David Hall a pensé, à juste titre comme la suite des événements devaient le démontrer, que les racines du mal étaient d'origine sociale. Après tout, une promenade communautaire n'est qu'une version moderne des squares des villes d'antan; ce qui s'y déroule est le reflet de ce qui se passe dans l'ensemble de la communauté. Son problème consistait à faire un revirement complet de situation en deux ans. Il devait augmenter la clientèle, attirer les marchands, redorer le blason de la communauté et faire augmenter les ventes et les revenus. Comme il était un nouveau venu, il a parcouru la promenade; il a parlé aux clients, aux locataires, aux jeunes, aux gardes de sécurité et il a fait travailler ses méninges avec ardeur.
Tout ce que David Hall vit et entendit l'a persuadé qu'il ne s'agissait pas d'un cas tout simple d'intensification de la sécurité, de campagnes publicitaires, de réduction de prix des loyers ni même de rénovation des lieux. Cela n'était qu'un début. Il fallait changer le climat social. Mais du point de vue de la direction, le rétablissement de la santé communautaire n'était qu'un moyen; ce n'était pas le but ultime. Le but réel consistait à revitaliser la promenade Dufferin et d'en faire un endroit où il fait bon magasiner; les affaires ne peuvent pas prospérer si la communauté n'est pas en santé, stable et sûre.
Tout indiquait à David Hall de procéder par étape dans le cadre d'une expérience sociale après tout. Un ou deux succès, même de faible ampleur, auraient permis de rétablir la confiance au niveau des locataires et des autres membres de la communauté en plus de montrer à la direction si elle était sur la bonne voie.
Tout indiquait à David Hall de procéder par étape dans le cadre d'une expérience sociale après tout. Un ou deux succès, même de faible ampleur, auraient permis de rétablir la confiance au niveau des locataires et des autres membres de la communauté en plus de montrer à la direction si elle était sur la bonne voie.
David Hall admet aujourd'hui qu'il n'avait probablement pas saisi toute l'ampleur de ce qu'il s'apprêtait à entreprendre. Mais il savait que la direction avait besoin de l'aide de la communauté. La première étape consistait à faire les recherches nécessaires; il y avait beaucoup à faire à ce titre. Il était aussi important d'apprendre ce qui se passait à l'extérieur de la promenade. Qui y vivait? Quel était le tissu de la communauté au plan social et économique ainsi qu'au plan de l'ethnicité, de l'éducation et de l'âge? à quoi ressemblait la vie des gens? Quels étaient les grands sujets d'intérêt pour la communauté? Quels étaient les aménagements, les installations et les services disponibles dans la communauté?
Mais il fallait que la direction en sache davantage notamment sur les jeunes eux-mêmes. Quelles étaient leurs inquiétudes? Comment voyaient-ils le monde? Comment étaient-ils? Quels étaient les programmes, l'expertise et les services existants? Comment fallait-il s'y prendre pour susciter leur intérêt et apporter un soutien aux enfants et à leurs familles, aux locataires de la promenade et aux autres? Qu'en était-il du gouvernement et comment pouvait-il aider? David Hall s'est demandé qui d'autre pouvait s'intéresser à la santé de la communauté et qui pourrait mettre la main à la pâte? C'est ce qui l'a mené à s'adresser en premier aux directeurs des écoles secondaires, aux services sociaux, aux marchands de la promenade, à la police et, bien entendu, aux jeunes eux-mêmes.
« Nous vivons dans une ère où les gens ne peuvent pas se permettre de vivre en vase clos », de déclarer David Hall. « Vous ne pouvez pas être dans un seul domaine, comme les affaires, l'éducation ou le gouvernement. Il y a un lien qui unit toutes ces activités les unes aux autres et qui permet à la société de fonctionner. Il faut atténuer les frontières. »
à titre d'administrateur de la promenade, David Hall était bien placé pour lancer le mouvement. Il était connu et il pouvait tirer les bonnes ficelles pour amorcer le mouvement social. La stratégie qu'il a retenue consistait à rallier les gens autour de lui et à obtenir l'engagement du plus grand nombre de commettants. L'étape suivante consistait à « remettre le contrôle du programme à la communauté ». En cédant le processus, la direction démontrait qu'elle faisait confiance à la communauté; si on lui prodiguait l'encouragement requis et qu'on lui accordait l'appui nécessaire, la communauté créerait ses propres choix. C'était un aspect essentiel au succès de toute l'entreprise. Et cette stratégie n'a jamais été remise en question. Aujourd'hui, David Hall se fait philosophe : « Les gens croient que vous êtes un génie. Mais en fait, il suffit d'écouter. Une fois que les gens ont confiance en vous, la communauté vous indique ce qu'elle désire et ce qui donne des résultats ».
Les alliances se sont multipliées. La direction accepte volontiers les partenariats avec plusieurs secteurs et organismes de la communauté : la police, le monde artistique, les communautés religieuses, les ministères des gouvernements, le système d'éducation, les services sociaux, les organisations sportives, les parents, les groupements de quartier et les associations chargées de mousser les affaires. D'après David Hall, la recette est la suivante : « Trouvez quel est votre problème et découvrez ensuite un partenaire qui sait comment résoudre votre problème. »
David Hall énonce ainsi quelques-uns des avantages de ce partenariat. Les partenaires fournissent des informations, leur expertise et des ressources, parfois même un financement. Il peut s'agir de bénévoles, d'installations, de promotion ou même de canaux de distribution. Plusieurs donnent accès à leurs réseaux, ce qui permet d'étendre encore davantage l'appui accordé. D'autres, comme les organismes sans but lucratif, peuvent apporter leur crédibilité ainsi que leur expérience, choses qu'aucune somme d'argent ne peut apporter. Joindre un nom à une initiative locale peut faire énormément pour son image et son profil.
Il y a également des traquenards, comme la direction de la promenade l'a découvert. David Hall insiste sur l'importance de s'assurer que la priorité de tous les participants est de passer à l'action plutôt que d'en rester aux belles paroles. De même, il faut se rappeler que les différents organismes n'ont pas tous le même mandat, ni le même ordre du jour ni les mêmes priorités, sans parler du fait que leurs méthodologies divergent le plus souvent. Ce qui importe d'abord et avant tout c'est d'avoir une vision commune du but final et de s'assurer de l'engagement de tout le monde relativement à cette vision. David Hall indique qu'il ne croit pas à la micro-gestion du processus. Par exemple, la promenade paie une partie de la rémunération d'un travailleur communautaire auprès des jeunes (le service des Parcs et de Récréation de la ville paie le reste). « Je ne le rencontre jamais », d'ajouter David Hall. « Il ne reste pas sur la promenade. Il va dans la communauté, là où il doit être. Mais nous constatons les résultats ici même. »
Les projets vont et viennent en fonction des besoins et de la réaction de la communauté. Chacun a son propre réseau d'agences et d'intervenants suivant l'accent accordé. La structure, l'organisation, les rôles et les responsabilités connexes aux différents groupes parrains varient également suivant les circonstances. La promenade conserve le doigt sur le poulx mais elle n'a que rarement besoin de prendre la direction des opérations. La politique de la direction a été de respecter les connaissances, l'expérience et l'expertise des différents intervenants et les résultats sont là pour le démontrer.
David Hall souligne que l'intervention communautaire n'a pas besoin d'être très coûteuse, notamment lorsque tout le monde y met du sien dans le domaine où il excèle. De son côté, la promenande a joué un rôle important en tenant l'oil ouvert sur les possibilités d'obtenir des ressources. David Hall semble avoir une « antenne spéciale axée sur les ressources »; c'est d'ailleurs ce qui l'aide à reconnaître les possibilités qui peuvent échapper à d'autres. Aucun poste ne reste vacant longtemps et les occasions d'association sont nombreuses. Quelques dollars peuvent faire beaucoup; il peut s'agir de prix pour un bingo dont les profits serviront à acheter des vêtements de gymnastique et des vêtements d'hiver pour les filles particulièrement désavantagées ou des jetons de métro pour aider une personne à se rendre à un centre de placement coopératif. De même, il est étonnant de voir ce qu'on peut faire lorsqu'on arrête de penser aux ressources sous forme d'argent. Muscles et motivation sont également des facteurs très importants.
David Hall constate un nouveau phénomène, celui des « relations secondaires ». Les organismes et les gens qui partagent les mêmes intérêts se rencontrent pour la première fois dans le cadre de la promenade Dufferin et ils se lancent dans des nouvelles initiatives en plus de collaborer les uns avec les autres. La santé de la communauté « se manifeste à tous les niveaux », comme le dit la chanson.
Au fil des ans, tous les paliers d'administration publique se sont impliqués; il en a été de même de nombreux différents secteurs, des médias et d'une myriade de groupes communautaires, d'organismes sociaux et de santé, d'organismes religieux et multiculturels, d'entreprises, de groupes sportifs et artistiques et enfin d'institutions d'éducation. On peut affirmer sans trop risquer de se tromper que tout le monde désire être associé à la commuanuté de la promenade Dufferin. Tout comme avec un centre-ville, tout le monde s'y retrouve à un moment où l'autre.
Au cours des premiers stades, des échanges peu structurés avec les jeunes ont aidé la direction à comprendre les sujets d'intérêt. Par exemple, David Hall a découvert qu'un grand nombre d'entre eux n'avaient aucun but ni aucun respect d'eux-mêmes; ils avaient un sentiment d'impuissance et d'isolement social. Il a vite fait de constater qu'il ne fallait pas regrouper sous une même étiquette les fauteurs de trouble et le reste des jeunes. Certains n'étaient que des étudiants ordinaires qui se mêlaient de leurs affaires; d'autres allaient à l'école mais ils courtisaient le danger; d'autres avaient complètement quitté l'école. Il fallait également tenir compte des bandes. Après quelques erreurs de parcours en début de course, David Hall a vite constaté qu'il serait naif de penser que les membres des bandes changeraient facilement leurs façons de faire. Pour conserver le contrôle, il devait faire respecter strictement l'ordre et ouvrer en étroite collaboration avec la police. Après un certain temps, les bandes ont tout simplement disparu lorsqu'elles ont constaté qu'elles avaient perdu le contrôle de la place.
Il a également constaté que les jeunes veulent tout simplement être ensemble. C'est leur façon d'établir des contacts sociaux, d'observer et d'apprendre. Bref, c'est un facteur de développement bénéfique plutôt qu'un « comportement négatif » qu'il faut changer. « Wow! », dit-il; « c'était tout un soulagement! ». Mais cela faisait partie de l'apprentissage; il fallait se fier à ceux qui s'y connaissaient avec les jeunes.
L'embauche d'un spécialiste des jeunes s'est révélée l'une des meilleures décisions prises par l'administration de la promenade. Considéré au début comme un projet pilote d'une durée de six mois auprès d'un centre communautaire du quartier, le programme a aidé à abattre les obstacles. C'est ce qui a donné aux jeunes accès à une personne qui pouvait parler le même langage qu'eux et qui comprenait ce qui les intéressait. En se méritant leur confiance et en montrant d'autres modes de vie que ceux associés aux drogues, aux vols et au crime, ce travailleur a aidé à modifier l'attitude des jeunes. Aujourd'hui, le programme offre encore un lien particulièrement important avec les jeunes. Ce travailleur, le deuxième, reste en contact avec le milieu et il tient l'administration de la promenade au courant de ce qui intéresse les jeunes et de leurs problèmes.
L'autre institution clé a été le Conseil de la jeunesse. Ce Conseil permet aux jeunes de participer activement au processus et de jouer un rôle dans la planification et l'établissement des programmes et des services destinés aux jeunes de la promenade. Le Conseil, qui compte entre 10 et 12 membres, ouvre en étroite collaboration avec les services à la jeunesse relativement aux besoins et aux idées s'inscrivant dans le cadre des programmes. Le Conseil peut refuser les plans et les stratégies relatives aux programmes mis de l'avant par la promenade. Ses membres élaborent et mettent en ouvre des programmes de financement dans le but de réunir les sommes nécessaires pour mener à bien leurs activités et leurs événements. Les membres du Conseil sont ouverts à tout jeune. Des jeunes spécialement formés ou des travailleurs sociaux facilitent les réunions, mais le Conseil prend ses propres décisions.
David Hall insiste sur le fait qu'il a été très important pour la promenade d'avoir sans cesse accès aux conseils et à l'apport de la jeunesse. Rien n'est plus épouvantable que de consacrer temps et ressources à des programmes qui ne servent à rien. Les jeunes qui sont membres du Conseil font l'acquisition de connaissances importantes; ils développent un sens des responsabilités en plus d'avoir la satisfaction de savoir que leur apport peut faire et fait une différence.
Sans même le savoir, David Hall a analysé les problèmes de la promenade en essayant de déterminer son état de santé dès le point de départ. Pourquoi les jeunes se tenaient-ils sur la promenade, s'est-il demandé? Pourquoi harcelaient-ils les clients? Pourquoi se battaient-ils; pourquoi dévalisaient-ils les magasins et pourquoi battaient-ils même un policier? Ses recherches auprès des jeunes et ses discussions avec le personnel des services à la jeunesse l'ont porté à conclure que ce comportement antisocial était un symptôme d'un malaise beaucoup plus profond.
Même si les jeunes comprenaient un grand nombre de personnes à peine sorties de l'enfance (bruyants, parfois odieux, habituellement sans malice et désireux de se rassembler), un certain nombre d'autres jeunes avaient de graves problèmes. Il s'agissait de jeunes sans relations familiales solides, sans réseau d'amis et sans résultats scolaires capables de leur donner un sentiment d'accomplissement et d'optimisme par rapport à leur avenir. Certains avaient quitté des foyers où la situation était intolérable et certains avaient quitté des foyers où ils avaient subi des sévices physiques ou sexuels. Les problèmes de drogues étaient fréquents. Un mélange nocif de pauvreté, de faibles perspectives d'éducation, de chômage et de discrimination raciale avaient mené un grand nombre d'entre eux dans les rues et les promenades de Toronto. Pourquoi? Ils n'avaient nulle part ailleurs où aller. Leur monde était composé de bandes, de drogues, de prostitution et de violence. Pas surprenant qu'ils agissaient de la sorte!
Les solutions artificielles comme la confrontation et l'augmentation de la sécurité n'avaient pas donné de résultats. Et pourtant, David Hall n'était pas disposé à enfouir la tête dans le sable et à afficher une grande réclame disant « les jeunes, allez-vous-en ». Il savait que le malaise était profond et qu'il avait sa source dans la société, notamment au niveau des difficultés économiques et de la désintégration des familles. Et pourtant, il a pensé qu'il était possible d'apporter un changement, ne serait-ce qu'un début. S'il ne pouvait rien changer au passé des jeunes, il pouvait au moins les aider à reprendre le contrôle de leur avenir. Pour cela, il fallait s'assurer que les problèmes n'allaient pas s'aggraver; il fallait ensuite donner à cette nouvelle génération une meilleure chance que celle réservée aux parents de ces jeunes.
Avec le concours des bonnes organisations et des bonnes personnes, il a pensé que la direction de la promenade pouvait avoir une incidence, aussi petite soit-elle, sur les facteurs critiques; il croyait qu'il serait également possible d'offrir aux jeunes une formation et une expérience de travail, d'abattre les obstacles au niveau de l'alphabétisation et de l'apprentissage, d'élargir leurs horizons, de s'assurer qu'ils recevaient l'aide nécessaire pour leurs familles et pour résoudre leurs problèmes personnels et de santé, de leur donner un sentiment de sécurité, de leur donner un sentiment de respect et d'implication. Et, comme les années devaient le démontrer, infiniment plus.
L'histoire de la promenade Dufferin n'est pas encore finie. Comme les jeunes le disent : « ça se continue! ». Au fil des années, de très nombreux moyens ont été découverts pour aider à redonner santé et espoir à cette communauté pour ainsi atteindre les objectifs sociaux et commerciaux des nombreux partenaires impliqués. Il s'agit d'un effort collectif destiné à créer des solutions à long terme pour résoudre les problèmes de la communauté.
Voici quelques brèves indications sur certains programmes et services mis de l'avant pour répondre aux besoins identifiés par la communauté. Certains ont atteint leurs objectifs, d'autres, pas. D'autres ont été étendus ou modifiés. C'est un processus dynamique; la communauté mène sa destinée et réinvente les solutions à mesure que les nouveaux défis surgissent.
Certains programmes portaient sur des services tandis que d'autres étaient axés sur le divertissement; mais tous gravitaient autour des centres d'intérêt de la communauté ou des jeunes plus spécifiquement. D'autres portaient sur la créativité et les talents personnels des plus jeunes. Tous les programmes avaient un but très sérieux.
Les services à la jeunesse de la promenade Dufferin (SJPD)
sont un
centre de service complet où l'on peut offrir aux jeunes de 12 à 24
ans et à leurs familles des conseils confidentiels et des services de
référence. Avec 350 jeunes inscrits au programme, le programme
est dirigé par un groupe d'agences qui ont mis leurs ressources en commun.
Le but recherché est d'aider les jeunes ayant des problèmes, qu'il s'agisse
de problèmes à l'école jusqu'aux sentiments de suicide. Les jeunes
peuvent prendre rendez-vous ou se présenter sous l'impulsion du moment.
Lorsque d'autres services sont requis, par exemple pour obtenir de l'aide
au sujet d'un problème de drogue ou d'alcool, des traitements médicaux
ou un logement temporaire, les conseillers les réfèrent aux services
disponibles les plus proches. Les SJPD parrainent également un
programme d'éducation parallèle sur la santé sexuelle des adolescents,
un réseau de prévention des assauts sexuels sur les adolescents avec
le concours des conseillers des écoles, les éducateurs des services
de santé publique et les travailleurs sociaux. à cela, il faut
ajouter « Movie Talk », un moyen d'offrir aux jeunes des divertissements
et l'occasion de parler des sujets soulevés dans les films et les vidéos
qu'ils ont vus.
Le centre d'apprentissage de la promenade Dufferin
qui a aujourd'hui
disparu, était une salle de classe offrant une éducation alternative
aux décrocheurs des écoles secondaires et aux jeunes qui risquaient
de décrocher. Cela signifiait que les décrocheurs plus âgés (jusqu'à
24 ans) n'avaient pas à partager une classe avec des étudiants plus
jeunes qu'eux. Le programme était mené par les écoles secondaires
locales, les collèges communautaires et les services sociaux; on y offrait
des cours menant à l'obtention d'un diplôme d'études secondaires, à
l'apprentissage d'un métier et l'acquisition d'aptitudes de base, comme
l'alphabétisation et les mathématiques élémentaires. L'école organisait
le financement et la promenade fournissait des locaux de vente au détail
vacants que les étudiants rénovaient. Pour plusieurs jeunes, ce
programme leur a permis de changer leur mode de vie du tout au tout.
Maintenant que d'autres programmes alternatifs sont offerts, la demande
pour les services du centre est moins grande, si bien que les ressources
sont affectées ailleurs.
Le programme d'éducation en vente au détail de fond de cour
permet
d'obtenir une formation en cours d'emploi aux jeunes de 15 à 24 ans
qui travaillent pour les marchands de la promenade. Les services
de ces jeunes peuvent ensuite être offerts contre rémunération en plus
de donner aux jeunes un sentiment d'importance. En six semaines
(après l'école et au cours des fins de semaine), les jeunes apprennent
les rouages de la vie quotidienne dans le domaine de la vente au détail,
depuis la caisse enregistreuse jusqu'à l'inventaire en passant par la
tenue de livres, les systèmes informatiques et la vente. Les marchands
au détail doivent enseigner les rudiments du métier aux participants
qui passent, sans rémunération, d'un magasin à l'autre pendant le programme.
Dans chaque magasin, ils apprennent de nouvelles techniques. Les
SJPD établissent le calendrier de rotation, règlent les problèmes, font
le suivi auprès des diplômés, les aident à préparer un curriculum vitae
et voient si les jeunes ont réussi à se trouver du travail.
Le centre familial
offre des services de soutien aux jeunes familles
dont les besoins sont nombreux. Il essaie de réduire leur isolement,
d'offrir aux enfants et à leurs parents des possibilités d'apprentissage
pour les aider; il essaie de leur offrir un accès à des services de
santé, à des services sociaux et communautaires en plus de favoriser
l'appui des pairs et l'aide par soi-même. Par exemple, les mères
adolescentes qui n'ont pas de famille ni de réseau de soutien communautaire
peuvent se réunir, échanger des informations, apprendre comment élever
leurs enfants et préparer des budgets dans un milieu dénué de menace.
Il est également possible d'obtenir des services personnalisés de conseillers
en plus d'avoir accès à des fournitures et à des vêtements de bébé donnés
par les membres de la communauté, les marchands de vente au détail et
les fabricants.
La tente de lecture
dirigée par le Collège Frontier (une organisation
nationale sans but lucratif d'alphabétisation), a mis sur pied un programme
estival extérieur destiné aux enfants. Sous une grande tente,
des bénévoles font la lecture aux enfants pour leur apprendre à aimer
la lecture et à améliorer leurs aptitudes en lecture. Les livres
sont empruntés aux bibliothèques, donnés par la communauté et fournis
par les éditeurs et les détaillants de livres. La tente de lecture
comprend aujourd'hui un programme d'alphabétisation et de formation
en anglais, langue secondaire, pour les employés des magasins de vente
au détail et une école d'anglais, langue secondaire, mise sur pied par
la promenade.
Le programme de récréation par l'emballage
est un service écologique
d'emballage des cadeaux. On invite les entreprises, les écoles
et les résidents de la communauté à y déposer des matériaux d'emballage
réutilisables. Cela crée des emplois pour les jeunes qui apprennent
à faire l'emballage écologique des cadeaux en suivant l'enseignement
d'un artiste ou d'un professeur. Ce service est offert à peu de
frais; ainsi, il n'y a pas de frais pour la promenade.
Le programme de théatre
est tenu en collaboration avec l'Association
des arts pour la jeunesse de Toronto. Le but de ce programme est
de fournir aux jeunes l'occasion de s'exprimer de façon créatrice.
Par exemple, dans le programme donné après 16 heures par la promenade
Dufferin, les jeunes peuvent choisir des activités, comme un groupe
d'improvisation, un club de rédaction et une classe d'art tridimensionnel.
En soirée. Le programme comporte un cercle des rédacteurs de pièces
et un club de production de film ainsi que des événements hebdomadaires
permettant d'exposer les jeunes à la scène artistique professionnelle,
comme une visite de Radio Canada, l'observation de répétitions ou un
spectacle de danse.
« Way to Go »
est un autre dérivé de l'Association des
arts pour la jeunesse de Toronto. Ce programme comporte des voyages
peremettant aux plus jeunes et à leurs familles d'assister à des pièces
de théatre, à des spectacles de danse et de musique accompagnés par
des artistes professionnels; ils peuvent également participer à des
visites en coulisses après le spectacle. Le programme contient
également des ateliers avec des artistes dans les écoles où les arts
visuels, la musique, les drames et la danse sont utilisés pour apprendre.
« Way to Go in the Community » permet d'établir des liens
entre les artistes professionnels et les centres de récréation communautaires
où ils servent de mentors et de professeurs pour les jeunes en plus
de travailler avec ces derniers pour leur faire connaître les arts.
Le Théatre de la jeunesse Dufferin
est parrainé conjointement par
Abrigo, une association communautaire portugaise locale, le Conseil
d'éducation de Toronto et les services sociaux. Il s'agit d'un programme
coopératif où les jeunes écrivent la pièce, la dirigent, la produisent
et y sont les acteurs en se basant sur leurs propres expériences.
Cette année, des spectacles ont été organisés dans 18 écoles pour divertir
et offrir une occasion, sous supervision, de discuter des sujets soulevés.
Les sujets ont été de la déclaration de son homosexualité à la violence
familiale et aux abus sexuels.
Un tout nouveau programme d'art vient de commencer pour les jeunes
criminels. Ce programme permettra aux plus jeunes qui ont déjà
eu des démêlés avec la justice de faire leurs premières tentatives avec
la sculpture et les beaux-arts.
Le club des bicyclettes
donne la possibilité aux jeunes et aux adultes
de travailler ensemble pour réparer les vieilles bicyclettes et les
bicyclettes abandonnées. Les jeunes apprennent à réparer et à
remonter les bicyclettes. Le produit fini est redonné aux programmes
communautaires.
Les programmes sportifs
permettent aux jeunes de 12 à 19 ans d'établir
leurs aptitudes sociales et physiques et d'améliorer l'image qu'ils
ont d'eux-mêmes en participant à des sports supervisés, sous forme d'équipe
ou non, ou à titre d'entraîneur ou de professeur. Dans le cadre
de ce programme, ils apprennent à travailler en équipe, à gagner et
à perdre, à observer les règlements et à essayer de faire de leur mieux.
Ces programmes, qui permettent d'intégrer des jeunes ayant des différences
au niveau de leurs expériences et de leurs aptitudes physiques et mentales,
passent d'une force à l'autre dans le cadre d'équipes et de ligues parrainées,
de tournois et de compétitions à l'intérieur des villes ou avec d'autres
villes (par exemple au soccer et au ballon-panier).
Le programme Musique dans le parc
est un programme estival de grands
concerts dans les parcs du quartier les jeudis et vendredis soirs.
Cette année, 18 concerts ont été organisés entre le 1er juillet
et la fin de septembre. Plusieurs groupes professionnels y ont
participé, notamment un flûtiste japonais, un groupe celte et un groupe
de percussions sur fond de baril en métal des Caraïbes. La promenade
a retenu les services d'un musicien de quartier pour coordonner la série
en plus d'assumer les honoraires des artistes et de la publicité.
La ville a fourni le matériel sonore et la scène.
La promenade a participé à des douzaines d'autres initiatives mises sur pied pour tous les groupes d'âge; il pouvait s'agir d'expositions sur la santé, d'efforts de réduction des déchets, de randonnées sur la promenade et d'excursions pour les personnes âgées, de clubs de déjeuners de quartier, de tournois et de programmes d'été. Un journal communautaire tient tout le monde au courant et à jour en plus de susciter un sentiment d'identité locale.
Il n'est pas vrai de dire que la direction de la promenade Dufferin a systématiquement essayé d'avoir des preuves à l'appui de chacune de ses interventions. De l'avis de David Hall, c'est exactement le contraire; on a fait des essais et on a fait des erreurs; mais on a poursuivi en apprenant en cours de route. Si quelque chose ne donnait pas tous les résultats attendus, on abandonnait cette partie du programme. Si quelque chose donnait de bons résultats, on y consacrait encore plus de ressources. De toutes manières, toute l'initiative était une expérience de grande envergure. Aucune autre promenade n'avait jamais essayé de faire un revirement social auparavant. En fait, aucune autre promenade ne s'était qualifiée de communauté auparavant. Il n'y avait donc pas encore de preuve à l'appui.
Il y avait bien quelques exemples de tels revirements dans la documentation sur le développement communautaire. L'approche utilisée était tirée des livres dans ce domaine : les membres de la communauté identifiaient leurs propres sujets d'intérêt et prenaient les mesures nécessaires. Les communautés mobilisaient leurs ressources; les services de santé et les services sociaux agissaient comme catalyseurs et facilitaient les choses, plutôt que d'agir à titre d'experts; les communautés découvraient leurs propres sources d'énergie et prenaient le contrôle de leurs destinées; les communautés découvraient leur identité et leurs compétences; elles assumaient leur propre leadership et découvraient leurs aptitudes à se défendre; elles augmentaient enfin le contrôle qu'elles avaient sur les facteurs ayant une incidence sur leur santé.
Kretzmann et McKnight (1993) parlent de « développement communautaire en se basant sur les resources de cette dernière ». Ils signalent les leçons apprises dans le cadre d'analyses d'initiatives couronnées de succès en matière de reconstitution de communautés dans des centaines de quartiers à travers les Etats-Unis. Il s'agit d'une stratégie qui s'amorce en se basant sur ce qu'on trouve dans une communauté, c'est-à-dire les forces des résidents et des travailleurs ainsi que les associations et les institutions implantées dans le secteur; ensuite, on se concentre sur l'établissement d'un programme et la capacité des membres de la communauté de résoudre les problèmes. Voici un extrait tiré de leur livre :
« Si elle en a l'occasion... la jeunesse peut toujours avoir un apport important face au développement de la communauté où elle évolue. Ce qu'il faut pour y parvenir, ce sont des projets spécifiques qui établissent le lien entre les jeunes et la communauté de manière à améliorer l'image qu'ils ont d'eux-mêmes et leur niveau de compétence tout en améliorant la qualité de vie de l'ensemble de la communauté. » (p. 29)
Les auteurs poursuivent en suggérant « certains moyens permettant aux jeunes de réintégrer la vie de la communauté en établissant toute une série de relations productives et mutuellement bénéfiques ». Dans la section intitulée « Artistes et renouvellement communaitaire », les auteurs décrivent un projet tenu à Matteson (Illinois) et gravitant autour des jeunes et d'artistes locaux :
« Les jeunes se rassemblent dans leurs centres communautaires et forment graduellement des groupes dont le but est de créer leurs propres projets artistiques. L'un des jeunes siège au conseil d'administration et les jeunes visitent les écoles pour tenir des ateliers de travail sur les sujets touchés au cours de leurs spectacles. » (p. 102).
Cela sonne un son de cloche? Ce qui est différent dans le cas de la promenade Dufferin c'est la notion de « promenade à titre de communauté ». Cependant, c'est une source de fierté pour tout le monde impliqué dans l'initiative de la promenade Dufferin parce que les preuves s'accumulent en grand nombre et rapidement. Tout semble indiquer que l'approche donne des résultats et qu'on est en droit de considérer la promenade comme une sorte de communauté.
Les résultats intéressants obtenus sont autant de raisons pour lesquelles la promenade Dufferin est devenue une Mecque pour les visiteurs provenant du reste du Canada et du monde. Tous veulent découvrir comment on s'y prend. C'est pourquoi Agence de la santé publique du Canada a aidé à documenter le cas en préparant une trousse contenant un vidéo et des documents pour aider les promenades et les associations d'amélioration des entreprises intéressées à entreprendre des initiatives similaires de rajeunissement et qui pourraient avoir besoin d'un soutien, spécialement de la part des médias, dans leurs démarches. On parle alors de collaboration communautaire en faveur du changement (C3).
Quels ont été les résultats? Le revirement ne s'est pas produit du soir au matin. Mais les efforts faits par la promenade Dufferin et ses partenaires ont donné d'excellents résultats, non seulement au niveau des commerces, mais également au niveau de la qualité de vie de l'ensemble de la communauté. Comme David Hall l'avait reconnu instinctivement dès le début, les deux vont main dans la main.
En accordant beaucoup d'attention à l'origine des problèmes, l'initiative prise par la promenade Dufferin a aidé à remplacer la peur, l'apathie et l'ignorance par des mesures positives; en fait, le climat social a changé. Peu importe l'unité de mesure utilisée, il y a eu de nombreux succès. On peut mesurer ce succès de plusieurs manières :
La réaction de la communauté, en se basant sur le nombre de personnes qui participent aux programmes et aux événements, le nombre et la qualité des partenariats, le niveau de participation des détaillants, la satisfaction et la fierté.
La réduction des comportements antisociaux, comme le vandalisme, les bagarres, le harcèlement, le vol à l'étalage, les tentatives de vol, les délits impliquant une consommation d'alcool et de drogues, les assauts, les crimes impliquant des armes, les plaintes signalées au service de sécurité de la promenade contre les jeunes, les banissements. (Le taux de criminalité global de la promenade a baissé de 38 % (par rapport à quoi?) s'il faut en croire les statistiques des services de police.)
La hausse du nombre de clients et des revenus découlant des ventes et l'augmentation du taux d'occupation. D'après David Hall, « les affaires vont à un train d'enfer ».
Quels sentiments animent les résidents de la communauté (y compris les jeunes)? Ils se sentent plus en sécurité; ils sentent qu'ils reçoivent un appui, qu'ils sont plus près les uns des autres, qu'ils sont mieux préparés pour gagner leur vie, qu'ils ont de nouvelles aptitudes, qu'ils sont plus confiants, qu'ils sont plus impliqués dans la vie et les affaires de la communauté, qu'ils contrôlent davantage les facteurs ayant une incidence sur leur santé et leur bien-être. Tout cela tient au fait qu'ils ont un meilleur accès à des sources d'aide et de soutien, qu'ils ont plus de choix et qu'ils ont plus d'espoir en leur avenir.
La reconnaissance du revirement par le public. Par exemple, l'amélioration de l'image de la promenade sur le marché; la couverture par les médias en nombre de pouces de colonne; les prix décernés pour les services à la communauté; les invitations à s'adresser aux gens pour leur faire part de l'expérience vécue; le niveau d'intérêt des autres promenades et les associations d'amélioration des affaires à travers le Canada; le nombre de demandes reçues.
Du point de vue des facteurs de mesure de la santé, les interventions mises sur pied pour la promenade Dufferin ont permis d'obtenir des résultats particulièrement impressionnants : une amélioration des milieux sociaux et physiques, une augmentation des perspectives d'emploi (et de revenu) et d'éducation dans la communauté, une amélioration des pratiques en matière de santé personnelle et des aptitudes à se tirer d'affaires, un réseau de soutien social plus vigoureux, une amélioration du milieu de travail pour les employés de la promenade, une amélioration des perspectives de croissance sans problèmes de santé pour de très nombreux enfants et jeunes dont les parents participent à des programmes de formation ou qui ont eux-même pu participer à des possibilités de récréation et de création.
Deux facteurs doivent être soulignés : les programmes et les services sont conçus pour « commencer là où se trouvent les gens » (Minkler, 1994?). Un grand nombre d'entre eux portent sur les structures, les systèmes, les services et l'environnement comme moyen de modifier les comportements (par exemple, installer des écoles ailleurs que sur les campus, plutôt que d'abandonner les décrocheurs à leur sort, et augmenter l'accès à l'éducation en organisant des services).
Les gens déménagent et d'autres variables interviennent. Mais compte tenu de ces changements, on peut raisonnablement s'attendre à ce qu'il y ait une amélioration à long terme de l'état de santé des résidents de l'ensemble de la communauté. Cela se manifestera dans les statitiques de morbidité et de mortalité qui permettent de suivre l'évolution et les tendances au fil des ans.
Mais la santé englobe plus que la maladie, le décès ou l'espérance de vie. Comme l'indique l'Organisation mondiale de la santé, la santé est une ressource de la vie quotidienne, un concept positif qui met l'accent sur les ressources sociales et personnelles et non sur la seule capacité physique. C'est un moyen permettant de déterminer dans quelle mesure les gens peuvent réaliser leurs aspirations et satisfaire leurs besoins, évoluer et traiter avec des milieux présentant des défis. Il s'agit de réduire les disparités entre les groupes, donner la même chance à tout le monde afin que tous aient la même possibilité de vivre une vie intéressante. Bref, tout est pensé de façon à permettre aux individus, aux familles et aux communautés de vivre pleinement, de pouvoir faire des choix, d'avoir un sentiment d'appartenance et d'optimisme.
L'histoire de la promenade Dufferin démontre qu'il n'est pas nécessaire que les changements sociaux découlent de sentiments altruistes pour donner des résultats. L'approche retenue est le facteur important. Dans ce cas-ci, les commerçants acceptaient d'adopter une approche holistique, de résoudre les problèmes à leur source même en ayant recours à toute une gamme d'interventions et de stratégies à différents sites et dans différents cadres. Ils étaient prêts à écouter, à apprendre, à travailler en collaboration et à reconnaître que le leadership en matière de développement communautaire n'est pas synonyme de contrôle mais plutôt de céder le processus à d'autres personnes.
Le dernier mot revient à David Hall qui a eu la perspicacité requise pour mettre tout le processus en branle. Il considère le commerce comme une « ressource permanente de la communauté », une ressource qui essaie de « trouver des moyens non traditionnels pour maximiser ses possibilités de profit tout en offrant des avantages au niveau social; de en d'autres termes, pour donner quelque chose de arrière ». Comme gestionnaire de mail, il insiste sur le fait que les affaires ont une obligation d'être impliqué dans la communauté dans laquelle elle fonctionne. Pour meilleur ou pour plus mauvais, leur santé est inextricablement jointe.
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