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Jeunes sans-abri et jeunes placés dans le réseau de protection de l'enfance : Maltraitance, santé mentale et consommation d'alcool et de drogues

Section 2 : Plan d'étude et méthodologie de recherche

Participants

Jeunes de la rue

L'échantillon de jeunes sans-abri se compose de jeunes hommes et jeunes femmes recrutés directement auprès des services qui œuvrent auprès des jeunes de la rue dans le centre-ville de Toronto ou qui participent à l'Enquête auprès des jeunes en transition (EJET). Ces données ont été réunies dans le cadre d'une étude plus vaste intitulée Youth Pathways Project (YPP).

L'étude YPP est un vaste projet de dissémination du savoir impliquant de jeunes participants, des mentors de la collectivité, des agences qui procurent des services aux jeunes et des représentants des services d'aide sociale à l'enfance (voir King, Ross, Bruno et Erickson, 2009). L'échantillon total de jeunes sans-abri compte 75 hommes et 75 femmes (n = 150) âgés de 16 à 21 ans (âge moyen = 19,21 ans, écart-type = 1,33). Les entrevues se sont déroulées soit dans une agence qui offre des services aux jeunes de la rue, soit dans un lieu public. Les jeunes interviewés dans les services destinés aux jeunes de la rue devaient indiquer s'ils avaient déjà été confiés aux soins d'une société d'aide à l'enfance (SAE); 86 ont déclaré ne jamais avoir été confiés aux soins d'une telle société et 64 ont déclaré y avoir déjà été confiés. Les jeunes hommes (32) et les jeunes femmes (32) étaient aussi enclins les uns que les autres à déclarer avoir déjà été confiés aux soins d'une société d'aide à l'enfance.

Jeunes actuellement placés dans le réseau de protection de l'enfance

L'échantillon de jeunes confiés aux soins d'une société d'aide à l'enfance se compose de deux groupes : 34 jeunes qui, au moment de l'étude, participaient à la troisième année de l'étude MAP (77,1 % de femmes, 22,9 % d'hommes), âgés de 18 à 21 ans (âge moyen = 19,32, écart-type = 1,00) et 35 jeunes (85,7 % de femmes, 14,3 % d'hommes) ayant participé à l'étude YPP, âgés de 16 à 21 ans (âge moyen = 18,71 années, écart-type = 1,10).

Combinés, les échantillons des études MAP et YPP comptent 69 jeunes placés dans le réseau de protection de l'enfance.

État relatif à l'itinérance et au placement dans le réseau de protection de l'enfance

Nous avons défini une variable nominale à deux valeurs décrivant l'état des participants quant au placement dans le réseau de protection de l'enfance : jeunes sans-abri n'ayant jamais été placés dans le réseau et jeunes sans-abri ayant déjà été placés dans le réseau. Un autre groupe est composé de jeunes qui ne sont pas sans-abri et qui, au moment de l'étude, étaient placés dans le réseau. Le graphique de la page 4 illustre la taille des échantillons. Bien que la majorité des analyses tiennent compte de tous les jeunes (n = 219), certaines ne concernent que les sans-abri (n = 150). Dans ce cas, nous le précisons tout au long de la section 2.

Mesures

Maltraitance dans l'enfance : Les sévices physiques et/ou sexuels ont été évalués au moyen du questionnaire « Childhood Experiences of Victimization Questionnaire » (antécédents de victimisation pendant l'enfance – CEVQ) (Walsh, MacMillan, Trocmé, Jamieson et Boyle, 2008). Deux des questions portent sur les sévices physiques infligés par un adulte : « Did an adult kick, bite or punch you to hurt you? Did an adult choke, burn or physically attack you in some other way? » (Est-ce qu'un adulte vous a donné des coups de pied ou des coups de poing ou vous a mordu pour vous blesser? Est-ce qu'un adulte vous a étouffé, brûlé ou attaqué physiquement d'une manière ou d'une autre? ») et deux autres sur les sévices sexuels : « Did anyone ever touch the private parts of your body or made you touch their private parts when you did not want them to? Did anyone ever have sex with you when you didn't want them to or sexually force themselves on you in some other way? » (Est-ce que quelqu'un a déjà touché vos parties intimes ou vous a demandé de toucher ses parties intimes contre votre gré? Est-ce que quelqu'un a eu des relations sexuelles avec vous contre votre gré ou vous a forcé à poser des actes sexuels d'une manière ou d'une autre?).

Échantillons tirés des études YPP et MAP : Itinérance et placement dans le réseau de protection de l'enfance

Échantillons tirés des études YPP et MAP

[Cliquez pour agrandir le Échantillons tirés des études YPP et MAP]

[Texte équivalent, Échantillons tirés des études YPP et MAP]

Logement : Les participants aux études YPP et MAP devaient répondre à une série de questions sur leur situation quand au logement, et ce pour deux périodes : les sept derniers jours et les quatre derniers mois. L'équipe de chercheurs a créé une variable pour déterminer si les participants avaient passé au moins une nuit sans abri adéquat, une variable composée combinant six éléments (avoir passé au moins une nuit dans l'un des milieux suivants : rue, immeuble abandonné, parc, gare d'autobus ou ferroviaire, cage d'escalier ou sous un pont) pour créer une variable dichotomique (oui/non) simple. Les participants qui déclarent avoir passé au moins une nuit dans un de ces environnements ont été placés dans la catégorie de ceux qui ne disposent pas d'un logement adéquat. Une méthode semblable avait été utilisée dans des études précédentes pour définir l'itinérance (Koegel, Melamid et Burnam, 1995).

Sentiment d'être en sécurité : Il s'agit d'une variable continue : les participants doivent indiquer dans quelle mesure ils se sentent en sécurité là où ils vivent présentement, sur une échelle de 1 à 5 : (1 = tout à fait, 2 = assez, 3 = un peu, 4 = pas tellement, 5 = pas du tout).

Victime ou auteur d'acte de violence conjugale : Toutes les questions portant sur la violence conjugale (victime et auteur) sont tirées de l'outil Conflict in Adolescent Dating Relationships Inventory (CADRI) (Wolfe et coll., 2001), qui mesure les comportements abusifs entre conjoints chez les adolescents. L'étude YPP comprend une seule question concernant les victimes de violence conjugale : « During the past 12 months did your boyfriend/girlfriend ever hit, slap or physically hurt you on purpose? » (Au cours des 12 derniers mois, est-ce que votre conjoint vous a volontairement frappé, giflé ou blessé physiquement?) et une seule question concernant les auteurs d'actes de violence conjugale : « During the past 12 months did you ever hit, slap, or physically hurt your boyfriend/girlfriend on purpose? » (Au cours des 12 derniers mois, avez-vous volontairement frappé, giflé ou blessé physiquement votre compagnon ou compagne?). Dans l'étude MAP, une question semblable a été formulée en combinant les questions concernant les victimes et les auteurs d'actes de violence posés au cours de la dernière année. Dans le cas des victimes, les questions sont les suivantes : « My partner kicked, hit, or punched me » (Mon partenaire m'a frappé, donné des coups de poing ou des coups de pied); « My partner slapped me or pulled my hair » (Mon partenaire m'a giflé ou tiré les cheveux); et « My partner pushed, shoved, shook or pinned me down » (Mon partenaire m'a poussé, bousculé, secoué ou plaqué au sol). En ce qui concerne les auteurs d'actes de violence, les questions sont les mêmes, mais formulées pour demander si le participant a posé ces actes à l'endroit de son conjoint. Une variable simple a été créée à propos de toute victimisation (oui/non) et perpétration (oui/non) d'un tel acte au cours de la dernière année.

Problèmes comportementaux : Les troubles de comportement dans l'enfance et l'adolescence sont généralement classés en deux catégories : troubles d'intériorisation et troubles d'extériorisation. Les troubles d'intériorisation sont ceux qui traduisent une inhibition ou une répression des difficultés émotives. Cela comprend les symptômes d'anxiété et de dépression. Les troubles d'extériorisation sont ceux qui traduisent une désinhibition et comprennent le passage à l'acte et les comportements agressifs et impulsifs.

Symptômes d'intériorisation : Les symptômes d'intériorisation ont été évalués au moyen des sous-échelles de dépression et d'anxiété du Brief Symptom Inventory (BSI) (Derogatis, 1993). Les participants devaient indiquer dans quelle mesure ils ont éprouvé une détresse associée à chacun des symptômes au cours des sept derniers jours. Les sous-échelles de la dépression et de l'anxiété comptent six questions chacune, notées sur une échelle de cinq points allant de 0 (pas du tout) à 4 (extrêmement). Le BSI comprend des normes appliables aux populations d'adolescents sans troubles psychiatriques; nous les avons utilisées pour établir des scores-seuils. Nous avons créé un score d'intériorisation composé pour refléter les hausses dans les sous-échelles de dépression et/ou d'anxiété, soit 0 (absence d'anxiété et de dépression cliniques) et 1 (présence d'anxiété et/ou de dépression cliniques).

Symptômes d'extériorisation : Les symptômes d'extériorisation ont été évalués au moyen de 10 questions à propos du nombre de fois où les jeunes avaient affiché chacun d'un certain nombre de comportements au cours des 12 derniers mois (p. ex. prendre des choses d'une valeur de 50 $ ou moins qui ne leur appartiennent pas, s'introduire dans un bâtiment verrouillé autre que leur propre résidence). Les réponses ont été dichotomisées (oui/non) et un score composé a été créé pour traduire le nombre de comportements que les participants ont eu au cours de la dernière année. Dans l'esprit du score utilisé dans le sondage sur la consommation de drogues et la santé des élèves de l'Ontario (Adlaf, Paglia-Boak, Beitchman et Wolfe, 2007), nous avons établi un score-seuil d'au moins trois occurrences pour définir un comportement d'extériorisation significatif.

Tabagisme : Le tabagisme a été évalué au moyen de deux questions, l'une dans laquelle les participants indiquent s'ils sont actuellement fumeurs (oui/ non) et l'autre où ils indiquent la quantité de cigarettes qu'ils fument par jour.

Consommation d'alcool ou de drogues : Plusieurs questions ont servi à évaluer la consommation d'alcool ou de drogues avec des différences entre les échantillons de l'étude YPP et celui de l'étude MAP. Dans le cas de l'alcool et de la marijuana, les réponses sont classées de manière à traduire la consommation au cours de la dernière année (oui/ non) et au cours du dernier mois (oui/non). De plus, les participants devaient indiquer le nombre de fois où ils ont consommé au moins cinq verres d'alcool en une seule occasion (consommation excessive) au cours du dernier mois. Dans le cas des autres drogues, les questions sont formulées de manière différente dans le questionnaire de l'étude YPP et dans celui de la 3e année de l'étude MAP. Celui de l'étude YPP comprend une question servant à évaluer la consommation de drogues au cours du dernier mois (c.-à-d. consommation d'hallucinogènes, amphétamines, cocaïne, crack et héroïne), les participants devant préciser combien de fois ils avaient consommé chacune de ces drogues au cours du dernier mois, selon les options suivantes : a) jamais; b) une ou deux fois; c) plus d'une fois par jour; d) une fois par jour; e) de 3 à 6 six fois par semaine et f) une ou deux fois par semaine. Les réponses ont été dichotomisées pour traduire toute consommation au cours du dernier mois (oui/non). Le questionnaire de la 3e année de l'étude MAP ne comprend pas de questions visant la consommation de substances illicites au cours du dernier mois, mais les participants doivent indiquer à quelle fréquence ils ont consommé ces mêmes drogues au cours des 12 derniers mois, selon les options suivan tes : a) 1 ou 2 fois; b) de 3 à 5 fois; c) de 6 à 9 fois; d) de 10 à 19 fois; e) de 20 à 39 fois et f) 40 fois ou plus. Un score composé a été créé pour les échantillons des deux études pour traduire la consommation d'au moins une substance illicite (autre que la marijuana) au cours de la dernière année. Dans le cas de l'étude YPP seulement, une variable composite a été définie pour traduire la consommation de substances multiples au cours du dernier mois, avec les deux valeurs suivantes : aucune consommation ou consommation d'une substance; consommation d'au moins deux substances.

Consommation problématique d'alcool ou de drogues : Pour évaluer la consommation problématique de drogues ou d'alcool, l'étude MAP utilise deux questionnaires de dépistage normalisés : le test AUDIT (Alcool Use Disorders Identification Test) (Saunders, Aasland, Babor, De La Fuente et Grant, 1993) et l'outil CRAFFT (Knight, Sherritt, Shrier, Harris et Chang, 2002). Le test AUDIT, qui compte 10 questions, est utilisé dans le sondage sur la consommation de drogues et la santé des élèves de l'Ontario pour évaluer la consommation problématique d'alcool. On fait le total des scores obtenus et un score-seuil de 8 ou plus sert à définir les consommateurs d'alcool à risque. L'outil CRAFFT compte six questions; on l'utilise aussi dans le sondage sur la consommation de drogues et la santé des élèves de l'Ontario pour évaluer la consommation problématique d'alcool et de drogues au cours des 12 derniers mois. Comme le but est d'évaluer les problèmes liés à la consommation de drogues seulement, toutes les questions ont été modifiées de manière à retirer toute référence à l'alcool et à ne mentionner que la consommation de drogues. Les questions modifiées, contenues dans l'acronyme anglais CRAFFT, sont les suivantes :

Au cours des 12 derniers mois…

  1. avez-vous prix place dans une voiture (Car) conduite par quelqu'un qui était sous l'effet de la drogue (autre que l'alcool)?
  2. avez-vous consommé des drogues pour vous détendre (Relax), vous sentir mieux ou pour faire comme les autres?
  3. avez-vous consommé des drogues lorsque vous étiez seul (Alone)?
  4. avez-vous oublié (Forget) des choses que vous avez faites sous l'effet de la drogue?
  5. votre famille ou vos amis (Friends) vous ont-il demandé de réduire votre consommation de drogues?
  6. vous êtes-vous mis dans une situation délicate (Trouble) sous l'effet de drogues?

Un score de 2 ou plus au questionnaire CRAFFT définit les personnes qui font une consommation problématique de drogues.

Sommaire des variables clés
Variable Catégorie
Sexe Jeune homme, jeune femme
Situation quant à l'itinérance/SAE Pour la majorité des analyses, cette variable compte trois valeurs : pris actuellement en charge par une SAE, sans-abri sans antécédents avec une SAE, sans-abri avec antécédents avec une SAE. Certaines analyses ne concernent que les jeunes sans-abri et, dans ce cas, la variable compte deux valeurs : sans-abri sans antécédents avec une SAE et sans-abri avec antécédents avec une SAE.
Sévices physiques et sexuels La variable sur la maltraitance durant l'enfance compte deux valeurs : (1) a été victime de sévices physiques et/ou sexuels; (0) n'a pas été victime de sévices physiques et/ou sexuels.
Maltraitance durant l'enfance La variable sur la maltraitance durant l'enfance combine sévices physiques et sévices sexuels. La variable compte deux valeurs : a été victime de sévices physiques et/ou sexuels; (0) n'a pas été victime de sévices physiques et/ou sexuels.
Dans la rue Variable à deux valeurs : (0) n'a passé aucune nuit dans la rue au cours des sept derniers jours; (1) a passé au moins une nuit dans la rue au cours des sept derniers jours.
Avec ses parents Variable à deux valeurs : (0) n'a passé aucune nuit chez ses parents au cours des sept derniers jours; (1) a passé au moins une nuit chez ses parents au cours des sept derniers jours.
Sentiment de sécurité dans son lieu de vie actuel Variable continue sur une échelle de 5 points : (1) tout à fait, (2) assez, (3) un peu, (4) pas tellement, (5) pas du tout.
Victime de violence conjugale Variable à deux valeurs : (0) n'a pas été victime de violence conjugale au cours de la dernière année; (1) a été victime de violence conjugale au cours de la dernière année.
Auteur d'actes de violence conjugale Variable à deux valeurs : (0) n'a pas posé d'actes de violence conjugale au cours de la dernière année; (1) a posé des actes de violence conjugale au cours de la dernière année.
Symptômes d'intériorisation Les participants qui atteignent un certain score-seuil relatif aux symptômes d'anxiété et/ou de dépression reçoivent le score (1), et ceux qui ne l'atteignent pas reçoivent le score (0).
Symptômes d'extériorisation Variable fondée sur le fait d'avoir exprimé au moins trois symptômes d'extériorisation : (0) n'atteint pas le score-seuil; (1) atteint le score-seuil.
Tabagisme Variable à deux valeurs fondée sur un seul élément : (0) ne fume pas à l'heure actuelle;
(1) fume à l'heure actuelle.
Consommation d'alcool ou de drogues au cours de la dernière année

Alcool : (0) n'a pas consommé d'alcool au cours de la dernière année; (1) a consommé de l'alcool au cours de la dernière année.

Marijuana : (0) n'a pas consommé de marijuana au cours de la dernière année; (1) a consommé de la marijuana au cours de la dernière année.

Consommation de substances illicites : (0) n'a consommé aucune des substances

suivantes : hallucinogènes, amphétamines, cocaïne, crack ou héroïne au cours de la dernière année; (1) a consommé au moins une des substances suivantes : hallucinogènes, amphétamines, cocaïne, crack ou héroïne au cours de la dernière année. Consommation de substances multiples : (0) n'a pas consommé plus d'un type de substance au cours de la dernière année; (1) a consommé plus d'un type de substance au cours de la dernière année (excluant la cigarette).

Consommation d'alcool ou de drogues au cours du dernier mois

Alcool : (0) n'a pas consommé alcool au cours du dernier mois; (1) a consommé de l'alcool au cours du dernier mois.

Consommation occasionnelle excessive : (0) n'a pas consommé au moins cinq verres en une même occasion au cours du dernier mois; (1) a consommé au moins cinq verres en une même occasion au cours du dernier mois.

Marijuana : (0) n'a pas consommé de marijuana au cours du dernier mois; (1) a consommé de la marijuana au cours du dernier mois.

Consommation de substances illicites : (0) n'a consommé aucune des substances

suivantes : hallucinogènes, amphétamines, cocaïne, crack ou héroïne au cours du dernier mois; (1) a consommé au moins une des substances suivantes : hallucinogènes, amphétamines, cocaïne, crack ou héroïne au cours du dernier mois. Consommation de substances multiples : (0) n'a pas consommé plus d'un type de substance au cours du dernier mois; (1) a consommé plus d'un type de substance au cours du dernier mois (excluant la cigarette).

Consommation problématique de drogues La consommation problématique de drogues a deux valeurs : (0) n'atteint pas le score-seuil de consommation problématique; (1) atteint le score-seuil de consommation problématique. Soulignons que les études YPP et MAP emploient différentes méthodes pour évaluer la consommation problématique de drogues (voir ci-dessus).
Consommation problématique d'alcool La consommation problématique d'alcool a deux valeurs : (0) n'atteint pas le score-seuil de consommation problématique; (1) atteint le score-seuil de consommation problématique. Soulignons que les études YPP et MAP emploient différentes méthodes pour évaluer la consommation problématique d'alcool (voir ci-dessus).
Problèmes concomitants de santé mentale et de consommation d'alcool et de drogues Des variables distinctes ont été définies pour chacune des substances; elles sont fondées sur la consommation actuelle (dernier mois) et sur la présence de symptômes d'intériorisation ou d'extériorisation (ou les deux). Dans toutes les analyses où la présence simultanée de symptômes d'intériorisation et/ou d'extériorisation et de consommation d'alcool et de drogues est une variable dépendante, la substance est précisée. Par exemple, il y a consommation concomitante d'alcool si le participant a consommé de l'alcool au cours du dernier mois et obtenu un score de 1 pour la variable d'intériorisation ou d'extériorisation. Tous les éléments connexes ont deux valeurs : (0) non concomitant; (1) concomitant.

Comme les jeunes sans-abri n'ont pas les mêmes habitudes de consommation d'alcool ou de drogues que les jeunes de la population générale (auxquels s'adressent les outils AUDIT et CRAFFT), la mesure de l'abus de substance dans l'étude YPP est plus rigoureuse. Pour toutes les substances, les participants devaient répondre à six questions évaluant les symptômes d'abus d'alcool ou de drogues ou de dépendance à l'égard de ces substances (p. ex. « During the last 12 months have you tried to cut down on your use? » (Au cours des 12 derniers mois, avez-vous tenté de réduire votre consommation?); « During the past 12 months have you felt you needed larger amounts of the substance to get the same effect? » (Au cours des 12 derniers mois, avez-vous eu l'impression qu'il vous fallait une plus grande quantité de la substance pour obtenir le même effet?). Les participants répondaient par oui ou par non à ces questions concernant les substances suivantes : alcool, marijuana, hallucinogènes, amphétamines, cocaïne, crack et héroïne. Dans le cas de l'alcool, le fait de répondre par oui à l'une ou l'autre des six questions donnait un score de 1, ce qui correspond à une consommation problématique. Dans le cas des autres drogues, le fait de répondre par oui pour au moins une des substances donnait un score de 1, ce qui correspond à une consommation problématique.

Méthode

Étude Youth Pathways Project

À l'aide d'un ensemble normalisé de 168 questions pour les guider, des étudiants diplômés et formés à cet égard ont mené des entrevues en personne auprès de tous les participants. Les entrevues étaient les plus brèves possibles afin de retenir l'attention des participants et par conséquent, de nombreux domaines ont été évalués à l'aide d'une seule question. Les participants ont reçu 20 $ de dédommagement par entrevue et, au besoin, des jetons pour couvrir leurs frais de déplacement, de même que d'autres incitatifs (p. ex. sac-cadeau d'articles de toilette, chèque-cadeau de restaurants d'alimentation rapide). À la fin de l'étude, tous les participants ont reçu les coordonnées de divers services communautaires. Toutes les activités menées dans le cadre de l'étude ont été approuvées sur le plan de l'éthique par les agences participantes et par les comités d'éthique pour la recherche des institutions universitaires.

L'étude YPP portait sur un échantillon de commodité composé de jeunes dont le taux de réponse n'a pas été consigné. Comme nous l'avons déjà mentionné, l'échantillon de jeunes sans-abri se compose de jeunes hommes et de jeunes femmes recrutés directement auprès des services qui œuvrent auprès des jeunes de la rue dans le centre-ville de Toronto. Deux étudiants diplômés ont recruté les participants et ont mené les entrevues soit dans les locaux d'une agence de services pour les jeunes de la rue, soit dans la communauté. Les jeunes placés dans le réseau de protection de l'enfance ont été recrutés auprès de l'agence qui leur dispensait des services au moment de l'étude. Le recrutement des jeunes des SAE a été fait au départ par les gestionnaires de cas; ils ont déterminé quels jeunes avaient l'âge visé par l'étude et leur ont demandé s'ils consentaient à ce qu'un assistant de recherche diplômé communique avec eux. Bien que les responsables de l'étude aient voulu recruter en proportion égale des jeunes placés dans le réseau de protection de l'enfance et des jeunes qui ont recours aux services destinés aux jeunes de la rue, seulement 35 jeunes ont été recrutés auprès des SAE. La moitié environ des participants admissibles ont consenti à participer à l'étude, mais nombre d'entre eux ont refusé de participer lorsque les chercheurs ont communiqué avec eux pour prendre rendez-vous pour l'entrevue, et d'autres ne se sont pas présentés au rendez-vous fixé.

Étude longitudinale Maltreatment and Adolescent Pathways

Nous avons utilisé les données de la troisième année de l'étude longitudinale Maltreatment and Adolescent Pathways (MAP). Chaque jeune a reçu 28 $ pour sa participation, la majorité (90 %) des participants ayant rempli le questionnaire à leur lieu de résidence. À la fin de l'étude, tous les participants ont reçu les coordonnées des services de soutien locaux.

Jusqu'à maintenant, l'étude MAP comporte une évaluation initiale, suivie d'évaluations menées à intervalles de six mois pendant trois ans. Les participants ont été sélectionnés au hasard parmi les cas actifs placés dans le réseau de protection de l'enfance. Au mois de juillet 2010, 561 jeunes avaient consenti à participer à l'évaluation initiale de l'étude MAP (258 avaient refusé). La raison la plus souvent donnée pour justifier le refus est l'absence d'intérêt (n = 196, soit 81,67 % de ceux qui ont décliné l'invitation); les autres raisons comprennent le refus de la part du parent ou du tuteur (5,83 %), le manque de temps (6,67 %) et le fait de ne pas se sentir à l'aise pour participer (3,75 %). Le projet MAP a été approuvé sur le plan éthique par l'Université de Western Ontario, le Centre de toxicomanie et de santé mentale et les comités d'éthique des agences de protection de l'enfance participantes.