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Bulletin électronique du Centre national d'information sur la violence dans la famille : Février 2012

Partage du savoir sur la prévention de la violence familiale

Articles de fond

La victimisation au sein des populations d’immigrants et de minorités visibles

Par Maire Sinha, Centre canadien de la statistique juridique, Statistique Canada


En 2009, l’Enquête sociale générale sur la victimisation (ESG) Lien externe — une enquête auprès des ménages visant à recueillir des données sur l’autosignalement des cas de victimisationNote de bas de page 1 — a révélé qu’au cours des cinq dernières années, les immigrants se sont montrés moins susceptibles que les non-immigrants de signaler eux-mêmes les cas de violence conjugale dont ils ont été victimes (quatre pour cent par rapport à sept pour cent pour les non-immigrants). Pour les besoins de l’enquête, le terme « violence conjugale » a été défini comme un abus commis par un conjoint ou un conjoint de fait actuel ou ancien. Cinq pour cent des minorités visiblesNote de bas de page 2 ont signalé eux-mêmes des cas de sévices physiques ou sexuels commis par leur conjoint au cours des cinq dernières années, ce qui rejoint les six pour cent de minorités non visibles qui sont victimes de violence conjugale.

L’un des aspects de l’ESG qu’il importe de mentionner, c’est que l’enquête n’a été réalisée qu’en français ou en anglais, de telle sorte que certains immigrants n’ont pas été en mesure de participer.

D’autres conclusions de l’ESG 2009 indiquent que le taux de victimisation avec violence chez les minorités visibles était de 63 pour cent inférieur à celui observé chez les minorités non visibles (76 par rapport à 124 pour 100 000 habitants). Les immigrantsNote de bas de page 3 connaissent un taux de victimisation avec violence presque deux fois inférieur à celui observé chez les non-immigrants (62 par rapport à 133 pour 100 000 habitants).


Note de bas de page 1
Comprend toutes les personnes qui vivent dans les provinces canadiennes. Les données provenant des Territoires du Nord-Ouest, du Yukon et du Nunavut ont été recueillies au moyen d’une méthodologie différente et sont par conséquent exclues de cette analyse.

Note de bas de page 2
Comprend des personnes, autres que des Autochtones, qui ne sont pas de race blanche ou qui n’ont pas la peau blanche.

Note de bas de page 3
Comprend toutes les personnes qui ne sont pas nées au Canada et les personnes qui ne sont pas citoyens canadiens de naissance.

Éducation du public concernant la violence faite aux femmes au sein des communautés d’immigrants et de réfugiés de l’Ontario

étudiante prenant des notesPar Delna Karanjia, Direction générale de la condition féminine de l’Ontario

L’initiative Voisin-es, ami-es et familles Lien externe de l’Ontario — une campagne de sensibilisation du public visant à fournir aux proches d’une femme qui risque d’être victime de violence ou d’un homme violent l’information requise pour apporter de l’aide et prévenir d’autres cas de violence — contribue à sensibiliser le public aux signes avertisseurs et aux facteurs de risque de la violence faite aux femmes.

Depuis mars 2011, Voisin-es, ami-es et familles dessert les communautés d’immigrants et de réfugiés, en partenariat avec l’Ontario Council of Agencies Serving Immigrants Lien externe (OCASI) et neuf organismes membres. Ce faisant, elle favorise la compréhension des différences et encourage les discussions sur la violence familiale dans toutes les cultures et communautés.

Les premiers participants à la campagne se sont penchés sur des thèmes comme l’éclatement de la famille, la stigmatisation et le profilage racial accrus à l’endroit de certaines communautés ethnoraciales; le manque de ressources et de services adaptés aux réalités culturelles pour les femmes; et la nécessité de développer une meilleure connaissance du droit canadien.

Près de 30 groupes linguistiques et ethnoculturels en Ontario ont adapté la campagne afin qu’elle reflète leurs propres pratiques culturelles et concepts de la structure familiale. Les leaders de la communauté animent aussi des formations dans leur langue maternelle, ce qui aide les groupes à formuler des messages acceptables et efficaces et à chercher des solutions dans le respect de leur culture.

Pour obtenir d’autres renseignements, veuillez consulter le site www.immigrantandrefugeenff.ca Lien externe.

 

Le mariage forcé

Ombres de trois personnes sur l'herbePar Hoori Hamboyan, avocate, Section de la famille, des enfants et des adolescents, ministère de la Justice
D’après une entrevue réalisée avec Deepa Matto, avocate pour la South Asian Legal Clinic of Ontario (SALCO)

La South Asian Legal Clinic of Ontario Lien externe (SALCO), dont les avocats défendent les intérêts de ceux qui souhaitent preévenir ou mettre fin à un mariage forcé, a créé « The Right to Choose », une trousse pour sensibiliser le public au fait que le mariage forcé constitue une violation des droits de la personne.

Il ne faut pas confondre le mariage forcé avec le mariage arrangé. Dans le cas du mariage arrangé, les deux parties consentent entièrement et librement à se marier, alors que dans le cas du mariage forcé, l’un des deux conjoints n’est pas consentant. Les gens qui ont vécu des mariages forcés proviennent de tous les horizons culturels. Au Canada, les mariages forcés sont parfois organisés dans des communautés de nouveaux arrivants qui craignent l’érosion de leur identité ethnique.

Le mariage forcé constitue une forme de violence familiale. Il peut arriver par exemple qu’une jeune fille soit amenée par ses parents dans son pays d’origine pour de présumées vacances en famille et découvre une fois à destination qu’on lui a choisi un époux et que son mariage aura lieu sous peu. Si elle se montre réfractaire à l’idée du mariage, les membres de sa famille pourraient recourir à la violence physique, sexuelle ou psychologique, voire à la séquestration. Les gens qui sont forcés de se marier sont souvent victimes de violence continue, entre autres d'agressions sexuelles, tout au long de la période de vie commune avec l’époux.

Tous les Canadiens doivent savoir que le mariage forcé constitue une forme de violence familiale et qu’il est par conséquent illégal. Pour obtenir d’autres renseignements sur le mariage forcé ou la trousse de la SALCO, veuillez consulter le site http://www.forcedmarriages.ca Lien externe.

Aborder la question de la violence familiale dans les services d’établissement offerts aux nouveaux arrivants au Canada

Deux fleurs séchés casséesPar Citoyenneté et Immigration Canada

Le Programme d’établissement de Citoyenneté et Immigration Canada Lien externe, lequel aide les résidents permanents à s’établir et à s’intégrer harmonieusement à la vie au Canada, comprend plusieurs volets qui abordent la question de la violence familiale.

Le volet Services d’information et de sensibilisation du Programme comprend des séances d’orientation et des publications portant sur la violence familiale ainsi que sur les droits des femmes et des enfants, particulièrement en ce qui a trait au droit canadien et aux services juridiques/policiers. Il fournit aussi aux immigrants des renseignements avant et après l’arrivée, notamment des renseignements sur la vie au Canada, les droits et les responsabilités ainsi que les services de santé.

Dans le cadre des volets évaluation des besoins et aiguillage et Services de soutien, le Programme d’établissement aide les victimes de violence familiale à accéder aux services de consultation et de soins offerts dans la communauté.

Les cours offerts dans le Programme Cours de langue pour les immigrants au Canada Lien externe (CLIC) portent entre autres sur des sujets touchant la violence familiale, comme les différences culturelles sur la violence conjugale, la discipline des enfants et la violence faite aux aînés. Il s’agit d’un élément du volet plus général intitulé Perfectionnement des connaissances linguistiques et des compétences, lequel comprend des cours de langue, d’alphabétisation et de calcul, des cercles d’apprentissage linguistique et des cours d’apprentissage de l’autonomie fonctionnelle.

Pour obtenir plus de renseignements sur le Programme d’établissement, veuillez consulter le site suivant : http://www.cic.gc.ca/francais/nouveaux/avant-etablissement.asp Lien externe.

Services d’information à l’intention des nouveaux arrivants qui ont été victimes d'un crime

Deux femmes discutentPar Sylvianne Lamothe, Services aux victimes, Service correctionnel du Canada

Les immigrants au Canada proviennent d’horizons culturels variés et leurs expériences sont diverses. Certains arrivent de pays où les services policiers et correctionnels et le système judiciaire sont perçus de façon négative. Ainsi, les gens qui sont victimes d’un crime dans ces pays se sentent démunis et isolés. Ils peuvent aussi hésiter à demander de l’aide. Le Service correctionnel du Canada Lien externe (SCC) offre des services confidentiels aux résidents canadiens ayant été victime d’un délinquant sous responsabilité fédérale, les traitant avec équité et respect.

Le Programme national des services aux victimes du SCC aide les victimes de crimes à comprendre le processus correctionnel, contribue à leur sécurité et à leur bien-être, et les aide dans leur processus de guérison. Les victimes d’un crime peuvent accéder à de l’information sur le délinquant qui leur a causé préjudice, à condition que le délinquant purge une peine fédérale d’au moins deux ans. Le programme compte du personnel se consacrant exclusivement à la communication de cette information, qui reçoit les déclarations des victimes, les aiguille vers d’autres services et leur donne de l’information sur le système correctionnel.

Le SCC s’engage également à s’assurer que les victimes d’un crime peuvent être entendues dans les systèmes fédéraux correctionnels et de justice pénale. à cette fin, les victimes peuvent communiquer de l’information importante et pertinente au SCC concernant un délinquant, ainsi que toute préoccupation en matière de sécurité. Cette information aide le SCC à déterminer et à décider s’il y a lieu d’accorder des permissions de sortie ou un placement à l’extérieur, ainsi qu’à définir et à choisir les programmes dont a besoin le délinquant, le niveau de risque et le niveau de sécurité.

Pour en savoir davantage, communiquez avec les Services aux victimes du SCC en composant sans frais le 1-866-806-2275 ou en visitant le site www.csc-scc.gc.ca/victims-victimes Lien externe.