En date du 05 mars 2008, 1 284 cas confirmés d'oreillons avaient été signalés par dix des 13 provinces et territoires en 2007. (tableau 1 et figure 1) Les cas confirmés sont soit des cas confirmés en laboratoire OU des cas cliniquement compatibles et liés à un cas confirmé en laboratoire. Des éclosions sont toujours en cours et sont surtout concentrées dans les Maritimes et dans la province de l'Alberta. En outre, on a observé une recrudescence de l'activité du virus des oreillons dans plusieurs provinces en 2007.
Tableau 1 : Distribution géographique et selon le sexe des cas confirmés* d'oreillons signalés au Canada
Année-épi 2007 (Début de symptômes entre le 31 décembre 2006-29 décembre 2007) N=1 284
| Province/territoire | Nbre de cas | % d'hommes |
| Nouvelle-Écosse | 777 | 49 |
| Alberta | 258 | 58 |
| Nouveau-Brunswick | 124 | 57 |
| Ontario | 48 | 33 |
| Colombie-Britannique | 25 | 44 |
| Québec | 20 | 55 |
| Île-du-Prince-Édouard | 13 | 73 |
| Terre-Neuve-Labrador | 10 | 40 |
| Manitoba | 7 | 57 |
| Saskatchewan | 2 | 50 |
| Nunavut | 0 | 0 |
| Territoires du Nord‑Ouest | 0 | 0 |
| Yukon | 0 | 0 |
| Total national | 1 284 | 51 |
*Les cas confirmés sont soit des cas confirmés en laboratoire OU des cas cliniquement compatibles et liés à un cas confirmé en laboratoire en date du 05 mars 2008
Figure 1 : Cas confirmés* d'oreillons au Canada
Année-épi 2007 (Début de symptômes entre le 31 décembre 2006 et le 29 décembre 2007) n=1 219**

On présume que la plupart des personnes nées avant 1970 (âgées d'environ 40 ans) sont immunisées contre les oreillons, car elles ont probablement été exposées naturellement au virus des oreillons avant que la vaccination n'ait radicalement réduit le nombre de virus des oreillons en circulation. La plupart des personnes nées entre 1990 et 1994 (âgées de 12 à 17 ans selon la province ou le territoire de résidence) se sont vu offerts le vaccin de 2 doses contre les oreillons suite à l'introduction de la deuxième dose du vaccin contre la rougeole, la rubéole et les oreillons (RRO) pour le contrôle de la rougeole dans la plupart des provinces et territoires en 1996-1997. Il reste donc une cohorte réceptive de personnes nées entre 1970 jusqu'à 1990 (de façons moindre jusqu'en 1994) qui n'étaient admissible qu'à une seule dose du vaccin contre les oreillons et qui ne seraient pas censée avoir acquis une immunité naturelle. (figure 2) Il importe de noter qu'on ne sait pas avec certitude à quel âge on peut présumer qu'une immunité naturelle à l'égard des oreillons a été acquise et on ignore si certaines personnes nées avant 1970 peuvent toujours être réceptives aux oreillons.

La majorité des cas (58%) signalés en 2007 se sont manifestés chez les personnes âgées entre 20 et 29 ans. (figure 3) Parmi les cas pour lesquels on disposait de l'information (n=594), 50% étaient des étudiants de niveau postsecondaire. Il existe plusieurs facteurs à la raison pour laquelle les personnes en âge de fréquenter le collège ou l'université sont particulièrement réceptives. Ces personnes sont soit trop jeunes pour avoir acquise une immunité naturelle ou trop vieilles pour le vaccin RRO courant de 2 doses. La période infectieuses des oreillons est plutôt longue (jusqu'à 16 jours), une période d'incubations de 14 à 25 jours et jusqu'à 20% des cas infectieux ne démontrent pas de signes ou de symptômes. Par ailleurs, la grande mobilité et sociabilité de ce groupe d'âge semblent faciliter la transmission de la maladie et gêner les mesures de contrôle. Ce groupe d'âge a tendance à ne pas respecter les demandes d'isolement et il ne participe généralement pas lorsque le vaccin est offert. De plus, les étudiants de niveau postsecondaire partagent souvent leur logement avec d'autres, bon nombre d'entre eux participent à des sports de compétition, ils fréquentent des bars, des brasseries ou boîtes de nuit et ils voyagent durant les vacances et les relâches scolaires. Il ne serait pas étonnant de retrouver d'autres cas dans ce groupe démographique et peut‑être dans d'autres juridictions.

* N'inclut que les cas confirmés d'oreillons dont l'âge a été signalé (un cas confirmé est soit un cas confirmé en laboratoire OU un cas cliniquement compatible et lié à un cas confirmé en laboratoire) en date du 05 mars 2008
Parmi les cas d'oreillons signalés en 2007 dont on connaissait les antécédents de vaccination (n=586), 8% (45) avaient reçu 2 doses ou plus du vaccin contre les oreillons, 73% (430) avaient reçu une seule dose et 19% (111) n'avaient reçu aucune dose.
Les données sur les hospitalisations pour les oreillons et les complications sont incomplètes. Des complications ont été signalées dans environ 8% des cas en 2007. On a fait état de cas d'orchite (76), d'ovarite (9), de perte auditive (8), de mastite (3), de méningite (1), d'encéphalite (1), de pancréatite (1) et de néphrite (1). Moins de 2% des cas d'oreillons ont été associés à des consultations au service des urgences d'un hôpital, à une observation jusqu'au lendemain ou une admission à l'hôpital.
Les oreillons demeurent endémiques dans bien des pays du monde. Le vaccin contre les oreillons est utilisé dans seulement 57% des pays membres de l'Organisation mondiale de la santé, qui sont pour la plupart économiquement plus développés.
L'Agence de la santé publique du Canada encourage les parents, les tuteurs et les adultes à maintenir à jour leur immunisation et celle de leurs enfants.
Le Comité consultatif national de l'immunisation (CCNI) donne à l'Agence de la santé publique du Canada des conseils constants et à jour liés à l'immunisation dans les domaines de la médecine, des sciences et de la santé publique. La mise à jour de la recommandation a été publiée en août 2007. Le CCNI recommande actuellement l'administration de deux doses du vaccin contre la rougeole, la rubéole et les oreillons (RRO) aux nourrissons et aux enfants. Il recommande également d'administrer une seconde dose du RRO à certains adultes à haut risque nés en 1970 ou après qui n'ont pas reçu deux doses du vaccin et sont peut‑être réceptifs au virus des oreillons. Citons entre autres les étudiants des niveaux secondaire et postsecondaire et les travailleurs de la santé. Toutes les lignes directrices du CCNI sont affichées à l'adresse suivante : www.naci.gc.ca/naci-ccni/index-fra.php.
Chaque province et chaque territoire implémentent des programmes d'immunisation de son côté en fonction des besoins locaux et de ses mécanismes de prise de décisions. Selon l'Enquête nationale sur la vaccination (ENV) de 2004, 94% des enfants canadiens avaient reçu une seule dose du vaccin RRO à leur deuxième anniversaire ou avant. On a estimé que le taux de couverture pour la deuxième dose du RRO avant l'âge de 7 ans était de 79%. D'autres résultats de l'Enquête nationale sur la vaccination sont présentés dans le Rapport national sur l'immunisation au Canada. L'augmentation des cas d'oreillons et les éclosions récentes au Canada ont incité la mise en place d'activités ciblées d'immunisation dans plusieurs provinces et territoires. (tableau 2)
Le 11 décembre 2007, Santé Canada
a recommandé aux autorités sanitaires provinciales et territoriales de ne pas utiliser trois lots du vaccin contre la rougeole, la rubéole et les oreillons (RRO) pendant que le Ministère enquête sur six cas suspects d'anaphylaxie chez des patients de l'Alberta. Toutes les réactions anaphylactiques étaient associées au même numéro de lot et ont été observées chez des jeunes adultes qui avaient des antécédents d'allergie. Tous les cas se sont rétablis après un traitement. Les vaccinations avaient été effectuées durant une campagne de rattrapage destinée aux jeunes adultes et lancée à la suite d'une éclosion d'oreillons. Les résultats de l'examen ne permettent pas d'établir un lien entre ce lot du vaccin et les effets indésirables survenus en Alberta. Les suspensions de l'utilisation de ces lots sont levées, et les provinces et territoires peuvent donc s'en servir pour vacciner les adultes et les enfants
.
Tableau 2 : Recommandations provinciales/territoriales relatives à la vaccination contre les oreillons, 2007
| Colombie-Britannique | Conseiller aux étudiants de niveau postsecondaire qui fréquentent des écoles en Nouvelle‑Écosse ou au Nouveau‑Brunswick de s'assurer que leur vaccination est à jour. |
| Alberta | Immuniser les étudiants de niveau postsecondaire et toutes les personnes de 17 à 26 ans |
| Saskatchewan | Immuniser les élèves de 12e année à compter de 2007‑2008. Conseiller aux étudiants de niveau postsecondaire qui fréquentent des collèges ou des universités en Nouvelle‑Écosse, au Nouveau‑Brunswick ou en Alberta de s'assurer que leur vaccination est à jour. |
| Manitoba | Aucune recommandation ni aucun avis additionnels. |
| Ontario | Conseiller aux élèves qui fréquentent une école en Nouvelle‑Écosse et au Nouveau‑Brunswick et ceux qui voyagent dans ces provinces de s'assurer que leur immunisation est à jour. |
| Québec | Aucune recommandation ni aucun avis additionnels. |
| Nouveau-Brunswick | Immuniser les élèves de 12e année à compter de 2007 (pendant une période de six ans). Les travailleurs de la santé nés en 1970 ou après qui ne peuvent prouver avoir reçu 2 doses du vaccin RRO ou qui ne peuvent fournir la preuve de leur immunité seront invités à recevoir une dose à compter de 2007 (pendant une période d'un an). |
| Nouvelle-Écosse | À compter de 2007‑2008, immuniser les étudiants de niveau postsecondaire et les élèves de 11e et de 12e année qui n'ont pas déjà reçu deux doses. |
| Île-du-Prince-Édouard | À compter de 2007, immuniser les étudiants de niveau postsecondaire ainsi que le corps enseignant et les membres du personnel nés après 1970 qui n'ont pas reçu 2 doses du vaccin RRO. |
| Terre-Neuve-Labrador | Aucune recommandation ni aucun avis additionnels. |
| Territoires du Nord‑Ouest | Aucune recommandation ni aucun avis additionnels. |
| Yukon | Immuniser les personnes nées après 1970 qui ne peuvent prouver avoir reçu une dose du RRO et qui ne se souviennent pas d'avoir eu les oreillons, de même que celles qui ont des documents prouvant qu'elles n'ont reçu qu'une dose du RRO. |
| Nunavut | Immuniser les élèves de 12e année à compter de 2007‑2008. |
Source : L'information contenue dans ce tableau a été fournie par les provinces et les territoires par le biais du Comité canadien d'immunisation (novembre 2007) et d'articles récents affichés sur le Web (les liens Web sont fournis, si possible). Les lecteurs devraient consulter leurs services de santé locaux ou leur ministère provincial ou territorial de la Santé pour obtenir des détails sur les programmes et calendriers d'immunisation.
Les diagnostics laboratoires et cliniques des oreillons peuvent être difficiles. La collecte et le transport convenable des échantillons de même que les épreuves laboratoires appropriées et l'interprétation prudente des résultats sont importants. En 2007, le Laboratoire national de microbiologie de l'Agence de la santé publique du Canada a effectué la révision des lignes directrices laboratoires pour le diagnostic des oreillons. Ces lignes directrices sont disponibles sur le site Web de l'Agence de la santé publique du Canada (http://www.nml-lnm.gc.ca/francais/oreillons.htm)
Il est utile d'identifier les souches virales afin de distinguer les souches vaccinales des souches de type sauvage, établir des liens entre les cas et entre les éclosions, retracer les cas importés et documenter l'élimination d'une souche particulière dans une zone géographique. La souche virale responsable des deux éclosions canadiennes en 2007 (Maritimes et Alberta) est identique à la souche (génotype G) détectée lors des éclosions de 2005‑2006 en Nouvelle‑Écosse, de l'éclosion qui a sévi dans plusieurs États des États‑Unis en 2006 et de l'épidémie survenue au Royaume-Uni (2004‑2006). Durant l'éclosion américaine, plus de 2 500 cas ont été signalés dans au moins 13 États. Plusieurs campus universitaires et collégiaux ont été touchés et l'âge médian des cas était de 21 ans. Au Royaume-Uni, plus de 50 000 cas ont été répertoriés au sommet de l'épidémie, la majorité d'entre eux étant âgés entre 15 et 24 ans.
Le génotype G n'est pas inhabituel ni rare et, tout comme le reste des génotypes connus du virus des oreillons, il circule dans le monde depuis des décennies, voire plus longtemps. Il existe plusieurs souches du virus des oreillons et il a été mis en évidence que l'immunité induite par une souche virale protège contre toutes les autres souches.10 Cependant, certaines évidences suggèrent que la réponse immunitaire dirigée contre un certain génotype des oreillons peut ne pas fournir une protection absolue contre une infection causée par d'autres génotypes du virus des oreillons.11,12
Le Laboratoire national de microbiologie offre les services de détection, d'isolation et de génotypage du virus des oreillons.
On demande aux personnes atteintes de s'auto-isoler durant une période de 9 jours après l'apparition des symptômes. On évalue et met à jour le statut vaccinal des proches (c-à-d les contacts du ménage et les contacts intimes/échange de salive) afin qu'ils reçoivent deux doses de RRO. Des lignes directrices ont été mises en place pour les travailleurs de la santé qui sont atteints par la maladie ou qui sont des proches de personnes atteintes.
On encourage les dispensateurs de soins de santé publique et de soins primaires à consulter leur service local ou leur ministère provincial/territorial de la santé pour obtenir des recommandations précises sur les mesures pouvant être exigées par celui-ci.
Toutes les provinces et tous les territoires ont été informés de la situation épidémiologique et des stratégies de gestion de la santé publique dans les provinces touchées. On encourage, à la lumière de ce fait, toutes les juridictions à continuer de surveiller l'activité des oreillons dans leur région et de signaler tout changement et (ou) tout cas à l'Agence de la santé publique du Canada, en particulier dans les provinces et territoires qui ne sont pas présentement touchés par les éclosions en cours.
L'Agence de la santé publique du Canada de même que les provinces et les territoires sont à élaborer des lignes directrices pour la prévention et le contrôle des éclosions. Ce groupe se sert des expériences et de l'expertise canadienne de même que celles d'autres pays.
Plusieurs provinces, territoires et certains établissements d'enseignement postsecondaire encouragent les étudiants à vérifier si leur vaccination est à jour (le lecteur devra se référer aux liens spécifiques des sites provinciaux/territoriaux de santé publique et des établissements d'enseignement).
L'Agence de la santé publique du Canada continuera de fournir des mises à jour sur l'éclosion actuelle d'oreillons. L'Agence surveille cette éclosion de concert avec les provinces touchées, fournissant des conseils techniques et collaborant aux épreuves en laboratoire touchant les échantillons cliniques au Laboratoire national de microbiologie. L'Agence de la santé publique du Canada soutient les stratégies d'intervention provinciales contre l'éclosion, qui comprennent l'isolement recommandé des cas et la vaccination ciblée des proches et les cohortes sensibles.
L'Agence de la santé publique du Canada recommande aux juridictions qui connaissent des éclosions d'envisager offrir une dose additionnelle du vaccin RRO dans les lieux où se manifestent les éclosions. Certaines juridictions encouragent et offrent le vaccin RRO aux travailleurs de la santé ainsi qu'aux étudiants d'études supérieures. Dans d'autres juridictions, des discussions sont en cours concernant une stratégie d'immunisation étendue qui ciblerait les cohortes sensibles. Les lecteurs devront se référer à leur ministère de la santé local ou provincial/territorial afin de connaître les recommandations précises.
L'Agence de la santé publique du Canada encourage les parents, les tuteurs et les adultes à maintenir à jour leur immunisation et celle de leurs enfants; elle incite également les personnes vulnérables à se faire vacciner en conformité avec les lignes directrices du Comité consultatif national de l'immunisation (CCNI). On peut consulter toutes les lignes directrices au www.ccni.gc.ca. Le CCNI recommande actuellement une seconde dose du vaccin contre la rougeole, la rubéole et les oreillons (RRO) pour certains adultes nés après 1970. Cela inclut les étudiants de niveau postsecondaire et les travailleurs de la santé.]