Prochaine | Précédente | Table des matières
Bien des familles de sujets atteints de schizophrénie affirment que lorsque leur parent était sorti de l'hôpital, elles avaient espéré que le pire était passé et qu'il était en bonne voie de guérison. Elles avaient pensé qu'avec une thérapie et des médicaments appropriés, l'état de santé du sujet irait en s'améliorant jusqu'à la « guérison ». Or, à leur grand étonnement, beaucoup ont constaté qu'elles étaient maintenant confrontées à de nouveaux problèmes. Les familles qui ont vécu ce genre de situation estiment qu'il est préférable d'être préparé à y faire face.
Il s'agit là d'un des problèmes qui occasionne le plus de frustrations. Il peut être difficile de comprendre pourquoi quelqu'un atteint de schizophrénie refuserait de prendre ses médicaments alors que la nécessité de le faire apparaît comme une évidence pour les autres. Il y aurait essentiellement cinq raisons qui expliqueraient qu'une personne rejette ses médicaments.
Les personnes qui souffrent de schizophrénie doivent prendre des médicaments prescrits par le médecin. Voici une liste d'idées et de conseils qui vous aideront à faire face à ce difficile problème :
Lorsqu'il s'agit de schizophrénie, une récidive désigne un retour des symptômes aigus. Comme l'indiquent Jeffries, Plummer, Seeman et Thornton : « La schizophrénie est essentiellement une affection récurrente, aussi doit-on s'attendre à un retour des symptômes et ne pas être pris au dépourvu. » (Vivre et travailler avec la schizophrénie)
D'après les familles qui connaissent déjà le problème, les comportements révélateurs d'une récidive sont généralement les mêmes que ceux qui ont précédé le premier épisode. Voici quelques-uns des signes les plus courants : la somnolence, un repli sur soi accru, une détérioration de l'hygiène personnelle, des troubles de la pensée et de l'élocution, des signes d'hallucinations visuelles et auditives (par d'exemple, une tendance excessive à écouter de la musique forte, généralement avec des écouteurs, sans doute dans le but de noyer les voix). Si vous observez chez le sujet l'un ou l'autre de ces comportements, appelez sans tarder son médecin.
Une récidive peut se produire aussi bien pour un certain nombre de raisons que sans raison apparente. Dans certains cas, des symptômes aigus réapparaissent après que le sujet a cessé de prendre des médicaments pendant une période assez longue. Parfois, la dose de médicaments n'est pas suffisamment forte pour empêcher une récidive. Il peut aussi arriver que la personne ne reçoive pas assez de soutien, soit de sa famille, soit des services communautaires. Ou encore, il est possible qu'elle ait vécu récemment un stress mental aigu tel que le décès d'un être cher, la perte d'un emploi ou un déménagement. Autre possibilité, le sujet est tout simplement physiquement épuisé, ou consomme de l'alcool ou de la drogue dans l'espoir d'y trouver un « réconfort » momentané. Parfois aussi, le phénomène est causé par un facteur auquel il est assez facile de remédier. Par exemple, il est possible d'augmenter la dose de médicaments, de prévoir un bref séjour à l'hôpital ou d'obtenir un soutien accru.
Les professionnels de la santé mettent en garde contre les risques de récidive au cours d'une période dite d'« autogestion de la santé », phénomène que l'on retrouve également dans d'autres maladies comme le diabète et l'arthrite. De manière générale, l'individu manifeste ce désir d'autonomie de trois à cinq ans après que le diagnostic de schizophrénie a été posé, car c'est à ce moment-là que, fatigué de la maladie, il décide de se prendre en main. Il peut alors choisir de ne plus prendre de médicaments ou d'adhérer à un groupe religieux. Il peut aussi vouloir essayer d'« exorciser » la maladie en la chassant de son corps par des exercices violents. Ou encore, il peut consommer de grandes quantités de vitamines ou de produits d'herboristerie, etc.
La récidive est une expérience très décevante, mais comme le souligne une mère : « Il n'y a pas de différence énorme entre les personnes atteintes de schizophrénie et celles qui souffrent de n'importe quelle autre maladie, surtout lorsqu'on a affaire à des jeunes. Elles refusent de se laver ou de s'alimenter sainement; elles oublient de prendre leurs médicaments; elles ne respectent pas toujours leurs rendez-vous chez le médecin; elles ont du mal à accepter les conseils. »
Bien des familles ont constaté qu'il est possible de s'entendre avec la personne, lorsqu'elle est bien portante, au sujet de l'attitude à adopter en cas de récidive. La question doit être abordée avec le sujet et son médecin. Ainsi, des parents ont bien fait comprendre à leur fils, qui s'était montré extrêmement agressif au début, que si jamais il menaçait d'être violent, ou s'il causait de nouveaux dégâts, il serait tenu de quitter la maison. Il se rendrait à l'hôpital en taxi, accompagné de policiers ou de ses parents, mais il ne serait plus autorisé à demeurer dans la maison familiale. Ils lui ont dit que parce qu'il était majeur, ils le poursuivraient pour intrusion dans une propriété privée, et qu'ils feraient venir les policiers s'il ne respectait pas l'entente.
D'autres familles, qui avaient affaire à quelqu'un de moins agressif, ont constaté qu'il suffisait de lui dire qu'il pouvait continuer de vivre dans la maison familiale à condition de consentir à consulter un professionnel de la santé en cas de récidive.
Là encore, les familles ont souligné que le fait d'être au courant de l'évolution de la maladie de la personne est primordial si l'on veut prendre les mesures nécessaires afin d'éviter une récidive. Bien des gens qui souffrent de schizophrénie, et qui ont réussi à vivre avec cette affection, ont appris à être à l'affût des signes de récidive et à appeler leur médecin. Certains ont même pris l'habitude de téléphoner à la police lorsqu'ils ont l'impression de ne plus être maîtres d'eux-mêmes. Pourquoi ne pas discuter avec la personne de l'opportunité de dresser une liste de « signes de récidive » et une liste de « stratégies », comme le font certains pour surmonter une période difficile.
Il y aurait deux façons de réagir face aux comportements gênants : déterminer très clairement avec l'intéressé quels sont les comportements qui seront ou qui ne seront pas tolérés et analyser notre propre attitude afin de trouver pourquoi la situation nous gêne.
Certaines familles ont remarqué qu'il est parfois beaucoup plus facile qu'on ne le croit d'arriver à s'entendre sur les comportements. Voici à cet égard le témoignage d'une femme : « Lorsqu'il était question du comportement de ma fille, j'avais tendance à vouloir trouver à tout prix la façon « juste » d'aborder le problème. Je voulais corriger la situation en évitant de heurter ses sentiments. C'est pourquoi il m'arrivait de ne rien faire, puisque j'étais incapable de décider de la démarche à adopter. Par exemple, mon fils m'a fait savoir un jour que lorsqu'il recevait ses amis à la maison, sa sur se joignait au groupe et avait une façon d'agir qui le gênait. Il m'a prié d'intervenir. J'ai mis des jours à tenter de trouver une solution intelligente et judicieuse. Si bien qu'un jour, mon fils m'a appris qu'il avait lui-même réglé le problème. Il avait tout simplement dit à sa sur que lorsqu'il avait des amis à la maison, il souhaitait être seul avec eux. Mon fils a eu une réaction directe et franche, et sa sur n'en a pas été blessée. »
Beaucoup de familles conviennent que l'approche directe peut parfois donner de bons résultats. Il leur est arrivé d'obtenir des changements de comportement par des propos tels que : « Arrête de faire ça », ou « Débarrasse-toi de cette habitude », ou encore « Tu ne devrais pas agir ainsi ». Elles sont d'avis que vous devez vous rendre compte que la personne n'est pas toujours consciente d'avoir un comportement inadéquat et que, dans ce cas, un simple rappel suffira. Par exemple : « Tu serais gentil de ne pas fumer ici. Mme Leblanc souffre d'asthme. »
Certaines familles en arrivent à « négocier » des comportements acceptables, mais elles devraient bien évaluer les risques avant de le faire : « Si tu fais (ou si tu ne fais pas) telle chose, on t'invitera au restaurant ou on t'achètera tel nouveau disque ou on t'emmènera en ballade », etc. Là encore, les résultats que vous obtiendrez dépendront d'une appréciation réaliste et d'une acceptation du problème. N'oubliez pas que certains comportements sont plus longs que d'autres à corriger et qu'il faut faire preuve de beaucoup de patience.
Il arrive que quoi qu'on fasse, le comportement gênant se reproduise au moment où on s'y attend le moins. Le cas échéant, les familles qui sont déjà passées par là sont d'avis que vous devez alors remettre en question votre propre attitude. Autrement dit, pourquoi éprouvez-vous de la gêne pour le comportement de quelqu'un que vous savez être atteint d'une affection qui altère ses fonctions cérébrales? La réponse, bien entendu, est que, comme c'est le cas avec n'importe quel comportement gênant, nous avons tendance à penser que tous les regards sont braqués sur nous, et nous craignons que les gens pensent que le problème vient de nous, et non pas de l'auteur du comportement en question. Et la remarque est vraie, que la personne soit un conjoint qui a pris un verre de trop au cours d'une soirée, ou un enfant de deux ans qui pique une crise, ou encore, un adolescent schizophrène qui danse nu sur la pelouse. Le problème est que lorsque nous nous laissons atteindre dans notre propre estime en raison du comportement de quelqu'un d'autre, nous n'arrivons plus à bien réagir face à ce comportement. À cela s'ajoute parfois une crainte véritable que la personne perde l'estime des autres - « Voilà que Paul rate sa chance de se faire des amis. »
Les familles qui ont eu à faire face à ce type de problème considèrent que, si besoin était, elles seraient maintenant capables de venir en aide à la personne malade sans pour autant se sentir responsables des comportements gênants qu'elle pourrait avoir. Elles ont changé leur perception des choses et se rendent compte que c'est « l'observateur » qui peut avoir un problème d'attitude. Maintenant, il leur arrive souvent de ressentir de la tristesse, plutôt que de la gêne, à voir la personne malade se débattre pour s'adapter au monde de la « normalité ». Selon elles, il ne faudrait pas perdre de vue que si le membre de la famille qui souffre le plus n'est pas la personne malade, il y a quelque chose qui ne tourne pas rond, et l'intéressé devrait consulter un professionnel de la santé.
Voici quelques conseils pratiques qui devraient vous aider à réagir aux comportements soudains ou impulsifs de votre parent atteint de schizophrénie
Il peut s'agir là d'un problème difficile pour les familles. Souvent, la personne atteinte de schizophrénie décide que, pour une raison ou une autre, un changement de lieu apportera une réponse aux problèmes que lui a occasionnés la maladie. Il peut aussi arriver que l'ordre de partir lui soit dicté par des « voix ». C'est ainsi qu'un beau jour, elle disparaît tout simplement. Si elle est mineure, la famille devrait contacter le bureau des personnes disparues du service de police local, lequel essaiera alors de la retracer. N'oubliez pas que si l'intéressé est majeur, les policiers ne seront peut-être pas habilités à le faire réintégrer la demeure familiale ou à vous informer de ses faits et gestes ou du lieu où il se trouve.
Il se peut que la personne quitte l'hôpital avant la fin de son traitement. Si elle a été en cure forcée, l'établissement a l'obligation de signaler à la police sa disparition, de lui demander de la rechercher et de la ramener à l'hôpital. Dans certaines régions, si la police n'a pas été en mesure de retracer au bout d'un certain temps un malade en cure forcée qui a disparu, l'hôpital a le droit de lui donner son congé.
Un malade hospitalisé de son plein gré, qui a atteint la majorité, a le droit de quitter l'établissement de son propre chef, à n'importe quel moment. Le médecin traitant (ou les médecins traitants, si deux signatures sont nécessaires) peut décider de changer le statut de la personne et déclarer qu'elle est en cure forcée, si son état de santé est assez grave pour justifier une telle intervention. Dans pareil cas, elle ne sera pas autorisée à prendre d'elle-même congé de l'établissement. Cette option est également offerte aux médecins traitants si la personne a tout simplement quitté l'hôpital sans avertir qui que ce soit. Les responsables de l'établissement peuvent alors demander à la police de rechercher la personne.
Dans bien des cas, la famille peut tout simplement attendre que l'intéressé se manifeste quelque part. En effet, il peut arriver qu'il soit appréhendé pour vagabondage, qu'il frappe à la porte d'un centre d'hébergement ou qu'il soit conduit à un hôpital. Le cas échéant (à moins que la police soit intervenue), vous pouvez faire en sorte que la personne revienne à la maison ou envisager d'autres solutions - par exemple, si elle suivait une cure au moment où on l'a retracée et que celle-ci semble donner de bons résultats, il peut être souhaitable de la laisser poursuivre le traitement jusqu'au bout.
Conseils pratiques
Lorsqu'il est question de schizophrénie, la crainte d'une possibilité de suicide est omniprésente. La maladie comporte des symptômes de dépression, des idées délirantes et parfois des hallucinations où des voix ordonnent à la personne de tenter de se suicider. Le sujet a tendance à agir de manière impulsive. Selon M. Torrey, environ 10 p. 100 de tous les patients qui souffrent de schizophrénie finissent par se suicider (Surviving Schizophrenia, édition révisée, p. 123). Comme c'est le cas dans la population générale, il y a une nette prépondérance du sexe masculin pour les suicides réussis et du sexe féminin pour les tentatives de suicide. Les cas de suicide sont plus fréquents au cours des cinq premières années de la maladie. Par la suite, les risques diminuent considérablement. Selon Torrey : « Les sujets à risque élevé présentent le profil suivant : rémission suivie d'une récidive, grande lucidité face à la maladie, mauvaise réaction aux médicaments, isolement social, pessimisme face à l'avenir et décalage énorme entre les réalisations antérieures et le niveau de fonctionnement actuel ». (Surviving Schizophrenia, édition révisée, p. 124).
Le suicide est dans certains cas un geste méthodiquement planifié et délibérément commis. Mais il arrive aussi qu'il soit accidentel, en ce sens qu'il est le résultat d'un passage à l'acte lors d'une hallucination ou d'une idée délirante vécue en phase psychotique. Dans les deux cas, il existe certaines mesures préventives que vous pouvez prendre, bien qu'il ne soit pas possible d'écarter complètement la possibilité d'un geste suicidaire.
Voici une liste de comportements qui peuvent constituer des indices d'un risque suicidaire :
Toute évocation de suicide ou tout comportement d'autodestruction doivent être pris au sérieux. Il n'est pas vrai que quelqu'un qui parle de suicide passe rarement à l'acte. Si la personne commence à verbaliser des idées de suicide ou à se livrer à des actes d'automutilation, aussi bénins soient-ils, il est vital que vous consultiez sur-le-champ son thérapeute. Si vous n'arrivez pas à le joindre, emmenez la personne à l'hôpital où elle a déjà reçu des soins ou encore au service d'urgence le plus proche. Dans bien des collectivités, il existe aussi un service téléphonique d'urgence pour les cas de suicide.
Si la personne fait une tentative de suicide, et si vous êtes celui qui la découvre après ce geste :
Après un suicide, il est fréquent que les membres de la famille cessent d'assister aux réunions du groupe de soutien auquel ils appartiennent. Les parents des victimes estiment que leur présence est trop pesante pour les autres membres du groupe. Or, les familles qui font partie de ce genre d'associations insistent fortement sur la nécessité pour ces personnes de continuer de fréquenter le groupe. Comme l'a fait remarquer un père : « Lorsque la schizophrénie frappe dans la famille, le groupe de soutien devient votre nouvelle famille, car très souvent vous perdez famille et amis. Aussi, lorsque disparaît la personne schizophrène, vous avez plus que jamais besoin de votre nouvelle famille. »
Malheureusement, une forte proportion de personnes atteintes de schizophrénie ont des démêlés avec la justice, que ce soit pour des délits mineurs tels que vol à l'étalage, méfait, voies de fait ou refus de payer un repas pris au restaurant, ou encore pour des accusations beaucoup plus graves telles que voies de fait graves, incendies criminels ou meurtre.
Si la personne malade est poursuivie, essayez, dans la mesure du possible, de faire appel à un avocat qui connaît les problèmes de schizophrénie. Il s'agit pour ce faire d'interroger l'avocat au sujet de ses connaissances de la maladie et de ses effets sur l'individu. Au cours de leur pratique du droit, la plupart des criminalistes ont défendu des clients souffrant de troubles mentaux et ont par conséquent une certaine connaissance de la schizophrénie. De plus, la majorité des criminalistes acceptent des clients qui bénéficient de l'aide juridique.
Les familles sont portées à croire que la défense d'une personne schizophrène inculpée d'un acte criminel devrait reposer sur un plaidoyer de « non culpabilité pour cause d'aliénation mentale », ce qui suppose que la personne fasse l'objet d'une évaluation qui vise à déterminer si son état est conforme aux dispositions du paragraphe 16 (2) du Code criminel, à savoir qu'elle est « atteinte de maladie mentale à un point qui la rend incapable de juger la nature et la qualité d'un acte ou d'une omission, ou de savoir qu'un acte ou une omission est mauvais. » Il s'agit d'une évaluation prévue par la loi et qui a pour objet d'établir dans quelle mesure l'individu est responsable de son acte. Il ne s'agit pas d'une évaluation du degré d'aliénation mentale de la personne.
Si l'argumentation est retenue, un mandat est émis par le lieutenant-gouverneur, en vertu duquel la personne sera soit confiée indéfiniment à l'unité de médecine légale d'un centre psychiatrique, soit libérée inconditionnellement ou aux conditions prescrites par le lieutenant-gouverneur, conformément aux dispositions de l'article 614.
Le Code criminel prévoit la création, dans chaque province, d'une commission d'examen qui a un rôle consultatif. Ces commissions sont tenues d'examiner annuellement le cas de toute personne détenue en vertu d'un mandat du lieutenant-gouverneur, dans leurs provinces respectives.
Un criminaliste déconseillera toujours de plaider l'aliénation mentale lorsque le chef d'accusation est mineur, parce qu'un verdict de « non culpabilité pour cause d'aliénation mentale » peut poursuivre l'intéressé toute sa vie.
Il arrive que l'avocat de la défense et l'avocat de la Couronne conviennent de présenter une argumentation conjointe sur la décision à rendre dans l'affaire, et qu'ils expliquent au juge le cas de la personne inculpée et sa maladie. Ce dernier peut alors choisir d'accorder un sursis, avec une période de surveillance, et exiger que la personne suive un traitement et prenne les médicaments qui lui sont prescrits.
Un des grands inconvénients des mandats du lieutenant-gouverneur, c'est que la personne risque de se retrouver internée toute sa vie. En effet, les sujets tenus sous garde ne peuvent être libérés que par la commission d'examen, soit inconditionnellement soit aux conditions prescrites par elle. Les dispositions du Code criminel visent à reconnaître la nécessité de protéger la population dans des cas où le comportement antérieur de la personne était extrêmement inquiétant et où son comportement à venir est imprévisible.
Selon le témoignage d'un père, le mandat émis par le lieutenant-gouverneur à l'égard de son fils a au moins eu l'avantage de servir de mise en garde à ce dernier, en ce sens que le jeune homme comprend que, s'il n'obéit pas à la loi, il court le risque d'être renvoyé à l'unité de médecine légale d'un centre psychiatrique pour une période indéterminée. Il ne faut pas oublier qu'il s'agit là d'une forme de détention d'une durée indéfinie. Cette solution doit donc être considérée uniquement comme un ultime recours, lorsque le comportement de la personne constitue une menace grave et constante pour la sécurité de l'entourage. Elle doit à tout prix être évitée lorsqu'on a affaire à quelqu'un dont le comportement n'est pas aussi dangereux.
Bien des gens qui souffrent de schizophrénie ont du mal à gérer leur budget. Les familles peuvent ainsi se retrouver dans des situations gênantes pour lesquelles il n'existe pas toujours de solutions immédiates ou toutes faites.
En principe, lorsque la personne est admissible à des prestations d'aide sociale, elle recevra, à l'hôpital, l'aide nécessaire pour remplir les formalités voulues. Dans pareil cas, elle aura droit à un revenu mensuel dont elle a l'entière disposition. La plupart du temps, il faudra lui apprendre à établir intelligemment son budget pour tenir compte de besoins fondamentaux comme le loyer ou la pension, la nourriture et le transport. Il est important qu'elle sache que ses autres dépenses ne devraient pas dépasser le montant qui lui reste dans son budget.
Pour bien des individus, cette discipline est difficile à acquérir, du moins au début. Lorsqu'ils ont entre les mains une somme assez importante, par exemple, un chèque de l'assistance sociale, beaucoup sont portés à « flamber » la totalité ou la majeure partie de la somme, de manière impulsive et souvent inconsidérée, ou encore, à distribuer leur argent aux amis, voire à des étrangers. Les familles considèrent qu'elles sont dans ce cas obligées de débourser l'argent nécessaire pour honorer les obligations liées aux exigences essentielles de la vie. Bien que ce genre de comportement n'ait rien d'étonnant pour quelqu'un qui a peu d'occasions de jouir de la vie, il est déroutant pour les familles et met énormément à l'épreuve leur patience.
Pour la personne, une bonne gestion financière est un grand pas vers une autonomie plus grande. Dans des cas où les familles offrent régulièrement de l'argent à la personne atteinte de schizophrénie, Torrey propose d'« ...associer l'autonomie dans la gestion financière à d'autres comportements révélateurs d'une indépendance. La personne schizophrène qui réussit à s'acquitter d'autres obligations montre qu'elle est capable d'assumer des responsabilités financières accrues (Surviving Schizophrenia, édition révisée, p. 291.). »
Cette stratégie incite la personne à apprendre à mieux gérer son portefeuille, et permet aux familles d'éviter de distribuer leur argent au compte-gouttes alors qu'une telle mesure n'est plus justifiée.
Pour partager cette page, veuillez cliquez sur le réseau sociale de votre choix.