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La schizophrenie - guide a l'intention des familes

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Diagnostic de schizophrénie

Il n'existe pas encore d'épreuve de laboratoire simple permettant de poser un diagnostic. Il faut donc se fonder sur les symptômes - les déclarations du malade et les observations du médecin.

Pour prononcer un diagnostic de schizophrénie, il faut d'abord éliminer d'autres causes potentielles telles que la consommation de drogues, l'épilepsie, la présence d'une tumeur au cerveau, les troubles thyroïdiens et autres troubles métaboliques, de même que les autres affections physiques qui provoquent des symptômes semblables à ceux de la schizophrénie, telles l'hypoglycémie et la maladie de Wilson. Il faut également établir clairement qu'il ne s'agit pas d'un trouble bipolaire ou d'une psychose maniaco-dépressive (voir le glossaire). Certains patients présentent ou à la fois des symptômes de schizophrénie et de psychose maniaco-dépressive. On parle alors de trouble « schizoaffectif ». Les relations entre ce type de trouble et la schizophrénie sont encore mal comprises.

Un des systèmes les plus utilisés en Amérique du Nord pour le diagnostic des troubles mentaux a été mis au point par les membres d'un groupe de travail de l'American Psychiatric Association. Les résultats de leurs travaux ont été publiés dans un ouvrage intitulé Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM). Andreasen mentionne, dans son livre The Broken Brain : The Biological Revolution in Psychiatry, que les auteurs de la troisième version de ce manuel, désignée le plus souvent sous le nom de DSM-III, insistent fortement sur la grande importance, sur le plan diagnostique, de procéder à « un examen approfondi des symptômes objectifs ». Elle affirme en outre que le plus grand mérite des auteurs du DSM-III est d'avoir « médicalisé » une approche auparavant essentiellement « psychanalytique ».

Les améliorations apportées au DSM-III depuis sa parution en 1980 ont conduit à la publication en 1987 du DSM-III-R, version révisée qui est encore utilisée à l'heure actuelle.

Peu importe ce qui arrivera au cours de la première entrevue chez le médecin, il faut habituellement beaucoup de temps avant qu'un diagnostic de schizophrénie ne soit porté. Il est en effet très difficile de porter un tel diagnostic, car les symptômes sur lesquels il doit reposer peuvent être difficiles à déceler ou demeurer diffus jusqu'à la phase tardive de la maladie. La séquence selon laquelle les symptômes se manifestent peut également varier considérablement d'un patient à un autre. La majorité des médecins, bien conscients du rejet qui entoure la maladie encore aujourd'hui, attendent d'être bien sûrs de leur diagnostic avant d'exprimer leurs inquiétudes.

Par ailleurs, il ne faut pas supposer que votre médecin a éliminé la possibilité que d'autres affections soient en cause même après qu'il ait porté un diagnostic de schizophrénie. N'hésitez pas à lui poser des questions concernant d'autres maladies et à l'interroger sur les critères qui lui ont permis de porter ce diagnostic de schizophrénie. Avec une maladie aussi difficile à diagnostiquer et aussi variable sur le plan clinique, vous devriez chercher à obtenir l'avis d'un second médecin et à consulter un psychiatre, que vous soyez d'accord ou non avec le diagnostic prononcé par le premier médecin. Une telle demande est tout à fait justifiée. Ne craignez pas que votre médecin interprète votre demande comme un reproche personnel.

Confidentialité

Tôt ou tard les familles se butent aux questions d'ordre éthique et juridique qui se rattachent à la confidentialité, un des principes de base de la médecine. L'information concernant un patient ne peut habituellement être divulguée qu'aux membres du personnel traitant, à moins que le patient n'ait donné son consentement par écrit. Les seules exceptions permises s'appliquent aux mineurs et aux patients considérés comme atteints d'incapacité mentale. En vertu de la loi, dans certaines provinces, on peut dresser des listes des personnes autorisées à agir au nom des patients atteints d'incapacité mentale, par ordre de priorité. Les parents sont souvent surpris de constater qu'ils ne figurent pas en tête d'une telle liste. Ainsi, en Ontario, si un malade a désigné une autre personne que son conjoint au moment où il était encore apte mentalement à prendre des décisions, c'est cette personne qui a agira en son nom, et non pas le conjoint.

Il est normal pour les membres de la famille qui fournissent les soins de vouloir être très bien informés de l'état de leur parent malade afin de l'aider le plus possible. Les professionnels de la santé en sont conscients, mais ils ont parfois les mains liées parce que le patient n'a pas fourni son consentement écrit. Idéalement, on devrait chercher à obtenir le consentement écrit en vertu duquel le médecin est autorisé à parler aux membres de la famille quand le patient se porte bien. Toutefois, en cas de refus de la part du patient, demandez au médecin ce que vous pourriez faire pour l'obtenir. Et rappelez-vous qu'un médecin a le droit de parler s'il juge qu'il y a un risque de violence physique.

Les exigences juridiques qui se rattachent à la divulgation de renseignements concernant un patient varient selon la province ou le territoire. Vous pourriez vous adresser à un professionnel de la santé afin de savoir quelles sont ces exigences dans votre province ou votre territoire. Vous pourriez également demander d'assister à certaines réunions du personnel soignant ou aux consultations avec le patient. Ce dernier pourrait préférer cette solution plutôt que de signer une formule autorisant le personnel à divulguer des informations le concernant.

Un médecin (et d'autres professionnels de la santé) s'adressera habituellement aux membres de la famille pour obtenir des renseignements sur le patient. Il jugera par la suite s'il convient de transmettre les informations obtenues au patient. En réalité, il est probable qu'il le fera. Vous pourriez donc envisager de communiquer vous-même à votre parent malade tout renseignement que vous auriez déjà transmis à un membre du personnel soignant. Les personnes qui fournissent des soins au malade estiment que cette façon de procéder leur permet d'avoir de meilleures relations avec le patient.

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