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Maladie mentale et violence : Un lien démontré ou un stéréotype?

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Appendice B : glossaire

Le glossaire qui suit vise à aider les lecteurs à comprendre la terminologie scientifique et technique utilisée dans le présent document. À moins d'indications contraires, les définitions sont adaptées de Last (1988), A Dictionary of Epidemiology (2e édition), Toronto, Oxford University Press, et de Rothman (1986), Modern Epidemiology, Boston, Little, Brown and Company.

Ajustement statistique : un mécanisme utilisé pour réduire les différences dans la composition de deux groupes de sorte que ceux-ci puissent être comparés équitablement en ce qui concerne un résultat d'intérêt. Les comparaisons non ajustées peuvent mener à des conclusions biaisées.

Biais : une erreur dans la conception de l'étude, dans la collecte des données ou dans l'interprétation, laquelle peut mener à des conclusions fautives. Le biais peut être le résultat de la mauvaise classification des sujets à l'étude pour ce qui est de soit l'exposition, soit des facteurs influant sur les résultats, ou encore, tenir au fait que l'on a étudié des groupes sélectifs de sujets comme des patients mentaux ou des détenus. Les facteurs de confusion (décrits ci-dessous) constituent une troisième source de biais qui doit être contrôlée pour en arriver à une inférence causale.

Biais de sélection : une erreur attribuable à des différences systématiques des caractéristiques des sujets choisis pour l'étude (p. ex. les malades mentaux ou les détenus) et de la population dans laquelle ils ont été choisis (tous les malades mentaux ou toutes les personnes qui sont violentes).

Enquêtes transversales : enquêtes qui recueillent simultanément des données sur l'exposition (p. ex. la maladie mentale) et sur le résultat (p. ex. la violence) auprès d'un échantillon représentatif de sujets. Elles excluent forcément l'ordre temporel des facteurs. Les études transversales sont jugées idéales pour la formulation d'une hypothèse et ne sont jamais utilisées comme fondement à l'inférence de la causalité.

Épidémiologie : étude de l'incidence des maladies et des problèmes de santé dans les populations humaines ainsi que de leurs relations avec des facteurs conjoints de « risque » et de « protection » afin de déduire des explications causales pouvant servir à endiguer les maladies dominantes dans la population. Aux États-Unis, les tribunaux ont déterminé que les déclarations de causalité dans les populations humaines ont le plus de poids si elles sont formulées à partir d'études ayant recours à la caractéristique logique causale des études épidémiologiques.

Études cas-témoins : études où les sujets sont choisis en fonction du résultat d'intérêt (p. ex. violent par opposition à non violent), les sujets étant ensuite interrogés pour obtenir des renseignements sur l'exposition (p. ex. les antécédents de maladies mentales). L'établissement de l'ordre temporel des facteurs peut constituer un problème dans les études cas-témoins du fait que les enquêteurs doivent s'en remettre à la mémoire du sujet pour réunir des renseignements sur l'exposition. De plus, il est possible que les cas (ceux qui sont violents) se rappelleront des événements passés différemment des témoins, ce qui entraîne une erreur de mémoire. C'est donc dire que des inférences causales ne sont habituellement pas formulées en fonction d'études cas-témoins sans posséder de preuves à l'appui provenant d'enquêtes sur des cohortes.

Études de cohortes : études qui suivent, dans le temps, au moins deux groupes qui diffèrent en ce qui concerne un présumé facteur causal quelconque (désigné l'« exposition ») et qui comparent ces groupes en regard de leurs résultats. Le fait que tous les groupes soient libres du résultat d'intérêt (c'est-à-dire la violence dans le cas présent) au début de l'étude constitue un élément essentiel de l'étude de cohortes. Les études de ce genre rendent possible l'établissement de l'ordre temporel des facteurs à l'étude, un élément crucial de la formulation d'interprétations causales. Elles sont donc considérées comme les plus fondées pour la formulation de telles interprétations.

Facteurs de confusion : il y a facteur de confusion lorsque les effets d'au moins deux facteurs sont confondus dans une série de données, rendant ainsi difficile la constatation de leurs effets distincts. Les facteurs de confusion sont reliés au résultat de l'étude. S'ils sont aussi répartis de façon différentielle dans l'ensemble des groupes à l'étude, ils peuvent déformer les résultats de l'étude. Un ajustement statistique peut réduire ou contrôler les effets des facteurs de confusion. Les facteurs qui peuvent confondre la relation entre la maladie mentale et la violence comprennent l'âge, le sexe et les antécédents de violence.

Nosologie du DSM (publiée par la American Psychiatric Association) : ce manuel constitue la norme acceptée pour les diagnostics psychiatriques en Amérique de Nord depuis de nombreuses décennies. La version la plus récente est le DSM-IV (publiée en 1994), mais les auteurs de la plupart des études citées dans la littérature utilisent le DSM-III (version révisée). La DSM présente l'évaluation selon cinq axes, chacun renvoyant à un domaine d'information distinct. L'axe I est celui des troubles cliniques et des autres affections qui peuvent faire l'objet d'une intervention clinique. L'axe II est celui des troubles de la personnalité et de l'arriération mentale; l'axe III sert au codage des affections médicales. L'axe IV décrit les facteurs de stress psychosocial et les problèmes environnementaux et l'axe V permet d'établir une appréciation générale de la capacité sociale et fonctionnelle du patient.

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