On doit effectuer des évaluations à tous les paliers du système de la santé mentale, soit aux paliers de l'ensemble du système, des programmes et des personnes. Les méthodes d'évaluation des systèmes diffèrent de celles utilisées aux paliers des programmes et des personnes. Nous décrivons brièvement ci-dessous les principes clés, tirés de l'examen de la documentation de la phase I, qui devraient servir dorénavant à toutes les recherches et évaluations des programmes et services de soins et de soutien de la santé mentale.
Recommandations pour les évaluations futures des services de base précis de soins et de soutien
La gestion de cas
Les programmes de gestion de cas et de traitement communautaire dynamique (TCD) ont accumulé plus de données de recherche que tout autre service de soins de base en santé mentale et de soutien examiné au cours de la phase I. Plus particulièrement, le modèle de TCD a démontré, au cours de nombreux essais, qu'il est efficace et qu'il est jugé acceptable par les clients et les familles. Toutefois, certains points mériteraient plus de recherches. On doit entre autres chercher à savoir quels éléments particuliers des modèles de TCD sont reliés aux résultats. Cette question a une grande importance, car les nouveaux programmes ne peuvent pas toujours être mis en oeuvre de manière entièrement conforme aux programmes modèles en raison des circonstances locales ou autres. Les travaux de recherche doivent également déterminer quelle est la durée optimale de la prestation intensive de services de TCD et les méthodes pour assurer la transition des clients vers des programmes communautaires moins intensifs. Comme nous l'avons précédemment mentionné, tous les travaux de recherches gagneraient à prolonger leur période de suivi afin d'obtenir de meilleurs résultats.
Les interventions d'urgence
La recherche dans ce domaine se fait plutôt rare. Bien que les différents éléments de l'intervention d'urgence soient généralement acceptés et mis en application, aucune évaluation systématique n'a été réalisée.
Les services communautaires et d'aide en matière de logement
La documentation recèle un bon nombre d'articles sur les divers aspects des expériences et des résultats obtenus par les patients dans des environnements ou des modèles précis, mais la conception et les méthodes de recherche à ce sujet demeurent faibles, ce qui limite notre capacité à tirer des constatations par inférence. Bien que le modèle d'aide en matière de logement soit devenu de plus en plus accepté comme modèle de choix, on relève peu de données de recherche sur son efficacité nous incitant à appuyer ce choix. Carling (1990) a proposé cette démarche par étapes pour évaluer l'aide en matière de logement :
Soins aux patients en clinique interne et externe
Les expériences britanniques sur l'évaluation de la déshospitalisation offrent suffisamment de preuves sur les avantages d'effectuer des recherches poussées sur tout projet semblable ainsi que sur une vaste gamme d'indicateurs de l'incidence sur les clients et l'ensemble du système. Les évaluations des nouveaux services psychiatriques communautaires concluent souvent que ces services sont plus économiques que ceux assurés en milieu hospitalier, mais étudient rarement l'efficacité de ces services selon le type de patients. On doit encourager fortement les chercheurs à inclure des données et des méthodes analytiques qui nous permettront de générer des prédictions afin d'orienter le développement de programmes et l'élaboration de politiques.
De plus, puisque les prestataires de soins primaires assurent la majorité des soins offerts aux patients souffrant de troubles légers, ce domaine mérite plus d'attention de la part des chercheurs et des initiateurs de programmes et de politiques. Les résultats prometteurs des travaux d'évaluation (Ferguson et al., 1992; Kates et al., non publié) soulignent l'importance de l'élaboration et de l'évaluation de nouveaux modèles de prestation de services misant sur la collaboration entre les praticiens du domaine de la santé mentale et le milieu des soins primaires.
Les initiatives des clients et des familles
Jusqu'à maintenant, peu d'évaluations systématiques ont été réalisées sur l'incidence des groupes d'entraide. La recherche sur les démarches d'efforts autonomes pour les patients atteints de troubles mentaux et leurs familles tire de l'arrière par rapport à ses défenseurs et même par rapport à la mise en oeuvre de programmes de ce genre. Les premiers travaux de recherche consistent principalement en des descriptions, présentant, par exemple, les diverses démarches d'efforts autonomes, les membres des groupes d'entraide ou les réactions et interactions des professionnels de la santé mentale au sujet des groupes d'entraide de patients psychiatriques. Quelques études se penchent actuellement sur l'évaluation des expériences et des résultats des individus qui ont participé à des groupes d'entraide et à d'autres initiatives d'efforts autonomes et de regroupements de clients et de familles, et ces efforts de recherche méritent d'être soutenus et élargis. Comme nous l'avons mentionné ci-dessus, la recherche participative et les méthodes qualitatives conviennent à l'évaluation de ces types de programmes et services de soutien.
L'aide à l'emploi
Un certain nombre d'études bien conçues ont démontré les avantages des programmes d'aide à l'emploi pour les personnes souffrant de troubles mentaux graves. Les chercheurs de ce domaine ont suggéré d'effectuer des recherches dans les domaines insuffisamment explorés.
La question de la durée de l'aide à emploi et des meilleurs types d'aide à offrir n'a pas été suffisamment étudiée. Les études montrent que les clients qui reçoivent de l'aide à long terme ou de manière continue conservent leur emploi plus longtemps que ceux qui bénéficient d'aide intermittente ou à court terme.
Pour partager cette page, veuillez cliquez sur le réseau sociale de votre choix.