
Évolution du programme des aidants communautaires à la suite
de suicides chez les jeunes
Rédigé par :
Peggy
Austen
Responsable du programme enfants et jeunesse
Centre de ressources communautaires d'Ottawa Ouest
Pour :
Santé Canada
Unité de la promotion de la santé mentale
Développement des capacités communautaires
et mobilisation de la communauté pour promouvoir la santé mentale des jeunes
(50
pages
329
KB)
Création d'un langage communautaire commun en matière de santé mentale des jeunes
Définition des atouts communautaires
Découverte des atouts - Le Programme des aidants communautaires
Partenariats de collaboration - Mise en place de partenariats durables
Effets sur le développement des capacités communautaires - Politiques et systèmes
La création d'une vision communautaire collective devrait en principe s'appuyer sur une solide croyance selon laquelle toutes les personnes apportent une contribution unique et indispensable à la promotion de la santé mentale des jeunes. Cela est tout aussi important au niveau de la communauté qu'au niveau national. Pour réduire les stigmates et sensibiliser davantage la population aux problèmes liés à la santé mentale des jeunes, il faut développer divers partenariats de collaboration et créer un langage communautaire commun.
Ce document explore les concepts-clés en matière de promotion de la santé mentale des jeunes en démontrant comment ces concepts sont appliqués et implantés dans la communauté. Les concepts-clés de la promotion de la santé mentale des jeunes sont définis en premier, notamment le développement des capacités communautaires, la mobilisation de la communauté et la promotion de la santé mentale des jeunes. Pour montrer comment ces concepts s'appliquent dans la réalité, on a mis à profit l'expérience vécue par une communauté rurale en rapport avec le suicide chez les jeunes. Plus précisément, dans le contexte de la réaction d'une communauté après un événement tragique, on met l'accent sur l'importance d'adopter une vision commune et de créer un langage communautaire commun en santé mentale des jeunes. Nous évaluons l'ampleur du problème en nous intéressant non seulement au problème particulier du suicide chez les jeunes, mais aussi à la question plus globale de la santé mentale des jeunes.
Nous présentons l'identification, l'engagement et la durabilité d'une série d'atouts communautaires et de partenariats pour évaluer le développement des capacités communautaires et la mobilisation. Ainsi, les atouts évalués incluent les jeunes eux-mêmes et le milieu des affaires. Le Programme des aidants communautaires est présenté comme étant un modèle de développement des capacités communautaires dans le contexte de la promotion de la santé mentale des jeunes.
Pour finir, nous examinons les retombées d'un développement réussi des capacités communautaires au niveau des politiques et des systèmes. Nous abordons tout particulièrement les changements fondamentaux et durables que peuvent connaître les communautés et les systèmes qui les soutiennent.
Pour être en mesure de développer les capacités de promotion de la santé mentale des jeunes, nous devons toujours être à l'affût des « moments propices à l'enseignement ». De tels moments surviennent tout au long du processus de développement des capacités et de mobilisation, en commençant par l'événement ou la situation qui aide à cerner le problème. Ces moments se présentent durant toute la période d'identification des atouts et de création des partenariats qui mettent sur pied et réalisent les initiatives visant à promouvoir et maintenir le bien-être individuel et collectif. Le présent document démontre comment les communautés peuvent tirer profit de tels « moments propices à l'enseignement ».
La capacité communautaire est liée aux atouts qui existent déjà dans une communauté. Parmi ces atouts, on peut trouver les ressources tangibles requises pour s'attaquer à un problème précis, de même que la sagesse, les connaissances et le leadership nécessaires pour mener à bien des projets. En ce qui concerne le potentiel communautaire, on part du principe que tous les citoyens ont quelque chose à apporter pour résoudre des problèmes et élaborer des stratégies pour satisfaire les intérêts collectifs.
Le développement des capacités est étroitement lié aux moyens par lesquels une communauté peut puiser dans ses propres forces. « Le développement des capacités met l'accent sur les forces et les capacités existantes plutôt que sur les problèmes ou les sentiments d'impuissance » (DRHC, 1999). Il est impossible à des « étrangers » d'arriver dans une communauté et d'y développer des capacités. Le développement des capacités a peu de chances de se faire dans une communauté qui ne dispose déjà des atouts nécessaires et n'a pas la volonté de mobiliser ces atouts. Les atouts ne peuvent être fabriqués ou imposés. « Les communautés ne sont jamais construites de haut en bas ou de l'extérieur vers l'intérieur » (Kretzman et McKnight, 1993).
Développement des ressources humaines Canada (DRHC), dans le Guide de développement des communautés (1999), expose plusieurs points de repère concernant les résultats du développement des capacités communautaires. Le développement des capacités permet de resserrer le réseau de relations au sein de la communauté et de préparer les citoyens à échanger leurs idées concernant un plan d'action. De plus, l'élaboration et la réalisation d'objectifs communs, dans le cadre d'un plan d'action, sera facilitée. La communauté commence à apprécier à leur juste valeur et à respecter les ressources limitées, sur le plan tant humain que financier. En outre, elle s'approprie le plan d'action et se montre « plus intuitive lorsqu'il s'agit de savoir ce qu'il faut faire, quand le faire et quand arrêter » (DRHC, 1999). En matière de santé mentale des jeunes, le développement des capacités permet de mieux sensibiliser la communauté aux problèmes et encourage celle-ci à défendre ses intérêts pour produire des résultats. Le développement des capacités fait appel aux talents naturels de leadership des citoyens. Il reconnaît chez les jeunes le désir d'être meneur et les encourage à le devenir. Ces résultats du développement des capacités seront mis en évidence dans toutes les parties de ce document.
Par mobilisation de la communauté, on entend le fait de rassembler les forces de la communauté pour occasionner un changement par le biais d'un plan d'action. « La mobilisation de la communauté se fonde sur la croyance selon laquelle dans une communauté mobilisée qui aborde et résout ses propres problèmes, on obtiendra des résultats avec plus d'efficience et d'efficacité que par n'importe quel autre moyen » (Hastings, 2001). L'objectif est de vivre dans un milieu sain et sans risques et de rallier tous les membres de la communauté pour atteindre cet objectif. Les jeunes font face à de nombreux problèmes, notamment la violence des jeunes, l'abus d'alcool ou de drogues, les troubles de l'alimentation ou même le suicide. L'exemple concret auquel nous nous référons tout au long de ce document est d'ailleurs celui du suicide.
Plusieurs éléments clés doivent être présents pour que la mobilisation des citoyens soit efficace, c'est-à-dire notamment la création d'une vision commune, l'interprétation consensuelle du problème, le leadership, l'établissement de partenariats de collaboration, une meilleure participation de la part des citoyens et la ténacité. Ce document explique ces éléments dans le contexte de l'expérience liée à la résolution des problèmes liés à la santé mentale des jeunes.
La promotion de la santé mentale des jeunes peut être définie comme étant le processus de mise en valeur d'une approche qui vise à augmenter la capacité de chacun et de la communauté d'améliorer la santé mentale des jeunes, cela à l'aide de stratégies qui privilégient des environnements favorables et la résilience personnelle.
« Le concept de promotion de la santé mentale sous-tend que la santé mentale de chaque individu est liée aux relations qu'il entretient avec les autres, aux facteurs environnementaux qui influencent son mode de vie et son milieu ainsi qu'au degré de contrôle qu'il exerce sur sa vie »
(Association canadienne pour la santé mentale, 1999).
Par conséquent, pour améliorer l'état de santé mentale des jeunes, il faudrait concentrer nos efforts non seulement sur les jeunes, mais également sur le reste de la population. « Nous devons travailler avec les jeunes pour trouver les moyens qui leur permettront de préserver et d'améliorer leur santé. Nos approches ne doivent pas seulement évoluer avec le temps et s'adapter à la société en évolution, elles doivent également s'accorder avec les attitudes et les besoins exprimés et perçus par nos jeunes » (Hanvey et coll., 1994). En somme, les jeunes sont nos partenaires principaux pour préserver et promouvoir leur propre santé et leur bien-être.
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