Octobre 2005
En vertu de la Stratégie intégrée en matière de modes de vie sains et de maladies chroniques, le financement pour améliorer la Stratégie canadienne du diabète (SCD) totalisera 90 millions de dollars sur une période de cinq ans. Il sera de 18 millions par année après cette période.
Quelque 1,8 million de Canadiens souffrent du diabète, à l'insu de l'un sur trois d'entre eux. Le diabète frappe à tout âge, et la proportion de la population qu'on sait atteinte du diabète de type 2 s'est accrue de 27 % de 1994 à 2000. Compte tenu du vieillissement de la population canadienne et de l'augmentation du taux d'obésité, on s'attend à ce cette tendance se poursuive.
S'il n'est pas traité ou s'il est mal pris en charge, le diabète peut, avec le temps, provoquer une foule de complications, incluant les maladies cardiovasculaires, les maladies du rein, la perte de la vision, l'impuissance, les amputations et la souffrance nerveuse. La meilleure façon d'éviter l'apparition de ces complications consiste à traiter les facteurs de risque tels que l'obésité, les mauvaises habitudes alimentaires et l'inactivité physique. Chez les personnes souffrant déjà du diabète, les complications peuvent être évitées, réduites et retardées grâce à un diagnostic rapide et une prise en charge efficace de la maladie.
La SCD est un programme du gouvernement du Canada depuis 1999. À l'origine, Santé Canada dirigeait les trois composantes du programme - prévention et promotion, surveillance et coordination nationale - qui sont maintenant sous la responsabilité de l'Agence de santé publique du Canada (ASPC). À ce jour, la SCD a mis en place les fondations permettant de faire progresser le dossier :
L'amélioration de la SCD s'accompagne d'un important changement de direction : on ciblera les populations les plus à risque d'être atteintes du diabète, particulièrement celles souffrant d'un excès de poids, d'obésité ou de prédiabète (condition où le taux de glycémie est plus élevé que la normale, mais pas suffisamment pour émettre un diagnostic de diabète). D'autres populations ciblées comprendront les personnes de plus de 40 ans, celles souffrant d'hypertension et dont la formule sanguine présente un taux élevé de cholestérol ou d'autres gras, celles dont les antécédents familiaux présentent des cas de diabète, et celles appartenant à des populations ethniques à haut risque avéré.
La SCD améliorée dirigera la contribution du gouvernement fédéral envers une stratégie nationale du diabète. Elle s'appuiera sur un cadre stratégique élaboré par des experts fédéraux, provinciaux et territoriaux (FPT) et des intervenants du milieu. La nouvelle SCD est conçue autour des éléments suivants :
Système national de surveillance du diabète (SNSD). Ce système a été élaboré pour fournir des renseignements concernant la surveillance du diabète aux échelons provincial/territorial et national. En collaboration avec les provinces, les territoires et les partenaires autochtones, l'Agence de santé publique du Canada appuiera des améliorations à ce système, telles que l'apport de renseignements sur le diabète de type 1 et sur le fardeau que représente le diabète pour la population autochtone du Canada. Ce système fournit également une fondation pour appuyer la surveillance d'autres maladies chroniques, telles que les maladies cardiovasculaires.
Développement et échange de connaissances en matière de prévention et de prise en charge du diabète. La recherche et les données probantes fournissent la base permettant de comprendre les causes du diabète, ainsi que sa prévention, sa prise en charge efficace et la guérison. Ce volet comprendra des stratégies pour traduire la recherche scientifique en politiques et en programmes efficaces, incluant des outils pour les praticiens tels que des guides de pratique clinique reliés au diabète.
Promotion et programmes en matière de diabète axés sur les besoins communautaires. Les programmes axés sur les besoins communautaires peuvent grandement contribuer à promouvoir l'amélioration de l'état de santé des populations à haut risque. Ces programmes seront adaptés aux particularités des communautés visées, tenant compte de la diversité culturelle et ethnique, des données démographiques et d'autres facteurs de risque élevé tels que l'obésité et l'inactivité physique.
Information publique sur le diabète. Les activités ciblées de prévention primaire sont essentielles pour prévenir le diabète ou retarder l'apparition du diabète de type 2 chez les personnes et les populations à risque. On y parviendra en accroissant la sensibilisation du public à l'importance de la prévention et de la détection précoce du diabète, en intégrant davantage les messages diffusés avec les organismes non gouvernementaux, les unités de santé publique et les autres partenaires en soins de la santé, et en augmentant la sensibilisation et les connaissances en matière de conditions et de facteurs de risque du diabète.
Coordination. Pour maximiser l'effet des interventions, cet élément de la SCD appuiera et fera la promotion de la collaboration et de la coordination à l'échelon national, à la fois au sein de l'administration fédérale et avec ses partenaires dans la lutte contre le diabète, dont les provinces, les territoires et les intervenants.
Bien qu'elle ne fasse pas partie de la Stratégie intégrée, l'Initiative sur le diabète chez les Autochtones recevra un financement accru qui atteint 25 millions de dollars durant la première année, et jusqu'à 55 millions de dollars lorsque le projet atteindra sa pleine maturité, dans le cadre des mesures sur la santé des Autochtones annoncées dans le budget 2005. Cette initiative offre, aux membres des Premières nations vivant sur les réserves et aux collectivités inuites, des soins et des traitements pour contrer le diabète, ainsi que des outils culturellement adaptés de prévention, d'éducation et d'amélioration du mode de vie pour tous les Autochtones.
S'ajoutent aux projets fédéraux les actions de toutes les provinces et de tous les territoires. Dans le même ordre d'idées, les organismes non gouvernementaux ayant un intérêt pour le diabète ont élaboré leurs propres démarches.
Par le biais des Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC), le gouvernement du Canada a investi, en 2004-2005, près de 6 millions de dollars dans la recherche sur le diabète de type 1 et près de 12 millions de dollars dans la recherche sur le diabète de type 2. Durant la même année, le financement de la recherche sur le diabète - incluant la recherche s'appliquant plus largement au diabète - a totalisé un peu plus de 30 millions de dollars. Aussi, la Fondation canadienne pour l'innovation (FCI) a appuyé l'infrastructure de recherche sur le diabète partout au Canada, avec des investissements d'environ 27 millions de dollars depuis 1997.
Le gouvernement du Canada reconnaît les contraintes sociales et économiques causées par le diabète et s'engage à coopérer avec ses partenaires, incluant les organismes non gouvernementaux et les gouvernements provinciaux et territoriaux.