Octobre 2005
Dans le cadre de la Stratégie intégrée en matière
de modes de vie sains et de maladies chroniques, le gouvernement du Canada
consentira la somme de 59,5 millions de dollars sur cinq ans à la
Stratégie canadienne de lutte contre le cancer (SCLC). (Le financement
annuel augmentera à 17,5 millions de dollars à compter de
2009-2010.) Cette contribution fera fond sur les programmes fédéraux
existants qui contribuent à la prévention du cancer, à la
lutte contre le cancer et aux activités de coordination s'y
rattachant. (Pour plus de détails, voir la fiche Financement
intégré de
la lutte contre le cancer.)
L'Organisation mondiale de la Santé a proposé que le
cancer soit pris en charge dans le contexte d'un programme national
de lutte contre cette maladie. Au Canada, on reconnaît la nécessité de
prévoir une approche concertée en matière de lutte
contre le cancer qui assure une cohérence de l'ensemble des
investissements faits par de multiples administrations et partenaires.
Le gouvernement fédéral reconnaît l'importance
d'employer une approche stratégique nationale dans la lutte
contre le cancer et prise l'expertise et l'expérience
de l'ensemble des administrations et des organisations œuvrant
dans ce domaine.
Au cours de l'étape de la planification de la SCLC, le gouvernement fédéral, les gouvernements provinciaux et territoriaux et des intervenants tels que la Société canadienne du cancer et les organisations représentant les patients atteints du cancer, ont travaillé ensemble pour cerner les secteurs d'action stratégique prioritaires. Les sept secteurs retenus sont les suivants : la prévention primaire; la réorientation des efforts afin d'accorder une plus grande importance aux patients et aux familles; la surveillance et l'analyse; les normes; les guides de pratique clinique; les ressources humaines en santé; la recherche.
L'ensemble des secteurs d'action stratégique prioritaires représente une approche globale en matière de lutte contre le cancer qui prend en compte la nécessité de promouvoir la santé et de prévenir le cancer, de le dépister le plus tôt possible quand il survient, et de prodiguer soins et soutien aux patients et aux familles touchées par cette maladie, y compris au dernier stade de la vie. Le fait d'en connaître le plus possible sur le cancer, ainsi que le fardeau social et économique qu'il entraîne, constitue aussi un élément clé.
Tous les partenaires de la lutte contre le cancer au Canada ont un rôle à jouer dans les différents secteurs d'action stratégique prioritaires de la SCLC. Le gouvernement fédéral joue un rôle dans chacun de ces secteurs : il apporte déjà de fort importantes contributions par le truchement d'initiatives majeures comme la lutte contre le tabagisme et du travail réalisé avec les provinces et les territoires relativement à des questions liées au cancer, comme les temps d'attente pour les traitements, la disponibilité des ressources humaines en santé, les soins palliatifs, la surveillance du cancer, et le financement et l'infrastructure de la recherche sur le cancer.
La Stratégie intégrée en matière de modes de vie sains et de maladies chroniques aura pour résultat des progrès, sur divers fronts, dans les secteurs d'action prioritaires de la SCLC. Outre ses éléments spécifiques sur le cancer, la Stratégie intégrée prévoit également des initiatives intégrées en matière de maladies chroniques comme un observatoire des pratiques exemplaires qui cerne « ce qui fonctionne » dans la promotion de la santé et la prévention des maladies chroniques, ainsi que des projets pilotes permettant aux provinces et aux territoires de mettre à l'essai différentes approches d'action intégrée et de comparer leurs expériences. Les leçons tirées au Canada et dans d'autres pays dans la lutte contre d'autres maladies chroniques peuvent profiter à la lutte contre le cancer - et vice versa. Les efforts fédéraux de promotion de la santé dans le cadre de la Stratégie en matière de modes de vie sains pancanadienne qui aident à modifier les facteurs qui influent sur le risque d'être atteint du ou d'autres maladies chroniques - comme les mesures de soutien pour la saine alimentation et l'activité physique - contribueront également à la lutte contre le cancer.
De nouveaux investissements seront affectés à cinq des sept secteurs d'action stratégique prioritaires de la SCLC, en fonction des résultats que le gouvernement fédéral peut escompter actuellement et compte tenu des ressources disponibles. Au fur et à mesure que les initiatives seront déployées et qu'elles produiront des résultats, de nouveaux investissements additionnels pourront être pris en compte.
Prévention primaire : On reconnaît qu'il existe des facteurs de risque qui sont propres au cancer, comme l'exposition au soleil. De concert avec les partenaires, les efforts visant à accroître la prévention du cancer aux niveaux national, provincial et territorial, régional et des collectivités seront appuyés. La population canadienne profitera directement des activités de sensibilisation du public et des programmes communautaires qui auront lieu, et indirectement des mesures visant à accroître les compétences en prévention du cancer chez les professionnels de la santé et les travailleurs en santé communautaire avec lesquels elle interagit. Les groupes à risque plus élevé de contracter le cancer, par exemple ceux qui sont fortement exposés au soleil, recevront une attention particulière.
Réorientation des efforts : Il y a lieu d'en faire davantage pour les personnes atteintes du cancer, ainsi les membres de leur famille et leur collectivité, afin de les aider à composer non seulement avec les répercussions de cette maladie sur leur santé physique mais également les effets psychosociaux. En collaboration avec les partenaires, des mesures de soutien comme les réseaux communautaires de patients et les outils en ligne seront offertes aux patients afin de les aider à s'orienter dans les complexités des traitements du cancer. Des efforts seront également déployés afin d'appuyer le renforcement des compétences des professionnels de la santé et des travailleurs en santé communautaire pour qu'ils soient mieux préparés à aider les patients.
Surveillance et analyse : Le gouvernement fédéral œuvrera de concert avec les provinces et les territoires, les registres provinciaux du cancer, les centres d'oncologie et les hôpitaux pour enfants afin d'élargir la capacité d'analyse et d'interprétation des données sur les facteurs de risque du cancer, la classification par stade du cancer, la post-observation et les soins palliatifs. Ces travaux comprendraient le renforcement des registres et des bases de données actuels, ce qui constitue une autre façon de brosser un tableau plus précis de la situation canadienne relativement au cancer. Un soutien sera apporté aux provinces et aux territoires afin de leur permettre d'améliorer leur capacité de fournir des renseignements et des analyses sur le cancer, en vue d'une surveillance renforcée des maladies chroniques.
Normes et guides : Le gouvernement fédéral se fera le champion d'un processus pancanadien visant à appuyer la coopération permanente entre les programmes provinciaux liés à la lutte contre le cancer, les associations professionnelles de dispensateurs de soins de santé, les communautés de patients, de survivants et de soignants, les communautés de pratique, les communautés de chercheurs et les intervenants non gouvernementaux afin d'établir des normes (c'est-à-dire des attentes en ce qui concerne les interventions relatives au cancer) et des directives (comment mener à bien ces interventions). Les normes et les directives doivent reposer sur des données scientifiques et médicales probantes, et la mesure dans laquelle ils sont mis en œuvre et améliorent les résultats de santé chez les Canadiens et les Canadiennes doit faire l'objet d'évaluations.
Étant donné ses riches antécédents en ce qui a trait à la lutte contre le cancer et l'important investissement d'efforts qu'il a consenti, depuis 1999, dans la planification de la SCLC, le Canada est bien placé pour adopter une stratégie véritablement pancanadienne de lutte contre le cancer. Puisque la santé est un domaine de compétence partagée entre les gouvernements fédéral et provinciaux/territoriaux, il faudra que cette question soit examinée conjointement par ces deux paliers de gouvernements. Le Réseau pancanadien de santé publique, que l'Agence de la santé publique du Canada est en train d'élaborer de concert avec les provinces et les territoires, devrait jouer un rôle essentiel dans l'évolution de ce dossier.