Le 27 juin 2005
Pour publication immédiate
Frederick (Maryland) et Winnipeg (Manitoba) - Une équipe de scientifiques américains et canadiens a mis au point un vaccin contre la fièvre de Lassa qui offre aux primates non humains une protection totale contre l'infection expérimentale découlant de l'administration de doses létales du virus de Lassa.
Publiée dans les éditions papier et électronique de la revue PloS Medicine, cette étude de recherche pourrait éventuellement mener au développement d'un vaccin à l'intention des êtres humains. Mis à part la dératisation dans les régions touchées, il n'existe à l'heure actuelle aucune mesure préventive capable d'endiguer la propagation de la fièvre de Lassa. La maladie se transmet des rats porteurs aux humains.
La fièvre de Lassa est courante dans certaines parties de l'Afrique de l'Ouest, où elle entraîne un nombre significatif de décès et d'invalidité dans la population. Des voyageurs porteurs de la fièvre de Lassa ont récemment introduit la maladie aux États-Unis et en Europe. Le virus qui cause la maladie est considéré comme un agent potentiel de bioterrorisme.
Les chercheurs principaux Thomas Geisbert, du U.S. Army Medical Research Institute of Infectious Diseases (USAMRIID), et Heinz Feldmann et Steven Jones, de l'Agence de la santé publique du Canada (ASPC), ont mis au point le vaccin en utilisant en tant que porteur une forme non pathogène du virus de la stomatite vésiculaire, ou VSV, dans laquelle ils ont inséré des gènes du virus de Lassa.
L'équipe a ensuite immunisé quatre macaques rhésus au moyen d'une seule dose du vaccin anti-Lassa, tandis que deux autres singes ont reçu une dose du VSV non modifié. Quatre semaines plus tard, les six animaux ont reçu une dose létale du virus de Lassa en milieu expérimental. Les quatre singes vaccinés n'ont affiché aucun signe de maladie clinique, tandis que les deux animaux témoins sont morts.
« Il s'agit du premier vaccin capable d'offrir aux primates non humains une protection totale contre le virus de Lassa », a affirmé M. Geisbert. « Nous avons espoir que la stratégie VSV, qui a donné d'excellents résultats pour les virus de Marburg et d'Ebola, et maintenant pour le virus de Lassa, s'avérera également utile contre d'autres types de fièvre hémorragique virale. »
« La fièvre de Lassa constitue une menace grave à la santé publique en Afrique de l'Ouest », a déclaré le Dr Feldmann, scientifique à l'ASPC. « Bien que le taux de mortalité associé à ce virus ne soit pas aussi élevé que celui de certaines autres fièvres hémorragiques virales, on compte beaucoup plus de cas de fièvre de Lassa, et un nombre important de survivants subissent des complications permanentes telles que la perte de l'ouïe. Ce vaccin pourrait donc toucher une population beaucoup plus importante. »
Un vaccin contre le virus de Lassa pourrait contribuer à contrôler les flambées de la maladie en Afrique et à protéger les travailleurs de la santé et des laboratoires. Selon les auteurs de l'étude, les tentatives antérieures visant à mettre au point des vaccins contre le virus de Lassa ont connu un succès partiel, mais aucune de ces tentatives n'a pu offrir aux primates non humains une protection complète contre des doses létales du virus.
« Le développement d'un vaccin efficace contre un virus responsable de fièvre hémorragique, tel que le virus de Lassa, constitue un important pas en avant dans la recherche de vaccins sécuritaires et efficaces contre la gamme complète d'éventuelles menaces biologiques », a déclaré le colonel George W. Korch, Jr., commandant du USAMRIID.
Il s'agit de la deuxième fois que ces scientifiques collaborent sur l'avancement de la santé publique, ce qui témoigne de leur dévouement et de la valeur de la collaboration transfrontalière, a affirmé Ujjal Dosanjh, ministre canadien de la Santé, se réferant à leur travail sur les virus d'Ebola et de Marburg. Carolyn Bennett, ministre d'État à la Santé publique, a fait valoir que les relations comme celle-ci font progresser la science et témoignent du calibre des organismes impliqués.
Bien que ces résultats préliminaires soient prometteurs, il faudra réaliser d'autres tests et répondre à certaines questions avant que le vaccin soit testé chez les êtres humains. Par exemple : le VSV « porteur » est-il sécuritaire? Quel est le délai de protection conféré par le vaccin? Le vaccin est-il efficace contre différentes souches génétiques du virus de Lassa?
Situé à Fort Detrick, au Maryland, le USAMRIID est le principal laboratoire de recherche médicale du U.S. Biological Defense Research Program (programme de recherche en défense biologique des É.-U.) et il joue un rôle clé dans la défense nationale et dans la recherche sur les maladies infectieuses. Sa mission est de réaliser de la recherche fondamentale et appliquée sur les menaces biologiques et de mettre au point des solutions médicales (telles que des vaccins, des médicaments et des méthodes diagnostiques) pour protéger le combattant. Le USAMRIID est un laboratoire subordonné du U.S. Army Medical Research and Materiel Command.
Le Laboratoire national de microbiologie de l'ASPC opère un laboratoire de confinement avec un niveau de biosécurité 4, où des pathogènes tel que les virus de Marbourg et d'Ebola peuvent être manipulés en toute sécurité. Basé à Winnipeg, le laboratoire a été à l'avant-garde de la recherche sur le SRAS, le virus du Nil occidental, le charbon et d'autres pathogènes dangereux.
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Références bibliographiques : Geisbert TW, Jones S, Fritz EA, Shurtleff AC, Geisbert JB, Liebscher R, Grolla A, Stroher U, Fernando L, Daddario KM, Guttieri MC, Mothe´BR, Larsen T, Hensley LE, Jahrling PB, Feldmann H. (2005) « Development of a new vaccine for the prevention of Lassa fever ». PLoS Med, 2(6): e183.
Sources de financement : Instituts de recherche en santé du Canada, le Medical Chemical/Biological Defense Research Program, le Military Infectious Diseases Research Program et le U.S. Army Medical Research and Materiel Command
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Renseignements aux médias :
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Caree Vander Linden
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