NOM: Rhinovirus
SYNONYME OU RENVOI: Rhinite virale aiguë, rhinite aiguë, virus du rhume, RhV.
CARACTÉRISTIQUES: Le rhinovirus, qui appartient à la famille des Picornaviridae et a été découvert en 1956, est un virus non enveloppé de petite taille, de forme icosaédrique mesurant 27 nm de diamètre et contenant un ARN à sens positif à simple brin(1,2). Plus de 100 sérotypes différents sur le plan antigénique ont été découverts, divisés en deux groupes, les RhV A et les RhV B, avec les sous-classes RhV A2 et RhV C, en raison de leur similarité séquentielle et des récepteurs d'entrée dans les cellules(3).
PATHOGÉNICITÉ ET TOXICITÉ: Les infections à rhinovirus humain (RVH) sont à l'origine d'environ 50 % des rhumes et des cas d'asthme, et d'exacerbation de la maladie pulmonaire obstructive chronique (MPOC)(4). La plupart des infections sont légères et autolimitantes, et affectent généralement les sinus, même si on soupçonne qu'elles peuvent aussi toucher l'oreille moyenne(5). Les symptômes peuvent comprendre un écoulement et une congestion nasale, des céphalées, une toux, des éternuements, un mal de gorge, une rhinorrhée, une diphtérie laryngienne chez les nourrissons, une trachéite et un malaise, et ils peuvent durer de 1 à 2 semaines(5-8); une fièvre peut apparaître chez les nourrissons et les jeunes enfants. La réplication du virus est optimale à 33-35 °C; le virus se trouve donc souvent dans les voies respiratoires supérieures, où il peut causer une toux bronchospastique persistante, et peut aussi entraîner une infection bactérienne secondaire comme une sinusite ou une otite moyenne(8). Même si elle est rare, il s'agit de la deuxième cause reconnue d'infection des voies respiratoires inférieures comme la pneumonie et la bronchiolite chez les jeunes enfants et les adultes immunodéprimés, et peut aussi entraîner une bronchite et une bronchopneumonie(3). Des vésicules gris-blanchâtre peuvent apparaître sur les régions postérieures du palais, sur la luette et sur les piliers amygdaliens(9). L'infection peut exacerber des maladies respiratoires préexistantes comme la fibrose kystique(3).
ÉPIDÉMIOLOGIE: Au niveau mondial — à l'origine de plus de 80 % des cas de rhume pendant les saisons à prévalence élevée comme à l'automne entre septembre et novembre dans les régions de climat tempéré, même si l'infection peut être présente toute l'année et affecter les personnes de tous les âges(3,7). Des études épidémiologiques ont montré que les enfants de moins de 7 ans sont plus sensibles que les adultes; presque tous les enfants auront contracté l'infection avant l'âge de 2 ans. Les personnes asthmatiques sont plus susceptibles de contracter cette infection(10).
GAMME D'HÔTES: Humains(11).
DOSE INFECTIEUSE: La dose infectieuse varie selon la souche ou le type de virus, allant d'une DICT50 de 0,032 à 0,4 pour une inoculation en vaporisateur nasal, à une DICT50 de 0,68 en particules en aérosol(12,13).
MODE DE TRANSMISSION: La transmission de particules virales en suspension en aérosol ou dans des gouttelettes constitue la principale voie de propagation du virus, qui peut entrer dans l'organisme par les voies respiratoires, par le nez ou la bouche(14,15). La transmission par contact direct et indirect survient aussi; la voie main-nez-main est la plus fréquente, suivi par l'auto-inoculation des muqueuses nasales ou conjonctivales par des particules virales présentes sur les mains(8).
PÉRIODE D'INCUBATION: De 48 à 72 heures habituellement(8).
TRANSMISSIBILITÉ: Pendant la période symptomatique et tant que le virus peut être décelé sur les mains et dans les muqueuses nasales(16).
RÉSERVOIR: Humains(11).
ZOONOSE: Aucune.
VECTEURS: Aucun.
SENSIBILITÉ AUX MÉDICAMENTS: Aucun traitement antiviral unique n'est efficace contre les infections par rhinovirus, en raison du grand nombre de sérotypes différents; cependant, l'association d'un antivirus et d'un antimédiateur peut être efficace, comme une association d'interféron-α2b et d'ipratropium par voie intranasale et de naproxène par voie orale (17) peut réduire les symptômes, la rhinorrhée, la toux et les malaises. Le dextrométhorphane et l'hydrocodone peuvent soulager la toux chez les adultes(7). Les décongestionnants topiques (par voie intranasale) et par voie orale, et l'ipratropium topique (anticholinergique sur ordonnance) peuvent soulager les symptômes nasaux chez les adultes. La prise d'antihistaminiques en monothérapie ou en association avec un décongestionnant est efficace, mais des effets secondaires sont parfois observés.
RÉSISTANCE AUX MÉDICAMENTS: On a observé une résistance au pléconaril (antiviral), au chalcone, au dichloroflavane, et au disoxaril(18,19).
SENSIBILITÉ AUX DÉSINFECTANTS: Sensible aux désinfectants comme le vaporisateur Lysol (biphényl-2-ol à 0,1 % et éthanol à 79 %) après 1 à 10 minutes, le javellisant domestique (800 ppm de chlore libre dilué à partir d'hypochlorite de sodium à 6 %) après 10 minutes, l'ammonium quaternaire à 7,05 % dilué dans de l'eau, le phénol à 14,7 % dilué dans de l'eau(20), le glutaraldéhyde à 2 %(21), et l'iode à 1 % a une activité virucide jusqu'à 1 heure sur les mains(22).
INACTIVATION PHYSIQUE: Inactiver en chauffant dans un bain d'eau à 56 °C pendant 16 minutes(23), et à un pH de 6 ou à un pH de 3 pour une inactivation rapide et complète(13). L'application de virucides (mélange de 3,5 mg d'acide citrique, de 1,7 mg d'acide malique, et de 0,7 mg de sulfate sodique de lauryle) sur du papier essuie-tout permet d'empêcher le virus expulsé par les voies nasales d'atteindre les mains, et prévient donc sa propagation(15).
SURVIE À L'EXTÉRIEUR DE L'HÔTE: Le virus peut survivre sur les surfaces en Formica, l'acier inoxydable, le bois verni, le nylon, l'acétate, les fibres Orlon et Dacron, la laine et la soie pendant un maximum de 3 heures; sur le coton, la rayonne, les mouchoirs de papier et le papier essuie-tout pendant 1 heure au maximum, et dans le mucus nasal pendant une période allant jusqu'à 24 heures(24). La dessiccation a peu d'effets sur sa viabilité.
SURVEILLANCE: Surveiller les symptômes. Le diagnostic d'infection à rhinovirus peut être posé par RT-PCR (réaction en chaîne de la polymérase après transcription inverse), avec des sondes qui ciblent la région non codante du virus(3). L'identification par culture cellulaire a été utilisée; cependant, cette méthode est moins sensible que la RT-PCR.
Remarque: Les méthodes de diagnostic ne sont pas nécessairement toutes disponibles dans tous les pays.
PREMIERS SOINS ET TRAITEMENT: Administrer le traitement médicamenteux approprié pour atténuer les symptômes, si nécessaire. L'humidification de l'air, la prise de liquides, du repos, des décongestionnants nasaux, des antitussifs et le gargarisme avec de l'eau chaude salée peuvent être efficaces dans le soulagement des symptômes(7,8).
IMMUNISATION: Aucun vaccin antirhinovirus n'existe sur le marché.
PROPHYLAXIE: Des études ont montré que les losanges de gluconate de zinc étaient un traitement efficace dans la réduction des signes cliniques de l'infection par rhinovirus(25), ainsi que l'interféron-α2 humain (HuIFN- α2), qui se prête bien à l'auto-administration et peut produire (26) un effet protecteur contre l'infection. Les antiviraux se sont révélés inefficaces en monothérapie, et ne peuvent offrir une protection que lorsqu'ils sont administrés avec d'autres antimédiateurs(17). Une bonne hygiène personnelle peut limiter le risque d'infection.
INFECTIONS CONTRACTÉES AU LABORATOIRE: Aucun cas d'infection n'a été signalé jusqu'à présent.
SOURCES ET ÉCHANTILLONS: Écouvillons nasaux et de la gorge(27).
DANGERS PRIMAIRES: Exposition des muqueuses à des particules en aérosol ou dans des gouttelettes transportant le virus infectieux, contact par la voie main à main(16).
DANGERS PARTICULIERS: Aucun.
CLASSIFICATION DU GROUPE DE RISQUE: Groupe de risque 2(28).
EXIGENCES DE CONFINEMENT: Installations, équipement et pratiques opérationnelles de niveau de confinement 2 pour le travail avec des matières, cultures ou animaux infectieux ou potentiellement infectieux(29).
VÊTEMENTS DE PROTECTION: Sarrau. Gants, lorsqu'un contact direct de la peau avec des matières infectées ou des animaux est inévitable. Une protection pour les yeux doit être utilisée lorsqu'il y a un risque connu ou potentiel d'éclaboussure(29).
AUTRES PRÉCAUTIONS: Toutes les procédures pouvant produire des aérosols ou mettant en cause des concentrations ou des quantités élevées doivent s'effectuer dans une enceinte de sécurité biologique (ESB). L'utilisation d'aiguilles, de seringues et d'autres objets tranchants doit être strictement restreinte. Des précautions supplémentaires doivent être envisagées pour les activités avec des animaux ou à grande échelle(29).
DÉVERSEMENTS: Laisser les aérosols se déposer et, tout en portant des vêtements de protection, couvrir délicatement le déversement avec des essuie-tout et appliquer un désinfectant approprié, en commençant par le périmètre et en se rapprochant du centre. Laisser agir suffisamment longtemps avant de nettoyer(29).
ÉLIMINATION: Avant la mise au rebut, décontaminer tous les déchets contenant l'organisme infectieux ou ayant été en contact avec cet organisme par autoclavage, désinfection chimique, exposition aux rayons gamma ou incinération(29).
ENTREPOSAGE: Contenants étiquetés et scellés de façon appropriée(29).
INFORMATION SUR LA RÉGLEMENTATION: L'importation, le transport et l'utilisation de pathogènes au Canada sont régis par de nombreux organismes de réglementation, dont l'Agence de la santé publique du Canada, Santé Canada, l'Agence canadienne d'inspection des aliments, Environnement Canada et Transports Canada. Il incombe aux utilisateurs de veiller à respecter tous les règlements et toutes les lois, directives et normes applicables.
DERNIÈRE MISE À JOUR: Septembre 2010.
PRÉPARÉE PAR: Direction de la règlementation des agents pathogènes, agence de la santé publique du Canada.
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