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MYCOPLASMA GENITALIUM

FICHE TECHNIQUE SANTÉ-SÉCURITÉ: AGENTS PATHOGÈNES

SECTION I - AGENT INFECTIEUX

NOM: Mycoplasma genitalium

SYNONYME OU RENVOI : Souche G37, urétrite non gonococcique (UNG), urétrite non gonococcique et non chlamydienne (UNGNC), cervicite mucopurulente (CMP)Note de bas de page 1.

CARACTÉRISTIQUES : M. genitalium est une bactérie intracellulaire en forme de flacon que l’on peut trouver dans les voies génito-urinaires; il s’agit d’une bactérie Gram négatif de la famille des Mycoplasmataceae et de la classe des MollicutesNote de bas de page 1-Note de bas de page 3. M. genitalium est la plus petite bactérie de la classe des Mollicutes (0,2 µm de diamètre); elle ne possède pas de gènes codant une paroi cellulaire, ce qui en fait un parasite et un saprophyteNote de bas de page 2. Au lieu d’une paroi cellulaire, M. genitalium possède une triple membrane qui contient du stérol provenant de l’environnement. M. genitalium utilise le codon UGA pour coder le tryptophane au lieu d’un codon d’arrêtNote de bas de page 1. M. genitalium métabolise le glucose. Cet agent pathogène interne a une meilleure croissance dans un milieu renfermant du sérum de veau fœtal. Dans le milieu de culture SP4, M. genitalium produit des colonies prenant un aspect en « œuf sur le plat » après 50 jours. Il est possible de réduire le temps de croissance de la bactérie à 14 jours en ajoutant 0,25 mg/ml de ciprofloxacine, afin de réduire la contamination par d’autres microorganismes.

SECTION II - DÉTERMINATION DU RISQUE

PATHOGÉNICITÉ ET TOXICITÉ : M. genitalium est la principale cause d’UNG et d’UNGNC chez les hommes, avec dysurie ou écoulement non spontanéNote de bas de page 1-Note de bas de page 4. La cervicite mucopurulente (CMP) est l’équivalent féminin de l’urétrite non gonococcique (UNG) et est caractérisée par un exsudat jaunâtre ou verdâtre au niveau du col de l’utérusNote de bas de page 3. On soupçonne également M. genitalium d’être un facteur à l’origine des atteintes inflammatoires pelviennes, caractérisées par une inflammation des voies génitales supérieures de la femme accompagnée de douleurs pelviennes, d’écoulements vaginaux anormaux, de prurit, de saignements et/ou d’odeurs. Les infections à M. genitalium peuvent être asymptomatiques. M. genitalium ne jouerait qu’un rôle mineur dans la vaginose bactérienne, les issues défavorables de la grossesse et l’infertilitéNote de bas de page 1. M. genitalium faciliterait également la transmission du VIHNote de bas de page 5.

ÉPIDÉMIOLOGIE : L’infection à M. genitalium est une maladie à distribution mondiale, la bactérie étant présente chez 1 % des adultes de 18 à 27 ans et chez 7 % des femmes de tous âgesNote de bas de page 5. Chez les femmes, la multiplicité des partenaires sexuels, les avortements spontanés, le tabagisme et les douches vaginales sont considérés comme des facteurs de risque.

GAMME D’HÔTES: L’humain est le seul hôte connu de M. genitalium, bien que la colonisation chez d’autres animaux soit théoriquement possibleNote de bas de page 3.

DOSE INFECTIEUSE : Inconnue.

MODE DE TRANSMISSION : M. genitalium est principalement transmis par contact sexuelNote de bas de page 5.

PÉRIODE D’INCUBATION: Inconnue.

TRANSMISSIBILITÉ : La transmission d’une personne à l’autre se produit principalement par contact sexuel, bien que les taux de transmission soient faiblesNote de bas de page 6.

SECTION III - DISSÉMINATION

RÉSERVOIR : Humains; les animaux peuvent théoriquement être porteurs de l’agent pathogèneNote de bas de page 3.

ZOONOSE : Aucune transmission zoonotique n’a été signalée pour cet agent pathogène, mais elle est théoriquement possibleNote de bas de page 3.

VECTEURS : Aucun.

SECTION IV - VIABILITÉ ET STABILITÉ

SENSIBILITÉ AUX MÉDICAMENTS : M. genitalium est sensible aux tétracyclines, aux macrolides et aux quinolonesNote de bas de page 7. L’azithromycine, les fluoroquinolones et la moxifloxacine sont également très efficaces contre l’infectionNote de bas de page 8.

SENSIBILITÉ AUX DÉSINFECTANTS : Les désinfectants phénoliques, l’hypochlorite de sodium à 1 %, l’éthanol à 70 %, le formaldéhyde, le glutaraldéhyde, les iodophores et l’acide peracétique sont efficaces contre M. genitaliumNote de bas de page 9.

INACTIVATION PHYSIQUE : M. genitalium est inactivé par les rayonnements ultraviolet, microonde et rayons gamma, par la chaleur humide (121 °C pendant au moins 20 min) et par la chaleur sèche (165 à 170 °C pendant 2 h)Note de bas de page 10-Note de bas de page 13.

SURVIE À L’EXTÉRIEUR DE L’HÔTE : S’il est protégé de l’évaporation, M. genitalium peut survivre pendant une heure dans un échantillon liquideNote de bas de page 14.

SECTION V - PREMIERS SOINS ET ASPECTS MÉDICAUX

SURVEILLANCE : Rechercher les symptômes. L’infection peut être confirmée par un test ELISA, par immunotransfert, par culture microbienne ou par PCRNote de bas de page 14, bien que de nombreuses méthodes ne fournissent pas le niveau de sensibilité nécessaire à l’établissement d’un diagnostic fiable. Les infections sont extrêmement difficiles à diagnostiquer en raison de la complexité de la culture de M. genitalium, attribuable à sa nature exigeante.

Remarque : Les méthodes diagnostiques ne sont pas nécessairement toutes disponibles dans tous les pays.

PREMIERS SOINS ET TRAITEMENT : Administrer le traitement pharmaceutique appropriéNote de bas de page 7. Le traitement à l’azithromycine est souvent bien toléré par les patients et donne de bons résultats pour ce qui concerne l’éradication des agents pathogènes pouvant causer une urétrite non gonococciqueNote de bas de page 15.

IMMUNISATION : Aucune.

PROPHYLAXIE : Aucune.

SECTION VI - DANGERS POUR LE PERSONNEL DE LABORATOIRE

INFECTIONS CONTRACTÉES AU LABORATOIRE : Aucun cas signalé à ce jour.

SOURCES ET ÉCHANTILLONS : M. genitalium peut être présent dans le sperme, l’urine, les sécrétions prostatiques, le liquide amniotique et les échantillons prélevés par écouvillonnage des voies génito-urinairesNote de bas de page 16.

DANGERS PRIMAIRES : Les personnes qui travaillent en laboratoire doivent éviter toute inoculation parentérale et ingestion accidentellesNote de bas de page 14.

DANGERS PARTICULIERS : Aucun.

SECTION VII - CONTRÔLE DE L'EXPOSITION ET PROTECTION PERSONNELLE

CLASSIFICATION DU GROUPE DE RISQUE : Groupe de risque 2Note de bas de page 17.

EXIGENCES DE CONFINEMENT : Installations, équipement et pratiques opérationnelles de niveau de confinement 2 pour le travail avec des matières, cultures ou animaux infectieux ou potentiellement infectieux.

VÊTEMENTS DE PROTECTION : Sarrau. Gants, lorsqu’un contact direct de la peau avec des matières infectées ou des animaux est inévitable. Une protection pour les yeux doit être utilisée lorsqu’il y a un risque connu ou potentiel d’éclaboussureNote de bas de page 18.

AUTRES PRÉCAUTIONS : Toutes les procédures pouvant produire des aérosols ou mettant en cause des concentrations ou des quantités élevées doivent s’effectuer dans une enceinte de sécurité biologique (ESB). L’utilisation d’aiguilles, de seringues et d’autres objets tranchants doit être strictement restreinte. Des précautions supplémentaires doivent être envisagées pour les activités avec des animaux ou à grande échelle Note de bas de page 18.

SECTION VIII - MANUTENTION ET ENTREPOSAGE

DÉVERSEMENTS : Laisser les aérosols se déposer et, tout en portant des vêtements de protection, couvrir délicatement le déversement avec des essuie-tout et appliquer un désinfectant approprié, en commençant par le périmètre et en se rapprochant du centre. Laisser agir suffisamment longtemps avant de nettoyer Note de bas de page 18.

ÉLIMINATION : Avant la mise au rebut, décontaminer tous les déchets qui contiennent ou ont été en contact avec l’organisme infectieux par autoclavage, désinfection chimique, exposition aux rayons gamma ou incinération.

ENTREPOSAGE : L’agent infectieux doit être entreposé dans des contenants étanches étiquetés de façon appropriée.

SECTION IX - RENSEIGNEMENTS SUR LA RÉGLEMENTATION ET AUTRES

INFORMATION SUR LA RÉGLEMENTATION : L’importation, le transport et l’utilisation de pathogènes au Canada sont régis par de nombreux organismes de réglementation, dont l’Agence de la santé publique du Canada, Santé Canada, l’Agence canadienne d’inspection des aliments, Environnement Canada et Transports Canada. Il incombe aux utilisateurs de veiller à respecter tous les règlements et toutes les lois, directives et normes applicables.

DERNIÈRE MISE À JOUR : Novembre 2010

PRÉPARÉE PAR : Direction de la règlementation des agents pathogènes, agence de la santé publique du Canada.

Bien que les renseignements, opinions et recommandations présentés dans cette Fiche de renseignements proviennent de sources que nous jugeons fiables, nous ne nous rendons pas responsables de leur justesse, de leur caractère exhaustif ou de leur fiabilité, ni des pertes ou blessures pouvant résulter de l’utilisation de ces renseignements. Comme on découvre fréquemment de nouveaux dangers, il est possible que ces renseignements ne soient pas tout à fait à jour.

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Canada

RÉFÉRENCES :

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