NOM: Mycoplasma pneumoniae
SYNONYME OU RENVOI: Agent Eaton, pneumonie ambulatoire, pneumonie primaire atypique, pneumonie pleurale atypique(1, 2).
CARACTÉRISTIQUES: M. pneumoniae est une bactérie fusiforme pléomorphe Gram négatif des voies respiratoires qui appartient à la famille des Mycoplasmataceae, de la classe des Mollicutes(1, 3). Elle mesure de 1 à 2 µm de longueur et de 0,1 à 0,2 µm de largeur(4). M. pneumoniae est mobile et se déplace par glissement plutôt que par un mouvement ondulatoire de poils ou de flagelles(5, 6). Cette bactérie ne possède pas de paroi cellulaire mais une triple membrane, ce qui en fait un parasite intracellulaire et un saprophyte(7). Les colonies de M. pneumoniae ont un diamètre de 100 µm, et un stéréomicroscope est nécessaire pour les observer. M. pneumoniae est considéré comme un agent pathogène atypique qui métabolise le glucose.
PATHOGÉNICITÉ ET TOXICITÉ: M. pneumoniae est la cause de nombreuses infections des voies respiratoires supérieures (50 % des cas), y compris de la pneumonie primaire atypique et de la trachéobronchite(2). Chez 25 % des patients, ces infections peuvent être précédées ou suivies de complications. La majorité de patients infectés ne présente pas de symptômes. La maladie se développe graduellement, les symptômes se manifestant sur une période allant de quelques jours à près d’un mois. Les manifestations cliniques comprennent un mal de gorge, un enrouement, de la fièvre, de la toux (peut être purulente), des céphalées, une rhinite, des maux d’oreille, une myalgie, des frissons et un malaise généralisé(2). Il peut également y avoir une dyspnée, et, dans certains cas, la toux présente les caractéristiques d’une toux coquelucheuse. Chez certains enfants, il peut y avoir une inflammation de la gorge, une adénopathie cervicale, une conjonctivite ou une myringite. L’évolution vers la pneumonie est rare chez les enfants de moins de 5 ans, mais fréquente chez les jeunes de 5 à 15 ans. Chez les adultes, la maladie est habituellement bénigne ou sans symptômes; l’infection peut toutefois être grave chez les personnes âgées ou immunodéprimées. Les personnes aux prises avec une affection comorbide, comme une asplénie fonctionnelle, une drépanocytose ou un autre état immunodéprimé, courent un risque accru de développer une pneumonie fulminante et une infection mixte(2). Des complications peuvent se produire avant, pendant ou après les symptômes respiratoires et peuvent également se produire sans syndrome respiratoire(2). Les complications les plus courantes touchent le système nerveux central (p. ex. encéphalite [complication la plus courante], coma, névrite optique, diplopie, encéphalomyélite aiguë disséminée, confusion mentale, syndrome cérébelleux et polyradiculite, paralysie des nerfs crâniens, méningite aseptique, méningo-encéphalite, psychose aiguë). Parmi les complications affectant l’appareil moteur, mentionnons la neuropathie du plexus brachial, l’ataxie, la choréoathétose et la paralysie ascendante (syndrome Guillain-Barré). On peut également observer des éruptions macropapulaires érythémateuses et vésiculeuses (25 %), une myalgie non spécifique, des arthralgies et des polyarthropathies (14 %), des complications cardiaques, gastro-intestinales et rénales, et des symptômes auriculaires.
ÉPIDÉMIOLOGIE: M. pneumoniae est présent partout dans le monde, mais un plus grand nombre de cas ont été relevés dans les climats tempérés(2, 8). Une légère différence entre les sexes a été observée dans certains groupes d’âge. Les personnes âgées et les enfants en bas âge sont moins susceptibles de contracter une pneumonie. Les éclosions tendent à se produire à la fin de l’été et au début de l’automne, et des épidémies cycliques sont observées tous les 3 à 5 ans au sein de populations civiles et militaires(1, 8).
GAMME D’HÔTES: Les humains sont le seul hôte connu de M. pneumoniae(2).
DOSE INFECTIEUSE: Moins de 100 UFC(8).
MODE DE TRANSMISSION: M. pneumoniae est principalement transmis d’une personne à une autre par de grosses gouttelettes; l’organisme peut aussi être transmis par des fomites aux personnes en contact étroit avec une personne infectée. Par conséquent, les cas secondaires sont fréquents chez ces personnes, mais comme la période d’excrétion est longue, la contamination peut prendre des semaines(2).
PÉRIODE D’INCUBATION: De 4 à plus de 23 jours(2).
TRANSMISSIBILITÉ: Les taux de transmission sont élevés; dans les cas d’infection des voies respiratoires supérieures, l’excrétion de M. pneumoniae s’échelonne sur une période de 2 à 8 jours avant l’apparition des symptômes, et peut durer jusqu’à 14 semaines après l’infection(1, 8).
RÉSERVOIR: Humains.
ZOONOSE: Aucune.
VECTEURS: Aucun.
SENSIBILITÉ AUX MÉDICAMENTS: M. pneumoniae est sensible à la plupart des antibiotiques courants à l’exception de l’acide nalidixique, des céphalosporines, des pénicillines et de la rifampicine(5).
SENSIBILITÉ AUX DÉSINFECTANTS: Les désinfectants phénoliques, l’hypochlorite de sodium à 1 %, l’éthanol à 70 %, le formaldéhyde, le glutaraldéhyde, les iodophores et l’acide peracétique sont efficaces contre M. pneumoniae(9).
INACTIVATION PHYSIQUE: M. pneumoniae est inactivé par les rayonnements ultraviolet, microonde et gamma, par la chaleur humide (121 °C pendant au moins 20 min) et par la chaleur sèche (165 à 170 °C pendant 2 h)(10-13).
SURVIE À L’EXTÉRIEUR DE L’HÔTE: S’il est protégé de l’évaporation, M. pneumoniae peut survivre pendant une heure dans un échantillon liquide et pendant au moins 4 heures dans l’air(3, 14). La durée de survie dans l’air est généralement plus élevée lorsque l’humidité relative (HR) est faible. Cinquante pour cent de l’échantillon survit pendant 4 heures dans une humidité relative de 10 %, 35 % dans une HR de 25 %, 20 % dans une HR de 90 %, et moins de 10 % dans une HR de 60 à 80 %.
SURVEILLANCE: Rechercher les symptômes. Habituellement, le diagnostic est posé au moyen d’un test de fixation du complément; l’immunofluorescence sur culture cellulaire et la PCR peuvent également confirmer des résultats négatifs(15). On peut aussi utiliser des épreuves sérologiques; les résultats varient toutefois selon la présence du VIH.
Remarque: Les méthodes de diagnostic ne sont pas nécessairement toutes disponibles dans tous les pays.
PREMIERS SOINS ET TRAITEMENT: Administrer la pharmacothérapie appropriée(5).
IMMUNISATION: Diverses souches vaccinales ont été utilisées, mais aucune n’est parvenue à conférer une protection contre l’infection(16).
PROPHYLAXIE: Aucune.
INFECTIONS CONTRACTÉES AU LABORATOIRE: Lors d’une éclosion survenue en 1989, 97 employés d’hôpital ont été infectés, et 2 travailleurs de laboratoire ont contracté une pneumonie(17).
SOURCES ET ÉCHANTILLONS: On peut trouver M. pneumoniae dans tout type d’échantillon clinique, mais plus fréquemment dans ceux associés aux voies respiratoires(2).
DANGERS PRIMAIRES: Les personnes qui travaillent en laboratoire devraient prendre les précautions nécessaires afin d’éviter toute inoculation parentérale, exposition des muqueuses à des gouttelettes, exposition à des aérosols infectieux et ingestion(2).
DANGERS PARTICULIERS: Aucun.
CLASSIFICATION DU GROUPE DE RISQUE: Groupe de risque 2 (18).
EXIGENCES DE CONFINEMENT: Installations, équipement et pratiques opérationnelles de niveau de confinement 2 pour le travail avec des matières, cultures ou animaux infectieux ou potentiellement infectieux.
VÊTEMENTS DE PROTECTION : Sarrau. Gants, lorsqu’un contact direct de la peau avec des matières infectées ou des animaux est inévitable. Une protection pour les yeux doit être utilisée lorsqu’il y a un risque connu ou potentiel d’éclaboussure (19).
AUTRES PRÉCAUTIONS : Toutes les procédures pouvant produire des aérosols ou mettant en cause des concentrations ou des quantités élevées doivent s’effectuer dans une enceinte de sécurité biologique (ESB). L’utilisation d’aiguilles, de seringues et d’autres objets tranchants doit être strictement restreinte. Des précautions supplémentaires doivent être envisagées pour les activités avec des animaux ou à grande échelle (19).
DÉVERSEMENTS: Laisser les aérosols se déposer et, tout en portant des vêtements de protection, couvrir délicatement le déversement avec des essuie-tout et appliquer un désinfectant approprié, en commençant par le périmètre et en se rapprochant du centre. Laisser agir suffisamment longtemps avant de nettoyer (19).
ÉLIMINATION: Avant la mise au rebut, décontaminer tous les déchets qui contiennent ou ont été en contact avec l’organisme infectieux par autoclavage, désinfection chimique, exposition aux rayons gamma ou incinération.
ENTREPOSAGE: L’agent infectieux doit être entreposé dans des contenants étanches étiquetés de façon appropriée.
INFORMATION SUR LA RÉGLEMENTATION: L’importation, le transport et l’utilisation de pathogènes au Canada sont régis par de nombreux organismes de réglementation, dont l’Agence de la santé publique du Canada, Santé Canada, l’Agence canadienne d’inspection des aliments, Environnement Canada et Transports Canada. Il incombe aux utilisateurs de veiller à respecter tous les règlements et toutes les lois, directives et normes applicables.
DERNIÈRE MISE À JOUR: Septembre 2011
PRÉPARÉE PAR: Direction de la règlementation des agents pathogènes, agence de la santé publique du Canada.
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