NOM: Leishmania spp.
SYNONYME OU RENVOI: Leishmaniose, kala-azar, fièvre Dum-Dum, fièvre noire. Les agents étiologiques appartiennent au complexe L. donovani, aux espèces L. tropica, L. major, L. aethiopica, au complexe L. Mexicana et au complexe L. Braziliensis(1, 2).
CARACTÉRISTIQUES: Les organismes du genre Leishmania appartiennent à la famille des Trypanosomatidae, de l’ordre des Kinetoplastida(1). Ils sont caractérisés par un stade promastigote flagellé dans un phlébotome et par un stade amastigote non mobile dans les macrophages des mammifères(3, 4). Les amastigotes, appelés corps de Leishman-Donovan (LD), sont de petite taille, ronds ou ovales, et mesurent de 3 à 5 µm(5). Hémisphère oriental: L. tropica, L. major, L. aethiopica. Hémisphère occidental: complexe L. braziliensis et complexe L. mexicana.
PATHOGÉNICITÉ ET TOXICITÉ: Le tableau clinique de la leishmaniose varie en fonction du statut immunitaire et nutritionnel, de l’espèce et de la souche. Les trois principaux syndromes cliniques, la leishmaniose cutanée, mucocutanée et viscérale, sont associés à une large gamme de manifestations. La leishmaniose cutanée (LC), transmise par L. tropica, L. mexicana, L. braziliensis et L. major, est caractérisée par des lésions cutanées ulcéreuses. La morphologie des lésions cutanées varie selon l’espèce de Leishmania en cause. Les symptômes peuvent être prurigineux et douloureux, et les lésions peuvent laisser des cicatrices. La leishmaniose cutanée peut se manifester par des lésions cutanées localisées ou diffuses, des ulcérations, une adénopathie, des lésions satellites et des nodules sous-cutanés(4, 6). Les symptômes systémiques sont souvent absents. La leishmaniose mucocutanée (LM), causée par L. braziliensis et parfois par d’autres espèces du genre Leishmania, se manifeste des années après la survenue de la leishmaniose cutanée. La LM est caractérisée par l’apparition d’une ou de plusieurs lésions cutanées, pour lesquelles il existe un risque d’infection secondaire, et par la destruction progressive des tissus. Au nombre des symptômes figurent les lésions des muqueuses, l’obstruction nasale et les saignements de nez, la déformation des palais, l’œdème gingival et la parodontite(4). Les lésions nasopharyngées peuvent être mortelles à cause du risque d’infection secondaire ou de complication respiratoire. La leishmaniose viscérale, généralement causée par les parasites du complexe L. donovani, est mortelle si elle n’est pas traitée. Elle se manifeste notamment par de la fièvre (deux pics quotidiens), une hépatosplénomégalie accompagnée de pancytopénie, un amaigrissement et une faiblesse, une coloration noire de la peau et une anémie(4). La leishmaniose cutanée post-kala-azar (également causée par L. donovani) survient 6 mois à 5 ans après une attaque de LV ou une guérison complète de cette maladie et se manifeste par des macules, des nodules et des plaques hyperpigmentés et par un érythème du visage(7).
ÉPIDÉMIOLOGIE: Présent dans le monde entier. Les organismes de ce genre sont endémiques dans 88 pays, pour la plupart des pays en développement, y compris certaines régions d’Europe, d’Amérique du Sud, d’Afrique et d’Asie(1). On estime que 12 millions de personnes dans le monde sont infectées et que 2 millions de nouveaux cas se déclarent chaque année, soit 1,5 million pour la leishmaniose cutanée et 500 000 pour la leishmaniose viscérale(4, 8, 9). Quatre-vingt-dix pour cent des cas de leishmaniose viscérale surviennent au Bangladesh, au Brésil, en Inde, au Népal et au Soudan; 90 % des cas de leishmaniose cutanée surviennent en Afghanistan, en Algérie, au Brésil, en Iran, au Pérou, en Arabie saoudite et en Syrie(4, 8).
GAMME D’HÔTES: Humains, mammifères à sang chaud, notamment les chiens, les chats et les petits rongeurs(2).
DOSE INFECTIEUSE: Inconnue.
MODE DE TRANSMISSION: Infection transmise par la piqûre d’un phlébotome femelle infecté du genre Phlebotemus ou Lutzomyia(10, 11). Le phlébotome est infecté par le parasite provenant d’un réservoir de zoonose. L’infection peut être transmise en laboratoire, par une transfusion sanguine, par voie congénitale ou sexuelle, et des cas de transmission par des mammifères domestiques ou sauvages ont également été signalés(1, 12).
PÉRIODE D’INCUBATION: Au moins une semaine, mais peut aller jusqu’à plusieurs mois.
TRANSMISSIBILITÉ: Transmissible par les phlébotomes tant que les parasites circulent dans le sang ou sont présents dans les lésions cutanées, même si la transmission d’une personne à une autre par transfusion sanguine, par contact sexuel ou par le placenta (de la mère à l’enfant) est rare(1). Les parasites peuvent continuer à circuler dans le sang alors que les symptômes ne sont plus apparents.
RÉSERVOIR: Humains et mammifères à sang chaud, notamment les chiens, les renards, les rats, les chats, les petits rongeurs, les paresseux et les marsupiaux(2, 4, 14, 15).
ZOONOSE: Oui, par la piqûre d’un phlébotome qui a ingéré le sang d’un mammifère hôte infecté(1).
VECTEURS: Phlébotomes du genre Phlebotemus ou Lutzomyia(10, 11).
SENSIBILITÉ AUX MÉDICAMENTS: On a observé une sensibilité à des agents systémiques tels que les médicaments à base d’antimoine, l’amphotéricine, la paromomycine et la miltéfosine par voie orale(8). La pentamidine n’est pas le médicament privilégié, mais elle a fait la démonstration de son efficacité contre les récidives. Un nouvel agent, la sitamaquine, est associé à un taux de guérison de 50 %(8). On peut utiliser des traitements en association contre les pathogènes devenus pharmacorésistants. Lors de l’administration d’un traitement par voie parentérale, p. ex. du stibogluconate de sodium, il convient de prendre en considération les facteurs tels que le risque de survenue d’une leishmaniose mucocutanée et le nombre, la taille ou les complications des lésions d’ulcération(16).
RéSISTANCE aux médicaments: La résistance au gluconate d’antimoine sodique a été démontrée pour toutes les espèces(4).
SENSIBILITÉ AUX DÉSINFECTANTS: Sensible à l’hypochlorite de sodium à 1 %, à TriGene à 2 %, à l’éthanol à 70 %, au savon pour les mains à 0,1 %, au glutaraldéhyde à 2 % et au formaldéhyde(17, 18).
INACTIVATION PHYSIQUE: Les espèces du genre Leishmania ne survivent pas à un autoclavage à 121 °C pendant 15 minutes(17). La température létale à 100 % est de loin inférieure à cette valeur (50 °C).
SURVIE À L’EXTÉRIEUR DE L’HÔTE: Ne survit pas à l’extérieur de l’hôte ou de la culture, mais demeure viable pendant 35 jours dans le sang entier conservé à 4 °C(19).
SURVEILLANCE: Rechercher les symptômes. Le diagnostic est effectué par la mise en évidence au microscope des amastigotes dans des échantillons de lésions après coloration. L’identification du parasite peut se faire par PCR en temps réel sur des échantillons de biopsie provenant de liquides prélevés sur des lésions, par transfert de Western, par test immunochromatographique avec l’antigène rk39, par des tests sérologiques tels que le test d’immunofluorescence, le test ELISA et le test d’agglutination directe(4). La distinction entre les espèces peut se faire en utilisant des enzymes de restriction qui ciblent les séquences polymorphes répétitives(20).
PREMIERS SOINS ET TRAITEMENT:Administrer la pharmacothérapie appropriée.
IMMUNISATION: Aucune
PROPHYLAXIE: Aucune
INFECTIONS CONTRACTÉES AU LABORATOIRE: Douze cas d’infection contractés en laboratoire ont été signalés(21).
SOURCES ET ÉCHANTILLONS: Les formes infectieuses peuvent être présentes dans le sang, les fèces, les exsudats de lésions et les arthropodes infectés(21).
DANGERS PRIMAIRES: Exposition parentérale accidentelle, aérosols, transmission par vecteur, muqueuses (buccale, nasale, oculaire), ingestion(21).
DANGERS PARTICULIERS: Contact avec une lésion, des fèces ou du sang, ou morsure par un mammifère infecté par voie naturelle ou expérimentale(21).
CLASSIFICATION DU GROUPE DE RISQUE: Groupe de risque 2 (22).
EXIGENCES DE CONFINEMENT: Installations, équipement et pratiques opérationnelles de niveau de confinement 2 pour le travail avec des matières, cultures ou animaux infectieux ou potentiellement infectieux. (Prenez note que les exigences de confinement pourraient différer en fonction du volume, la méthode de production, la concentration, ou d’autres facteurs additionnels qui pourraient modifier le risque associé à l’ infection, l’exposition et/ou la relâche dans l’environnement accidentelles.)
VÊTEMENTS DE PROTECTION : Sarrau. Gants, lorsqu’un contact direct de la peau avec des matières infectées ou des animaux est inévitable. Une protection pour les yeux doit être utilisée lorsqu’il y a un risque connu ou potentiel d’éclaboussure (23).
AUTRES PRÉCAUTIONS : Toutes les procédures pouvant produire des aérosols ou mettant en cause des concentrations ou des quantités élevées doivent s’effectuer dans une enceinte de sécurité biologique (ESB). L’utilisation d’aiguilles, de seringues et d’autres objets tranchants doit être strictement restreinte. Des précautions supplémentaires doivent être envisagées pour les activités avec des animaux ou à grande échelle (23).
DÉVERSEMENTS: Laisser les aérosols se déposer et, tout en portant des vêtements de protection, couvrir délicatement le déversement avec des essuie-tout et appliquer un désinfectant approprié, en commençant par le périmètre et en se rapprochant du centre. Laisser agir suffisamment longtemps avant de nettoyer (23).
ÉLIMINATION: Avant la mise au rebut, décontaminer tous les déchets qui contiennent ou ont été en contact avec l’organisme infectieux par autoclavage, désinfection chimique, exposition aux rayons gamma ou incinération(23).
ENTREPOSAGE: Le matériel infectieux doit être entreposé dans des contenants étanches, scellés et étiquetés de façon appropriée(23).
INFORMATION SUR LA RÉGLEMENTATION: L’importation, le transport et l’utilisation de pathogènes au Canada sont régis par de nombreux organismes de réglementation, dont l’Agence de la santé publique du Canada, Santé Canada, l’Agence canadienne d’inspection des aliments, Environnement Canada et Transports Canada. Il incombe aux utilisateurs de veiller à respecter tous les règlements et toutes les lois, directives et normes applicables.
DERNIÈRE MISE À JOUR: Septembre 2011
PRÉPARÉE PAR: Direction de la règlementation des agents pathogènes, agence de la santé publique du Canada.
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