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CORONAVIRUS HUMAIN

FICHE TECHNIQUE SANTÉ-SÉCURITÉ: AGENTS PATHOGÈNES

SECTION I - AGENT INFECTIEUX

NOM: Coronavirus humain (excluant CoV SRAS)

SYNONYME OU RENVOI: HCoV-229E, HCoV-OC43, HCoV-NL63, HCoV-HKU1, rhume, maladie respiratoire virale, gastroentérite virale.

CARACTÉRISTIQUES: Virus enveloppé de 120 à 160 nm de diamètre, dont le génome est constitué d’ARN à polarité positive, coiffé et polyadénylé, d’une longueur de 27à 32 kb(1-3). Il existe de nombreux coronavirus qui infectent les animaux; toutefois, à l’heure actuelle, on ne connaît que cinq souches de ce virus qui infectent l’humain, dont la classification est fonction de leur réactivité antigénique croisée, à savoir HCoV-229E, HCoV-OC43, HCoV-NL63 et HCoV-HKU1(1-4). Les souches HCoV-229E et HCoV-NL63 sont plus proches l’une de l’autre que des autres souches de coronavirus, car leur séquence présente 65 % d’homologie(5).

SECTION II - DÉTERMINATION DU RISQUE

PATHOGÉNICITÉ ET TOXICITÉ: Les souches HCoV-229E et HCoV-OC43 sont la cause du rhume, une infection des voies respiratoires supérieures à résolution spontanée. L’infection peut conduire à plusieurs affections, notamment les suivantes : bronchite, gastroentérite, encéphalite démyélinisante progressive, diarrhée, péritonite, obstruction nasale, rhinorrhée, éternuements, maux de gorge, toux(1, 5). Ces organismes peuvent provoquer des infections des voies respiratoires inférieures plus graves, comme la pneumonie, chez les nourrissons, les personnes âgées et les personnes immunodéprimées(1-3). HCoV-229E est un agent commun de la rhinite, alors que la présence de la souche HCoV-OC43 est généralement caractérisée par des maux de gorge(3). HCoV-NL63 provoque une laryngotrachéite (croup) et des infections non mortelles des voies respiratoires inférieures et supérieures chez les enfants, les personnes âgées et les immunodéprimés(1, 3). HCoV-HKU1 cause des affections bénignes des voies respiratoires supérieures, le rhume, la bronchiolite et la pneumonie, avec des symptômes tels qu’une rhinorrhée, de la fièvre, de la toux, des poussées fébriles et une respiration sifflante(3, 6). Des affections plus graves, parfois associées à des troubles gastro-intestinaux, peuvent survenir chez les enfants, les adultes atteints d’une maladie sous-jacente et les personnes âgées(1).

ÉPIDÉMIOLOGIE:: Les coronavirus sont présents dans le monde entier et sont à l’origine de 10 % à 15 % des cas de rhume. Les infections suivent un schéma saisonnier et surviennent principalement pendant l’hiver(7, 8).

GAMME D’HÔTES:Humains.

DOSE INFECTIEUSE:Inconnue.

MODE DE TRANSMISSION: L’infection peut être transmise par l’inhalation d’aérosols de gouttelettes respiratoires; le virus peut également se propager par la voie orofécale et par l’intermédiaire de fomites(1, 2).

PÉRIODE D’INCUBATION: 2-4 jours(4, 8).

TRANSMISSIBILITÉ:La transmission d’une personne à une autre est possible après l’inhalation de gouttelettes infectieuses ou après un contact avec des surfaces contaminées(8).

SECTION III - DISSÉMINATION

RÉSERVOIR: Humains(4).

ZOONOSE: Aucune.

VECTEURS: Aucune.

SECTION IV - VIABILITÉ ET STABILITÉ

SENSIBILITÉ AUX MÉDICAMENTS:À l’heure actuelle, il n’existe pas de médicament antiviral dirigé contre le coronavirus(4).

SENSIBILITÉ AUX DÉSINFECTANTS: Sensible à l’hypochlorite de sodium à 0,1 %, aux composés organochlorés à 0,1 %, aux iodophores à 10 %, à l’éthanol à 70 % et au glutaraldéhyde à 2 %. Résistant aux composés d’ammonium quaternaire à 0,04 % et aux dérivés phénoliques(9).

INACTIVATION PHYSIQUE: L’inactivation par les rayons UV peut être obtenue par exposition à 1200 µJ/cm2 pendant 30 minutes(10, 11).

SURVIE À L’EXTÉRIEUR DE L’HÔTE: Peut survivre jusqu’à 6 jours en milieu aqueux et jusqu’à 3 heures sur des surfaces inertes sèches(12).

SECTION V - PREMIERS SOINS ET ASPECTS MÉDICAUX

SURVEILLANCE: Les infections à coronavirus ne sont habituellement pas diagnostiquées en raison de leur caractère bénin et spontanément résolutif. Les laboratoires de recherche utilisent des méthodes d’isolement, la microscopie électronique, les tests sérologiques et la technique de PCR pour diagnostiquer les infections à coronavirus à des fins de surveillance(4).

Remarque : Les méthodes diagnostiques ne sont pas nécessairement toutes disponibles dans tous les pays.

PREMIERS SOINS ET TRAITEMENT: Aucun traitement spécifique disponible; prodiguer un traitement de soutien(4, 7).

IMMUNISATION: Aucune.

PROPHYLAXIE: Aucune.

SECTION VI - DANGERS POUR LE PERSONNEL DE LABORATOIRE

INFECTIONS CONTRACTÉES AU LABORATOIRE:À ce jour, aucune infection n’a été signalée. Toutefois, on pourrait sous-estimer l’incidence de l’infection, car les symptômes sont aspécifiques et spontanément résolutifs.

SOURCES ET ÉCHANTILLONS: Échantillons prélevés dans les voies respiratoires supérieures ou inférieures, fèces(2).

DANGERS PRIMAIRES: Aérosols, contact avec les fèces(2).

DANGERS PARTICULIERS: Aucun.

SECTION VII - CONTRÔLE DE L'EXPOSITION ET PROTECTION PERSONNELLE

CLASSIFICATION DU GROUPE DE RISQUE: Groupe de risque 2 (13). Le groupe de risque correspond au genre dans son ensemble et peut ne pas s’appliquer à toutes les espèces du genre.

EXIGENCES DE CONFINEMENT : Installations, équipement et pratiques opérationnelles de niveau de confinement 2 pour le travail avec des matières, cultures ou animaux infectieux ou potentiellement infectieux(14). Ces exigences de confinement s’appliquent au genre dans son ensemble et peuvent ne pas s’appliquer à chaque espèce du genre.

VÊTEMENTS DE PROTECTION : Sarrau. Gants, lorsqu’un contact direct de la peau avec des matières infectées ou des animaux est inévitable. Une protection pour les yeux doit être utilisée lorsqu’il y a un risque connu ou potentiel d’éclaboussure (14).

AUTRES PRÉCAUTIONS : Toutes les procédures pouvant produire des aérosols ou mettant en cause des concentrations ou des quantités élevées doivent s’effectuer dans une enceinte de sécurité biologique (ESB). L’utilisation d’aiguilles, de seringues et d’autres objets tranchants doit être strictement restreinte. Des précautions supplémentaires doivent être envisagées pour les activités avec des animaux ou à grande échelle (14).

SECTION VIII - MANUTENTION ET ENTREPOSAGE

DÉVERSEMENTS : Laisser les aérosols se déposer et, tout en portant des vêtements de protection, couvrir délicatement le déversement avec des essuie-tout et appliquer un désinfectant approprié, en commençant par le périmètre et en se rapprochant du centre. Laisser agir suffisamment longtemps avant de nettoyer(14).

ÉLIMINATION: Avant la mise au rebut, décontaminer tous les déchets qui contiennent ou sont entrés en contact avec l’organisme infectieux par autoclavage, désinfection chimique, irradiation aux rayons gamma ou incinération(14).

ENTREPOSAGE: L’agent infectieux doit être entreposé dans des contenants étanches étiquetés de façon appropriée(14).

SECTION IX - RENSEIGNEMENTS SUR LA RÉGLEMENTATION ET AUTRES

INFORMATION SUR LA RÉGLEMENTATION : L’importation, le transport et l’utilisation de pathogènes au Canada sont régis par de nombreux organismes de réglementation, dont l’Agence de la santé publique du Canada, Santé Canada, l’Agence canadienne d’inspection des aliments, Environnement Canada et Transports Canada. Il incombe aux utilisateurs de veiller à respecter tous les règlements et toutes les lois, directives et normes applicables.

DERNIÈRE MISE À JOUR: Novembre 2010

PRÉPARÉE PAR: Direction de la règlementation des agents pathogènes, agence de la santé publique du Canada.

Bien que les renseignements, opinions et recommandations présentés dans cette Fiche de renseignements proviennent de sources que nous jugeons fiables, nous ne nous rendons pas responsables de leur justesse, de leur caractère exhaustif ou de leur fiabilité, ni des pertes ou blessures pouvant résulter de l’utilisation de ces renseignements. Comme on découvre fréquemment de nouveaux dangers, il est possible que ces renseignements ne soient pas tout à fait à jour.

Tous droits réservés
© Agence de la santé publique du Canada, 2010
Canada

RÉFÉRENCES:

  1. Wevers, B. A., & van der Hoek, L. (2009). Recently Discovered Human Coronaviruses. Clinics in Laboratory Medicine, 29(4), 715-724.
  2. Mahony, J. B. (2007). Coronaviruses. In P. R. Murray (Ed.), Manual of Clinical Microbiology (9th ed., pp. 1414-1423). Washington D.C.: ASM Press.
  3. Pyrc, K., Berkhout, B., & van der Hoek, L. (2007). Antiviral strategies against human coronaviruses. Infectious Disorders Drug Targets, 7(1), 59-66.
  4. Lai, M. M. C., Perlman, S., & Anderson, L. J. (2007). Coronaviridae. In D. M. Knipe, P. M. Howley, D. E. Griffin, M. A. Martin, R. A. Lamb, B. Roizman & S. E. Straus (Eds.), Fields Virology (5th ed., pp. 1305-1336). Philadelphia PA: Lippincott Williams & Wilkins.
  5. Dijkman, R., & van der Hoek, L. (2009). Human coronaviruses 229E and NL63: close yet still so far. Journal of the Formosan Medical Association = Taiwan Yi Zhi, 108(4), 270-279. doi:10.1016/S0929-6646(09)60066-8
  6. Perlman, S., & Netland, J. (2009). Coronaviruses post-SARS: update on replication and pathogenesis. Nature Reviews.Microbiology, 7(6), 439-450. doi:10.1038/nrmicro2147
  7. Van Der Hoek, L. (2007). Human coronaviruses: What do they cause? Antiviral Therapy, 12(4 B), 651-658.
  8. Wat, D. (2004). The common cold: A review of the literature. European Journal of Internal Medicine, 15(2), 79-88.
  9. Sattar, S. A., Springthorpe, V. S., Karim, Y., & Loro, P. (1989). Chemical disinfeciton of non-porous inanimate surface experimentally contaminated with four human pathogenic viruses. Epidemiology and Infection, 102(3), 493-505.
  10. Johnston, S. L., Papi, A., Bates, P. J., Mastronarde, J. G., Monick, M. M., & Hunninghake, G. W. (1998). Low grade rhinovirus infection induces a prolonged release of IL-8 in pulmonary epithelium. Journal of Immunology (Baltimore, Md.: 1950), 160(12), 6172-6181.
  11. Chilvers, M. A., McKean, M., Rutman, A., Myint, B. S., Silverman, M., & O'Callaghan, C. (2001). The effects of coronavirus on human nasal ciliated respiratory epithelium. The European Respiratory Journal : Official Journal of the European Society for Clinical Respiratory Physiology, 18(6), 965-970.
  12. Sizun, J., Yu, M. W. N., & Talbot, P. J. (2000). Survival of human coronaviruses 229E and OC43 in suspension and after drying on surfaces: A possible source of hospital-acquired infections. Journal of Hospital Infection, 46(1), 55-60.
  13. Human Pathogens and Toxins Act. S.C. 2009, c. 24. Government of Canada, Second Session, Fortieth Parliament, 57-58 Elizabeth II, 2009, (2009).
  14. Public Health Agency of Canada. (2004). In Best M., Graham M. L., Leitner R., Ouellette M. and Ugwu K. (Eds.), Laboratory Biosafety Guidelines (3rd ed.). Canada: Public Health Agency of Canada.