NOM : Bartonella bacilliformis
SYNONYME OU RENVOI: Fièvre d’Oroya(1, 2), verruga peruana, Lutzomyia verrucarum, bartonellose, maladie de Carrion.
CARACTÉRISTIQUES: Bâtonnet Gram négatif aérobie et mobile à flagelles unipolaires(2, 3); longueur de 0,3 à 1,5 µm et largeur de 0,2 à 0,5 µm; organisme exigeant et hémotrophe(3, 4). B. bacilliformis se retrouve principalement sous la forme de petits bâtonnets isolés ou regroupés par paires, ou encore en chaînes ou en grappes(2). Cet organisme croît de manière optimale à une température comprise entre 25 et 28 °C, préfère un pH de 7,8, ne fermente pas les sucres, ne produit pas d’hémolysine et peut survivre dans un milieu semi-solide à -70 °C pendant de nombreuses années et entre 25 et 28 °C pendant plusieurs semaines.
PATHOGÉNICITÉ ET TOXICITÉ: Provoque chez l’humain une maladie biphasique se présentant sous deux formes cliniques distinctes : la fièvre d’Oroya (forme souvent fatale caractérisée par le syndrome hémolytique) et la verruga peruana (forme non fatale caractérisée par une éruption cutanée d’éléments verruqueux)(2, 5). L’infection bactérienne peut demeurer asymptomatique ou évoluer vers la maladie.
Dans la forme aiguë de la fièvre d’Oroya, la maladie évolue rapidement et se manifeste par une anémie fébrile et une parasitémie élevée, accompagnées de fièvre, d’anémie hémolytique, de céphalées et de pâleur(2, 6). Une destruction des érythrocytes dans les organes peut ensuite se produire, accompagnée d’adénopathie, d’une thrombocytopénie sévère, de myalgies, d’arthralgies et de complications hypoxiques comme le délirium ou le coma. Les taux de mortalité associés à la fièvre d’Oroya peuvent aller de 40 à 85 %(5, 7). On observe généralement une période de latence asymptomatique qui est suivie, chez bon nombre de patients, par une phase éruptive chronique, ou verruga peruana(2). Les lésions sont des excroissances nodulaires verruqueuses ou hémangiomateuses dont la taille et le nombre sont variables, qui peuvent persister pendant plusieurs mois à plusieurs années et peuvent être accompagnées de douleurs musculaires et articulaires intenses(6, 8). Des lésions muqueuses et internes sont également possibles. Si la fièvre d’Oroya et la verruga peruana apparaissent en général de manière séquentielle, chaque phase constitue un syndrome distinct en l’absence de l’autre(2).
ÉPIDÉMIOLOGIE: Infections observées uniquement en Amérique du Sud, à des altitudes intermédiaires (Pérou, Équateur, Colombie)(2, 7).
GAMME D’HÔTES: Humains, singes(2, 5).
DOSE INFECTIEUSE: Inconnue.
MODE DE TRANSMISSION: Transmis par une piqûre du phlébotome Lutzomyia verrucarum(1, 2).
PÉRIODE D’INCUBATION: La fièvre d’Oroya peut apparaître de 1 à 3 semaines après l’infection, tandis que la phase verruga peruana peut survenir de 2 semaines à plusieurs années après la guérison à la suite d’une bartonellose(2, 6).
TRANSMISSIBILITÉ: B. bacilliformis est transmis d’une personne à une autre par l’intermédiaire de vecteurs (Lutzomyia verrucarum)(1).
RÉSERVOIR: Humains (on pense que le stade dormant et asymptomatique de la maladie chez l’humain constitue un réservoir naturel)(2, 5).
ZOONOSE: Aucune
VECTEURS: Phlébotome, Lutzomyia spp.(1).
SENSIBILITÉ AUX MÉDICAMENTS: Sensible au chloramphénicol, à la pénicilline, à la gentamicine, à la doxycycline, aux bêta-lactamines, à la rifampine, aux macrolides, au cotrimoxazole, aux fluoroquinolones, à la streptomycine et à la tétracycline(2, 9, 10).
RÉSISTANCE AUX MÉDICAMENTS: Résistant à l’acide nalidixique, à la vancomycine, à la clindamycine, à la ciprofloxacine, à la rifampicine, à l’érythromycine et aux aminoglycosides(9, 11). Une résistance aux quinolones a été signalée(12).
SENSIBILITÉ AUX DÉSINFECTANTS: On ne dispose pas de renseignements portant précisément sur B. bacilliformis. Toutefois, il a été démontré que la plupart des bactéries sont sensibles au chlore à de faibles concentrations, à l’hypochlorite de sodium à 1 %, au formaldéhyde à 2 %, à l’éthanol à 70 %, aux composés phénoliques tels que l’orthophénylphénol et l’ortho-benzyl-para-chlorophénol, au glutaraldéhyde en solution aqueuse à 2 % et à l’acide peracétique (0,001 à 0,2 %)(13-15).
INACTIVATION PHYSIQUE: On ne dispose pas de renseignements portant précisément sur B. bacilliformis. Toutefois, la plupart des bactéries peuvent être inactivées par la chaleur humide (121 °C pendant 15 à 30 minutes) et par la chaleur sèche (160 à 170 °C pendant 1 à 2 heures)(16).
SURVIE À L’EXTÉRIEUR DE L’HÔTE: B. bacilliformis peut survivre dans un milieu semi-solide à -70 °C pendant de nombreuses années et entre 25 et 28 °C pendant plusieurs semaines(2).
SURVEILLANCE: Rechercher les symptômes. L’infection peut être confirmée par l’isolement de l’agent infectieux à l’aide de méthodes de culture telles que le frottis de sang périphérique, la coloration au Giemsa et l’identification des bacilles, la PCR et l’épreuve d’immunofluorescence indirecte (IFA)(11, 17). On peut avoir recours à des méthodes plus précises fondées sur la détection de nouveaux antigènes ou sur le séquençage des gènes pertinents par analyse phylogénétique(17-19).
Remarque : Les méthodes diagnostiques ne sont pas nécessairement toutes disponibles dans tous les pays.
PREMIERS SOINS ET TRAITEMENT:Administrer le traitement pharmaceutique approprié. Phase aiguë : administrer le régime antibiotique approprié(11). Transfusion sanguine dans les cas d’anémie sévère.
Phase éruptive : Le traitement recommandé est la rifampine pendant 14 à 21 jours, ou encore l’azithromycine, la ciprofloxacine ou l’érythromycine pendant 7 à 14 jours(11). Les traitements faisant appel au chloramphénicol ou à la pénicilline ne sont pas utiles durant cette phase.
IMMUNISATION: Aucune.
PROPHYLAXIE: Aucune.
INFECTIONS CONTRACTÉES AU LABORATOIRE: Un cas d’infection par B. bacilliformis contractée en laboratoire a été signalé et a fait l’objet d’une publication en 1976(20).
SOURCES ET ÉCHANTILLONS: Sang, lésion cutanée, vecteur infecté(1-3).
DANGERS PRIMAIRES: Inoculation parentérale accidentelle, contact avec des phlébotomes de laboratoire infectés (1-3, 3, 4).
DANGERS PARTICULIERS: Aucun.
CLASSIFICATION DU GROUPE DE RISQUE: Groupe de risque 2 (21).
EXIGENCES DE CONFINEMENT : Installations, équipement et pratiques opérationnelles de niveau de confinement 2 pour le travail avec des matières, cultures ou animaux infectieux ou potentiellement infectieux.
VÊTEMENTS DE PROTECTION : Sarrau. Gants, lorsqu’un contact direct de la peau avec des matières infectées ou des animaux est inévitable. Une protection pour les yeux doit être utilisée lorsqu’il y a un risque connu ou potentiel d’éclaboussure (22).
AUTRES PRÉCAUTIONS : Toutes les procédures pouvant produire des aérosols ou mettant en cause des concentrations ou des quantités élevées doivent s’effectuer dans une enceinte de sécurité biologique (ESB). L’utilisation d’aiguilles, de seringues et d’autres objets tranchants doit être strictement restreinte. Des précautions supplémentaires doivent être envisagées pour les activités avec des animaux ou à grande échelle (22).
DÉVERSEMENTS : Laisser les aérosols se déposer et, tout en portant des vêtements de protection, couvrir délicatement le déversement avec des essuie-tout et appliquer un désinfectant approprié, en commençant par le périmètre et en se rapprochant du centre. Laisser agir suffisamment longtemps avant de nettoyer (22).
DÉVERSEMENTS: Avant la mise aux rebuts, décontaminer tous les déchets qui contiennent ou ont été en contact avec l’organisme infectieux par autoclavage, désinfection chimique, exposition aux rayons gamma ou incinération(22).
ENTREPOSAGE: L’agent infectieux doit être entreposé dans des contenants étanches étiquetés de façon appropriée(22).
INFORMATION SUR LA RÉGLEMENTATION : L’importation, le transport et l’utilisation de pathogènes au Canada sont régis par de nombreux organismes de réglementation, dont l’Agence de la santé publique du Canada, Santé Canada, l’Agence canadienne d’inspection des aliments, Environnement Canada et Transports Canada. Il incombe aux utilisateurs de veiller à respecter tous les règlements et toutes les lois, directives et normes applicables.
DERNIÈRE MISE À JOUR: Novembre 2010
PRÉPARÉE PAR: Direction de la règlementation des agents pathogènes, agence de la santé publique du Canada.
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