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Avis de biosécurité : Coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen‑Orient (MERS-CoV)

7 juillet 2015

Cet avis de biosécurité est émis par l'Agence de la santé publique du Canada (l'Agence) pour aider les laboratoires à élaborer des procédures de biosécurité efficaces pour la manipulation des échantillons renfermant le coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS-CoV), auparavant appelé coronavirus humain Centre médical Erasmus (HCoV-EMC/2012). Le groupe de risque (GR) associé au MERS-CoV est le GR3.

1. Contexte

Les coronavirus appartiennent à une famille de virus qui peuvent infecter divers mammifères hôtes. Les coronavirus se transmettent facilement entre des humains par le contact direct avec des sécrétions respiratoires, des liquides organiques et des excrétions provenant des personnes infectées.Note de bas de page 1 Chez les humains, les coronavirus sont principalement responsables du rhume. Toutefois, le coronavirus à l'origine du syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS-CoV) peut causer une maladie respiratoire grave. Les données tirées du séquençage génétique indiquent que ce nouveau virus est un bêtacoronavirus semblable au coronavirus des chauves-souris, mais différent du SRAS-CoV.Note de bas de page 2

Le MERS-CoV a été découvert en Arabie saoudite en 2012. En date du 9 juin 2015, 1218 cas humains de maladie respiratoire grave avaient été confirmés, dont au moins 449 se sont avérés mortels. Veillez consulter le site Web d'Alerte et action au niveau mondial (GAR) de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) pour la plus récente mise à jour du nombre de cas.Note de bas de page 3

Le profil actuel des infections au MERS-CoV semble être le résultat de transmissions répétées du MERS-CoV des chameaux aux humains, et de transmissions secondaires interhumaines limitées. La source des infections primaires au MERS-CoV semble être le résultat d'expositions zoonotiques, et les données scientifiques indiquent que les chameaux sont réservoirs ou hôtes intermédiaires. Toutefois, la voie d'infection demeure inconnue.Note de bas de page 3,Note de bas de page 4 Le MERS-CoV a une gamme d'hôtes cellulaires relativement large, ce qui pourrait indiquer qu'une variété d'animaux domestiques et sauvages pourrait servir de réservoir.Note de bas de page 5 Les infections interhumaines peuvent résulter d'un contact étroit avec des membres de la famille, des personnes du même domicile ou dans un milieu de soins de santé. Jusqu'à présent, le MERS-CoV a démontré une transmission interhumaine limitée et peu soutenue.

Le MERS-CoV circule présentement dans la péninsule arabique, principalement en Arabie saoudite. Les pays de la péninsule arabique ou ceux de la région où des infections au MERS-CoV ont été signalées comprennent l'Iran, la Jordanie, le Koweït, le Liban, l'Oman, le Qatar, l'Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et le Yémen.Note de bas de page 6 Des cas liés au voyage ont été signalés en Algérie, l'Autriche, la Chine, l'Égypte, la France, l'Allemagne, la Grèce, l'Italie, la Malaisie, les Pays-Bas, la République de Corée, la Tunisie, la Turquie, le Royaume-Uni et les États-Unis.Note de bas de page 6 L'épidémie en la République de Corée représente la plus grande épidémie hors de la région où le MERS-CoV est endémique.Note de bas de page 3

2. Exigences en matière de biosécurité

Le tableau ci-dessous résume les exigences en matière de confinement physique et opérationnel applicables aux laboratoires qui travaillent sur le MERS-CoV. D'après le tableau clinique de la maladie respiratoire grave, et compte tenu du faible risque pour la santé publique en raison d'une transmission interhumaine limitée, ce nouveau coronavirus est classé comme un agent pathogène humain du groupe de risque 3 (GR3) exigeant un niveau de confinement 3 (NC3 ou NC3-Ag) pour toutes les activités comportant des cultures in vitro ou les activités in vivo. Les activités diagnostiques ou cliniques sans mise en culture peuvent être effectuées dans un laboratoire de NC2, si elles sont assorties d'exigences supplémentaires en matière de biosécurité, comme il est indiqué ci-dessous.

L'Agence continuera de surveiller la situation et mettra à jour le présent avis pour tenir compte des nouvelles données, le cas échéant. Les laboratoires devraient consulter les Normes et lignes directrices canadiennes sur la biosécurité, première édition 2013Lien externeNote de bas de page 7 pour obtenir la liste complète des exigences en matière de biosécurité.

Type d'échantillon et activité Niveau de confinement minimum
NC2 NC3

† Avec exigences supplémentaires en matière de biosécurité telles que décrites dans la section 3.0

* Le travail dans des zones PA doit satisfaire aux exigences de la colonne NC3 des NLDCB et le travail dans les zones GA doit satisfaire aux exigences de la colonne NC3-Ag des NLDCB.

Activités cliniques/diagnostiques sans mise en culture

Des exemples de ces activités comprennent, mais ne sont pas limités à/au(x):

  • traitement des échantillons en vue de leur emballage et distribution aux laboratoires;
  • activités diagnostiques (à l'exclusion de culture); et
  • l'analyse moléculaire d'acides nucléiques, etc.
Oui  
Activités in vitro avec cultures

Des exemples de ces activités comprennent, mais ne sont pas limités à/au(x):

  • cultures à partir d'échantillons;
  • travaux préparatoires pour activités in vivo; et
  • traitement des cultures positives en vue de leur emballage et de leur distribution aux laboratoires, etc.
  Oui
Manipulation in vivo   Oui*

3. Exigences supplémentaires en matière de biosécurité

En plus des exigences applicables au NC2 indiquées dans les chapitres 3 et 4 de la partie I des NLDCB, il faut suivre les exigences supplémentaires ci-dessous pour les activités cliniques/diagnostiques sans mise en culture de l'agent pathogène.

Activités cliniques/diagnostiques sans mise en culture

  • Toutes les activités comportant la manipulation de récipients ouverts contenant des matières infectieuses doivent être menées dans une ESB certifiée ou dans un autre dispositif de confinement primaire approprié (NLDCB, E4.6.24).
  • Les employés qui effectuent des activités à l'extérieur d'un dispositif de confinement primaire et qui risquent d'être exposés lors de la manipulation ou du transport de matières ou de déchets infectieux doivent porter un appareil de protection respiratoire (NLDCB, E4.4.8).
  • Les employés doivent enfiler une couche additionnelle de vêtements de protection (p. ex. sarrau ne s'ouvrant pas à l'avant et à poignets bien ajustés) avant de travailler avec des matières infectieuses, conformément aux procédures relatives à l'entrée dans la zone de confinement (NLDCB, E4.4.6).
  • Les employés doivent retirer la couche additionnelle d'EPI lorsqu'ils quittent et traversent la barrière de confinement (NLDCB, R4.5.13). Une fois retiré, l'EPI doit être laissé à proximité de l'espace de travail dédié.

4. Transport

L'emballage, l'expédition et le transport des échantillons doivent être conformes aux exigences du Règlement sur le transport des marchandises dangereusesNote de bas de page 8 de Transports Canada et à celles de la Réglementation des marchandises dangereuses de l'Association du transport aérien international.

  • Pour le transport aérien, les cultures de l'agent viral sont considérées des matières infectieuses de la catégorie A, UN 2814.
  • Pour le transport aérien, les échantillons primaires/prélevés chez des patients sont considérées des matières infectieuses de la catégorie B, UN 3373.

Pour en savoir davantage sur la façon de suivre une formation et d'obtenir une certification pour le transport des marchandises dangereuses, veuillez communiquer avec le Bureau de la sécurité des laboratoires en envoyant un courriel à lsd-dsl@hc-sc.gc.ca ou en composant le 613-292-6754 (ligne d'urgence 24 heures par jour, 7 jours par semaine).

5. Coordonnées

Veuillez noter que le présent avis est fondé sur les données scientifiques actuelles concernant cet agent pathogène et qu'il pourrait être revu et modifié à mesure que d'autres renseignements seront communiqués. Pour obtenir d'autres renseignements sur la biosécurite d u Centre de la biosûreté de l'ASPC, consultez le site Web suivant : Biosécurité en laboratoire. Vous pouvez aussi nous joindre au téléphone (613-957-1779), par télécopieur (613-941-0596) et par courriel : biosafety_biosecurity@phac-aspc.gc.ca.

6. Références

Note de bas de page 1
Heymann, D. L. (Ed.). (2008). Control of Communicable Diseases Manual (19th Edition ed.). Washington, DC: American Public Health Association.
Note de bas de page 2
van Boheemen S, de Graaf M, Lauber C, et al. (2012). Genomic Characterization of a Newly Discovered Coronavirus Associated with Acute Respiratory Distress Syndrome in Humans. mBio. 3 (6): e00473-12
Note de bas de page 3
Organisation mondiale de la Santé. ( 2015). Alerte et action au niveau mondial. Coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS-CoV). http://www.who.int/csr/don/fr/index.html
Note de bas de page 4
Mackay, I.M., Arden, K.E. (2015). Middle East respiratory syndrome: An emerging coronavirus infection tracked by the crowd. Virus research, 202: 60-88.
Note de bas de page 5
Müller M, Stalin Raj V, Muth D, et al. (2012). HumanCoronavirus EMC Does Not Require the SARS-Coronavirus Receptor and Maintains Broad Replicative Capability in Mammalian Cell Lines. mBio. 3 (6): e00515-12.
Note de bas de page 6
Middle East respiratory syndrome coronavirus (MERS-CoV) maps and epicurves. http://www.who.int/csr/disease/coronavirus_infections/maps-charts/en/
Note de bas de page 7
Gouvernement du Canada (2013). Normes et lignes directrices canadiennes sur la biosécurité (1re éd.). Ottawa (Ont.), Canada : Gouvernement du Canada http://normescanadiennesbiosecurite.collaboration.gc.ca/
Note de bas de page 8
Transports Canada, Règlement sur le transport des marchandises dangereuses, http://www.tc.gc.ca/fra/tmd/securite-menu.htm

7. Resources

  1. Page d'information de l'ASPC sur le coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS-CoV)
  2. Alerte et action au niveau mondial (GAR) de l'OMS. Infections à coronavirusLien externe
  3. Recommandations provisoires de l'OMS pour le dépistage en laboratoire du coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient, septembre 2013. [document PDF - en anglais]Lien externe
  4. Page d'information des CDC sur le syndrome respiratoire du Moyen-Orient. [en anglais]Lien externe