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Forum canadien de mise en œuvre de la stratégie antivirale en ce qui concerne l’influenza pandémique : compte rendu des délibérations

Les 25 et 26 octobre 2007 Montréal (Québec)

Table des matières

Sommaire

Les 25 et 26 octobre 2007, l'Agence de la santé publique du Canada (ASPC) a accueilli un forum canadien de mise en oeuvre de la stratégie relative aux antiviraux en ce qui concerne l'influenza pandémique. Le forum a permis de réunir des intervenants clés afin que ceux-ci approuvent les éléments nationaux de la stratégie de traitement précoce à l'aide d'antiviraux et examinent les défis, les pratiques exemplaires et les modèles afin de faire progresser l'élaboration et la coordination des plans de mise en oeuvre de la réserve nationale d'antiviraux. Plus de 120 délégués étaient présents au forum.

Le forum a été planifié par un comité de planification de plusieurs intervenants présidé par Patricia Huston (représentant les intérêts fédéraux et le Comité sur la pandémie de l'influenza (CPI) et Corinne Rowswell (représentant les intérêts provinciaux/territoriaux et le Groupe de travail FPT pour la préparation concertée des opérations de santé en vue d'une éventuelle pandémie (PPHOC). En outre, deux groupes de travail ont facilité la préparation de la première journée et de la deuxième journée du forum. 

Parmi les délégués, on trouvait des médecins hygiénistes en chef (ou leurs délégués), des planificateurs en santé provinciaux/territoriaux (p-t) nommés par le Conseil du Réseau de santé publique (CRSP), des membres du CPI, des membres du PPHOC, des représentants de la santé publique locaux, des représentants fédéraux et des représentants de divers groupes d'intervenants (Collège des médecins de famille du Canada, Association des infirmières et infirmiers du Canada, etc.). La Direction générale de la santé des Premières nations et des Inuits (DGSPNI) et les représentants des collectivités inuites et de Premières nations étaient bien représentés au forum. Le forum a accueilli des invités internationaux provenant de l'Australie, du Royaume-Uni, de l'Union européenne, du Japon et des États-Unis.

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25 octobre 2007 - première journée

La première journée du forum était principalement axée sur * les gens +, car on a identifié les personnes qui doivent recevoir les antiviraux et les stratégies de surveillance, de laboratoire, de réglementation et de communications nécessaires pour appuyer cette activité.

On a d'abord présenté un survol historique des préparatifs évolutifs du Canada à l'égard de l'administration des antiviraux en cas de pandémie. Cet aperçu était axé sur la création et l'amélioration permanente de la réserve nationale d'antiviraux, sur les étapes menant à l'adoption  d'une stratégie de traitement précoce et sur le processus en cours pour élaborer une politique nationale sur la prophylaxie antivirale.

La présentation des * personnes à traiter + a mis en vedette une proposition élaborée par le groupe de travail sur la première journée. On a mis en évidence de graves lacunes dans des domaines tels que la recherche et l'éducation professionnelle et on a intégré des stratégies d'importantes mesures de collaboration pour combler ces lacunes en prévision d'une pandémie. Bien qu'il y ait peu de dissidence vis-à-vis de la proposition en soi, les participants ont soulevé un certain nombre de points importants qui doivent orienter les prochaines étapes, y compris le besoin de préciser les définitions et d'autres dimensions clés de la stratégie de traitement précoce, de renforcer la capacité en cas de pandémie et de mettre au point les outils et les ressources nécessaires pour soutenir la mise en oeuvre.

Les participants ont reçu un résumé de l'état des activités de surveillance de l'influenza au Canada, un aperçu de la proposition de surveillance en cas de pandémie et des recommandations et des prochaines étapes visant à faire progresser la stratégie de surveillance en cas de pandémie. Les participants ont insisté sur le besoin d'établir une infrastructure, ce qui comprend la capacité de modélisation en prévision d'une pandémie. On a fortement reconnu le caractère indispensable de la capacité des laboratoires et des procédures guidant les essais et le triage, ainsi que d'un mécanisme de rétroaction en temps réel lié aux données de surveillance et de laboratoire, qui servira à éclairer le processus décisionnel à tous les niveaux.

On a présenté la stratégie actuelle des laboratoires en cas d'influenza et l'approche nationale proposée pour guider les essais en laboratoire au cours d'une pandémie. On a fortement reconnu le caractère indispensable de la capacité des laboratoires et des procédures guidant les essais et le triage, ainsi que d'un mécanisme de rétroaction en temps réel lié aux données de surveillance et de laboratoire, qui servira à éclairer le processus décisionnel à tous les niveaux.

On a présenté des exposés sur un certain nombre d'autres enjeux nationaux, dont les suivants : les étapes éventuelles à suivre pour faire face à l'expiration de la réserve d'antiviraux; l'utilisation des directives médicales pour faciliter l'accès aux antiviraux en cas de pandémie; les règlements qui régissent le statut d'ordonnance; le processus de réglementation sous-jacent à la transformation d'un médicament sous ordonnance en médicament en vente libre; et l'explication et l'exploration du potentiel du mécanisme de distribution en bloc du Programme d'accès spécial de Santé Canada. On a présenté les plans d'un système de rapports sur les effets indésirables passifs et stimulés et la façon dont il pourrait être tenu à jour et amélioré en cas de pandémie.  

La première journée s'est terminée par un exposé portant sur le potentiel du modèle de communication des risques, qui vise à assurer l'adhésion des intervenants et des citoyens à un plan de mise en oeuvre du traitement précoce à l'aide d'antiviraux. Les participants ont exprimé collectivement leur reconnaissance de l'importance de communications efficaces au cours d'une pandémie et ont donné des suggestions sur la façon de transformer les défis de communication en mesures efficaces à tous les niveaux.

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Principaux résultats/Questions en suspens et recommandations découlant de la première journée
Résultats/Questions en suspens Recommandations

Qui doit recevoir des antiviraux comme traitement au cours d'une pandémie?

  • On a convenu que les critères de traitement doivent être uniformes à l'échelle du pays.

Questions

  • Il faut préciser si des antiviraux doivent être conservés pour faire face à une deuxième vague.
  • Il faut élaborer dès maintenant un programme de recherche pour faciliter la recherche clinique en temps réel au cours d'une pandémie afin d'identifier les groupes à risque élevé, les services publics et les indicateurs de futilité.
  • Il faut informer les travailleurs de la santé de la stratégie de mise en oeuvre des antiviraux, y compris les pratiques exemplaires lorsque les antiviraux sont refusés.
  • Il faut lancer un programme d'éducation publique et déterminer le moment optimal de son lancement.

Selon la décision stratégique prise en mai 2006 par les ministères F-P-T de la Santé

  • Les antiviraux doivent être administrés à toutes les personnes d'un an ou plus qui présentent des symptômes d'influenza (diagnostiquée par un algorithme clinique ou un test de laboratoire, s'il y a lieu) lorsqu'* on sait que le virus pandémique circule dans la collectivité +.
  • De préférence dans 12 à 24 heures, mais au moins dans les 48 heures après l'apparition des symptômes.
  • Les options d'évaluation et de traitement comprennent le triage par téléphone, les algorithmes cliniques et l'utilisation de directives médicales.
  • Les enfants âgés de moins de sept ans et ceux présentant des complications ou des affections à risque doivent être évalués par un clinicien.
  • Une certaine souplesse serait permise aux cliniciens pour traiter les enfants âgés de moins d'un an et les patients hospitalisés.
  • En cas de pénuries, la priorité sera donnée aux groupes à risque élevé. Ces groupes à risque élevé de contracter l'influenza saisonnière, établis par le Comité consultatif national sur l'immunisation (CCNI), permettront d'établir les données de base, qui seront actualisées au fur et à mesure que les données cliniques et épidémiologiques sont accessibles.

Stratégie nationale de surveillance pour appuyer la mise en oeuvre des antiviraux

La surveillance et le réseau national des laboratoires sont essentiels à stratégie de mise en oeuvre des antiviraux, car l'ouverture de la réserve d'antiviraux dépend de la documentation du fait qu'* on sait que le virus pandémique circule dans la collectivité +.

La surveillance misera sur FluWatch, le programme de surveillance de l'influenza saisonnière, et comprendra des rapports sur les maladies respiratoires graves (MRG) et les alertes de l'ASPC. Les secteurs régionaux dans FluWatch sont actuellement fondés sur les secteurs de recensement.

Question

  • Il faut renforcer la capacité de suivi de l'efficacité des antiviraux, car les méthodes de surveillance régulières ne seront pas suffisantes.
  • Élaborer des méthodes/outils de collecte de données qui peuvent servir dans les centres d'évaluation, ce qui sous-tend idéalement le recours à des dossiers de santé électroniques.
  • Établir des indicateurs de mortalité et de gravité en temps réel pour les adultes.
  • Améliorer/Mettre en place des systèmes de rapports électroniques et accessibles sur le Web.
  • Définir les critères d'un * virus en circulation + et d'une * collectivité + afin de déterminer le moment de diffuser les antiviraux à utiliser.

Stratégie nationale des laboratoires pour appuyer la mise en oeuvre des antiviraux

  • Actuellement, on utilise les tests aux points d'intervention (PI) dans de nombreux territoires pour diagnostiquer l'influenza saisonnière, mais il ne sont pas suffisamment exacts pour établir la présence de l'influenza pandémique au sein d'une collectivité.
  • Les laboratoires prévoient que la plus forte demande en tests se fera juste avant qu'on établisse la présence de l'influenza pandémique sans une collectivité. Par la suite, le diagnostic sera largement fondé sur l'expérience clinique et la capacité des laboratoires sera consacrée à la surveillance, au suivi et à la recherche.
  • Renforcer la capacité d'essai de l'acide nucléique (moléculaire).
  • Renforcer la capacité d'évaluation des nouvelles méthodes diagnostiques.
  • Améliorer l'accès aux essais dans les collectivités rurales et éloignées.

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26 octobre 2007 - deuxième journée

Pour la deuxième journée, les objectifs du forum étaient d'examiner une gamme de modèles de traitement précoce à l'aide d'antiviraux et de nouveaux plans de prise en compte d'enjeux tels que l'entreposage et la manipulation, la livraison et la mise à disposition des antiviraux, la surveillance de la réception et les questions  juridiques et d'éthique. On a invité les participants à délaisser les enjeux nationaux pour examiner les conséquences opérationnelles d'une stratégie de traitement précoce à l'aide d'antiviraux, de la portée provinciale-territoriale aux premières lignes. 

On a présenté une analyse comparative de la planification internationale de la mise en oeuvre dans un contexte d'utilisation d'antiviraux au cours d'une pandémie. L'analyse portait principalement sur les pays développés, dont la majorité possèdent des politiques sur les antiviraux et perfectionnent encore leurs plans de mise en oeuvre. Ce point comprenait une gamme de questions allant de la constitution de la réserve et de la distribution à l'évaluation des patients et à la mise à disposition des vaccins.

Par la suite, les participants ont été informés des résultats d'un sondage de 2006 sur les planificateurs des services de santé d'urgence provinciaux et territoriaux, qui a été subséquemment mis à jour au cours de l'été 2007. Le sondage visait principalement à déterminer s'il y avait des plans logistiques en place pour la distribution d'antiviraux pendant une pandémie d'influenza. Les résultats indiquent que la majorité des provinces et des territoires possèdent des plans et continuent encore d'élaborer leurs plans logistiques respectifs.

Les exposés présentés par certains des invités internationaux du forum ont permis de faire connaître diverses questions et approches visant à orienter les efforts de planification nationaux. On a manifesté un intérêt considérable à l'égard de la gamme des approches pratiques adoptées en Australie, aux États-Unis et en Angleterre et à leur applicabilité possible au Canada, par exemple en ce qui concerne le triage des patients et les populations spéciales.

On a également présenté aux participants les efforts de planification et de préparation dans certains territoires canadiens clés. Les participants ont entamé une discussion franche sur les défis de la planification et de la mise en oeuvre efficaces à l'échelle provinciale, régionale et locale.

On a présenté des exposés et mené des discussions sur les questions et les éléments juridiques et d'éthique d'une stratégie de traitement précoce à l'aide d'antiviraux et on a généralement convenu que ces questions doivent éclairer les efforts de planification et soutenir le processus décisionnel à tous les niveaux.

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Principaux résultats/Questions en suspens et recommandations découlant de la deuxième journée
Principaux résultats/Questions en suspens Recommandation

Stratégies opérationnels pour appuyer la mise en oeuvre des antiviraux

  • La plupart des Pet T prévoient des centres d'évaluation pour faciliter la distribution et le suivi des antiviraux.
  • Les PT envisagent l'utilisation de directives médicales, car ils comprennent que différentes lois et pratiques P-T déterminent qui rédige la directive médicale et qui l'applique.
  • Les autorités de réglementation ont établi que la transformation des antiviraux en médicament en vente libre au cours d'une pandémie est improbable et non encouragée, car elle peut entraîner des risques accrus pour la sécurité. De nouveaux règlements sont en place pour faciliter la distribution en bloc de nouveaux médicaments à l'essai et pourraient faciliter le suivi de l'utilisation non indiquée sur l'étiquette.
  • La surveillance de la sécurité misera grandement sur la surveillance passive stimulée de la Direction des produits de santé commercialisés de Santé Canada et on prévoit des rapports deux fois par semaine.
  • On a discuté de la priorité accordée aux travailleurs de la santé et à d'autres travailleurs essentiels et on l'a assimilée aux soins immédiats donnés aux travailleurs de la santé à la suite d'une blessure causée par une seringue. On a établi le concept de préplacement des antiviraux dans le milieu de travail comme un moyen de faciliter le traitement rapide. 
  • On appuyé l'approche F-P-T/de plusieurs intervenants pour examiner la question de la durée de conservation de la réserve actuelle et pour élaborer une stratégie de gestion de la réserve à long terme.

Questions

  • On a souligné que le plan de mise en oeuvre des antiviraux est fondé sur un scénario modéré et il peut être nécessaire d'envisager de créer un scénario de pandémie grave.
  • Prise en compte de la surveillance active de la sécurité au sein de certaines populations (p. ex. nourrissons, femmes enceintes, etc.).
  • Les P et T devront élaborer leur propre plan opérationnel pour s'assurer que la mise en oeuvre des antiviraux convient à leurs populations uniques et correspond à leur système de soins de santé.
  • Les plans opérationnels P-T doivent permettre de s'assurer que les antiviraux sont distribués aux collectivités inuites et des Premières nations, ainsi qu'aux personnes oeuvrant dans les services correctionnels.
  • Il faut établir qui détermine le moment où les critères de distribution des antiviraux à utiliser sont satisfaits (le virus circule dans la collectivité). Cela est essentiel, car il y aura une énorme pression liée à l'utilisation des antiviraux avant que le virus circule dans la collectivité, ce qui augmente le risque de pénuries.
  • Établir la façon dont différents plans sont rattachés et mettre sur pied un centre d'échange pour partager les idées et les pratiques exemplaires.
  • Évaluer la faisabilité des plans de mise en oeuvre avec les principaux intervenants, comme les travailleurs de la santé de première ligne, et la population afin d'assurer la réception et d'éclairer une approche de communication des risques.
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Conclusion

Un grand nombre d'éléments doivent encore être perfectionnés pour assurer la mise en oeuvre efficace de la stratégie de traitement précoce. Certaines questions peuvent être examinées par le biais des mécanismes F-P-T, mais d'autres questions nécessitent la mise en place de nouveaux mécanismes. Comme cela est indiqué dans les principaux résultats/questions en suspens et recommandations, certains éléments bénéficieront d'une coordination nationale. Dans d'autres cas, aucun élément unique ne sera possible et chaque territoire devra élaborer et perfectionner ses propres plans.

On a informé les participants que les questions nationales qui bénéficieront d'une approche coordonnée seront présentées au Conseil du Réseau de santé publique F-P-T pour examen.