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La rubéole

La rubéole est une maladie infectieuse qui entraîne des éruptions exanthémateuses transitoires, une adénopathie, une arthralgie et une légère fièvre. Même si la maladie est bénigne chez la plupart des personnes, chez les femmes enceintes, le virus peut provoquer un avortement spontané ou une infection chez le fœtus pouvant causer des malformations fœtales. La maladie est facilement évitable par la vaccination. Le Comité consultatif national de l'immunisation (CCNI) recommande l'immunisation contre la rubéole.

À propos de la rubéole

Agent de la maladie

La rubéole est causée par le virus rubéoleux, un virus à ARN de la famille des Togaviridae.

Symptômes

La rubéole est une infection qui entraîne des éruptions exanthémateuses transitoires, une adénopathie rétro-auriculaire ou sous-occipitale, une arthralgie et une légère fièvre. Comme ces symptômes ne sont pas spécifiques, on peut confondre la maladie avec une infection attribuable à un parvovirus, à un adénovirus ou à un entérovirus. Chez l'adulte, l'infection s'accompagne souvent d'une polyarthralgie ou d'une polyarthrite transitoire. Les complications graves sont rares, et jusqu'à 50 % des infections sont infracliniques.

L'infection rubéoleuse pendant la grossesse peut être à l'origine d'un syndrome de rubéole congénitale, qui peut entraîner un avortement, la mort du fœtus ou des malformations fœtales telles qu'une cardiopathie congénitale, des cataractes, la surdité ou une déficience intellectuelle. L'infection chez le fœtus peut survenir à n'importe quel stade de la grossesse. Cependant, le risque d'atteinte du fœtus par suite de l'infection maternelle est particulièrement élevé durant les premiers mois qui suivent la conception (85 % pendant le premier trimestre) et diminue progressivement par la suite. Les malformations fœtales dues à une infection rubéoleuse sont moins courantes après la 20e semaine de grossesse. Le nourrisson infecté qui semble normal à la naissance peut présenter plus tard des troubles visuels, auditifs ou cérébraux. L'infection congénitale peut entraîner des troubles comme le diabète sucré ou la panencéphalite plus tard au cours de la vie.

Période de contagion

La rubéole est contagieuse. La période d'incubation de cette maladie varie de 14 à 17 jours, et peut durer de 12 à 23 jours à partir de l'exposition à la maladie clinique. L'infectiosité commence d'une semaine avant à 4 jours après l'apparition de l'éruption cutanée. Les nourrissons atteints du syndrome de rubéole congénitale peuvent excréter le virus pendant 1 an ou plus.

Mode de transmission

La rubéole se transmet par exposition à des gouttelettes ou par contact direct avec les sécrétions nasopharyngées d'une personne infectée. Le nourrisson d'une mère infectée qui transmet le virus à son fœtus par voie transplacentaire pendant la grossesse peut être atteint du syndrome de rubéole congénitale. Les nourrissons atteints de ce syndrome excrètent le virus dans leur urine et leurs sécrétions nasopharyngées et sont une source d'infection pour leurs contacts.

Distribution à l'échelle mondiale

La rubéole est présente à la grandeur de la planète. Au cours des dix dernières années, les programmes d'immunisation contre la rubéole ont permis de réduire grandement les taux d'incidence de la maladie dans plusieurs pays industrialisés. Par 2008, 66 % des pays membres de l'Organisation mondiale de la Santé avaient inclus la rubéole dans leur calendrier de vaccination des enfants. Dans les pays qui n'ont pas de programmes complets de vaccination contre la rubéole, les périodes de faible incidence relative de la maladie alternent avec des périodes d'épidémie tous les quatre à huit ans. En 2003, l'objectif d'éliminer la rubéole et le syndrome de rubéole congénitale de la Région des Amériques de l'Organisation mondiale de la Santé par 2010 a été établi par l'Organisation panaméricaine de la santé. Dans la Région des Amériques, le nombre annuel moyen de cas pour la période de 2003 à 2008 a chuté d'environ 92 % comparativement à la période de 1997 à 2002.

Prévention et contrôle

L'infection rubéoleuse peut être évitée grâce à la vaccination. Le Comité consultatif national de l'immunisation recommande une dose de vaccin à composant antirubéoleux (RRO) pour tous les enfants le jour de leur premier anniversaire ou le plus tôt possible après. La deuxième dose, qui vise à conférer une protection contre la rougeole, doit être administrée après l'âge de 15 mois et avant l'entrée à l'école. Bien qu'on ne croie pas qu'il soit nécessaire d'administrer une deuxième dose du composant antirubéoleux en guise de protection, cette dose n'est pas dangereuse et pourrait être bénéfique aux personnes qui ne répondent pas à la primovaccination (de 1 à 3 % des personnes).

L'objectif premier de la vaccination contre la rubéole est de prévenir l'infection pendant la grossesse. Par conséquent, toutes les adolescentes et les femmes en âge de procréer devraient être vaccinées à moins qu'elles ne possèdent une preuve documentée d'immunisation antérieure ou que l'on puisse prouver en laboratoire la présence d'anticorps propres à ce virus. Les femmes enceintes ne devraient pas recevoir le vaccin, car il s'agit d'un vaccin vivant atténué comportant un risque théorique du syndrome de rubéole congénitale chez le fœtus. Il est recommandé aux femmes en âge de procréer d'éviter toute grossesse dans le mois suivant l'administration du vaccin.

Pour obtenir de plus amples renseignements sur le vaccin et son utilisation chez les adolescents, les adultes et les populations spéciales, veuillez consulter la dernière version du Guide canadien d'immunisation.

Épidémiologie de la rubéole au Canada

Au Canada, un programme de vaccination des nourrissons au moyen du vaccin contre la rougeole, la rubéole et les oreillons (RRO) a été lancé en avril 1983. Les programmes de vaccination systématique des nourrissons se sont traduits par des taux d'immunité élevés et soutenus dans la population générale. En outre, les stratégies d'élimination de la rougeole en place depuis le milieu des années 90 ont entraîné indirectement une réduction de la proportion de la population réceptive, et ce, en raison de l'utilisation de vaccins ayant un composant antirubéoleux pour le programme systématique à deux doses et les campagnes de rattrapage visant l'élimination de la rougeole.

Le nombre annuel moyen de cas de rubéole déclarés au Canada a diminué; il est passé d'environ 4 000 (1979 à 1982) à environ 1 800 (1983-1997) pour enfin atteindre moins de 30 cas (1998 à 2004) par année (Figure 1). Au Canada, l'adoption de l'objectif régional de l'Organisation panaméricaine de la santé d'éliminer la maladie a été acceptée en 2005. De 2006 à 2011, moins de cinq cas en moyenne ont été signalés par année. Le taux moyen annuel d'incidence pour 100 000 habitants a chuté; il est passé de 0,20 en 1998 à 0,003 en 2011 (intervalle de 0,003 à 0,03, sauf en 2005). En 2005, l'incidence de la rubéole était environ 1 pour 100 000 habitants au Canada. Une éclosion d'envergure survenue dans le sud-ouest de l'Ontario a donné lieu à plus de 300 cas, ce qui représente la majorité des cas de rubéole en 2005 (voir la section Éclosions récentes pour connaître les détails).

Figure 1 : Nombre de cas et taux d'incidence (pour 100 000 habitants) déclarés de rubéole au Canada, de 1979 à 2011.

Figure 1 Nombre de cas et taux d'incidence (pour  100 000 habitants) déclarés de rubéole au Canada, de 1979 à 2011.

Figure 1 - Texte équivalent

De 1996 à 2011, moins de 3 cas de syndrome de rubéole congénitale ont été signalés chaque année et la majorité des cas étaient des nourrissons dont les mères étaient nées à l'étranger. Aucun cas de syndrome de rubéole congénitale n'a été signalé de 2006 à 2008; 1 cas a été déclaré en 2009 et 1 cas en 2011. Les mères des deux nourrissons étaient des immigrantes infectées par la rubéole avant leur arrivée au Canada.

Éclosions

Durant les deux décennies qui ont suivi le début de l'immunisation systématique des nourrissons, des éclosions de rubéole ont continué de sévir tous les 3 à 10 ans. Nombre de ces éclosions, y compris une au Manitoba en 1997 où le nombre de cas était supérieur à 3 900, ont touché principalement des sujets de sexe masculin de 15 à 24 ans. Ce groupe n'avait pas été immunisé par suite de politiques d'immunisation sélective contre la rubéole (adoptées avant 1983) des filles prépubères dans certaines provinces. Depuis la fin des années 1990, la plupart des éclosions ont été observées dans des groupes isolés de personnes non immunisées, notamment ceux qui refusent la vaccination pour des motifs religieux ou philosophiques.

En 2005, en plus des cas sporadiques signalés dans plusieurs provinces et territoires, une éclosion de rubéole concernant un total de 309 cas confirmés en laboratoire est survenue dans le sud-ouest de l'Ontario. L'éclosion a été associée à une communauté en grande partie non immunisée qui était opposée à l'immunisation pour des raisons philosophiques. Plus de 60 % des cas étaient des enfants non immunisés âgés de 5 à 14 ans. Dix cas étaient des femmes enceintes, mais aucun cas de syndrome de rubéole congénitale n'avait été signalé. Étant donné les taux d'immunisation élevés dans la population générale, l'éclosion ne s'est pas propagée dans la collectivité environnante.

Surveillance de la rubéole au Canada

Au Canada, les données de surveillance nationale sur la rubéole sont recueillies par l'intermédiaire de trois systèmes : le Système canadien de surveillance des maladies à déclaration obligatoire (SCSMDO), le Système canadien de surveillance de la rougeole et de la rubéole (SCSRR) et le Projet pilote sur la surveillance de la rougeole et de la rubéole.

Données sur la rubéole

Les deux tableaux présentés ci-après contiennent des données récentes sur le nombre de cas et l'incidence signalés de la rubéole au Canada de 2005 à 2011. Pour connaître les données de surveillance antérieures, veuillez consulter la page Web des Maladies à déclaration obligatoire en direct de même que la section Publications ci-dessous.

Tableau 1 : Cas signalés de rubéole au Canada, par année et par groupe d'âge, de 2005 à 2011.
Année Tous les âges Moins de 1 an 1 à 4 ans 5 à 9 ans 10 à 14 ans 15 à 19 ans 20 à 24 ans 25 à 29 ans 30 à 39 ans 40 à 59 ans 60 ans ou plus Âge non précisé

*Les données proviennent du Système canadien de surveillance de la rougeole et de la rubéole et constituent des données préliminaires.
**309 cas peuvent être associés à l'éclosion de 2005 survenue en Ontario.

2005* 315** 0 0 0 0 0 0 0 1 0 0 314
2006* 4 0 0 0 0 0 0 2 2 0 0 0
2007* 1 0 0 0 0 0 1 0 0 0 0 0
2008* 1 0 0 0 0 0 0 1 0 0 0 0
2009* 7 0 0 1 1 1 1 1 0 2 0 0
2010* 12 0 0 0 0 1 0 2 3 5 1 0
2011* 1 0 0 0 0 0 0 0 1 0 0 0
Tableau 2. Incidence signalée pour 100 000 habitants de rubéole au Canada, par année et groupe d'âge, de 2005 à 2011.
Année Tous les âges Moins de 1 an 1 à 4 ans 5 à 9 ans 10 à 14 ans 15 à 19 ans 20 à 24 ans 25 à 29 ans 30 à 39 ans 40 à 59 ans 60 ans ou plus

*Les données proviennent du Système canadien de surveillance de la rougeole et de la rubéole et constituent des données préliminaires.
**0,96 cas en excès pour 100 000 habitants peut être associé à l'éclosion de 2005 survenue en Ontario.
†Les données démographiques découlent des prévisions annuelles du 1er juillet 2011 de Statistique Canada.

2005* 0,98** 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,02 0,00 0,00
2006* 0,01 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,09 0,04 0,00 0,00
2007* 0,003 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,04 0,00 0,00 0,00 0,00
2008* 0,003 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,04 0,00 0,00 0,00
2009* 0,02 0,00 0,00 0,06 0,05 0,04 0,04 0,04 0,00 0,02 0,00
2010* 0,03 0,00 0,00 0,00 0,00 0,04 0,00 0,08 0,07 0,05 0,01
2011* 0,003 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,02 0,00 0,00

Ressources sur la rubéole

Si vous avez besoin d'aide pour accéder aux formats de rechange, tels que Portable Document Format (PDF), Microsoft Word et PowerPoint (PPT), visitez la section d'aide sur les formats de rechange.

Définitions de cas

Publications

Lignes directrices et recommandations

Autres ressources