La poliomyélite (polio) est causée par un virus qui pénètre dans le corps par voie orale, surtout par contamination orofécale. La poliomyélite est plus courante chez les enfants de moins de cinq ans, cependant, toute personne qui n'est pas immunisée au poliovirus, peu importe son âge, peut être infectée. Dans la plupart des cas, la poliomyélite est reconnue par un accès soudain de paralysie musculaire, mais la majorité des personnes infectées n'ont pas l'air malade et se sentent bien. Environ de 0,1 à 1 % des infections mènent à une paralysie irréversible, et parmi les personnes qui souffrent de paralysie, de 5 à 10 % meurent quand les muscles de la respiration se retrouvent paralysés. Puisque moins de 1 % des cas de poliomyélite entraînent une paralysie, le poliovirus peut se propager à grande échelle avant qu'une épidémie ne soit détectée. Il n'y a pas de remède contre la poliomyélite, mais on peut la prévenir à l'aide de la vaccination.
Le poliovirus fait partie du sous-groupe des entérovirus, de la famille des Picornaviridae. La poliomyélite peut être causée par la circulation de poliovirus sauvages (PVS) ou par des poliovirus de souche vaccinale (PSV) qui apparaissent à la suite d'une immunisation à l'aide du vaccin antipoliomyélitique oral (VAO), lequel contient un virus vivant atténué. Il existe trois sérotypes de poliovirus : le type 1, le type 2 et le type 3. Le type 1 est plus virulent et est associé à davantage d'épidémies que les autres types. Seuls les poliovirus sauvages de type 1 et de type 3 continuent à circuler à l'échelle mondiale, puisque le poliovirus sauvage de type 2 a été éliminé. La plupart des cas associés à la vaccination sont de type 2 ou de type 3.
La majorité des cas de poliomyélite (de 90 à 95 %) sont asymptomatiques. Chez les personnes symptomatiques, les premiers symptômes surviennent en moyenne de sept à quatorze jours après l'infection et comprennent de la fièvre, de la fatigue, des maux de tête et des vomissements. Dans les cas plus graves, des douleurs et des raideurs musculaires intenses, accompagnées ou non de paralysie, peuvent survenir dans le cou et dans le dos. La paralysie est généralement asymétrique et elle dépend de l'endroit où les cellules nerveuses sont endommagées. Si la faiblesse ou la paralysie est encore présente 60 jours après son apparition, elle demeure généralement permanente. La paralysie est le symptôme le plus apparent de la poliomyélite, mais moins de 1 % des cas entraînent ce résultat. En règle générale, une infection sur 100 à 200 entraîne une paralysie, généralement une paralysie des jambes. Toutefois, ce nombre peut s'étendre d'une infection sur 50 à une infection sur 1 000. Le taux de mortalité chez les personnes atteintes de poliomyélite paralytique se situe entre 2 et 5 % chez les enfants, et entre 15 et 30 % chez les adultes.
Les adultes qui ont contracté le poliovirus paralytique au cours de l'enfance peuvent souffrir du syndrome de post-poliomyélite non infectieux de 30 à 40 ans après leur guérison. Le syndrome de post-poliomyélite se caractérise par l'apparition d'une faiblesse et d'une douleur musculaires à progression lente, et parfois par une atrophie musculaire ainsi qu'une difficulté à respirer et à avaler.
En général, la période d'incubation de la poliomyélite est de six à vingt jours, mais elle peut s'étendre de trois à trente-cinq jours. La transmission est à son maximum immédiatement avant et après l'apparition de la maladie, lorsque le virus est présent en grande concentration dans la gorge et qu'il est excrété dans les selles. Après la première semaine, la concentration du poliovirus diminue dans la gorge, mais il peut demeurer dans les selles de trois à six semaines. Chez les personnes qui ont reçu un vaccin antipoliomyélitique oral, le poliovirus peut être présent dans la gorge de une à deux semaines après la vaccination et peut demeurer dans les selles pendant plusieurs semaines. Dans de rares cas, y compris chez les patients immunodéficients, le poliovirus peut être excrété pendant de longues périodes de temps, par exemple pendant plus de six mois.
La transmission du poliovirus sauvage d'une personne à l'autre se produit surtout par voie orofécale. La transmission par voie respiratoire est responsable de quelques infections.
Dans de rares cas, une poliomyélite associée à la vaccination peut être contractée à la suite de l'administration d'un vaccin antipoliomyélitique oral. Ce vaccin contient un virus vivant atténué (affaibli). Au moment de la vaccination, le virus affaibli se reproduit dans l'intestin avant de pénétrer dans le système sanguin et de déclencher une réaction immunitaire protectrice. Dans certains cas, le virus peut subir une modification génétique au cours de sa reproduction, ce qui crée une nouvelle forme du virus. Il s'agit d'un poliovirus de souche vaccinale qui peut, dans de rares cas, entraîner une paralysie. Selon les estimations, un enfant sur 2,7 millions qui reçoit sa première dose du vaccin antipoliomyélitique oral est susceptible de souffrir de poliomyélite paralytique associée à la vaccination (PPAV).
En 1988, l'Assemblée mondiale de la santé a mis en place l'Initiative mondiale pour l'éradication de la poliomyélite, qui a pour objectif d'éliminer la poliomyélite à l'échelle mondiale. Cette initiative est devenue la plus importante action internationale en santé publique à ce jour et elle est actuellement menée par l'Organisation mondiale de la santé (OMS), les Centers for Disease Control and Prevention des États-Unis, Rotary International et UNICEF.
Depuis ses débuts en 1988, de nombreux progrès ont été réalisés dans l'éradication de la poliomyélite. En 1994, la Région des Amériques de l'OMS a été déclarée sans poliomyélite, suivie de la région du Pacifique occidental en 2000, puis de la Région européenne en juin 2002. De plus, le nombre de cas de poliomyélite a diminué de plus de 99 % et il ne reste plus que quatre pays où la poliomyélite est endémique par rapport à 125 au départ. Les pays endémiques restants comptent notamment l'Afghanistan, l'Inde, le Nigéria et le Pakistan.
Malgré les nombreux défis que l'initiative d'éradication de la poliomyélite a dû affronter au cours des dernières années, y compris des épidémies dans des pays non endémiques à la suite de l'importation de la maladie à partir de pays endémiques, le Plan stratégique 2010 2012 de l'Initiative mondiale pour l'éradication de la poliomyélite vise à enrayer toute transmission du poliovirus sauvage d'ici la fin de 2012.
La poliomyélite peut être évitée grâce à la vaccination.
Pour obtenir de plus amples renseignements sur l'immunisation, veuillez consulter la plus récente version du Guide canadien d'immunisation.
Il existe deux types principaux de vaccins contre la poliomyélite : le vaccin inactivé contre la poliomyélite (VIP), qui contient seulement des virus inactifs et qui est administré par injection, et le vaccin antipoliomyélitique oral (VAO), qui contient un virus vivant affaibli et qui est administré par la bouche sous forme de gouttes. Le VIP est utilisé au Canada depuis 1955 et le VAO est utilisé depuis 1962. Les programmes de vaccination du Canada ont abandonné le VAO en 1995 1996 pour adopter le VIP.
L'élimination de la transmission du poliovirus sauvage indigène au Canada a été attestée en même temps que dans les autres régions de l'Amérique en septembre 1994. Auparavant, la poliomyélite était présente au Canada, mais les cas survenaient surtout dans de petits regroupements de personnes non vaccinées. La dernière épidémie d'importance au Canada a eu lieu en 1959 et a entraîné 1 887 cas de poliomyélite paralytique. En 1978 1979, 11 cas de poliomyélite paralytique ont été observés chez des personnes non vaccinées qui ont eu des contacts avec des cas importés dans des groupes religieux en Ontario, en Alberta et en Colombie-Britannique. En 1993, 22 cas asymptomatiques de poliomyélite sauvage importée ont été détectés dans un même groupe religieux en Alberta, et en 1996 un cas asymptomatique a été observé en Ontario. Dans ces cas, la transmission du poliovirus s'est limitée aux groupes non vaccinés, vraisemblablement en raison du haut taux d'immunité dans la population environnante.
Plus récemment, des cas de poliomyélite paralytique au Canada ont été associés à l'utilisation d'un VAO. Parmi les douze cas de poliomyélite paralytique observés au Canada entre 1980 et 1995, onze étaient associés à un vaccin. Huit cas ont été causés par un contact avec des personnes vaccinées (trois cas confirmés et cinq cas probables), et un cas avait reçu un vaccin. Les deux autres cas n'ont pas été évalués, mais ils ont été causés par un contact reconnu avec des enfants ayant reçu un VAO.
Au Canada, les cas de poliomyélite sont obligatoirement déclarés depuis 1924 et la maladie fait partie du Système canadien de surveillance des maladies à déclaration obligatoire (SCSMDO)
.
De plus, afin de s'assurer que le Canada conserve son statut de pays sans poliomyélite auprès de l'Organisation mondiale de la santé, l'Agence de la santé publique du Canada, en collaboration avec la Société canadienne de pédiatrie, surveille les cas de paralysie flasque aiguë (PFA) chez les enfants de moins de 15 ans. La PFA est causée par une infection au poliovirus et elle entraîne une paralysie aiguë d'au moins un membre. Ce programme de surveillance syndromique a été mis en place en 1996 et il recueille des données par l'intermédiaire du Programme canadien de surveillance pédiatrique (PCSP)
et du Programme canadien d'immunisation actif (IMPACT). Les résultats de surveillance de la PFA sont publiés chaque année dans les Résultats du PCSP
et ils sont transmis à l'Organisation panaméricaine de la santé (OPS) chaque trimestre. La PFA fait également partie de la liste des maladies à déclaration obligatoire, mais sa déclaration n'est pas obligatoire dans toutes les provinces et dans tous les territoires. Ainsi, les données du système de surveillance amélioré de la PFA sont fournies pour compléter les données du SCSMDO.
Au Canada, le dernier cas de poliomyélite paralytique causé par un virus indigène sauvage est survenu en 1977.
Définitions de cas des maladies transmissibles faisant l'objet d'une surveillance nationale, 2009
Guide canadien d'immunisation, 7e édition, 2006 – Chapitre sur la poliomyélite
Initiative mondiale pour l'éradication de la poliomyélite (en anglais seulement) ![]()
Programme pour la santé des voyageurs, Agence de la santé publique du Canada – Poliomyélite
Agence de la santé publique du Canada – Questions et réponses : Vaccin antipoliomyélitique et SV40
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