Au Canada, la méningococcie invasive (MI) est endémique. Tous les 10 à 15 ans environ, on note une activité accrue du méningocoque, mais aucune tendance ne peut être dégagée. L'incidence de la MI varie considérablement en fonction des différents sérogroupes, des groupes d'âge, du lieu géographique et de la période. La mise en œuvre de programmes universels d'immunisation contre le méningocoque C aura aussi un effet sur l'épidémiologie de la maladie.
Depuis 1985, l'incidence globale de la MI s'est maintenue à 2 cas ou moins pour 100 000 habitants par année (intervalle de 0,5 à 2,1). Dans l'ensemble, l'incidence de l'infection culminait chez les enfants de < 1 an et diminuait avec l'âge, exception faite d'un léger accroissement observé dans le groupe des 15 à 19 ans. En moyenne, 298 cas ont été signalés chaque année. La maladie frappe tout au cours de l'année, mais on observe des variations saisonnières, la majorité des cas survenant en hiver.
Entre 1971 et 1974, ce sont les cas d'infection à Neisseria meningitidis des sérogroupes A et C qui ont été le plus souvent signalés. De 1975 à 1989, le sérogroupe B a dominé. Depuis 1993, la plupart des cas d'infection endémique au Canada sont imputables aux sérogroupes B et C (les taux d'incidence des infections dues aux sérogroupes C et B oscillent entre 0,13 et 0,65 cas pour 100 000 habitants et entre 0,2 et 0,44 pour 100 000 habitants, respectivement). Au fil des ans, l'incidence du méningocoque du sérogroupe B a moins fluctué que celle du sérogroupe C. Entre 2000 et 2003, le nombre annuel moyen de cas d'infection due au sérogroupe C chez les enfants de < 1 an était de 4 (intervalle de 1 à 8). Chez les enfants de 1 à 4 ans, la moyenne était de 9 (intervalle de 4 à 14). Au cours de la même période, le nombre moyen de cas observé dans les groupes des 15 à 19 ans et des 20 à 24 ans était de 25 (intervalle de 12 à 40) et de 13 (intervalle de 5 à 18), respectivement. Les éclosions de méningococcie sont presque exclusivement attribuables au sérogroupe C. Des éclosions sporadiques et localisées et des périodes d'incidence élevée d'infection due au sérogroupe C sont survenues au cours des périodes de 1989 à 1993 et de 1999 à 2001. Des campagnes de vaccination à l'aide de vaccins conjugués et de vaccins polysaccharidiques contre le sérogroupe C ont été menées dans certaines régions pendant l'éclosion de 1999 à 2001. De récentes données indiquent que les taux d'incidence des méningococcies dues au sérogroupe C sont en baisse. Il faudrait toutefois obtenir plus de données sur le sujet.
Aux États-Unis, on a noté durant la dernière décennie une tendance à la hausse de l'incidence de l'infection par le méningocoque du groupe Y; une telle tendance n'a toutefois pas été observée au Canada durant cette période. Ici, entre 1993 et 2003, l'incidence des méningococcies dues au sérogroupe Y est demeurée relativement stable, soit de 0,06 à 0,13 pour 100 000 habitants par année (moyenne de 28 cas confirmés par an; intervalle de 17 à 41 cas). L'infection due au sérogroupe Y a généralement frappé les adultes plus âgés (âge médian de 45 ans; intervalle de 0 à 94).
Les taux d'incidence des infections dues au sérogroupe W-135 sont demeurés inférieurs à 0,05 pour 100 000 habitants. Les cas d'infection attribuable au sérogroupe A restent rares au Canada (< 10 cas signalés entre 1993 et 2005).
L'épidémiologie des méningococcies varie d'une région du monde à l'autre. Les voyageurs internationaux devraient être au courant du risque de MI dans les régions qu'ils comptent visiter. Les MI surviennent sporadiquement partout dans le monde ainsi que dans des foyers épidémiques. Les régions reconnues pour être des zones d'endémicité ou d'hyperendémicité (la « ceinture de la méningite ») englobent les savanes de l'Afrique sub-saharienne qui s'étendent de la Gambie et du Sénégal, à l'ouest, à l'Éthiopie et à l'Érythrée occidentale, à l'est. Les professionnels de la santé qui offrent des conseils aux voyageurs canadiens devraient se tenir au courant de l'activité méningococcique dans le monde. Le Comité consultatif de la médecine tropicale et de la médecine des voyages (CCMTMV) a établi des lignes directrices destinées aux professionnels de la santé qui fournissent des conseils aux voyageurs internationaux canadiens concernant la vaccination antiméningococcique. Pour déterminer si la vaccination est requise, il faudrait surtout tenir compte de la destination, de la nature et de la durée de l'exposition, ainsi que de l'âge et de l'état de santé du voyageur. Il est possible d'obtenir de l'information à jour concernant les éclosions de MI auprès du Programme de médecine des voyages de l'Agence de santé publique du Canada (http://www.phac-aspc.gc.ca/tmp-pmv/index-fra.php), et de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) (http://www.who.int/csr/don/archive/disease/meningococcal_disease/en/; en anglais seulement).
Source: Guide canadien d'immunisation, septième édition, 2006
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