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La rougeole

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La rougeole est une maladie extrêmement contagieuse due au virus de la rougeole et caractérisée par l'apparition de plaques rouges qui se manifestent en premier lieu sur le visage. La maladie se propage par contact direct avec les sécrétions du nez ou de la bouche d'une personne infectée ou par l'inhalation de ces sécrétions. Elle touche tous les groupes d'âge et peut être évitée par la vaccination. Le Comité consultatif national de l'immunisation (CCNI) recommande l'immunisation contre la rougeole.

À propos de la rougeole

Agent de la maladie

La rougeole est causée par le virus de la rougeole qui fait partie du genre Morbillivirus de la famille de Paramyxoviridae.

Symptômes

Les symptômes de la rougeole apparaissent de 7 à 18 jours après l'infection et comprennent de la fièvre, des écoulements nasaux, de la somnolence, de l'irritabilité et les yeux rouges. De petites taches blanches (appelées taches de Koplik) peuvent apparaître à l'intérieur de la bouche ou de la gorge. Puis, de 3 à 7 jours après le début des symptômes, une éruption cutanée (plaque rouge) apparaît sur le visage, puis se propage sur le corps. Les complications comprennent de la diarrhée, une pneumonie et des infections du cerveau. Dans les pays développés, le décès survient dans de 1 à 2 cas sur 1 000. Ce taux augmente à 3 à 5 cas sur 1 000 dans les pays en développement.

Photos de signes cliniques de la rougeole

signes cliniques d'une MIÉruptions rougeâtres, caractéristiques de la rougeole pendant la période aiguë. Les premières manifestations de la rougeole sont les suivantes : écoulement nasal, fièvre, rougeur et gonflement des yeux (ce qui indique une inflammation de la conjonctive), toux et malaise. Au cours de cette première phase, des taches blanchâtres ou grisâtres, qui ressemblent à de petits grains de sable, rougeâtres à la base, apparaissent également à l'intérieur de la bouche; les taches de Koplik sont particulières à la rougeole. Source : Agence de la santé publique du Canada

signes cliniques d'une MICet enfant a l’air malade et misérable, tout comme la plupart des enfants qui ont la rougeole. L'exanthème commence sous la forme d'éruptions fines, plates ou légèrement saillantes (maculeuses ou maculopapuleuses), et celles-ci deviennent progressivement confluentes et de couleur rougeâtre durant la période aiguë. Dans les cas légers, les éruptions ne sont généralement pas confluentes, mais dans les cas sévères, elles couvrent toute la peau. Source : Agence de la santé publique du Canada

Clinical Manifestations of MeaslesRougeole chez un enfant à la peau foncée. On ne constate pas de rougeur chez les patients à la peau foncée, mais la peau semble granuleuse au début de la maladie. Une légère desquamation survient avec l'atténuation de l'exanthème sur le visage et la partie supérieure du corps, comme on peut le voir chez cet enfant.

La photo est une courtoisie du Dre Adwoa Bentsi-Enchill.

 

Période de contagion

La période d'incubation de la rougeole est d'environ 10 jours, mais elle peut s'étendre de 7 à 18 jours à partir de l'exposition jusqu'à l'apparition de la fièvre. L'éruption cutanée survient habituellement 14 jours après l'exposition, bien qu'elle puisse apparaître de 19 à 21 jours après l'exposition au virus de la rougeole. L‘infectiosité commence de un jour avant le début de la période prodromique (environ 4 jours avant l'apparition de l'éruption cutanée) à 4 jours après l'apparition de l'éruption cutanée.

Mode de transmission

Le virus se transmet par des gouttelettes aéroportées ou par contact direct avec des sécrétions du nez ou de la gorge de personnes infectées. Le virus se transmet aussi, mais dans une moindre mesure, par un contact avec des articles souillés depuis peu par des sécrétions de nez ou de gorge.

Distribution à l'échelle mondiale

La rougeole survient partout dans le monde et demeure un maladie grave et commune dans les pays en développement. Selon l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) , la rougeole est l'une des principales causes mondiales de décès d'enfants évitables par la vaccination. L'objectif mondial était de réduire, d'ici 2010, de 90 % le taux de mortalité liée à la rougeole (par rapport aux taux de 2000). Cet objectif n'a pas été atteint. En 2010, le taux de mortalité mondial avait été réduit de 74 %, soit de 535 300 décès en 2000 à 139 300 décès.

La rougeole a été éliminée dans la région des Amériques de l'OMS en 2002, le dernier cas endémique de la rougeole étant survenu le 16 novembre 2002. Depuis, il y a eu quelques cas importés ou liés à l'importation dans les Amériques : le nombre annuel variait d'un faible 85 en 2005 à un nombre élevé de 253 en 2010. Ces cas ont entraîné une propagation secondaire limitée. Cependant, en 2011, les autorités de cette région ont signalé le plus grand nombre de cas de rougeole depuis l'élimination du virus, la majorité des cas étant associés à une vaste éclosion au Québec, au Canada.

À l'extérieur des Amériques, l'activité associée à la rougeole demeure élevée. En octobre 2011, il y avait plus de 26 000 cas dans la région de l'Europe de l'OMS, le plus grande nombre de cas ayant été signalé en France (plus de 14 000 cas). Il y a eu 11 décès associés à la rougeole dans la région. De vastes éclosions sont également survenues en Afrique, surtout dans la République démocratique du Congo, avec plus de 106 000 cas et 1 100 décès.

Prévention et contrôle

La rougeole peut être évitée grâce à la vaccination. La vaccination de tous les enfants est recommandée : une première dose d'un vaccin combiné contre la rougeole, la rubéole, et les oreillons (RRO) est administrée à 12 mois et une deuxième dose, à 18 mois ou entre 4 et 6 ans. Pour obtenir de plus amples renseignements sur le vaccin contre la ROR et son utilisation chez les adolescents, les adultes et les populations spéciales, consultez la plus récente version du Guide canadien d'immunisation.

Tous les cas de rougeole soupçonnés, en particulier ceux associés à des voyages dans des régions où la rougeole est endémique ou épidémique, devraient être signalés aussitôt que possible par l'entremise des autorités locales de santé publique. Les patients devraient être isolés pendant  4 jours après l'apparition de l'éruption cutanée. Pour limiter la propagation de la maladie, il faut identifier les personnes pouvant avoir été exposées et les immuniser.

Épidémiologie de la rougeole au Canada

Le Canada a réalisé des progrès considérables en vue d'éradiquer la rougeole, et la transmission endémique de la rougeole a été interrompue grâce à une couverture vaccinale élevée dans le cadre du calendrier systématique de vaccination des nourrissons et des enfants. Aucun cas indigène de rougeole n'a été signalé au Canada depuis 1997. Toutefois, les cas importés de la maladie continuent de survenir. La propagation secondaire associée à ces cas importés a été limitée à des individus et touche des Canadiens qui demeurent vulnérables parce qu'ils ne sont pas vaccinés ou qu'ils n'ont reçu qu'une vaccination partielle (c'est‑à‑dire une seule dose de vaccin). Les principales éclosions sont survenues au sein de groupes isolés philosophiquement réfractaires à la vaccination; très peu de cas de transmission secondaire de la rougeole ont été dénombrés dans la population générale. De 2002 à 2010, un total de 327 cas de rougeole confirmés ont été signalés au Canada. La moyenne est de 11 cas par année, sauf en 2007 (102 cas), en 2008 (62 cas) et en 2010 (99 cas). Le plus grand nombre de cas au cours de ces trois dernières années est principalement lié à des éclosions au Québec, en Ontario et en Colombie‑Britannique respectivement (consultez la section Éclosions récentes pour obtenir des renseignements plus en détail).

Avant l'introduction du vaccin contre la rougeole en 1963-1964, l'infection se manifestait par cycles, l'incidence augmentant tous les deux ou trois ans. Selon les estimations, il y avait à l'époque entre 300 000 et 400 000 cas par année. Depuis l'introduction du vaccin, l'incidence a chuté au Canada (voir la Figure 1). Malgré une couverture vaccinale très élevée, de nombreuses grandes éclosions ont sévi de 1989 à 1995. Celles-ci touchaient surtout des enfants qui avaient reçu une dose de vaccin contre la rougeole. Il est estimé que de 10 % à 15 % des enfants immunisés demeuraient sans protection après une seule dose administrée à 12 mois, une proportion suffisamment importante pour permettre la propagation du virus.

En 1996-1997, chaque province et territoire a ajouté une deuxième dose à son calendrier de vaccination systématique, et la plupart ont mis en œuvre des programmes de vaccination de rattrapage contre la rougeole ou contre la rougeole et la rubéole auprès des enfants d'âge scolaire. Cette intervention a permis d'atteindre une couverture vaccinale pour la deuxième dose de plus de 85 %, ce qui a permis de réduire la proportion d'enfants vulnérables à un niveau négligeable où la transmission virale n'est pas possible.

Figure 1. Nombre de cas et taux d'incidence (pour 1 000 000 habitants), par année, de 1924 à 2011 et année d'introduction des vaccins.

* Le Canada a approuvé l’utilisation du vaccin à virus vivant en 1963, puis celle du vaccin à virus tué en 1964. En raison de son accès limité, le vaccin à virus tué a été abandonné à la fin des années 1970. Au début des années 1970, les provinces et les territoires ont intégré à leurs programmes d’immunisation systématique le schéma à une dose du vaccin à virus vivant et, en 1983, celui du vaccin contre la rougeole, la rubéole et les oreillons (RRO).

Remarque : La rougeole n’était pas une maladie à déclaration obligatoire au pays de 1959 à 1968.

Figure 1 - Texte équivalent

Éclosions récentes

Le Québec a connu une épidémie de rougeole en 2011. Un total det 725 cas confirmés ont été déclarés entre le 8 janvier et le 22 december 2011. Les premiers cas rapportés concernaient pour la plupart des voyageurs ayant contracté la maladie lors d'un séjour en Europe. La transmission locale soutenue a commencé en avril, d'abord en milieu scolaire, puis en milieu communautaire. La plupart des cas (87 %) se sont concentrés dans deux régions limitrophes. L'épidémie a surtout touché des jeunes âgés entre 10 et 19 ans (66 % des cas). Enfin, la majorité des cas (76 %) n'étaient pas considérés comme protégés contre la rougeole (0 dose, statut vaccinal inconnu ou vacciné sans preuve),  19% étaient considérés comme protégés pour l'âge et 5 % avaient reçu une dose de vaccin à composant antirougeoleux.

Au printemps 2010, 82 cas ont été confirmés en Colombie-Britannique. Des nourrissons et des enfants de moins de 5 ans ont été touchés en nombre disproportionné, de même que des adultes de 30 à 39 ans. Parmi les personnes infectées dont les antécédents vaccinaux étaient connus, 59 % n'avaient pas été vaccinées, 29 % n'avaient reçu qu'une dose de vaccin contenant la rougeole et 12 % avaient reçu deux doses de vaccin.

En 2008, une éclosion en Ontario s'est produite de mars à juin; an total, 53 cas ont été confirmés. La source du cas de référence est inconnue. Environ le tiers des personnes infectées avaient moins de 10 ans. Parmi les personnes infectées dont les antécédents vaccinaux étaient connus, la plupart d'entre elles (29 sur 30) n'avaient pas été vaccinées.

En 2007, une éclosion au Québec s'est d'avril à septembre; au total, 96 cas ont été confirmés. Bien que la source du cas de référence soit inconnue, les résultats d'analyses de laboratoire suggèrent qu'il y a eu deux importations distinctes. Plus de la moitié (54,7 %) des personnes infectées avaient entre 1 et 10 ans. Parmi les personnes infectées dont les antécédents vaccinaux étaient connus, la plupart d'entre elles (79 sur 86) n'avaient pas reçu deux doses du vaccin contenant la rougeole.

Surveillance de la rougeole au Canada

Au Canada, les données de surveillance sur la rougeole sont recueillies sous l'égide de trois systèmes à l'échelle fédérale : le Système canadien de surveillance des maladies à déclaration obligatoire (SCSMDO), le Système canadien de surveillance de la rougeole et de la rubéole (SCSRR) et le Projet pilote sur la surveillance de la rougeole et de la rubéole.

Données sur la rougeole

Le tableau suivant contient des données récentes sur le nombre de cas confirmés et l'incidence de la rubéole au Canada de 2005 à 2011. Pour les données de surveillance précédentes, consultez la page Web sur les maladies à déclaration obligatoire en direct, ainsi que la section ci‑après sur les Publications.

Tableau 1. Cas confirmés de rougeole au Canada, par année et groupe d'âge, de 2005 à 2011.
Année Tous les âges Moins de 1 De 1 à 4 De 5 à 9 De 10 à 14 De 15 à 19 De 20 à 24 De 25 à 29 De 30 à 39 De 40 à 59 60 ou plus Âge non précisé

*Les données proviennent du Système canadien de surveillance de la rougeole et de la rubéole.

2005* 6 1 1 0 2 0 0 0 0 0 0 2
2006* 13 4 3 1 0 2 1 0 1 1 0 0
2007* 102 1 11 35 25 5 4 3 12 2 0 4
2008* 62 4 6 9 8 4 1 5 16 8 0 1
2009* 14 0 1 3 2 7 0 0 1 0 0 0
2010* 99 12 11 6 5 10 11 7 22 13 1 1
2011* 750 59 61 60 249 215 25 11 56 14 0 0
Tableau 2. Incidence signalée par 100 000 habitants de rougeole au Canada, par année et groupe d'âge, de 2005 à 2011.
Année Tous les âges Moins de 1 De 1 à 4 De 5 à 9 De 10 à 14 De 15 à 19 De 20 à 24 De 25 à 29 De 30 à 39 De 40 à 59 60 ou plus Âge non précisé

*Les données proviennent du Système canadien de surveillance de la rougeole et de la rubéole.

2005* 0.02 0.29 0.07 0.00 0.09 0.00 0.00 0.00 0.00 0.00 0.00 0.01
2006* 0.04 1.14 0.22 0.05 0.00 0.09 0.04 0.00 0.02 0.01 0.00 0.00
2007* 0.31 0.28 0.78 1.94 1.22 0.22 0.18 0.13 0.27 0.02 0.00 0.01
2008* 0.19 1.08 0.42 0.50 0.40 0.18 0.04 0.22 0.35 0.08 0.00 0.00
2009* 0.04 0.00 0.07 0.17 0.10 0.31 0.00 0.00 0.02 0.00 0.00 0.00
2010* 0.29 3.15 0.73 0.33 0.26 0.45 0.47 0.29 0.48 0.13 0.01 0.00
2011* 2.17 15.32 3.97 3.29 13.11 9.79 1.04 0.45 1.21 0.14 0.00 0.00

Ressources sur la rougeole

Définitions de cas

Publications

Lignes directrices et recommandations

Autres ressources