La rougeole est une maladie très infectieuse causée par le virus de la rougeole et caractérisée par des éruptions cutanées (des plaques rouges) qui apparaissent d’abord sur le visage. La maladie se propage par contact direct avec les sécrétions du nez ou de la bouche d’une personne infectée ou par l’inhalation de ces sécrétions. La rougeole touche tous les groupes d’âge et peut être évitée par la vaccination. Le Comité consultatif national de l’immunisation (CCNI) recommande que les enfants reçoivent une première dose du vaccin contre la rougeole à 12 mois suivie d’une seconde dose à 18 mois ou entre 4 et 6 ans.
La rougeole est causée par le virus de la rougeole qui fait partie du genre Morbillivirus de la famille de Paramyxoviridae.
Les symptômes de la rougeole apparaissent de 7 à 18 jours après l’infection et comprennent de la fièvre, des écoulements nasaux, de la somnolence, de l’irritabilité et les yeux rouges. De petites taches blanches (appelées taches de Koplik) peuvent apparaître à l’intérieur de la bouche ou de la gorge. Puis, de 3 à 7 jours après le début des symptômes, une éruption cutanée (plaque rouge) apparaît sur le visage, puis se propage sur le corps. Les complications comprennent de la diarrhée, une pneumonie et des infections du cerveau. Dans les pays développés, le décès survient dans de 2 à 3 cas sur 1 000. Ce taux augmente à 3 à 5 cas sur 1 000 dans les pays en développement.
La période d’incubation de la rougeole est d’environ 10 jours, mais elle peut s’étendre de 7 à 18 jours à partir de l’exposition jusqu’à l’apparition de la fièvre. L’éruption cutanée survient habituellement 14 jours après l’exposition, bien qu’elle puisse apparaître de 19 à 21 jours après l’exposition au virus de la rougeole. L‘infectiosité commence de un jour avant le début de la période prodromique (environ 4 jours avant l’apparition de l’éruption cutanée) à 4 jours après l’apparition de l’éruption cutanée.
Le virus se transmet par des gouttelettes aéroportées ou par contact direct avec des sécrétions du nez ou de la gorge de personnes infectées. Le virus se transmet aussi, mais dans une moindre mesure, par un contact avec des articles souillés depuis peu par des sécrétions de nez ou de gorge.
La rougeole survient partout dans le monde et demeure un maladie grave et commune dans les pays en développement. Selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS)
, la rougeole est l’une des principales causes mondiales de décès d’enfants évitables par la vaccination. L’objectif mondial était de réduire, d’ici 2010, de 90 % le taux de mortalité liée à la rougeole (par rapport aux taux de 2000). Cet objectif n’a pas été atteint. En 2008, le taux de mortalité mondial avait été réduit de 78 %, soit de 733 000 décès estimés en 2000 à 164 000 décès estimés.
La rougeole a été éliminée dans la région des Amériques de l’OMS en 2002, le dernier cas endémique de la rougeole étant survenu le 16 novembre 2002. Depuis, il y a eu quelques cas importés ou liés à l’importation dans les Amériques : le nombre annuel variait d’un faible 85 en 2005 à un nombre élevé de 253 en 2010. Ces cas ont entraîné une propagation secondaire limitée. Cependant, en 2011, les autorités de cette région ont signalé le plus grand nombre de cas de rougeole depuis l’élimination du virus, la majorité des cas étant associés à une vaste éclosion au Québec, au Canada.
À l’extérieur des Amériques, l’activité associée à la rougeole demeure élevée. En octobre 2011, il y avait plus de 26 000 cas dans la région de l’Europe de l’OMS, le plus grande nombre de cas ayant été signalé en France (plus de 14 000 cas). Il y a eu 11 décès associés à la rougeole dans la région. De vastes éclosions sont également survenues en Afrique, surtout dans la République démocratique du Congo, avec plus de 106 000 cas et 1 100 décès.
La rougeole peut être évitée grâce à la vaccination. La vaccination de tous les enfants est recommandée : une première dose d’un vaccin combiné contre la rougeole, les oreillons et la rubéole (ROR) est administrée à 12 mois et une deuxième dose, à 18 mois ou entre 4 et 6 ans. Pour obtenir de plus amples renseignements sur le vaccin contre la ROR et son utilisation chez les adolescents, les adultes et les populations spéciales, consultez la plus récente version du Guide canadien d'immunisation.
Tous les cas de rougeole soupçonnés, en particulier ceux associés à des voyages dans des régions où la rougeole est endémique ou épidémique, devraient être signalés aussitôt que possible par l’entremise des autorités locales de santé publique. Les patients devraient être isolés pendant 4 jours après l’apparition de l’éruption cutanée. Pour limiter la propagation de la maladie, il faut identifier les personnes pouvant avoir été exposées et les immuniser.
Le Canada a réalisé des progrès considérables en vue d’éradiquer la rougeole, et la transmission endémique de la rougeole a été interrompue grâce à une couverture vaccinale élevée dans le cadre du calendrier systématique de vaccination des nourrissons et des enfants. Aucun cas indigène de rougeole n’a été signalé au Canada depuis 1997. Toutefois, les cas importés de la maladie continuent de survenir. La propagation secondaire associée à ces cas importés a été limitée à des individus et touche des Canadiens qui demeurent vulnérables parce qu’ils ne sont pas vaccinés ou qu’ils n’ont reçu qu’une vaccination partielle (c’est‑à‑dire une seule dose de vaccin). Les principales éclosions sont survenues au sein de groupes isolés philosophiquement réfractaires à la vaccination; très peu de cas de transmission secondaire de la rougeole ont été dénombrés dans la population générale. De 2002 à 2010, un total de 327 cas de rougeole confirmés ont été signalés au Canada. La moyenne est de 11 cas par année, sauf en 2007 (102 cas), en 2008 (62 cas) et en 2010 (99 cas). Le plus grand nombre de cas au cours de ces trois dernières années est principalement lié à des éclosions au Québec, en Ontario et en Colombie‑Britannique respectivement (consultez la section Éclosions récentes pour obtenir des renseignements plus en détail).
Avant l’introduction du vaccin contre la rougeole en 1963-1964, l’infection se manifestait par cycles, l’incidence augmentant tous les deux ou trois ans. Selon les estimations, il y avait à l’époque entre 300 000 et 400 000 cas par année. Depuis l’introduction du vaccin, l’incidence a chuté au Canada (voir la Figure 1). Malgré une couverture vaccinale très élevée, de nombreuses grandes éclosions ont sévi de 1989 à 1995. Celles-ci touchaient surtout des enfants qui avaient reçu une dose de vaccin contre la rougeole. Il est estimé que de 10 % à 15 % des enfants immunisés demeuraient sans protection après une seule dose administrée à 12 mois, une proportion suffisamment importante pour permettre la propagation du virus.
En 1996-1997, chaque province et territoire a ajouté une deuxième dose à son calendrier de vaccination systématique, et la plupart ont mis en œuvre des programmes de vaccination de rattrapage contre la rougeole ou contre la rougeole et la rubéole auprès des enfants d’âge scolaire. Cette intervention a permis d’atteindre une couverture vaccinale pour la deuxième dose de plus de 85 %, ce qui a permis de réduire la proportion d’enfants vulnérables à un niveau négligeable où la transmission virale n’est pas possible.

Nota : La rougeole n’était pas déclarée à l’échelle nationale entre 1959 et 1968. Le taux d’incidence pour 2011 est annualisée jusqu’au 31 août 2011.
Une éclosion récente au Québec, qui a commencé en avril 2011, a entraîné 676 cas confirmés et 73 cas possibles entre le 3 avril 2011 et le 2 novembre 2011. En date du 2 novembre 2011, l’éclosion était toujours active. Pour obtenir des renseignements à jour sur cette éclosion, consultez le site Web du ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec.
Au printemps 2010, 82 cas ont été confirmés en Colombie-Britannique. Des nourrissons et des enfants de moins de 5 ans ont été touchés en nombre disproportionné, de même que des adultes de 30 à 39 ans. Parmi les personnes infectées dont les antécédents vaccinaux étaient connus, 59 % n’avaient pas été vaccinées, 29 % n’avaient reçu qu’une dose de vaccin contenant la rougeole et 12 % avaient reçu deux doses de vaccin.
En 2008, une éclosion en Ontario s’est produite de mars à juin; an total, 53 cas ont été confirmés. La source du cas de référence est inconnue. Environ le tiers des personnes infectées avaient moins de 10 ans. Parmi les personnes infectées dont les antécédents vaccinaux étaient connus, la plupart d’entre elles (29 sur 30) n’avaient pas été vaccinées.
En 2007, une éclosion au Québec s’est d’avril à septembre; au total, 96 cas ont été confirmés. Bien que la source du cas de référence soit inconnue, les résultats d’analyses de laboratoire suggèrent qu’il y a eu deux importations distinctes. Plus de la moitié (54,7 %) des personnes infectées avaient entre 1 et 10 ans. Parmi les personnes infectées dont les antécédents vaccinaux étaient connus, la plupart d’entre elles (79 sur 86) n’avaient pas reçu deux doses du vaccin contenant la rougeole.
Au Canada, les données de surveillance de la rougeole sont accessibles dans le Système de surveillance des maladies à déclaration obligatoire (SSMDO). Depuis 1998, de la surveillance active est réalisée à l’aide du Système canadien de surveillance de la rougeole et de la rubéole (SCSRR). Les données de ce système sont disponibles de 1998 jusqu’à aujourd’hui. Pour de plus amples détails sur chacun de ces systèmes, voir ci‑après :
Le SSMDO est un système de surveillance passive coordonné par l’ASPC qui sert à surveiller plus de 40 maladies infectieuses à déclaration obligatoire à l’échelle nationale. Les objectifs de la surveillance des maladies par le SSMDO sont les suivants :
Les médecins, les hôpitaux ou les laboratoires signalent les cas de certaines maladies aux ministères provinciaux ou territoriaux de la Santé, comme le prévoit la loi provinciale ou territoriale.La déclaration au niveau fédéral est volontaire. Les autorités sanitaires provinciales ou territoriales déterminent si le cas répond à la définition de cas de surveillance et, le cas échéant, recueillent les données épidémiologiques nécessaires sur le cas déclaré. Les données non nominales sur les cas à déclaration obligatoire sont soumises au SSMDO à l’aide d’un ensemble fondamental de variables. La saisie et l’analyse de données sont effectuées par l’Agence de la santé publique du Canada. Les données provisoires sont publiées de façon semestrielle dans le Relevé des maladies transmissibles au Canada (RMTC) et les nombres de cas et les taux d’incidence finaux sont publiés dans les résumés de surveillance annuel
et en ligne.
Le Centre de l’immunisation et des maladies respiratoires infectieuses effectue une surveillance accrue axée sur les cas depuis 1998. Le système comprend des rapports hebdomadaires par toutes les provinces et tous les territoires, y compris la déclaration de « zéro cas » , à l’ASPC et à l’Organisation panaméricaine de la Santé (OPS). Tous les cas déclarés sont examinés selon la définition de cas nationale avant d’être ajoutée à la base de données nationale. La correspondance probabiliste par rapport à la provinces ou au territoire, à la date de naissance (ou âge), au sexe, à la date d’apparition et au sérogroupe (lorsque disponible) est effectuée pour établir des liens de façon rétrospective entre les données épidémiologiques et de laboratoire pour les provinces et les territoires incapables de relier au préalable les données.
Le tableau suivant contient des données récentes sur le nombre de cas confirmés et l’incidence de la rubéole au Canada de 2005 à 2010. Pour les données de surveillance précédentes, consultez la page Web sur les maladies à déclaration obligatoire,
ainsi que la section ci‑après sur les Publications.
| Année | Tous les âges | Moins de 1 | De 1 à 4 | De 5 à 9 | De 10 à 14 | De 15 à 19 | De 20 à 24 | De 25 à 29 | De 30 à 39 | De 40 à 59 | 60 ou plus | Âge non précisé |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
*Les données proviennent du Système canadien de surveillance de la rougeole et de la rubéole. |
||||||||||||
| 2005* | 6 | 1 | 1 | 0 | 2 | 0 | 0 | 0 | 0 | 0 | 0 | 2 |
| 2006* | 13 | 4 | 3 | 1 | 0 | 2 | 1 | 0 | 1 | 1 | 0 | 0 |
| 2007* | 102 | 1 | 11 | 35 | 25 | 5 | 4 | 3 | 12 | 2 | 0 | 4 |
| 2008* | 62 | 4 | 6 | 9 | 8 | 4 | 1 | 5 | 16 | 8 | 0 | 1 |
| 2009* | 14 | 0 | 1 | 3 | 2 | 7 | 0 | 0 | 1 | 0 | 0 | 0 |
| 2010† | 99 | 12 | 11 | 6 | 5 | 10 | 11 | 7 | 22 | 13 | 1 | 1 |
| 2011¥ | 701 | 24 | 60 | 58 | 244 | 205 | 27 | 11 | 53 | 16 | 0 | 3 |
| Année | Tous les âges | Moins de 1 | De 1 à 4 | De 5 à 9 | De 10 à 14 | De 15 à 19 | De 20 à 24 | De 25 à 29 | De 30 à 39 | De 40 à 59 | 60 ou plus | Âge non précisé |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
*Les données proviennent du Système canadien de surveillance de la rougeole et de la rubéole. |
||||||||||||
| 2005* | 0.02 | 0.29 | 0.07 | 0.00 | 0.09 | 0.00 | 0.00 | 0.00 | 0.00 | 0.00 | 0.00 | 0.01 |
| 2006* | 0.04 | 1.14 | 0.22 | 0.05 | 0.00 | 0.09 | 0.04 | 0.00 | 0.02 | 0.01 | 0.00 | 0.00 |
| 2007* | 0.31 | 0.28 | 0.78 | 1.94 | 1.22 | 0.22 | 0.18 | 0.13 | 0.27 | 0.02 | 0.00 | 0.01 |
| 2008* | 0.19 | 1.08 | 0.42 | 0.50 | 0.40 | 0.18 | 0.04 | 0.22 | 0.35 | 0.08 | 0.00 | 0.00 |
| 2009* | 0.04 | 0.00 | 0.07 | 0.17 | 0.10 | 0.31 | 0.00 | 0.00 | 0.02 | 0.00 | 0.00 | 0.00 |
| 2010† | 0.29 | 3.15 | 0.73 | 0.33 | 0.26 | 0.45 | 0.47 | 0.29 | 0.48 | 0.13 | 0.01 | 0.00 |
| 2011¥ | 3.08 | 9.46 | 6.01 | 4.82 | 18.9 | 13.8 | 1.71 | 0.69 | 1.73 | 0.24 | 0.00 | 0.00 |
Définitions nosologiques des maladies transmissibles faisant l'objet d'une surveillance nationale - 2009
Définitions de cas des maladies faisant l'objet d'une surveillance nationale -2000
Surveillance de la rougeole : Lignes directrices pour le soutien des laboratoires, RMTC 1998;24
Guide canadien d’immunisation 2006, chapitre sur le vaccin contre la rougeole
Guide canadien d'immunisation 2006 Tableau des vaccins actuellement homologués au Canada, mars 2008
Directives pour la lutte contre les épidémies de rougeole au Canada. RMTC 1995

Gracieuseté des Centers for Disease Control and Prevention
ASPC - Conseils de santé aux voyageurs - La rougeole
PAHO Measles Weekly Bulletin (disponisble en anglais seulement) ![]()
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