Agence de la santé publique du Canada
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Agence de la santé publique du Canada Document d'orientation - Réduction du risque d'exposition à la maladie à virus Ebola au Canada au moyen de mesures de quarantaine renforcées

Date d'adoption: le 10 novembre 2014

Avant-propos

Le présent document d'orientation vise à aider les voyageurs, y compris les travailleurs humanitaires et de la santé, à se conformer au décret no 2 (le Décret) intitulé Réduction du risque d'exposition à la maladie à virus Ebola et publié dans la partie I de la Gazette du Canada le 15 novembre 2014. Il vise aussi à fournir au public, à tous les paliers de gouvernement, aux intervenants intéressés, aux partenaires et aux professionnels de la santé l'information nécessaire afin de soutenir une mise en œuvre transparente, juste, constante et efficace du Décret. Des mises à jour suivront à mesure que d'autres renseignements seront disponibles.

Le Décret précise les exigences auxquelles doivent se conformer les voyageurs arrivant au Canada en provenance de la Guinée, du Libéria et de la Sierra Leone - pays touchés par une propagation à grande échelle de la maladie à virus Ebola (MVE) - dans la foulée du renforcement des mesures frontalières prévues aux termes de la Loi sur la mise en quarantaine. Le présent document d'orientation fournit des recommandations et des détails additionnels sur la mise en œuvre du Décret ainsi que sur la surveillance et le déplacement des voyageurs arrivant de ces pays, qu'ils présentent ou non des symptômes de la MVE. Il devrait être consulté en parallèle avec l'Avis de la Gazette du Canada - Décret nº 2 - Limitation du risque d'exposition à la maladie à virus EbolaLien externe.

1. Introduction

L'isolement des personnes malades ainsi que la mise en quarantaine avec isolement social et restriction de déplacement des personnes exposées à une maladie transmissible avant qu'elles en présentent des symptômes font partie intégrante des mesures de santé publique classiques prises pour juguler la propagation des maladies infectieuses. Les termes « isolement » et « quarantaine » sont définis et utilisés selon des modalités précises par les autorités sanitaires; cependant, aux fins du présent document, les termes « isoler ou isolement » décrivent l'écart entre des personnes et sont utilisés pour aussi bien pour des contacts qui présentent des symptômes que pour ceux qui n'en présentent pas.

Le degré d'isolement social ou de restriction de déplacement dépend de plusieurs facteurs : la façon dont se propage la maladie transmissible, son degré de contagiosité, le fait que la personne infectée soit contagieuse ou non avant l'apparition des symptômes et une évaluation des circonstances personnelles.

Durant l'éclosion actuelle de la MVE, on estime qu'environ la moitié des personnes qui contractent la MVE meurent des suites de la maladie - le taux de mortalité se situait à l'intérieur d'une fourchette de 25 % à 90 % au cours des éclosions antérieures. Le virus Ebola est transmis par contact direct avec des liquides corporels infectés ou une dépouille infectée. La transmission aéroportée n'a pas été observée entre humains, et elle n'a pas été non plus corroborée par les données épidémiologiques sur la propagation de la maladie.

La transmission entre des personnes ne se produit pas avant l'apparition des symptômes; cependant, la période d'incubation (entre l'infection et l'apparition des symptômes) varie de 2 à 21 jours. L'infectiosité du patient augmente considérablement au cours de l'évolution de la maladie lorsque l'infection devient symptomatique.

La fièvre et/ou la céphalée sont les symptômes initiaux les plus courants de l'infection à virus Ebola, mais un ou l'autre de ces symptômes peut être présenté individuellement que dans 85 à 90 % des cas au cours des phases initiales de la maladie. Il faut donc surveiller fréquemment (deux fois par jour) la fièvre ou d'autres symptômes (p. ex. la fatigue ou la myalgie) durant la période d'incubation possible de 21 jours avant qu'une personne puisse être déclarée non infectée.

Lorsque des symptômes compatibles avec la maladie apparaissent, la personne doit être en mesure d'en informer immédiatement les autorités sanitaires afin que son transport puisse s'effectuer rapidement vers le centre de traitement de la maladie à virus Ebola désigné avec l'assistance de personnes formées portant un équipement de protection individuelle.

Il est peu probable que des personnes infectées transmettent le virus au cours des phases initiales de la maladie; cependant, si elles ont été en contact avec un grand nombre de personnes au moment de l'apparition des premiers symptômes, les représentants de la santé publique devront vraisemblablement mener une recherche des contacts pour démontrer l'absence de transmission et s'assurer de la sécurité publique. Ainsi, il serait très prudent d'adopter une stratégie visant à limiter les contacts, en particulier dans les transports publics ou les endroits où se trouve un grand nombre de personnes.

Une évaluation de l'exposition et du risque clinique menée par les autorités sanitaires ainsi qu'une évaluation des circonstances personnelles permettront de déterminer quelles activités et/ou restrictions doivent être intégrées à un plan de gestion d'un individu. On peut notamment mettre en place des mesures visant à éviter les contacts corporels et/ou les rencontres sociales en fonction de l'évaluation des risques associés aux circonstances personnelles.

Cette maladie grave et souvent fatale nécessite une abondance de précautions et la reconnaissance de l'incidence positive considérable qu'entraîne la conjugaison des efforts déployés par les autorités sanitaires.

1.1 Objectif

L'objectif du présent document est de permettre de protéger davantage la santé et la sécurité du public en efforçant de s'assurer que tous les voyageurs arrivant au Canada en provenance de la Guinée, du Libéria et de la Sierra Leone sont déterminés et surveillés par les autorités sanitaires.

1.2 Portée

Le présent document offre une orientation sur les mesures de santé publique visant à réduire les risques d'exposition à la MVE au Canada et s'applique à tout voyageur, y compris les travailleurs humanitaires et de la santé, arrivant au Canada en provenance de la Guinée, du Libéria et de la Sierra Leone par n'importe quel point d'entrée, que ce soit par voie maritime, terrestre et aérienne.

2. Orientation

Conformément au Décret, tous les voyageurs qui arrivent au Canada doivent divulguer à l'agent de contrôle du point d'entrée s'ils ont visité la Guinée, le Libéria et la Sierra Leone au cours des 21 derniers jours. L'agent de contrôle aiguille tous les voyageurs, y compris les travailleurs humanitaires et de la santé, ayant récemment séjourné en Guinée, au Libéria ou en Sierra Leone vers un agent de quarantaine afin que celui-ci puisse effectuer une évaluation détaillée des voyageurs et vérifier leur température.

Le contrôle rigoureux permet à l'agent de quarantaine de déterminer quelles sont les mesures à prendre parmi celles qui sont décrites dans les paragraphes suivants. Les voyageurs doivent répondre aux questions posées par l'agent de contrôle et l'agent de quarantaine.

2.1 Mesures prises à l'égard des voyageurs malades (PRÉSENTANT des symptômes)

Conformément au Décret, les voyageurs malades, y compris les travailleurs humanitaires et de la santé, qui présentent des symptômes de la MVE doivent immédiatement être soumis à un examen médical par une personne qui pratique la médecine dans un établissement de soins de courte durée ayant mis en place des mesures de lutte contre la MVE (si possible dans un hôpital désigné pour le traitement du virus Ebola). Aucun voyage subséquent n'est permis, à moins qu'il n'ait été organisé par l'agent de quarantaine en vue du transport de la personne infectée vers un hôpital désigné en vertu de procédures de lutte contre l'infection appropriées. L'agent de quarantaine doit coordonner le transfert du voyageur avec la province ou le territoire et les autorités sanitaires locales.

Après l'examen médical :

  • les voyageurs ayant reçu un diagnostic probable ou possible d'Ebola seront isolés dans l'hôpital jusqu'à ce qu'ils obtiennent leur congé;
  • les voyageurs ayant reçu un diagnostic autre qu'un diagnostic d'Ebola n'exigeant pas une hospitalisation doivent informer de leur état une autorité sanitaire locale/provinciale/territoriale à des fins de surveillance continue ou, si les autorités sanitaires locales/provinciales/territoriales ne sont pas en mesure d'assurer la surveillance, doivent informer de leur état l'Agence de la santé publique du Canada. Les voyageurs ayant été exposés à la MVE ou ayant été en contact direct non protégé avec une personne présentant des symptômes de la maladie doivent être mis en isolation sans délai (voir 2.2.1).

2.2 Mesures prises à l'égard des voyageurs en santé (ne présentant AUCUN symptôme)

Conformément au Décret, les voyageurs arrivant de pays touchés par l'éclosion de la MVE et ne présentant aucun symptôme de la MVE selon l'évaluation effectuée par les agents de quarantaine doivent informer de leur état une autorité sanitaire locale/provinciale/territoriale à des fins de surveillance continue ou, si les autorités sanitaires locales/provinciales/territoriales ne sont pas en mesure d'assurer la surveillance, doivent informer de leur état l'Agence de la santé publique du Canada. Après un contrôle rigoureux par un agent de quarantaine, ces voyageurs seront classés dans l'une des trois catégories suivantes : 1) voyageurs en santé ayant un risque élevé d'avoir été exposés à la MVE, 2) travailleurs humanitaires et de la santé ayant été protégés d'une exposition à la MVE ou 3) voyageurs en santé n'ayant pas à leur connaissance été exposés à la MVE.

2.2.1 Voyageurs en santé ayant un risque élevé d'avoir été exposés à la MVE

On classe dans cette catégorie les voyageurs, y compris les travailleurs humanitaires et de la santé, qui ne présentent aucun symptôme et qui n'étaient pas protégés lorsqu'ils ont été exposés au virus Ebola (c'est-à-dire les voyageurs ayant été exposés à la MVE ou ayant été en contact direct non protégé avec une personne présentant des symptômes de la maladie).

  • Ces voyageurs sont ceux ayant été directement en contact avec une personne atteinte de la MVE et/ou ses liquides corporels, sa dépouille ou toute autre source connue d'exposition au virus Ebola. Une exposition non protégée englobe également celles liées au port d'un équipement de protection individuelle endommagé et à une blessure causée par une seringue. Le nombre de ces voyageurs devrait être très faible, puisque la majorité d'entre eux devraient avoir fait l'objet d'un contrôle avant leur départ d'un des pays touchés ou avant leur retour au Canada.

Voici les mesures obligatoires et les recommandations relatives à ces voyageurs.

  • Conformément au Décret, ces voyageurs doivent, de la manière précisée par l'agent de quarantaine, informer immédiatement de leur état une autorité sanitaire, et, durant la période de 21 jours qui commence effectivement le jour que les voyageurs quittent un pays touché, ils doivent se conformer à ce qui suit :
    • Conformément aux directives de l'autorité sanitaire, s'auto-isoler immédiatement et demeurer isoler des autres jusqu'à 21 jours en fonction de la date de départ de la région touchée par Ebola. « Demeurer isoler des autres » signifie : éviter l'utilisation subséquente de moyens de transport public à partir du point d'entrée (vol de correspondance ou autobus), éviter l'utilisation de tout autre type de transport public, éviter de visiter des lieux publics, de se rendre au travail, de fréquenter des endroits achalandés, comme les centres commerciaux, les cliniques de santé, les marchés d'alimentation, les centres funéraires et les lieux de rassemblement religieux, et éviter d'entrer physiquement en contact avec les autres. Tout contact entre le voyageur et les membres de sa famille ou ses colocataires est interdit pendant la période d'auto-isolement.
    • Prendre leur température et l'enregistrer deux fois par jour, et fournir les renseignements demandés, de la manière et au moment précisés, à l'autorité sanitaire.
    • Répondre aux questions de l'autorité sanitaire en ce qui concerne leur température corporelle ou d'autres symptômes de la MVE.
    • Déclarer toute intention de se déplacer à l'autorité sanitaire.
    • Signaler immédiatement la présence de symptômes de la MVE à l'autorité sanitaire et respecter les consignes de ce dernier.
  • Durant la période de 21 jours, les mesures suivantes sont recommandées :
    • L'emplacement du lieu d'auto-isolement devrait être situé près d'un hôpital désigné, si possible, à moins d'une heure de route de celui-ci afin d'assurer un transfert rapide de la personne infectée. L'emplacement devrait également être confirmé par l'autorité sanitaire.
    • Lorsque l'auto-isolement à domicile n'est pas envisageable, on peut isoler un voyageur dans un autre endroit, par exemple un établissement appartenant à une organisation non gouvernementale ou un emplacement choisi par un organisme fédéral.
    • Alors que les symptômes de la MVE doivent être surveillés par le voyageur conformément à ce qui est décrit plus haut, la manière de le faire est cependant à la discrétion de l'autorité sanitaire. La surveillance active directe est toutefois recommandée lorsque l'autorité sanitaire doit examiner le voyageur deux fois par jour afin de déterminer si ce dernier présente des symptômes de la MVE, dont la fièvre.

2.2.2 Travailleurs humanitaires ou de la santé ayant été protégés d'une exposition à la MVE

On classe dans cette catégorie les voyageurs qui sont des travailleurs de la santé ou des travailleurs humanitaires, qui ne présentent aucun symptôme et qui étaient protégés lorsqu'ils ont été exposés au virus Ebola (c'est-à-dire les voyageurs n'ayant pas à leur connaissance été exposés à la MVE et n'ayant pas eu de contact direct non protégé avec une personne présentant des symptômes de la maladie).

  • Ce groupe de travailleurs humanitaires ou de la santé sont ceux qui sont entrés en contact direct avec une personne atteinte de la MVE et/ou ses liquides corporels, sa dépouille ou toute autre source d'exposition au virus Ebola, mais qui avaient cependant pris les précautions nécessaires pour éviter leur contamination (p. ex. port d'un équipement de protection individuelle).

Voici les mesures obligatoires et les recommandations relatives à ces voyageurs.

  • Conformément au Décret, ces voyageurs doivent, de la manière précisée par l'agent de quarantaine, informer immédiatement de leur état une autorité sanitaire, et, durant la période de 21 jours qui commenceeffectivement le jour que les voyageurs quittent un pays touché, ils doivent se conformer à ce qui suit:
    • Prendre leur température et l'enregistrer deux fois par jour, et fournir les renseignements demandés, de la manière et au moment précisés, à l'autorité sanitaire.
    • Répondre aux questions de l'autorité sanitaire en ce qui concerne leur température corporelle ou d'autres symptômes de la MVE.
    • Déclarer toute intention de se déplacer à l'autorité sanitaire.
    • Signaler immédiatement la présence de symptômes de la MVE à l'autorité sanitaire et respecter les consignes de ce dernier.
  • Durant la période de 21 jours, les mesures suivantes sont recommandées :
    • L'utilisation subséquente de moyens de transport public à partir du point d'entrée comme un vol de correspondance ou l'autobus devraient être discutés avec l'agent de quarantaine. Ce type de déplacement devrait être évalué au cas par cas avec le représentant de la santé publique.
    • L'arrivée à la destination finale devrait se faire dans un délai de 12 heures suivant la dernière évaluation menée par un agent de quarantaine et le temps passé dans un moyen de transport public ne devrait pas excéder 3 heures.
    • La destination finale doit être située près d'un établissement de soins de courte durée où des mesures de contrôle de la MVE ont été mises en place (si possible dans un hôpital désigné pour le traitement du virus Ebola) ou d'un lieu à partir duquel le transport vers un tel hôpital peut être effectué rapidement et d'une manière appropriée. L'endroit doit être confirmée auprès de l'autorité de santé publique.
    • Alors que les symptômes de MVE doivent être surveillés par le voyageur conformément à ce qui est décrit plus haut, la manière de le faire est cependant à la discrétion de l'autorité sanitaire. Pour ce type de voyageurs, la surveillance active directe devrait suffire si le voyageur surveille et enregistre deux fois par jour la présence de symptômes de la MVE, dont la fièvre, fait chaque jour une déclaration à cet effet à une autorité sanitaire.
    • La personne devrait éviter les déplacements dans un moyen de transport public et la fréquentation d'endroits achalandés, comme les centres commerciaux, les cliniques de santé, les marchés d'alimentation, les centres funéraires et les lieux de rassemblement religieux.
    • La personne devrait éviter de fournir directement des soins à un patient.
    • La personne devrait éviter de toucher les autres et de se tenir à moins d'un mètre d'une autre personne.
    • Selon les cas, envisager modalités de vie, les activités de travail et les loisirs afin de les faires en minimisant contact direct.

2.2.3 Voyageurs en santé n'ayant pas à leur connaissance été exposés à la MVE

On classe dans cette catégorie les voyageurs qui ne présentent aucun symptôme et qui ne sont liés à aucune exposition connue au virus Ebola.

  • Ces voyageurs sont ceux, y compris les travailleurs humanitaires, qui n'ont pas été directement en contact avec une personne atteinte de la MVE et/ou ses liquides corporels, sa dépouille ou toute autre source d'exposition au virus Ebola.

Voici les mesures obligatoires et les recommandations relatives à ces voyageurs.

  • Conformément au Décret, ces voyageurs doivent, de la manière précisée par l'agent de quarantaine, informer immédiatement de leur état une autorité sanitaire, et, durant la période de 21 jours qui commence effectivement le jour que les voyageurs quittent un pays touché, ils doivent se conformer à ce qui suit :
    • Prendre leur température et l'enregistrer deux fois par jour, et fournir les renseignements demandés, de la manière et au moment précisés, à l'autorité sanitaire.
    • Répondre aux questions de l'autorité sanitaire en ce qui concerne leur température corporelle ou d'autres symptômes de la MVE.
    • Déclarer toute intention de se déplacer à l'autorité sanitaire.
    • Signaler immédiatement la présence de symptômes de la MVE à l'autorité sanitaire et respecter les consignes de ce dernier.
  • Durant la période de 21 jours, les mesures suivantes sont recommandées :
    • Il ne devrait pas y avoir de restriction quant à l'utilisation subséquente de moyens de transport public à partir du point d'entrée comme un vol de correspondance ou l'autobus.
    • La destination finale doit être située près d'un établissement de soins de courte durée où des mesures de contrôle de la MVE ont été mises en place (si possible dans un hôpital désigné pour le traitement du virus Ebola) ou d'un lieu à partir duquel le transport vers un tel hôpital peut être effectué rapidement et d'une manière appropriée. L'endroit doit être confirmée auprès de l'autorité de santé publique à moins d'indication contraire de la part d'un représentant de la santé publique, les activités comme la présence au travail, la fréquentation d'endroits publics, l'utilisation du transport public peuvent se poursuivre normalement.
    • Alors que les symptômes de MVE doivent être surveillés par le voyageur conformément à ce qui est décrit plus haut, la manière de le faire est cependant à la discrétion de l'autorité sanitaire. Pour ce type de voyageurs, la surveillance active directe devrait suffire si le voyageur surveille et enregistre deux fois par jour la présence de symptômes de MVE, dont la fièvre, et fait chaque jour une déclaration à cet effet à une autorité sanitaire dans les délais prescrits.

3. Conformité

S'ils omettent de faire une auto-déclaration ou de suivre les consignes des agents de quarantaine comme le prévoit le Décret, les voyageurs arrivant au Canada visés par les présentes mesures peuvent être soumis à une arrestation et/ou à des sanctions en vertu de la Loi sur la mise en quarantaine, ce qui inclut le versement d'une amende et/ou l'emprisonnement.

4. Réduction de la période de 21 jours

Le décret indique que la période de vingt et un jours commence le jour de l'arrivée au Canada, toutefois, si une personne peut prouver qu'entre son départ de la Guinée, du Libéria ou de la Sierra Leone et son entrée au Canada, elle a séjourné dans un endroit autre que la Guinée, le Libéria ou la Sierra Leone, la période de 21 jours peut être amputée du nombre de jours du séjour de cette personne à cet endroit.

5. Où obtenir de l'information

  • Les demandes de renseignements relatives au présent document peuvent être présentées en composant le 1-800-O-Canada.

6. Glossaire

Agent de quarantaine - Personne qui administre et fait respecter la Loi sur la mise en quarantaine (loi fédérale) aux points d'entrée au Canada en menant des activités de collaboration, de réseautage et de formation auprès de partenaires clés. Cette personne peut procéder à des évaluations médicales et ordonner la prise d'autres mesures à l'égard de voyageurs ou de véhicules (y compris la détention). Désignée par le ministre, cette personne doit être un professionnel de la santé qualifié. Dans la pratique, ce sont les infirmières autorisées de l'Agence de la santé publique du Canada qui jouent ce rôle.

Agent de contrôle - Agent de l'Agence des services frontaliers du Canada désigné en vertu de la Loi sur la mise en quarantaine. Il est souvent la première personne à évaluer un voyageur. Il effectue une évaluation préliminaire de la santé d'un voyageur afin de déterminer s'il risque d'avoir contracté une maladie transmissible.

Contrôle rigoureux par un agent de quarantaine - Questionnement du voyageur au sujet des symptômes de la MVE et de son exposition possible à la MVE et prise de sa température. Selon les résultats du contrôle rigoureux, l'agent de quarantaine détermine si le voyageur doit faire l'objet des mesures énoncées dans le Décret.

Efforts conjugués en matière de santé publique - Au Canada, la responsabilité de la santé publique est partagée entre les instances fédérales, provinciales et territoriales et locales. Ainsi, l'Agence de la santé publique du Canada contribue aux initiatives fédérales visant à cerner et à atténuer les facteurs de risque pour la santé publique et à renforcer à l'échelle nationale l'état de préparation à l'égard des menaces pour la santé publique, ce qui comprend la capacité de réagir à une urgence liée à la santé publique. Les provinces et les territoires ont chacun des lois régissant la santé publique, lesquelles contiennent généralement des dispositions relatives aux maladies infectieuses et aux déclarations aux autorités sanitaires. Les interventions menées à l'échelle locale relèvent des cliniciens, du personnel de santé publique, des fournisseurs de soins de santé primaires, des hôpitaux, des salles d'urgence, des laboratoires, des écoles et d'autres fournisseurs de services et collecteurs de données liées à la santé. Les efforts conjugués comprennent également ceux menés à l'échelle internationale.

Examen médical - Examen mené par un médecin qui comprend une vérification des antécédents médicaux qui présentent un intérêt, un examen des déplacements à l'extérieur du Canada, un examen physique de la personne, y compris les radiographies, analyses de laboratoire et tests de diagnostic nécessaires pour établir si elle pourrait être atteinte d'une maladie transmissible.

Hôpitaux désignés - Hôpital ou hôpitaux désignés dans chaque province ou territoire pour recevoir des patients atteints de la MVE et leur procurer des soins.

Maladie à virus Ebola (MVE) :

  • Description - La maladie à virus Ebola (autrefois appelée aussi fièvre hémorragique à virus Ebola) est une maladie grave, souvent mortelle chez l'homme.
  • Symptômes - La durée d'incubation, c'est-à-dire le temps écoulé entre l'infection par le virus et l'apparition des premiers symptômes, varie de 2 à 21 jours. Tant qu'ils ne présentent pas de symptômes, les sujets humains ne sont pas contagieux. Les s symptômes comprennent une fièvre ≥ à 38 °C , malaise, frissons, maux de tête graves, injection conjonctivale, pharyngite, douleurs abdominales, vomissements, diarrhée, éruptions cutanées, myalgie, faiblesse et saignements non liés à une blessure.
  • Transmission - Transmission par contact direct avec les animaux infectés et le sang ou d'autres liquides corporels (p. ex. matières fécales, urine, salive, sperme) d'une personne ou d'une dépouille infectée ou contact indirect avec des surfaces ou des instruments (p. ex. aiguilles) contaminés par du sang ou des liquides corporels infectés. Ne se transmet pas d'une personne à l'autre par les voies aériennes.

Maladie transmissible - Maladie inscrite à l'annexe de la Loi sur la mise en quarantaine ou maladie causée par un agent infectieux ou une toxine biologique transmissibles à l'être humain et présentant un danger grave pour la santé publique. Y est assimilé l'agent infectieux qui cause la maladie transmissible. Il s'agit d'une maladie humaine qui peut se propager par contact personnel.

Mesure de santé publique - Mesure comme la surveillance ou la restriction de déplacement d'une personne atteinte d'une maladie transmissible ou qui pourrait en être atteinte afin de maintenir cette personne à l'écart et de prévenir ainsi la propagation d'une maladie.

Personne que pratique la médecine - Personne autorisée par le droit d'une province à exercer la médecine.

Point d'entrée - Lieu désigné par le ministre en vertu de l'article 9 de la Loi sur la mise en quarantaine ou lieu où est situé un bureau de douane au sens du paragraphe 2(1) de la Loi sur les douanes. Comprend tout point d'entrée au Canada par voie maritime, terrestre et aérienne.

Surveillance active - Dans le cadre d'une surveillance active, la personne procède activement à un autocontrôle et informe rapidement les responsables concernés si des symptômes de la MVE apparaissent. Elle prend sa propre température et l'enregistre deux fois par jour, et déclare les températures mesurées et les symptômes compatibles avec Ebola à l'autorité sanitaire sur une base quotidienne ou selon la fréquence établie par ce dernier.

Surveillance active directe - Surveillance menée par l'autorité sanitaire qui consiste à faire, deux fois par jour, une observation directe des personnes afin de déterminer si elles présentent des symptômes de MVE, dont de la fièvre.

7. Annexe A : Autres documents d'orientation

Agence de la santé publique du Canada : Les documents d'orientation seront mis à jour au besoin à la lumière des nouvelles données scientifiques et d'autres renseignements disponibles; ils seront ensuite affichés sur le site.

Santé Canada

Centre de prévention et de contrôle des maladies (CPCM), États-Unis

Australie

Organisation mondiale de la santé

8. Ouvrages de référence clés

Drazen JM et al. Ebola and quarantine. NEJM 2014 (publication en ligne, 27 octobre 2014)

WHO Ebola Response Team. Ebola virus disease in West Africa - the first 9 months of the epidemic and forward projections. NEJM 2014 (publication en ligne, 16 octobre 2014)