L’Agence de la santé publique du Canada (ASPC) effectue une surveillance de la maladie de Lyme au Canada, et des études montrent que le risque de contracter la maladie augmente au pays. Selon de récentes recherches, publiées en avril 2010, le risque est apparu dans certaines régions du sud du Québec en raison de la découverte de populations de tiques porteuses de la bactérie à l’origine de la maladie de Lyme. Des changements similaires dans la distribution des tiques porteuses de la maladie de Lyme ont été rapportés au Manitoba, en Ontario, au Nouveau‑Brunswick et en Nouvelle‑Écosse ces dernières années.
La maladie de Lyme est une infection causée par la bactérie Borrelia burgdorferi, qui peut se transmettre par la morsure de certains types de tiques. La maladie de Lyme peut entraîner des symptômes graves chez les humains, mais elle peut être traitée efficacement. Elle est la maladie vectorielle la plus répandue dans les régions tempérées; elle sévit en Europe, en Asie et dans une grande partie de l’Amérique du Nord.
Les tiques habitent au sein et autour les régions boisées et ils deviennent infectées lorsqu’elles se nourrissent du sang de souris, d’écureuils, d’oiseaux et d’autres petits animaux qui peuvent être porteurs de la bactérie. Les tiques transmettent ensuite la bactérie aux humains. Les morsures de tiques sont généralement sans douleur, et la plupart des personnes ignorent qu'elles ont été mordues. Deux types de tiques sont responsables de la transmission : la tique occidentale à pattes noires en Colombie-Britannique et la tique à pattes noires dans le reste du Canada. La maladie de Lyme ne se transmet pas d'une personne à une autre. Même si les chiens et les chats peuvent contracter la maladie de Lyme, rien ne prouve qu'ils puissent transmettre l'infection directement aux humains. Toutefois, les animaux domestiques peuvent transporter des tiques infectées jusque dans les maisons ou les cours. Les chasseurs courent un plus grand risque, car ils passent plus de temps dans les milieux où les tiques ont tendance à vivre. Toutefois, la maladie de Lyme ne peut pas être contractée en coupant ou en mangeant de la viande ou des organes de chevreuil.
Les tiques sont des petits arachnides piqueurs (apparentées aux scorpions, aux araignées et aux acariens) qui se nourrissent de sang. Leur taille et leur couleur varient; les tiques à pattes noires sont minuscules. Avant de se nourrir, les femelles adultes, de couleur rouge et brun foncé, mesurent quelque 3 à 5 mm de long. Les tiques se nourrissent de sang en s’accrochant aux animaux, dont les humains, à l’aide de leur rostre. La taille des femelles est légèrement plus grande que celle des mâles et, une fois nourries de sang, leur taille peut atteindre celle d'un raisin. Les mâles ne grossissent pas, car ils ne s’engorgent pas de sang. Les larves et les nymphes (stade juvénile) sont, quant à elles, encore plus petites et de couleur plus pâle que les adultes lorsqu'elles ne se sont pas nourries. Les tiques s'agrippent aux humains et aux animaux domestiques lorsque ceux-ci entrent en contact avec de la végétation, comme de l’herbe, un arbuste ou des couvertures de feuilles mortes.

Figure 1 : Cette image, qui illustre la taille et la couleur de tiques à pattes noires femelles à divers stades d'engorgement, comporte cinq tiques femelles superposées sur une règle de plastique à côté d'une pièce de 10 cents. La photographie permet de constater que les tiques femelles sont d'un brun rougeâtre froncé lorsqu'elles sont à jeun, que leur couleur devient brun pâle ou jaune lorsqu'elles commencent à s'engorger, qu'elle tire vers le gris lorsqu'elles continuent de s'engorger et qu'elle devient brun-gris foncé lorsqu'elles sont complètement gorgées. Lorsque les tiques s'engorgent, leur abdomen grossit, de sorte que la taille de la tique à jeun, qui est d'environ 0,3 cm, passe à 0,6 cm lorsque la tique est partiellement engorgée. Lorsque les tiques sont complètement gorgées, elles mesurent environ 1 cm de long et ont une forme ovoïde.

Figure 2 : Cette image, qui illustre la taille et la couleur des nymphes de la tique à pattes noires à différents stades d'engorgement, comporte trois nymphes superposées sur une règle de plastique à côté d'une pièce de 10 cents. La photographie permet de constater que les nymphes à jeun sont très petites (0,15 cm de long) et qu'elles sont gris-brun. Lorsqu'elles s'engorgent, leur abdomen grossit et fonce. La nymphe complètement gorgée mesure environ 0,3 cm de long, elle est presque noire et elle a une forme ovoïde.
Au Canada, il y a des endroits où des populations de tiques transmettant l’agent de la maladie de Lyme sont établies; ces régions sont décrites comme les régions endémiques de la maladie de Lyme. Bien que les tiques occidentales à pattes noires, Ixodes pacificus (également connues sous le nom de tique du cerf) soient présentes dans un grand nombre de régions de la Colombie-Britannique, les plus fortes concentrations se trouvent dans les basses-terres continentales, sur l'île de Vancouver et dans la vallée du Fraser. Néanmoins, des populations bien établies de tiques à pattes noires, Ixodes scapularis (parfois connues sous le nom de tique du cerf), ont été recensées dans le sud-est du Québec, le sud et l'est de l'Ontario, dans le sud-est du Manitoba et dans certaines régions du Nouveau-Brunswick et de la Nouvelle-Écosse.
Les tiques à pattes noires se trouvent dans de nombreuses régions du Canada, même dans les régions où aucune population de tiques n'a été signalée auparavant. Ces tiques sont probablement transportées dans ces régions par des oiseaux migrateurs. Environ 10 % de ces tiques provenant d’oiseaux sont infectées par la bactérie de la maladie de Lyme. Bien que vous puissiez vous faire mordre par une tique infectée presque n'importe où au Canada, les chances que cela se produise sont très faibles dans une région où aucune population de tiques n'a été établie.
Pour en savoir plus sur les tiques à pattes noires, veuillez consulter la page Web de l’Agence sur la maladie de Lyme et autres maladies transmises par les tiques.
Les symptômes de la maladie de Lyme se développent habituellement en trois phases, bien que tous les patients ne développent pas tous les symptômes. Le premier signe d'infection est généralement une éruption cutanée de forme circulaire appelée érythème migrant ou EM. Environ 70 à 80 % des personnes infectées développent cette éruption. Elle se manifeste initialement à l'endroit mordu par la tique de trois jours à un mois après la morsure et peut durer jusqu’à huit semaines. Les signes courants d’une irritation cutanée, comme des démangeaisons, une desquamation, de la douleur, une enflure ou une exsudation, ne sont pas habituellement associés à l’EM. Les autres symptômes communs sont les suivants :
En l'absence de traitement, la deuxième phase de la maladie, aussi appelée la maladie de Lyme disséminée, peut durer jusqu'à plusieurs mois et se manifester de la façon suivante :
Si l'infection demeure non traitée, la troisième phase de la maladie peut durer de plusieurs mois à plusieurs années et se manifester par différents symptômes, dont l'arthrite chronique et des symptômes neurologiques.
Il est très rare que la maladie de Lyme entraîne la mort.
Pour en savoir plus sur les symptômes cliniques de la maladie de Lyme, veuillez consulter l’article suivant – La maladie de Lyme, une maladie zoonotique qui revêt une importance croissante pour les Canadiens. Médecin de famille canadien, 2008
(en anglais seulement)
Le diagnostic de la maladie de Lyme doit être émis à la suite de l’évaluation des symptômes du patient et des risques d'exposition à des tiques infectées. Des analyses sanguines peuvent aussi être utilisées pour détecter la présence d'anticorps spécifiques à la bactérie.
L'Agence de la santé publique du Canada (ASPC) préconise l'approche en deux volets pour ce qui est des analyses sanguines (analyser les échantillons sanguins au moyen d'un seul test pour ensuite poursuivre uniquement l'analyse des échantillons qui ont donné des résultats positifs pour la maladie de Lyme). L’Agence émet des mises en garde contre l'utilisation de tests non validés ou l'interprétation de résultats sans lignes directrices appropriées. Les analyses sanguines peuvent se révéler négatives chez des patients qui sont porteurs de la maladie à son stade précoce et chez ceux à qui un traitement aux antibiotiques a été administré. Cela dit, plus le stade de la maladie est avancé, plus grande est l'exactitude des résultats des analyses sanguines chez les personnes non traitées.
Au Canada, la maladie de Lyme est une maladie à déclaration obligatoire depuis 2009.
Veuillez cliquer ici pour en savoir plus sur le diagnostic et le processus de déclaration.
Pour obtenir davantage de renseignements sur le diagnostic de la maladie de Lyme, veuillez consulter l’article suivant : Ogden N et al. L’émergence de la maladie de Lyme au Canada, Journal de l'Association médicale canadienne, vol. 180, no 12, p. 1221‑1224, 2009,
(en anglais seulement)
Les tiques se nourrissant trouvées sur la peau d’un patient peuvent être présentées au Laboratoire national de microbiologie pour qu’elles soient identifiées et analysées en vue de déterminer si elles sont porteuses de l’infection B. burgdorferi. Pour en savoir plus, veuillez communiquer avec le Laboratoire national de microbiologie par téléphone ou par courriel :
Téléphone : 204‑789‑2000
Courriel : ticks@phac-aspc.gc.ca
Plusieurs antibiotiques peuvent aider à traiter la maladie. Plus les traitements sont administrés tôt en cours de l’évolution de la maladie, meilleurs seront les résultats. La plupart des cas de maladie de Lyme peuvent être guéris grâce à un traitement d'une durée de 2 à 4 semaines à base de doxycycline, d'amoxicilline ou de ceftriaxone. Il est possible que les personnes atteintes de troubles cardiaques ou neurologiques nécessitent un traitement par intraveineuse à base de pénicilline ou de ceftriaxone. La céfalexine n’a pas d’effet. Les patients chez qui la maladie est diagnostiquée à un stade plus avancé peuvent éprouver des symptômes récurrents ou persistants, nécessitant ainsi un traitement aux antibiotiques de plus longue durée.
Les petits rongeurs constituent les réservoirs les plus courants de B. burgdorferi, alors que les animaux de plus grande taille sont les hôtes des tiques. Les tiques qui transmettent la maladie de Lyme se multiplient dans les régions boisées et peuvent se cacher sur la pointe des brins d’herbe ou le dessus des arbustes, où elles peuvent facilement s’accrocher aux humains et aux animaux qui passent près d’elles. Dans les régions où des tiques sont présentent, les gens devraient être informés des risques liés à la maladie de Lyme et se protéger. Renseignez-vous auprès du bureau local de santé publique pour savoir s'il y a des tiques, particulièrement des tiques à pattes noires, dans la région. La plupart des cas d’infection chez des humains se produisent à la fin du printemps et pendant l’été, soit la période où les petites nymphes sont les plus actives et où les humains se livrent le plus à des activités extérieures. Le risque de contact avec des tiques commence au début du printemps, lorsque la température se réchauffe, et se poursuit jusqu’à ce qu’il y ait une couverture de neige durable et que les températures inférieures au point de congélation persistent. Au Canada, l’intensité de ces événements et le moment où ils se produisent varient selon les régions; il en va de même pour la période de risque d’exposition aux tiques. Les tiques peuvent aussi être actives en hiver dans les régions où la température est douce (au moins 4° C) et où il n'y a pas de neige de façon régulière.
Voici quelques précautions personnelles qui peuvent être prises pour éviter d’être infecté :
Les tiques à pattes noires se trouvent principalement dans les régions fortement boisées et les zones de transition non entretenues situées entre des terrains boisés et des espaces découverts. Il y a moins de tiques dans la végétation ornementale et les surfaces gazonnées. Dans la pelouse, la plupart des tiques se trouvent à moins de 3 mètres du bord de la pelouse, particulièrement sur le long des terrains boisés, des murs de pierre et des plantations ornementales.
Précautions à prendre pour réduire l’habitat des tiques près de votre résidence :
Pour en savoir plus sur la gestion intégrée des tiques, veuillez consulter le guide suivant :
Guide de gestion des tiques, 2007 par Kirby Stafford.
(en anglais seulement)
En 2009, la maladie de Lyme est devenue une maladie à déclaration obligatoire au Canada. Par conséquent, tous les professionnels en soins de la santé doivent déclarer les cas de maladie de Lyme à l'ASPC par l’entremise du système de santé publique provincial. L’Agence affiche l’information sur les maladies à déclaration obligatoire sur son site Web. L’Agence interroge les provinces et les territoires afin d'évaluer le nombre de cas ainsi que la distribution de la maladie de Lyme au Canada. Cette enquête ne permet pas de recenser tous les cas de la maladie de Lyme au Canada, surtout au stade précoce de la maladie. De récentes études suggèrent que l’incidence de la maladie au Canada est à la hausse.
Le risque d'exposition à la maladie est plus élevé dans les régions où sont établies des populations de tiques susceptibles de transmettre la maladie, à savoir dans certaines régions du sud et du sud-est du Québec, du sud et de l'est de l'Ontario, du sud-est du Manitoba, du Nouveau-Brunswick et de la Nouvelle-Écosse et dans presque tout le sud de la Colombie-Britannique. Les données de surveillance indiquent qu'un petit nombre de tiques à pattes noires se sont introduites dans des régions du Canada éloignées les unes des autres après avoir été transportées par des oiseaux migrateurs, ce qui pose un certain risque que des personnes d'autres régions du Canada soient également exposées à des tiques infectées.
Les tiques à pattes noires infectées peuvent être responsables d'autres infections, bien qu'elles soient plus rares que la maladie de Lyme. Ces infections sont causées, entre autres, par l’Anaplasmaphagocytophilum, l'agent responsable de l'anaplasmose granulocytaire humaine, par Babesia microti, l'agent responsable de la babésiose, et par le virus de l'encéphalite Powassan. La plupart des précautions énumérées plus haut devraient également contribuer à prévenir ces infections chez l'humain.
Veuillez cliquer ici pour en savoir plus sur le diagnostic et le processus de déclaration.
Les scientifiques de l'ASPC continuent de collaborer dans l'étude de la présence de populations de tiques au Canada. Ces études révèlent que le risque d'être exposé à des tiques infectées par la bactérie de la maladie de Lyme est faible dans la plupart des régions du Canada, même si le nombre de régions à risque est à la hausse dans l’est du Canada. Un grand nombre de ces conclusions ont fait l'objet de publications et ont été diffusées dans le cadre de réunions à caractère scientifique afin d'accroître la sensibilisation à la possibilité de la présence de la maladie de Lyme au Canada.
De plus, l'ASPC mène actuellement des recherches ayant trait aux répercussions possibles des changements climatiques sur la distribution des tiques porteuses de la maladie de Lyme. Cette recherche contribuera à mieux comprendre la fréquence de l’apparition des tiques et des agents pathogènes qu’elles transmettent.
Les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) financent actuellement un projet de recherche en santé portant sur la maladie de Lyme. Un financement de l'ordre de 820 000 $, réparti sur cinq ans, a été octroyé afin d'étudier les caractéristiques de la tique. Ce projet de recherche en santé permettra de mieux comprendre l'agent pathogène à l'origine de la maladie de Lyme.
Pour partager cette page, veuillez cliquez sur le réseau sociale de votre choix.