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Obésité au Canada

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Conséquences sur la santé et l’économie

Cette section donne un aperçu des conséquences de l’obésité sur la population, en mettant tout particulièrement l’accent sur les impacts sur la santé (morbidité), la mortalité et les conséquences économiques.

Conséquences sur la santé

L’obésité est associée à un certain nombre d’affections ou de morbiditésNote de bas de page 47 Note de bas de page 88. Une étude systématique menée récemment de la littérature clinique a permis d’établir des liens entre l’obésité et l’incidence du diabète de type 2, l’asthme, les affections de la vésicule biliaire, l’arthrose, les douleurs lombaires chroniques, plusieurs types de cancer (cancer colorectal, du rein, du sein, de l’endomètre, des ovaires et du pancréas) et les maladies cardiovasculaires (hypertension, AVC, insuffisance cardiaque congestive et coronaropathies)Note de bas de page 89. Il existe peut-être aussi une relation entre les affections psychiatriques et l’excès pondéral, même s’il y a risque de confusion en raison du fait que certains médicaments psychotropes sont susceptibles de causer une prise de poidsNote de bas de page 90.

Les données tirées d’études systématiques indiquent que l’obésité infantile accroît le risque d’obésité plus tard dans la vieNote de bas de page 91 et contribue à l’apparition précoce d’un certain nombre de maladies, comme le diabète de type 2, l’athérosclérose et l’hypertensionNote de bas de page 21 Note de bas de page 92.

Chez les adultes, l’obésité abdominale est associée à une augmentation du risque de diabète de type 2 et de maladies cardiovasculairesNote de bas de page 93 Note de bas de page 94, et c’est la caractéristique la plus prévalente parmi un ensemble de troubles métaboliques connus sous le nom de syndrome métaboliqueNote de bas de page * Note de bas de page 94. Dans l’ECMS de 2007-2009 , 21 % des hommes âgés de 20 à 39 ans, 38 % de ceux âgés de 40 à 59 ans et 52 % de ceux âgés de 50 à 69 ans avaient un tour de taille indiquant un risque élevé. Chez les femmes, la prévalence était encore plus élevée : 31 % de celles âgées de 20 à 39 ans, 47 % de celles âgées de 40 à 59 ans et 65 % de celles âgées de 60 à 69 ansNote de bas de page 2. Chez les jeunes âgés de 15 à 19 ans, 15 % des garçons et 28 % des filles avaient un tour de taille indiquant un risque accru ou élevéNote de bas de page 24.

L’obésité abdominale a été étudiée au sein de plusieurs populations autochtones à cause de sa relation avec le diabète ou le syndrome métaboliqueNote de bas de page 39–41 Note de bas de page 95–106. Ainsi, dans l’étude Believing We Can Reduce the Aboriginal Incidence of Diabetes (BRAID) menée dans les régions rurales du nord de l’Alberta, environ la moitié des adultes autochtones vivant dans les réserves présentaient les signes correspondant au syndrome métabolique, et l’obésité abdominale était l’anomalie la plus répandueNote de bas de page 100.

Les analyses tirées de l’ERS ont également permis de constater des associations entre les catégories de poids et la prévalence d’un certain nombre de maladies, telles que les maladies cardiovasculaires, les troubles de l’appareil locomoteur et les affections respiratoires au sein des communautés vivant dans les réserves. Ainsi, la prévalence de maladies cardiovasculaires autodéclarées a augmenté selon la catégorie de poids : 8,3 % de ceux ayant un poids normal, 15,7 % chez ceux ayant de l’embonpoint, 26,5 % chez ceux étant obèses et 44,6 % chez ceux étant gravement obèsesNote de bas de page 28.

Comme on le note dans les lignes directrices de pratique clinique canadiennes sur l’obésité et dans celles adoptées ailleurs, les complications de l’obésité sont non seulement les problèmes de santé, mais les problèmes psychologiques (p. ex. atteinte à l’estime de soi)Note de bas de page 22 Note de bas de page 107Note de bas de page 109. Également, on a établi un lien entre les attitudes négatives et les stéréotypes sur les personnes obèses et la discrimination sociale et dans l’emploiNote de bas de page 88. Une étude systématique a signalé des perceptions du biais lié au poids et des stéréotypes négatifs sur les personnes obèses dans différents secteurs : au travail, dans le cadre de la prestation des soins de santé, dans les écoles et dans les médiasNote de bas de page 110. Une analyse des résultats tirés de l’ESCC de 2002-2003 a permis de constater que, comparativement aux hommes et aux femmes de poids normal, les hommes et les femmes obèses étaient plus susceptibles de signaler un niveau de stress élevé au travail et un manque d’appui de la part des collèguesNote de bas de page 111.

Mortalité

Même si l’obésité sévère est associée à une mortalité prématurée, il est difficile de calculer le nombre exact de décès au sein d’une population attribuables à l’obésité. Le risque relatif de décès varie selon les études, les caractéristiques de la population (p. ex. l’âge) et les facteurs de risque inclus dans les analysesNote de bas de page 112. Les problèmes méthodologiques consistant à isoler la contribution de l’excès pondéral des autres facteurs de risque, comorbidités et variables confusionnelles viennent compliquer la questionNote de bas de page 113.

Que nous apprend la recherche actuelle sur le nombre de décès attribuables à l’obésité au Canada? Une étude canadienne a estimé que la proportion de tous les décès parmi les adultes âgés de 20 à 64 ans qui pourrait en théorie être attribuée à l’excès pondéral et à l’obésité est passée de 5,1 % en 1985 à 9,3 % en 2000Note de bas de page 114. Une autre étude, ayant mis à contribution 11 326 participants de l’Enquête nationale sur la santé de la population (ENSP) de 1994-1995 qui ont été suivis pendant douze ans, a révélé que, comparativement aux sujets situés dans la catégorie du poids normal, les personnes rangées dans la catégorie insuffisance pondérale ou dans les catégories II ou III d’obésité avaient un risque considérablement accru de mortalité prématurée, toutes causes confondues, même après avoir pris en compte les principaux facteurs socio‑démographiques et les comportements liés à la santé. Par contre, les personnes qui faisaient de l’embonpoint sans être obèses avaient un risque considérablement réduit comparativement aux personnes dont le poids était normal. Il n’y a pas eu de différence notable dans le risque de mortalité entre les sujets atteints de la catégorie I d’obésité et les répondants au poids normalNote de bas de page 115.

Cette tendance, dans laquelle la mortalité est supérieure dans les catégories pondérales les plus élevées et les plus faibles comparativement à celle des sujets dont le poids est normal, a été décrite comme courbe de mortalité en forme de J ou de UNote de bas de page 116 Note de bas de page 117. Une relation semblable en forme de J ou de U entre l’IMC et la mortalité a été constatée dans un certain nombre d’études américainesNote de bas de page 118 Note de bas de page 119 Note de bas de page 120. Les raisons expliquant cette tendance ne sont pas claires, et le phénomène pourrait être influencé par la composition de l’organisme. Une étude longitudinale nationale menée aux États-Unis (NHANES I et II) a permis de constater que chez les hommes, la masse adipeuse (adiposité) présentait une relation positive avec la mortalité toutes causes confondues, et une masse exempte de gras exerce un effet négatif ou protecteurNote de bas de page 121.

Coûts économiques associés

Une analyse de l’ESCC, de l’ENSP et de données tirées de l’étude Le fardeau économique de la maladie au Canada (voir annexe 2) a été effectuée pour examiner l’évolution du fardeau économique de l’obésité entre 2000 et 2008, en tenant compte des conséquences de l’inflation sur les coûts des soins de santé et les revenus moyens pendant cette période. Dans cette étude, le fardeau économique de l’obésité a été défini en termes de coûts directs pour le système de soins de santé (c.‑à‑d. soins hospitaliers, produits pharmaceutiques, soins médicaux et soins en établissement) et coûts indirects sur la productivité (c.‑à‑d. valeur de la production économique perdue en raison des décès prématurés et des invalidités brèves ou prolongées). L’étude s’est concentrée sur huit maladies chroniques constamment associées à l’obésité. Selon cette analyse, entre 2000 et 2008, le fardeau économique annuel de l’obésité au Canada a crû de 735 millions de dollars, passant de 3,9 milliards à 4,6 milliards de dollars (figure 15).

Figure 15 : Estimation des coûts annuels directs et indirects associés à l’obésité (en milliards de dollars), sujets adultes âgés de 18 ans et plus, Canada, 2000-2008

Figure 15 : Estimation des coûts annuels directs et indirects associés à l'obésité (en milliards de dollars), sujets âgés de 18 ans et plus

Figure 15 - Eacute;quivalent textuel

Source : I. Janssen, manuscrit non publié préparé pour l’Agence de la santé publique du Canada; basé sur une analyse des enquêtes nationales sur la santé de la population de 1994-1995 et de 1996-1997; sur les enquêtes sur la santé dans les collectivités canadiennes (Statistique Canada) de 2000-2001, de 2003, de 2004, de 2005, de 2007 et de 2008 et la base de données Fardeau économique de la maladie de 2000 (Agence de la santé publique du Canada).

Une autre étude recourant à une méthodologie comparable et se penchant sur 18 maladies chroniques associées à l’obésité a permis d’estimer le fardeau économique de l’obésité à 7,1 milliards de dollars (en dollars constants de 2006)Note de bas de page 122.

Une étude des coûts médicaux menée en Ontario a révélé que les hommes et les femmes adultes obèses (âgés de 18 ans et plus) sont à l’origine de coûts médicaux 14,7 % et 18,2 % supérieurs à ceux des sujets comparables de poids normal. Les effets de l’obésité sur les coûts médicaux ont augmenté avec l’âge : comparativement aux groupes de poids normal, les coûts ont été 5,3 % supérieurs pour les adultes obèses jeunes (de 18 à 39 ans), 7,0 % supérieurs pour les adultes obèses d’âge moyen (de 40 à 59 ans) et 28,3 % supérieurs pour les adultes obèses plus âgés (60 ans et plus)Note de bas de page 123.

Points à retenir

  • L’obésité accroît considérablement le risque de maladies chroniques graves, notamment le diabète de type 2, certaines formes de maladies cardiovasculaires, certains types de cancer et l’arthrose.
  • L’obésité peut aussi avoir des conséquences sur la santé psychologique.
  • Le risque de décès associé au poids semble à son maximum chez les personnes situées dans les catégories extrêmes de l’IMC (insuffisance pondérale et obésité), mais la composition du corps influe peut-être sur cette relation.
  • Selon les estimations, le fardeau économique de l’obésité au Canada varie de 4,6 milliards de dollars à 7,1 milliards de dollars annuellement.
  • On dispose à l’heure actuelle au Canada de peu de données sur les conséquences à long terme de l’obésité, notamment chez les enfants et les jeunes.
  • Une meilleure compréhension de la contribution de l’obésité à la morbidité et à la mortalité permettrait d’en arriver à des estimations plus exactes du fardeau économique de cette maladie.

Note de bas de page *
Le syndrome métabolique est un ensemble d’anomalies métaboliques associées à une augmentation du risque de contracter le diabète de type 2 et des maladies cardiovasculaires. Les variables de dépistage utilisées pour diagnostiquer le syndrome métabolique sont l’obésité abdominale, les taux élevés de cholestérol HDL et de triglycérides, une tension artérielle élevée et une glycémie à jeun élevée.

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