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Notre santé notre avenir – Dialogue national sur le poids santé Rapport sur le dialogue

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4. Principales constatations

Grâce à une série d'activités pancanadiennes et à l'utilisation d'outils en ligne et de médias sociaux, plus de 1000 Canadiens ont partagé leurs idées, leurs suggestions et leurs opinions sur la façon de lutter contre le problème de surpoids et d'obésité juvéniles. Les idées et les thèmes soulevés à partir des analyses sont résumés ci‑dessous sous quatre secteurs stratégiques adaptés en fonction du Cadre d'action FPT. Les quatre secteurs stratégiques sont les suivants :

  • Créer des milieux propices : s'assurer que les environnements sociaux et physiques où les enfants vivent, apprennent et s'amusent soutiennent davantage l'activité physique et la bonne alimentation;
  • Diminuer la commercialisation d'aliments et de boissons à teneur élevée en gras, en sucre ou en sodium visant les enfants;
  • Augmenter la disponibilité des aliments nutritifs et l'accès à ces aliments;
  • Intervenir tôt : reconnaître le risque de surpoids et d'obésité chez les enfants et s'y attaquer rapidement.

Figure 16. Idées liées à quatre secteurs stratégiques adaptés en fonction du Cadre d’action fédéral, provincial et territorial (FPT)

Chaque idée décrite dans cette section est accompagnée d'un « tableau de bord » facilitant l'organisation des différents commentaires des participants recueillis durant le processus de consultation. Le tableau de bord affiche le nombre de fois qu'on a mentionné l'idée, que ce soit en personne ou en ligne, en plus de fournir un aperçu des différents groupes d'intervenants qui ont proposé l'idée.

La liste suivante décrit les abréviations utilisées dans les tableaux de bord :

Tableau de bord
Nombre de mentions par l’intermédiaire de dialogues en personne Nombre de mentions par l’intermédiaire de dialogues en personne
Nombre de mentions par l’intermédiaire de présentations en ligne Nombre de mentions par l’intermédiaire de présentations en ligne
AU Organisations autochtones (p. ex. Ralliement national des Métis)
UC Universitaires et chercheurs (p. ex. Réseau canadien en obésité)
FS Fournisseurs de soins (p. ex. les gardiens parascolaires des YMCA)
PS Professionnels de la santé (p. ex. médecins, infirmières, travailleurs de la santé communautaires, diététistes)
IN Industrie (p. ex. l'industrie des aliments et des boissons, condition physique)
ME Médias
ONG Organisations non gouvernementales (p. ex. Déjeuner pour apprendre)
PT Intervenants provinciaux et territoriaux
JE Jeunes
Autre Autre (p. ex. les présentations en ligne non précisées)

Secteur stratégique 1 : Créer des milieux propices

Les milieux, comme les écoles, les collectivités et l'environnement familial, peuvent avoir une incidence importante sur la croissance et le développement sains des enfants et des jeunes. Ce secteur stratégique fait référence aux environnements sociaux et physiques où les enfants et les jeunes vivent, apprennent et s'amusent, et vise à les prédisposer davantage à l'activité physique et à la saine alimentation. Selon le Cadre d'action FPT, la création de milieux propices comporte plusieurs aspects.

Les participants ont proposé différentes idées qui portent sur la disponibilité des boissons et des aliments sains, les occasions de qualité de s'adonner durant la journée à des activités physiques et la disponibilité de moyens de transport actifs et sécuritaires dans ces milieux.

Les mesures doivent atteindre les enfants au cours des diverses étapes de leur développement, et ce, là où ils vivent, apprennent et s'amusent — soit dans leur famille, à l'école et dans la collectivité. L'alimentation saine et l'activité physique sont importantes afin que les jeunes enfants jouissent d'un développement sain qui réduit les risques d'obésité plus tard dans la vie. Par exemple, l'allaitement exclusif pendant les six premiers mois de la vie au moins peut aider à prévenir la suralimentation et réduire les risques d'obésité au cours de la petite enfance.

La plupart des enfants passent environ la moitié de leur temps éveillés durant la semaine dans un environnement scolaire. Par conséquent, toutes les politiques scolaires qui pourraient contribuer à réduire l'obésité devraient être examinées, y compris les types d'aliments et de boissons servis et vendus dans les écoles, ainsi que les occasions de s'adonner à des activités physiques et d'obtenir une éducation physique de qualité et la disponibilité de moyens de transport actifs et sécuritaires pour aller à l'école et retourner à la maison. Les parents, les écoles, les organismes communautaires, les municipalités et d'autres intervenants concernés devraient être invités à collaborer pour élaborer des stratégies afin de réduire le nombre d'heures d'inactivité chez les enfants et encourager le jeu et les activités énergiques à l'intérieur et l'extérieur.

L'aménagement communautaire — particulièrement les infrastructures — a également un effet important sur le niveau d'activité physique et l'accès aux aliments nutritifs. Les décisions qui portent sur la planification régionale et la planification urbaine peuvent favoriser ou entraver les objectifs de santé publique. Par conséquent, un leadership collaboratif entre tous les ordres de gouvernement et tous les secteurs, ainsi que des partenariats efficaces à l'échelle de la planification liée à la santé, des administrations municipales et de la planification urbaine, sont nécessaires afin de promouvoir des collectivités actives et sécuritaires.

Pour la plupart des enfants, ce sont les parents qui offrent la première occasion d'établir un environnement social, physique et culturel qui facilite une croissance et un développement sains dans toutes les sphères de la vie d'un enfant, notamment la santé physique et mentale. Par conséquent, la mobilisation et le soutien des familles tôt dans la vie de l'enfant sont également essentiels en vue de régler ce problème

– Freiner l'obésité juvénile : Cadre d'action fédéral, provincial et territorial
pour la promotion du poids santé, p. 3

1.1 Éducation et formation

Nombre de mentions par l’intermédiaire de dialogues en personne 78 Nombre de mentions par l’intermédiaire de présentations en ligne 51

Le plus grand ensemble d'idées sur la création de milieux propices portait sur l'éducation et la formation, où les participants ont recommandé différentes façons permettant aux jeunes et aux autres d'acquérir les connaissances nécessaires pour faire des choix de vie sains. Les participants ont proposé le prolongement de l'enseignement sur la préparation alimentaire dans les écoles afin de s'assurer que les jeunes ont une connaissance fonctionnelle sur la façon de choisir et de préparer des plats nutritifs alors qu'ils passent à l'âge adulte. Les participants ont également déterminé le besoin d'offrir des renseignements de qualité afin d'informer le grand public sur la façon de choisir une alimentation et un mode de vie sains. Enfin, ils veulent une formation plus précise sur la nutrition pour les jeunes et le grand public. Pour ce faire, on proposait une plus grande sensibilisation sur la façon de faire des choix alimentaires informés, soit en sachant comment interpréter les renseignements des étiquettes nutritionnelles sur les emballages des aliments préparés.

Enseignement sur la préparation alimentaire dans les écoles
Nombre de mentions par l’intermédiaire de dialogues en personne 40 Nombre de mentions par l’intermédiaire de présentations en ligne 11
(AU, FS, PS, IN, ME, ONG, PT, JE, Autre)

De nombreux participants veulent que les personnes de tous âges soient davantage instruites en matière de culture, de récolte, de préparation, de cuisson et de conservation des aliments. Comme l'a mentionné un participant de Winnipeg, « une partie du problème est que nous avons oublié comment préparer les aliments dans notre culture de prêt‑à‑manger » [traduction]. Une des mesures les plus souvent proposées était le rétablissement des cours d'économie domestique dans les écoles, en espérant qu'ils permettraient d'enseigner aux enfants et aux jeunes les notions culinaires de base et la saine alimentation. Dans le même ordre d'idées, un certain nombre de participants ont proposé d'offrir aux élèves plus d'occasions de faire de l'apprentissage pratique afin de faciliter le partage des connaissances et des pratiques traditionnelles entourant la nourriture, de favoriser les partenariats communautaires et de « ramener l'apprentissage pédagogique aux sources ». Cette idée était particulièrement populaire chez les intervenants des trois territoires.

Offre et utilisation des ressources pédagogiques
Nombre de mentions par l’intermédiaire de dialogues en personne 15 Nombre de mentions par l’intermédiaire de présentations en ligne 22
(FS, PS, IN, ME, ONG, PT, JE, Autre)

Nota aux médias : Collaboration des gouvernements, des ONG, des chercheurs et de l'industrie pour les messages; plutôt que chacun communique ses messages individuels, collaborer sur l'établissement d'une série de messages/créer du contenu précis qui est créatif et favorise la participation de publics cibles précis.

Les participants ont souligné le besoin de fournir de meilleurs renseignements sur la façon de choisir une alimentation et un mode de vie sains. Alors que les participants de l'industrie étaient particulièrement favorables aux programmes et aux campagnes sur la saine alimentation pour les enfants (p. ex. le programme Vive les enfants des Annonceurs responsables en publicité pour enfants – The Science of Food), un vaste éventail de participants, dont les fournisseurs de soins, les ONG, les participants de l'industrie et ceux en ligne, ont également insisté sur l'éducation des parents et de l'ensemble de la collectivité. Parmi les suggestions, on proposait un accès accru à des nutritionistes et à des diététistes (par téléphone ou dans les supermarchés), des campagnes de sensibilisation publiques à grande portée et des écoles favorisant la diffusion de renseignements aux parents et aux jeunes sur les choix alimentaires pour des repas sains. D'autres participants, en particulier ceux d'organisations de médias, ont proposé l'élaboration de matériel didactique par l'intermédiaire d'une collaboration multisectorielle, qui aiderait à fournir des messages uniformes à tous les intervenants à cet égard. Par exemple, un participant des médias a affirmé :

Plutôt que chacun communique ses messages individuels, nous devrions collaborer afin de créer une série de messages. Ceci pourrait servir à élaborer du contenu plus précis et créatif pour différents publics cibles. » [traduction]

Les participants en ligne pensent que les enseignants ont besoin de plus de matériel et de ressources sur la façon d'intégrer des leçons favorisant une alimentation et un mode de vie sains à d'autres sujets pédagogiques pendant l'année scolaire.

Éducation et connaissances en matière de nutrition
Nombre de mentions par l’intermédiaire de dialogues en personne 16 Nombre de mentions par l’intermédiaire de présentations en ligne 18
(UC, FS, PS, IN, ONG, PT, JE, Autre)

Les participants ont proposé des informations nutritionnelles précises ainsi qu'un meilleur accès aux renseignements généraux portant sur le mode de vie sain. Les participants représentant l'industrie et le Réseau canadien en obésité, ainsi que certains intervenants régionaux, ont proposé une meilleure éducation (qui pour certains signifiait « normalisée ») en matière de nutrition, de la maternelle à la douzième année, élaborée au moyen d'une approche pancanadienne. Les participants croient que l'élaboration et la mise en œuvre d'un cadre national de divulgation en matière de nutrition permettraient d'informer les consommateurs sur la valeur nutritive des aliments servis rapidement (dans les restaurants‑minute, par exemple). Ils veulent d'autres campagnes, comme la Campagne d'éducation sur le tableau de la valeur nutritive, afin de rejoindre le grand public et de le sensibiliser sur la façon de lire et de comprendre l'étiquetage des produits. Comme l'a mentionné un jeune participant de Toronto, « la sensibilisation est la clé du maintien d'un poids santé. Il devrait y avoir plus d'ateliers sur la science de la nutrition pour que les gens sachent ce qu'ils mangent vraiment » [traduction].

1.2 Environnements bâtis et infrastructures

Nombre de mentions par l’intermédiaire de dialogues en personne 73 Nombre de mentions par l’intermédiaire de présentations en ligne 45

Les environnements physiques où les enfants et les jeunes sont élevés représentaient le deuxième sujet le plus souvent proposé sur la création de milieux propices. Les participants demandaient des changements quant à la planification de leurs collectivités, à ce que l'activité physique extérieure soit plus accessible (y compris les moyens de transport plus actifs, comme des trottoirs et des pistes cyclables) et des espaces verts afin de permettre le jeu structuré et non structuré. Les participants veulent avoir accès aux écoles de leur collectivité après les heures de cours afin d'accroître les possibilités d'activités physiques supervisées. La troisième idée la plus populaire de cet ensemble était la modification des règlements et des politiques en matière de zonage afin d'influencer l'emplacement des magasins d'alimentation au détail, particulièrement celui des supermarchés et des restaurants, dans le but de favoriser l'accès à des choix alimentaires sains.

Urbanisme propice à l’activité physique
Nombre de mentions par l’intermédiaire de dialogues en personne 30 Nombre de mentions par l’intermédiaire de présentations en ligne 37
(UC, FS, PS, IN, ONG, PT, JE, Autre)

Les participants ont présenté de nombreuses idées visant à bâtir et à développer des collectivités qui encouragent l'activité physique extérieure, y compris les moyens de transport actifs. Des mesures ont été proposées par tous les groupes d'intervenants (à l'exception des jeunes), par exemple, des trottoirs, des pistes cyclables et des sentiers sécuritaires et accessibles; la création de plus d'aires de jeux extérieures au sein de la collectivité, y compris des espaces permettant le jeu non structuré; et la protection de plus d'espaces verts. Le développement d'une stratégie nationale du vélo était la deuxième idée la plus populaire sur le Forum d'idées en ligne. Dans certaines des consultations territoriales, les participants insistaient sur le développement et le rétablissement du réseau de sentiers traditionnel des Premières nations.

Certains participants en ligne ont souligné le besoin de politiques relatives à l'emplacement des écoles afin d'encourager les moyens de transport actifs, alors que les fournisseurs de soins ont mentionné le besoin d'un zonage favorisant les moyens de transport actifs et sécuritaires vers les magasins d'alimentation au détail. En faisant référence au développement communautaire, certains participants veulent que les municipalités intègrent des exigences en matière d'environnements sains dans leurs processus de planification. Par exemple, un fournisseur de soins a proposé que les collectivités disposent d'un nombre obligatoire de parcs et de centres de loisirs à l'intérieur d'une distance prévue. De plus, de nombreux participants ont reconnu le besoin de fonds pour maintenir et faciliter l'accessibilité à de telles infrastructures. Dans l'un des dialogues auto‑organisés avec des fournisseurs de soins en Nouvelle‑Écosse, un participant a insisté pour que les municipalités réorientent leurs priorités en matière de planification municipale, mentionnant :

« Les collectivités font les mauvais choix… l'argent devrait être utilisé pour rendre les espaces publics extérieurs plus invitants et utilisables… et non pas pour construire des trottoirs en pierre au centre‑ville. » [traduction]

Accès de la collectivité aux installations scolaires
Nombre de mentions par l’intermédiaire de dialogues en personne 23 Nombre de mentions par l’intermédiaire de présentations en ligne 2
(AU, FS, PS, IN, ONG, PT, JE, Autre)

Certains participants pensent que les écoles devraient être ouvertes à la collectivité après les heures de cours (les soirs, les fins de semaine et l'été), permettant ainsi aux enfants et aux jeunes (ainsi qu'à l'ensemble de la population) de profiter des installations de conditionnement physique supervisées et aux collectivités de faire bon usage d'infrastructures sous‑utilisées. Comme l'a expliqué de façon assez simple un fournisseur de soins de Vancouver, « nous devons laisser les portes ouvertes plus longtemps » [traduction]. Certains participants ont même été encore plus loin en envisageant que des écoles puissent fonctionner comme des centres communautaires. Lors de la consultation du Comité inuit national de la santé (CINS) d'Aklavik, un participant a expliqué que l'un des principaux obstacles à l'augmentation de l'accès aux installations scolaires est l'argent nécessaire pour faire fonctionner les installations (p. ex. le concierge, le chauffage et l'électricité). Le dialogue entourant l'accès communautaire aux installations scolaires était énergique parmi les participants des consultations en personne, mais il ne semblait pas aussi fréquent en ligne.

Législation en matière de zonage pour améliorer l’accès à des produits nutritifs
Nombre de mentions par l’intermédiaire de dialogues en personne 11 Nombre de mentions par l’intermédiaire de présentations en ligne 6
(AU, UC, FS, PS, ONG, PT, JE, Autre)

De nombreux fournisseurs de soins et intervenants régionaux ont appuyé cette idée en proposant le besoin d'une réglementation du zonage afin de réglementer l'emplacement des vendeurs d'aliments malsains (p. ex. les restaurants-minute et les dépanneurs), en se penchant particulièrement sur leur proximité aux écoles. D'une façon similaire à l'idée sur l'urbanisme favorable à l'activité physique, les participants ont aussi suggéré le zonage des collectivités afin de permettre un accès facile aux services essentiels, comme les épiceries. Par exemple, un participant a avancé l'idée qu'un nombre obligatoire d'épiceries soient zonées à l'intérieur d'une distance prévue pour que les gens puissent facilement acheter et préparer leurs propres aliments frais. Un autre participant a proposé la suppression des conventions de terre (restrictions par rapport au réaménagement de propriétés commerciales) des anciens sites de supermarchés empêchant actuellement leur réouverture en tant que supermarchés.

1.3 Comportements et attitudes

Nombre de mentions par l’intermédiaire de dialogues en personne 79 Nombre de mentions par l’intermédiaire de présentations en ligne 59

Les participants ont fait un certain nombre de suggestions visant à modifier les comportements et les attitudes des enfants, des jeunes et des autres Canadiens, ce qui représentait le troisième plus grand ensemble du secteur stratégiquej sur la création de milieux propices. L'attention était orientée sur la condition physique. Les participants ont démontré un soutien important envers l'augmentation de l'activité physique de la maternelle à la douzième année, y compris du temps pour le jeu structuré et non structuré. Ils ont également proposé qu'on réduise l'accent mis sur la compétitivité dans les sports et qu'on favorise plutôt le plaisir personnel que procure l'activité physique, par exemple, en proposant des activités physiques moins traditionnelles, comme le tai‑chi ou le tir à l'arc. Afin de changer la façon dont les jeunes et la société perçoivent un mode de vie sain, les participants ont préféré mettre l'accent sur un langage non axé sur le poids dans le but de prendre en considération les différents facteurs sous-jacents à un mode de vie sain.

Activité physique dans les écoles
Nombre de mentions par l’intermédiaire de dialogues en personne 34 Nombre de mentions par l’intermédiaire de présentations en ligne 25
(UC, FS, PS, IN, ONG, PT, JE, Autre)

De nombreux participants ont proposé la réintroduction de l'activité physique régulière dans les écoles, qui pourrait être offerte aux élèves de différentes façons au cours de la journée. La mesure la plus commune, proposée par plusieurs participants de l'industrie, fournisseurs de soins, intervenants, jeunes et participants en ligne, était d'obliger un niveau minimum normalisé d'activité physique que les élèves doivent atteindre chaque année. D'autres participants ont suggéré le rétablissement de pauses plus longues accompagnées d'activités physiques structurées, les cours d'éducation physique obligatoires dans les programmes d'études de la maternelle à la douzième année, et l'embauche d'enseignants du domaine de la santé et du mieux‑être afin que chaque école réintègre un mode de vie sain dans tous les aspects de la vie étudiante.

Délaisser le poids
Nombre de mentions par l’intermédiaire de dialogues en personne 14 Nombre de mentions par l’intermédiaire de présentations en ligne 22
(UC, FS, PS, PT, JE, Autre)

De nombreux intervenants régionaux, fournisseurs de soins, participants en ligne et participants du Réseau canadien en obésité ont insisté sur le besoin d'orienter la conversation sur le surpoids et l'obésité juvéniles vers un mode de vie sain plutôt que vers l'atteinte d'un poids santé. Cette idée s'est révélée la plus populaire sur le Forum d'idées en ligne, selon un vote. Nombreux sont ceux qui ont fait part de leurs préoccupations quant au langage utilisé, expliquant que le poids est seulement un des éléments d'un objectif plus général qu'est celui de maintenir un mode de vie sain. De nombreux participants ont proposé que le terme « poids » soit utilisé avec prudence, puisqu'il est souvent associé aux régimes et aux problèmes d'insatisfaction par rapport à l'image corporelle, lesquels peuvent entraîner de nombreux risques pour la santé. Comme l'a demandé un participant de Saskatoon :

« Nous devons nous pencher sur notre objectif : une population plus légère ou une population plus en santé? » [traduction]

Bien qu'aucun des groupes de participants n'ait proposé un terme de rechange, une discussion a été engagée au cours d'une consultation avec les intervenants à propos du terme « croissance et développement sains ». Les participants considéraient cette approche plus holistique en saisissant efficacement d'autres facteurs contributifs, comme l'environnement, l'éducation et la santé mentale. D'autres ont mentionné que l'attitude de la société envers le poids et l'image du corps doit changer, certains demandant aux médias de jouer un rôle plus actif en présentant des images de corps en santé plus réalistes.

Inclusion dans les sports et les activités physiques
Nombre de mentions par l’intermédiaire de dialogues en personne 13 Nombre de mentions par l’intermédiaire de présentations en ligne 12
(AU, UC, PS, IN, PT, JE, Autre)

De nombreux participants veulent réduire l'importance de la compétitivité et encourager l'activité physique structurée et non structurée accessible à tous les niveaux de capacité; bref, ils veulent que les sports et l'activité physique soient plus généraux. Ils croient ainsi qu'on aborderait l'aspect trop important de la compétitivité dans les sports, ce qui inclut la spécialisation dans des sports d'élite précis et les équipes « étoiles ». Certains ont affirmé que les cours d'éducation physique ne devraient pas être notés, créant ainsi une atmosphère plus collégiale. Comme l'a expliqué un intervenant de Whitehorse, « les sports amusants devraient être amusants. Plusieurs enfants sont gênés et n'aiment peut‑être pas les sports d'équipe » [traduction]. Les participants ont également proposé l'introduction d'activités physiques non traditionnelles (p. ex. le tai‑chi et le tir à l'arc) pour aider les enfants à élargir le concept de sport et de condition physique. Ils croient que les professeurs doivent travailler individuellement avec leurs élèves afin de trouver des activités qui les intéressent (et communiquer à l'aide de bulletins pour encourager les parents à partager ces activités). Quelques participants ont soulevé le rôle que les élèves doivent jouer dans la planification de cours d'éducation physique, pour les encourager à participer davantage.

1.4 Faits saillants d'autres idées

En plus des idées entourant l'éducation et la formation, la construction d'environnements et d'infrastructures, et les comportements et les attitudes, les participants ont présenté plusieurs autres idées afin de créer des environnements favorisant un mode de vie sain, dont : la reconnaissance de l'importance du rôle des parents et des familles encourageant un mode de vie sain à la maison, l'assurance d'un accès immédiat à des programmes de loisir abordables et accessibles à tous, et l'utilisation de crédits d'impôt pour réduire le coût de l'activité physique.

Environnement familial et mode de vie positifs
Nombre de mentions par l’intermédiaire de dialogues en personne 19 Nombre de mentions par l’intermédiaire de présentations en ligne 33
(AU, UC, FS, PS, ONG, PT, JE, Autre)

Le rôle fondamental de l'unité familiale en tant que milieu favorable a été soulevé, particulièrement en ligne, comme moyen assurant la croissance et le développement sains des enfants et des jeunes. Les intervenants régionaux, les fournisseurs de soins, les jeunes et les participants en ligne ont proposé que le rôle important que jouent les parents en favorisant un mode de vie sain soit reconnu. Ils insistent pour que les parents et les fournisseurs de soins planifient plus d'activités physiques avec les membres de leur famille (et limitent les activités sédentaires), encouragent le jeu improvisé et non structuré autour de la maison et passent plus de temps à cuisiner et à manger ensemble. Une participante du Ralliement national des Métis nous a mis en garde contre le fait que « la surinstitutionnalisation des activités qui devraient déjà faire partie de la vie familiale pourrait entraîner l'effet inattendu de nuire à la relation parent-enfant » [traduction]. Par contre, certains participants ont également souligné à quel point un environnement familial négatif (c.‑a‑d. les formes d'abus, la négligence, le manque de compétences parentales) pouvait aggraver le problème d'obésité juvénile.

Programmes de loisir accessibles
Nombre de mentions par l’intermédiaire de dialogues en personne 11 Nombre de mentions par l’intermédiaire de présentations en ligne 16
(UC, FS, PS, IN, ONG, PT, JE, Autre)

L'importance de programmes de loisir abordables (gratuits ou peu couteux) et accessibles à tous a été soulevée par de nombreux participants. Certains ont suggéré la disponibilité d'un financement public pour les collectivités qui veulent promouvoir et mettre en œuvre des activités physiques abordables, comme les clubs de course, les périodes d'entraînement dans les endroits publics et les ligues sportives improvisées. Un exemple frappant d'un programme de loisir organisé a été mentionné lors de la consultation des fournisseurs de soins de Toronto, où de nombreux participants ont fait référence au CATCH Kids Club du YMCA. De plus, un participant a soulevé le besoin d'activités abordables, affirmant :

« En travaillant au Y, on voit à quel point le nombre de participants aux activités gratuites est élevé… Si le coût est légèrement plus élevé, le taux de participation chute radicalement. » [traduction]

D'autres ont proposé les crédits d'impôt ou les subventions relatives aux frais d'inscription et à l'équipement afin de favoriser la participation des enfants des familles à faible revenu. Un participant a soulevé l'importance des programmes de loisir de qualité en proposant des crédits d'impôt pour que des bénévoles participent à la formation sur le leadership.

Mesures d’encouragement fiscal
Nombre de mentions par l’intermédiaire de dialogues en personne 10 Nombre de mentions par l’intermédiaire de présentations en ligne 14
(UC, FS, PS, ONG, PT, JE, Autre)

Les participants, particulièrement ceux en ligne, ont proposé plusieurs idées originales sur la façon d'utiliser l'impôt pour encourager un mode de vie sain. En plus de l'opinion unanime sur l'imposition des aliments à teneur élevée en gras, en sucre ou en sodium (comme on le mentionne plus tard dans les autres sections de ce rapport), certains veulent que le crédit d'impôt fédéral pour la condition physique des enfants soit offert à ceux ayant un revenu fixe, ou aux citoyens de tous âges (permettant ainsi aux familles de participer ensemble), et l'annulation de la TPS/TVH sur les dépenses relatives au conditionnement physique (p. ex. l'abonnement à un centre de conditionnement physique et l'inscription à des activités). D'autres ont proposé un allégement fiscal lié à un mode de vie sain. Ce dernier serait contrôlé par des fournisseurs de soins primaires ou des entraîneurs certifiés qui transmettraient les statistiques sur la santé des gens (comme l'indice de masse corporelle) directement à l'Agence du revenu du Canada, qui offrirait alors un rabais ou une réduction d'impôt si les statistiques de la personne en question faisaient partie de l'intervalle de santé.

Secteur stratégique 2 : Diminuer la commercialisation d'aliments et de boissons à teneur élevée en gras, en sucre ou en sodium visant les enfants

Selon le Cadre d'action FPT, les enfants peuvent être facilement influencés par le marketing, et généralement, à leur insu. Ce secteur stratégique considère que la diminution de l'exposition des enfants au marketing de certaines boissons et de certains aliments malsains est indispensable pour aider les familles à consommer moins de ces aliments et à faire des choix santé avec leurs enfants et pour eux. Comme le propose le Cadre :

Les enfants sont particulièrement vulnérables et influençables; ils ont peu de contrôle sur leur environnement. La diminution de leur exposition à la commercialisation d'aliments et de boissons à forte teneur en gras, en sucre ou en sodium est essentielle pour diminuer la consommation de tels produits et pour aider les parents à faire des choix de santé avec leurs enfants et pour eux.

– Freiner l'obésité juvénile : Cadre d'action fédéral, provincial et territorial
pour la promotion du poids santé, p. 4

Les participants veulent que des mesures soient prises dans différents secteurs afin de réduire l'exposition au marketing. Nombreux sont ceux qui exigent une réglementation plus stricte en matière de marketing, y compris en ce qui concerne la période du jour à laquelle les publicités sont diffusées et leur emplacement physique. D'autres ont suggéré des changements quant à la façon dont certains aliments sont présentés dans les environnements de vente au détail. Plusieurs ont ressenti le besoin d'améliorer les connaissances médiatiques de sorte que les enfants et les jeunes disposent du savoir et de l'analyse critique pour émettre leur propre jugement sur ce qu'ils voient dans les publicités. Enfin, les participants ont également soulevé le rôle du marketing positif, soit en présentant plus de publicités sur les choix d'aliments sains.

Réglementation gouvernementale stricte en matière de marketing et de publicité
Nombre de mentions par l’intermédiaire de dialogues en personne 41 Nombre de mentions par l’intermédiaire de présentations en ligne 28
(AU, UC, FS, PS, IN, ME, ONG, PT, JE, Autre)

Les participants ont proposé différentes mesures visant à imposer plus de restrictions en matière de marketing à l'intention des enfants relativement aux aliments malsains. Ces mesures reflétaient différents niveaux de rigueur et exigeaient des restrictions plus sévères apparaissant plus souvent. Par exemple, on veut restreindre le nombre total d'heures de publicité et limiter un tel marketing à certains moments (p. ex. pas pendant les heures de grande écoute des émissions pour enfants). D'autres ont proposé l'idée de limiter les publicités à certains endroits, comme dans les régions de vente au détail où l'impact est élevé et dans les écoles (certains ont proposé d'en faire des zones « sans marketing »). De plus, de nombreux jeunes participants ont suggéré d'augmenter le coût des publicités des aliments malsains. Certains participants sont allés encore plus loin et ont proposé d'interdire tout marketing direct à l'intention des enfants. Comme en ont discuté certains intervenants régionaux de Yellowknife, des interdictions formelles supposeraient la facilité à laquelle les enfants sont influencés et leur croyance voulant qu'ils ne se croient pas influençables. D'autres participants ont parlé des défis réglementaires constatés relativement au système actuel, dans lequel l'industrie s'autoréglemente. Comme l'a expliqué un intervenant régional de Charlottetown, « à l'heure actuelle, la réglementation ne fait pas partie du Cadre, puisqu'elle est volontaire » [traduction]. Un autre participant a soulevé le besoin de normes nationales, soutenant que l'exécution de la réglementation est difficile quand les enjeux surpassent les compétences régionales, provinciales, nationales et internationales.

Même si de nombreux participants soutenaient des mesures plus strictes à l'égard de cette politique, certains ne partageaient pas cet avis. Cette divergence d'opinions était plus évidente dans la consultation auprès de l'industrie et des médias, où les participants défendaient les réussites des initiatives existantes afin de réduire la publicité à l'intention des jeunes. Certains ont remis en question le besoin de réduire le marketing, remettant en question la preuve associant l'obésité juvénile aux aliments à teneur élevée en gras, en sucre ou en sodium ainsi que les répercussions du marketing de tels aliments. D'autres participants ont affirmé qu'il y avait des enjeux plus importants à aborder que les pratiques commerciales, dont le rôle important que jouent les parents en aidant leurs enfants à faire des choix associés à un mode de vie sain. Un représentant de l'industrie, par exemple, a posé la question suivante :

« Pourquoi pointons‑nous du doigt les restaurants et les épiceries? Ce n'est pas la responsabilité de Coca‑Cola ou de McDonald's… c'est la responsabilité des parents. » [traduction]

Un certain nombre de participants de l'industrie nous ont également mis en garde contre la suppression d'ingrédients précis (p. ex. le gras, le sucre et le sodium) et leur association automatique aux aliments malsains.

Expérience de magasinage plus propice à l’achat aux aliments nutritifs
Nombre de mentions par l’intermédiaire de dialogues en personne 33 Nombre de mentions par l’intermédiaire de présentations en ligne 2
(AU, UC, FS, PS, IN, PT, JE, Autre)

Un certain nombre d'intervenants régionaux, de fournisseurs de soins et de participants du Réseau canadien en obésité ont proposé des mesures pour aborder la façon dont les aliments sont vendus et présentés dans les environnements de vente au détail. Par exemple, ils ont avancé l'idée que les aliments malsains ne devraient pas être placés dans des régions à impact élevé (p. ex. dans les allées de paiements), ou du moins ils devraient être placés de sorte qu'ils ne soient pas vus ou atteints par les enfants. Un intervenant régional de Charlottetown a affirmé que de telles mesures contribueraient à la « création d'une expérience de magasinage plus familiale » [traduction]. D'autres mesures voulaient que les fournisseurs de services alimentaires fassent la promotion des quatre groupes alimentaires de façon plus active, offrent des échantillons d'aliments sains dans les supermarchés, créent des présentoirs plus alléchants pour que les aliments sains attirent les enfants, et demandent aux épiceries de fournir des ressources en magasin (p. ex. des diététistes au sein du personnel, des visites du magasin et des recettes nutritives) aux clients à la recherche de conseils nutritifs. Comme l'a proposé un participant, « le marketing est bien plus qu'une simple annonce à la télévision » [traduction].

Compétences médiatiques chez les jeunes
Nombre de mentions par l’intermédiaire de dialogues en personne 30 Nombre de mentions par l’intermédiaire de présentations en ligne 1
(UC, FS, PS, IN, ME, ONG, PT, JE, Autre)

Plusieurs participants de l'industrie, des fournisseurs de soins et des participants du Réseau canadien en obésité ont prôné l'enseignement visant à montrer aux gens comment analyser de façon critique les messages de différents médias. Un participant des médias a suggéré que « tout comme nous avons des compétences financières et numériques, nous avons besoin de compétences médiatiques » [traduction], ce qui signifie qu'il faut éduquer les enfants et les jeunes ainsi que leurs parents à reconnaître quand et pourquoi ils sont ciblés par les publicités des entreprises. De nombreux participants de l'industrie considéraient l'enseignement de connaissances médiatiques comme la solution principale de ce secteur stratégique, soutenant une approche axée sur l'enseignement et la protection, puisqu'ils ne croient pas que des interdictions fonctionneraient. De plus, comme l'a expliqué un intervenant régional de Winnipeg :

« Il ne s'agit pas seulement de réglementations, mais également d'enseigner aux gens à penser de façon critique et à faire preuve de bon sens par rapport aux médias. » [traduction]

De nombreux participants ont mentionné les messages d'intérêt public des Annonceurs responsables en publicité pour enfants sur la connaissance médiatique à titre d'exemple à suivre, et possiblement comme base à partir de laquelle développer et lancer un programme éducatif standard pour les écoles de partout au Canada. D'autres participants ont envisagé le rôle d'une campagne de sensibilisation de marketing social dirigée vers les citoyens qui habiliterait les enfants à faire les bons choix.

Marketing positif
Nombre de mentions par l’intermédiaire de dialogues en personne 23 Nombre de mentions par l’intermédiaire de présentations en ligne 5
(AU, UC, FS, PS, IN, ME, PT, JE, Autre)

Contrairement à la première idée de ce secteur stratégique, les participants de presque tous les groupes d'intervenants pensent que le marketing devrait être réorienté dans le but de promouvoir les aspects les plus positifs de la question comme la diversité des choix alimentaires sains auprès des enfants et des jeunes. Les participants ont reconnu qu'il y avait beaucoup de critiques relatives à l'impact négatif que peut avoir la publicité, mais ils ont également souligné que les médias sont aussi des outils puissants utilisés pour transmettre des messages positifs. L'impact des médias a fait l'objet de discussions auprès de certains jeunes participants, et voici ce qu'en pensait un jeune de Vancouver :

« Les médias d'aujourd'hui sont remplis de stéréotypes sur l'apparence. Les gens ne réalisent pas à quel point c'est de la généralisation. Je ne crois pas qu'il existe un type ou un poids corporel standard… Il suffit d'être en santé. » [traduction]

De nombreux participants ont suggéré de créer un environnement médiatique qui propose en général du marketing positif. Certains participants des médias ont suggéré d'élaborer de messages d'intérêt public efficaces pour présenter des messages positifs au public ainsi que d'utiliser des médias imprimés et électroniques plus activement pour présenter des reportages liés aux modes de vie sains et actifs. À Saskatoon, certains participants ont proposé l'idée que le marketing positif puisse être utilisé pour créer la demande des consommateurs en matière d'aliments sains. Certains représentants de l'industrie ont cité les campagnes de marketing populaires sur le lait comme exemple d'initiative à succès relativement aux aliments sains à l'intention des enfants et des jeunes, particulièrement grâce à des célébrités et à d'autres porte‑paroles connus. De plus, une idée provenant de la consultation des jeunes de Toronto consistait à développer un dessin animé incluant des fruits et des légumes, qui, selon les participants, contribuerait à enseigner aux jeunes comment bien manger dès le jeune âge. Certains participants ont également suggéré d'élargir le message afin de mettre un accent plus holistique sur un mode de vie sain, semblable au programme fédéral ParticipACTION. La majorité des participants appuyant cette idée ont affirmé qu'un effort multisectoriel, particulièrement entre le gouvernement et les groupes de l'industrie, serait nécessaire.

Secteur stratégique 3 : Augmenter la disponibilité des aliments nutritifs et l'accès à ces aliments

Bien qu'il soit important de réduire le marketing à l'intention des enfants de certains types d'aliments et de transmettre le savoir relatif à la préparation d'aliments nutritifs, ces efforts visant à favoriser une alimentation et un mode de vie sains seront vains si les enfants, les jeunes et leurs parents n'ont pas accès à des aliments nutritifs. Ce domaine d'action met l'accent sur les façons d'augmenter la disponibilité des aliments nutritifs et l'accès à ces aliments, y compris dans les collectivités où l'emplacement pose problème. Selon le Cadre d'action FPT, plusieurs facteurs importants entravent l'accès à des aliments nutritifs.

Un choix santé doit être disponible et facilement identifiable. Certaines collectivités au Canada ont plus de difficulté à adopter des pratiques saines en matière d'alimentation — principalement les collectivités nordiques, rurales ou éloignées qui n'ont pas toujours accès à des aliments nutritifs. Certains déterminants sociaux de la santé, dont le revenu, nuisent à la capacité de certaines familles à faire des choix santé.

– Freiner l'obésité juvénile : Cadre d'action fédéral, provincial et territorial
pour la promotion du poids santé, p. 4

3.1 Aborder les problèmes liés au prix des aliments

Nombre de mentions par l’intermédiaire de dialogues en personne 69 Nombre de mentions par l’intermédiaire de présentations en ligne 65

Le thème le plus souvent répété de ce secteur stratégique visait à rendre les aliments nutritifs plus abordables. Les idées des participants tournaient autour de trois secteurs : une réglementation gouvernementale, un soutien envers les personnes à faible revenu et un appui à l'égard des gens vivant dans le Nord et dans les collectivités éloignées. La première idée englobe différentes mesures qui pourraient être prises afin de diminuer le prix des aliments nutritifs et d'augmenter le prix des aliments malsains. Les deuxième et troisième idées visent à soutenir deux groupes qui sont particulièrement concernés par le prix des aliments en raison d'obstacles socioéconomiques et géographiques. Bon nombre de participants ayant proposé de soutenir les personnes à faible revenu ont déterminé la pauvreté comme un problème fondamental contribuant au surpoids et à l'obésité juvéniles. Les gens ont grandement reconnu les défis auxquels sont confrontés les Canadiens du Nord en matière d'accès aux aliments nutritifs. Les participants ont également souligné le besoin de s'assurer que les groupes marginalisés sont directement consultés relativement à cet enjeu, puisqu'ils risquent d'avoir des besoins particuliers qui sont souvent négligés.

Réglementation gouvernementale
Nombre de mentions par l’intermédiaire de dialogues en personne 34 Nombre de mentions par l’intermédiaire de présentations en ligne 38
(AU, UC, FS, PS, ONG, PT, JE, Autre)

La mesure la plus populaire auprès des participants concernait une réduction du prix des aliments sains (p. ex. les fruits, les légumes, les produits laitiers et les aliments biologiques) et l'augmentation du prix des aliments malsains (p. ex. la malbouffe et les aliments prêt‑à‑manger). De nombreux participants ont souligné le rôle important que les gouvernements doivent jouer dans la réglementation du prix des aliments afin d'augmenter l'accès aux aliments sains et diminuer l'accès aux aliments malsains, et ont déterminé plusieurs façons de le faire. Bien que de nombreux groupes de participants aient remis en question les coûts élevés des aliments nutritifs, ces préoccupations ont été principalement exprimées lors des consultations avec les Autochtones et les intervenants régionaux de Winnipeg. Un participant en ligne s'est prononcé quant à l'écart de prix entre les aliments sains et malsains, mentionnant :

« Je le vois tous les jours, alors que les gens peuvent acheter un repas‑minute complet pour environ six dollars, ou acheter une livre de pommes, qui ne rassasiera pas un adulte moyen, pour le même prix. » [traduction]

Les participants ont noté plusieurs façons de réglementer le prix des aliments, comme imposer une taxe sur les aliments malsains (idée particulièrement populaire auprès des participants en ligne et qui ressemble à la façon dont les produits du tabac sont actuellement taxés), développer un système de coupons pour les aliments sains et offrir des subventions gouvernementales à ceux qui produisent, transportent et vendent des produits sains, particulièrement dans les collectivités éloignées et du Nord. Certains ont proposé qu'une taxe prélevée sur les aliments malsains vise à diminuer le prix des aliments sains. De nombreux intervenants régionaux pensent qu'une telle réglementation pourrait contribuer à égaliser le prix des aliments sains et malsains, particulièrement dans les régions éloignées. Certains fournisseurs de soins ont suggéré le besoin de surveiller le prix des aliments, peut‑être au moyen d'une organisation de surveillance, avant que des mesures de réglementation soient prises.

Soutien envers les personnes à faible revenu
Nombre de mentions par l’intermédiaire de dialogues en personne 20 Nombre de mentions par l’intermédiaire de présentations en ligne 21
(AU, FS, PS, IN, ONG, PT, Autre)

Les participants ont proposé de nombreuses idées concernant l'impact du statut socioéconomique sur l'alimentation et le mode de vie sain. Un intervenant régional de Charlottetown a constaté le fait suivant :

« Un groupe absent est celui des travailleurs pauvres à faible salaire, qui auront des stratégies et des besoins différents... Si nous cherchons des déterminants, nous devons réunir toutes les personnes concernées autour d'une même table. » [traduction]

Bien que certains aient proposé des crédits d'impôt et des subventions afin d'aborder les préoccupations en matière d'accessibilité (dont un participant en ligne ayant suggéré de faire circuler des autobus de fruits et de légumes pour vendre des produits à bas prix dans les régions dépourvues d'épiceries), nombreux sont ceux qui ont présenté des idées visant à s'attaquer à la base de la pauvreté. Selon les participants, la pauvreté et l'insécurité alimentaire sont des obstacles importants à une saine alimentation pour de nombreuses personnes partout au pays, y compris ceux vivant dans les régions éloignées et du Nord. Ainsi, certains intervenants régionaux ont suggéré le développement et la mise en œuvre de stratégies provinciales anti‑pauvreté, l'augmentation des taux d'aide sociale et l'augmentation de l'accès au logement à prix abordable. « Si les gens n'ont pas assez d'argent pour acheter de la nourriture, il s'agit alors d'un obstacle énorme à une alimentation saine et équilibrée, a affirmé un intervenant régional. Nous croyons qu'il existe probablement des politiques économiques qui favoriseraient l'accessibilité du revenu disponible, afin de s'assurer que les familles disposent des ressources de base pour subvenir à leurs besoins. » [traduction]

Appui à l’égard des personnes vivant dans le Nord
Nombre de mentions par l’intermédiaire de dialogues en personne 11 Nombre de mentions par l’intermédiaire de présentations en ligne 6
(AU, PS, IN, ONG, PT)

Les participants ont proposé des idées afin de s'attaquer aux obstacles particuliers auxquels sont confrontés les Canadiens des collectivités éloignées et du Nord en matière d'accès à des aliments nutritifs. Tout au long du processus de mobilisation, les participants ont partagé leurs expériences quant au prix élevé des aliments nutritifs dans les régions isolées (p. ex. 21 $ pour un ananas à Iqaluit). Dans le but d'égaliser le prix des aliments sains et malsains dans ces collectivités et de normaliser le prix des aliments au sein des provinces et des territoires, la mesure la plus commune concernait les subventions au transport, qui contribueraient à réduire les coûts pour les consommateurs. De plus, certains participants ont proposé l'utilisation de structures et d'organismes clés déjà en place au sein de ces collectivités, comme Food Secure Saskatchewan, alors que d'autres ont suggéré l'augmentation du soutien envers les organismes qui financent les programmes de nutrition (comme les programmes de déjeuners). Un participant a proposé le développement de partenariats plus étroits avec les épiceries des collectivités du Nord afin d'assurer les réserves d'aliments sains à prix abordables. L'appui à l'égard du programme Nutrition Nord, lequel fournit des subventions aux petites collectivités du Nord afin de les aider à compenser le prix des aliments sains, était considérable. Pour vanter le succès du programme, un participant de Yellowknife a affirmé :

« Des preuves ont démontré que le programme [Nutrition Nord] a favorisé la consommation de calcium, de grains entiers et de fruits et de légumes. » [traduction]

3.2 Augmentation de la capacité des collectivités locales

Nombre de mentions par l’intermédiaire de dialogues en personne 66 Nombre de mentions par l’intermédiaire de présentations en ligne 16

Les idées comprises sous ce thème comptaient parmi celles les plus fermement appuyées et dont on a le plus discutées. De nombreux participants ont jugé que les mesures communautaires, comme les jardins, les cuisines et les repas communautaires, ainsi que le soutien à l'égard de la production alimentaire locale étaient nécessaires pour s'attaquer au problème d'obésité juvénile. Contrairement à plusieurs des idées recueillies tout au long du processus de consultation qui nécessitent des mesures gouvernementales directes, les participants ont jugé que les idées entourant les mesures communautaires permettront aux gens de travailler ensemble au niveau local et d'avoir eux‑mêmes une incidence. Dans de nombreux dialogues, les participants on décrit l'impact positif que de telles mesures ont eu dans leurs collectivités locales. Bien que de nombreux participants aient proposé ces idées, les fournisseurs de soins et les intervenants régionaux en étaient les plus grands partisans.

Jardins communautaires
Nombre de mentions par l’intermédiaire de dialogues en personne 31 Nombre de mentions par l’intermédiaire de présentations en ligne 7
(AU, UC, FS, PS, IN, ONG, PT, JE, Autre)

Tous les groupes d'intervenants ont proposé de développer et de favoriser les jardins communautaires. Comme l'a expliqué un intervenant régional, ces lots appartenant à l'État et exploités par ce dernier aideraient les gens à reconnaître l'importance de la sécurité alimentaire et de l'autosuffisance, particulièrement dans le contexte local. Les jardins communautaires ont également été proposés comme des façons de créer un « tissu social » entre les membres de la collectivité en offrant des occasions de s'impliquer et de se soutenir les uns les autres au moyen d'une initiative de coopération. De nombreux participants ont suggéré la création de jardins et de serres communautaires, particulièrement pour les écoles et les milieux de garde (p. ex. les centres pour les jeunes des YMCA), qui comporteraient un volet éducatif pour les élèves. Comme l'a expliqué un intervenant régional, cela pourrait nécessiter « la reformulation et la promotion de l'idée de jardinage » [traduction] aux gens. Au cours de la consultation du Ralliement national des Métis, les participants ont partagé des exemples de l'impact positif que les jardins communautaires sur les terres métisses offertes comme don ont eu dans certaines collectivités, particulièrement en ce qui concerne l'appui offert aux enfants et aux jeunes pour les aider à développer leurs connaissances et leurs compétences en matière d'horticulture. Toutefois, un participant nous a mis en garde contre « les nombreuses choses en jeu... Nous avons besoin d'une meilleure coordination pour que les jardins communautaires ne menacent pas l'exploitation maraîchère intensive. » [traduction]

Soutien à l’égard de la production d’aliments locale
Nombre de mentions par l’intermédiaire de dialogues en personne 21 Nombre de mentions par l’intermédiaire de présentations en ligne 7
(AU, US, FS, PS, IN, ONG, PT, JE, Autre)

Les participants ont proposé différentes mesures pour augmenter la capacité des producteurs d'aliments locaux et rendre leurs produits plus accessibles. Plusieurs ont jugé que la mentalité d'acheter localement devait être appuyée et commercialisée de façon plus active, au moyen de l'éducation, par exemple. Plus particulièrement, de nombreux intervenants régionaux pensent que les agriculteurs locaux ont besoin de plus de ressources afin de soutenir leur entreprise qui a pour but de fournir des aliments « du champ à la table » aux résidents de la localité. Selon les participants, il pourrait s'agir de subventions agricoles permettant de réduire les coûts associés au transport, ou de taxes visant à dissuader l'achat de produits importés. D'autres ont proposé que la production locale d'aliments soit appuyée par l'intermédiaire des écoles. Certains ont décrit l'exemple du Farm to School Healthy Choice Fundraiser, selon lequel les élèves vendent des paniers de fruits et de légumes frais cultivés localement au prix courant ou en deçà, et un jeune du Forum d'idées en ligne a suggéré la création de marchés de petits agriculteurs dans les écoles.

Cuisines et repas communautaires
Nombre de mentions par l’intermédiaire de dialogues en personne 13 Nombre de mentions par l’intermédiaire de présentations en ligne 2
(AU, UC, FS, PS, PT, Autre)

La création de cuisines et de repas communautaires, où les membres de la collectivité se rassemblent dans un endroit public pour cuisiner, partager des connaissances et des compétences, et socialiser entre eux a provoqué beaucoup d'enthousiasme. On a proposé que les cuisines et les repas communautaires soient développés dans différents établissements, dont les centres communautaires, les écoles et les milieux de travail. Les participants ont jugé que ces établissements permettront aux participants de partager les coûts, puisque la nourriture est habituellement achetée et cuisinée en quantité, et d'investir du temps dans la création de repas nutritifs. Lors de la consultation du CINS d'Aklavik, certains participants ont mentionné que les cuisines communautaires devraient également mettre l'accent sur les aliments traditionnels. Comme pour les jardins communautaires, les cuisines seraient des initiatives communautaires, bien que des participants aient proposé le développement de partenariats avec les ministères pertinents (p. ex. le ministère de l'Éducation et le ministère de la Santé et des Services sociaux).

3.3 Faits saillants d'autres idées

En plus des idées recueillies sur le prix des aliments et l'augmentation de la capacité locale, les participants ont présenté de nombreuses idées visant à augmenter la disponibilité des aliments nutritifs et l'accès à ces aliments. Par exemple, on a suggéré de faciliter la saine alimentation, d'améliorer l'étiquetage des produits et de réglementer l'accès à la malbouffe et sa formulation.

Accès simplifié à des produits nutritifs
Nombre de mentions par l’intermédiaire de dialogues en personne 23 Nombre de mentions par l’intermédiaire de présentations en ligne 34
(UC, FS, PS, ONG, PT, JE, Autre)

De nombreux participants veulent des mesures ayant pour but de faire des aliments sains l'option la plus pratique dans les écoles, les services de garde et les centres de loisirs. Pour plusieurs intervenants régionaux et participants en ligne et du Réseau canadien en obésité, cela signifierait d'imposer des politiques en matière d'aliments sains et d'alimentation dans les écoles et les services de garde. On pourrait, par exemple, élaborer des menus normalisés et réintroduire les programmes de déjeuners et de dîners afin d'offrir des collations et des repas nutritifs moyennant un coût ou gratuitement. Selon certains fournisseurs de soins, on pourrait offrir des subventions afin de réduire les coûts de tels programmes en milieu éducatif. D'autres participants ont avancé l'idée d'introduire des chariots de fruits et légumes parcourant les villes dans les mois plus chauds (comme les chariots de crème glacée) et d'encourager le développement de restaurants‑minute santé (comme un jeune de Port Coquitlam l'a expliqué, « tout comme on retrouve les restaurants‑minute partout! »[traduction]).

Étiquetage des produits
Nombre de mentions par l’intermédiaire de dialogues en personne 21 Nombre de mentions par l’intermédiaire de présentations en ligne 11
(UC, FS, PS, ONG, PT, JE, Autre)

Dans le but de fournir des informations nutritionnelles directes et faciles à comprendre aux consommateurs, de nombreux participants ont souligné le besoin d'améliorer les normes en matière d'étiquetage des aliments. Plusieurs mesures ont été soumises par les intervenants régionaux, les fournisseurs de soins, les membres du Réseau canadien en obésité, les jeunes et les participants en ligne. La solution la plus commune était de créer des étiquettes de mise en garde pour les aliments considérés malsains (p. ex. les aliments à teneur élevée en gras, en sucre ou en sodium), un peu comme pour les produits du tabac. Une autre idée partagée par de nombreux participants était la création d'un système de classement facile à comprendre pour les aliments préemballés. Les participants ont cité comme exemple à envisager le système d'étiquetage sur le modèle des « feux de circulation » employé au Royaume-Uni, qui catégorise les aliments selon leur teneur en gras, en sucre et en sodium – rouge, jaune et vert indiquant une teneur élevée, moyenne et faible de ces ingrédients.

Les participants ont également mentionné des mesures visant à simplifier les renseignements fournis par les étiquettes nutritionnelles. Un participant du Réseau canadien en obésité de Montréal a proposé l'idée suivante :

« Plutôt que de demander aux gens de comprendre des termes comme “pourcentage de la valeur quotidienne”, nous devons simplifier le langage en employant des termes comme “teneur élevée en sucre” ou “faible teneur en gras” ». [traduction]

Dans le même ordre d'idées, un participant a insisté sur le besoin d'un langage clair en demandant si « nos grands‑parents seraient capables de lire les étiquettes ». [traduction] D'autres mesures visaient à créer des portions normalisées dans les provinces et les territoires et à encourager des publicités plus honnêtes et plus objectives. Cette deuxième mesure était particulièrement populaire auprès des participants de l'activité pour les jeunes de Port Coquitlam, qui ont jugé que « si on commercialisait des aliments malsains, on devait alors parler du bon et du mauvais côté de son produit ». [traduction] Certains participants ont également proposé d'appliquer ces pratiques à tous les points de vente, comme l'étiquetage des calories introduit dans les grandes chaînes de restaurants à New York et en Californie. Un participant en ligne de l'industrie a toutefois remis en question l'efficacité de « trop simplifier » la valeur calorique dans les menus, citant les diverses options et combinaisons possibles qu'offrent les menus, l'accent mis sur les calories plutôt que sur les autres éléments nutritifs et le manque de preuves confirmant que de telles mesures entraînent des choix plus sains.

Accès à la malbouffe et sa préparation
Nombre de mentions par l’intermédiaire de dialogues en personne 6 Nombre de mentions par l’intermédiaire de présentations en ligne 17
(AU, UC, FS, PS, PT, Autre)

Certains participants ont mentionné que la meilleure façon d'augmenter la disponibilité des aliments nutritifs et l'accès à ces aliments est d'interdire ou de réglementer de façon plus stricte les aliments à teneur élevée en gras, en sucre et en sodium. Cette idée était particulièrement populaire auprès des participants en ligne. Ces derniers ont suggéré différentes mesures, dont l'interdiction de vendre de la malbouffe dans les écoles, les hôpitaux et les centres de loisir (plutôt que de simplement offrir des choix sains, comme on l'explique dans la section « Accès pratique aux aliments sains »), l'interdiction catégorique de certains types d'aliments (comme les boissons gazeuses et les collations sucrées), l'interdiction d'utiliser des additifs dans la chaîne d'approvisionnement alimentaire (p. ex. le sirop de maïs à haute teneur en fructose, les colorants et les hormones de croissance), la réduction de l'utilisation de gras, de sucre et de sodium dans les aliments au moyen d'un programme fondé sur le modèle du récent Groupe d'étude sur les gras trans, la réglementation des portions alimentaires dans le secteur des services et la mise en place d'une limite d'âge quant à la vente de boissons « énergisantes ».

Secteur stratégique 4 : Intervenir tôt

Alors que les enfants et les jeunes ont besoin de milieux favorables pour grandir et se développer, d'un accès immédiat à des aliments nutritifs et de compétences pour faire des choix santé, l'importance des premières années de vie d'un enfant a été soulevée dans la Cadre d'action FPT et appuyée par de nombreux participants. Au moyen du repérage rapide du surpoids ou de l'obésité juvénile et d'une attention particulière portée sur les cinq premières années de vie, sujet sur lequel porte ce dernier secteur stratégique, des interventions adaptées à l'âge de l'enfant peuvent être offertes aux enfants et à leur famille. Le Cadre détermine les facteurs clés à prendre en considération pour intervenir tôt.

Il est essentiel de surveiller régulièrement la croissance des nouveau-nés et des enfants pour cerner les risques d'obésité rapidement. Lorsque l'on détermine qu'un enfant est à risque, une gamme d'interventions adaptées à l'âge de l'enfant (p. ex. renforcer l'estime de soi, l'alimentation et l'activité physique) peut offrir aux enfants et à leurs familles une panoplie d'options pour s'attaquer à ce problème important. Les enfants qui sont particulièrement à risque de souffrir d'obésité, ou qui souffrent déjà de surpoids ou d'obésité, nécessitent un soutien ciblé afin de modifier leurs habitudes alimentaires et leurs niveaux d'activité physique en vue d'atteindre un poids santé. Il est également important d'accroître la sensibilisation, les connaissances et les compétences des parents quant à la saine alimentation et à l'activité physique afin de régler ce problème de façon efficace.

– Freiner l'obésité juvénile : Cadre d'action fédéral, provincial et territorial pour la promotion du poids santé, p. 3

4.1 Éducation et formation

Nombre de mentions par l’intermédiaire de dialogues en personne 46 Nombre de mentions par l’intermédiaire de présentations en ligne 25

Le thème le plus populaire du sujet « Intervenir tôt » portait sur l'éducation et la formation. On voulait ainsi offrir aux parents, aux familles et aux professionnels de la santé la connaissance et les ressources dont ils ont besoin pour influencer positivement la santé d'un enfant, particulièrement au cours de ses premières années de vie. De nombreux participants ont jugé que l'engagement des parents et des familles était un élément fondamental pour s'occuper de l'obésité juvénile, principalement en raison de l'influence qu'ils ont sur la croissance et le développement d'un enfant. Les participants ont également insisté sur le soutien offert aux professionnels, en augmentant la capacité et en faisant en sorte que les travailleurs de la santé et les travailleurs de services à l'enfance reçoivent une formation et des ressources éducatives à jour.

Engagement des parents et des familles
Nombre de mentions par l’intermédiaire de dialogues en personne 30 Nombre de mentions par l’intermédiaire de présentations en ligne 17
(UC, FS, PS, ONG, PT, Autre)

De nombreux intervenants régionaux, fournisseurs de soins, participants du Réseau canadien en obésité et des médias, et en ligne ont proposé l'engagement et l'éducation des parents et des familles comme mesure prioritaire du sujet « Intervenir tôt ». Comme un fournisseur de soins de Vancouver a conseillé :

« Il est important de rejoindre les parents et de déterminer ce qui, selon eux, les limite. » [traduction]

En mettant l'accent sur l'augmentation de la sensibilisation aux modes de vie sains et en établissant des attitudes et des comportements sains au cours des premières années de vie, les participants pensent que le développement et la distribution de ressources éducatives fondées sur des preuves (p. ex. les cours, les séances d'information, les campagnes ou les défis de marketing social, et les trousses d'information) devraient mettre l'accent sur des sujets comme les connaissances en matière d'alimentation, le savoir-faire physique, et la croissance et le développement sains. Les participants ont mentionné que les parents sont une source d'influence et de contrôle importante pour leurs enfants, et que les familles peuvent prêcher par l'exemple en établissant et en maintenant un mode de vie sain. Par exemple, un participant a suggéré qu'il est « important de faire en sorte que les parents comprennent pourquoi il est essentiel de développer l'activité physique en bas âge... Celle‑ci favorise la confiance en soi et la capacité d'effectuer les tâches leur permettant de rester en santé ». [traduction] Afin de faire participer les parents et les familles de façon efficace, les participants des médias ont proposé l'élaboration de messages créatifs propres à cette catégorie démographique. De plus, certains participants des médias ont cerné le besoin d'établir un forum pour que les parents préoccupés et intéressés puissent participer davantage à cet égard dans la collectivité. Ceci pourrait être obtenu par l'entremise d'activités locales et d'initiatives sur les médias sociaux ciblant l'obésité juvénile, étant donné qu'un participant a mentionné l'impact des mamans qui bloguent sur de nombreux sujets.

Les participants ont proposé que les fournisseurs de soins primaires et en santé publique (p. ex. les médecins de famille, les infirmières et les diététistes) jouent un rôle prépondérant et tirent profit des partenaires communautaires (p. ex. les écoles, les fournisseurs de soins et les médias locaux) pour faire passer le message et augmenter l'accès aux ressources.

Soutien offert aux professionnels
Nombre de mentions par l’intermédiaire de dialogues en personne 11 Nombre de mentions par l’intermédiaire de présentations en ligne 8
(UC, FS, PS, PT)

Les participants ont également proposé d'encourager le travail des professionnels au moyen d'une formation et de ressources éducatives pertinentes et à jour. Ils ont reconnu le rôle important que les professionnels de la santé et en services de garde jouent en déterminant tôt le risque d'obésité et en intervenant de façon appropriée. À un niveau plus élevé, certains participants du Réseau canadien en obésité ont avancé l'idée d'une meilleure intégration entre les fournisseurs de soins de santé, alors que certains intervenants régionaux ont proposé la nécessité d'une évaluation des besoins des professionnels, afin d'améliorer leurs compétences pour déterminer et aborder l'obésité juvénile. Certains ont proposé une formation sur les graphiques de croissance révisés de l'Organisation mondiale de la Santé. Les participants ont également soulevé d'autres mesures : les professionnels de la santé doivent développer une meilleure trousse pour le traitement et l'aiguillage des enfants ayant un problème de surpoids; les professionnels en services de garde doivent mieux articuler et utiliser les principes liés à l'éducation de la petite enfance, les attentes et les responsabilités relatives à leur travail, en mettant l'accent sur le savoir-faire physique; et les conseils scolaires doivent embaucher plus d'enseignants d'éducation physique formés et dévoués.

4.2 Initiatives sur la santé maternelle et infantile

Nombre de mentions par l’intermédiaire de dialogues en personne 47 Nombre de mentions par l’intermédiaire de présentations en ligne 5

Ce thème, presque aussi populaire que l'éducation et la formation, englobait deux idées principales : encourager l'allaitement comme méthode d'alimentation exclusive et s'assurer qu'un éventail complet de services prénataux et post‑nataux sont offerts aux nouvelles mamans et à leur famille. De nombreux professionnels de la santé ont fermement appuyé l'allaitement, qui, selon eux, est essentiel à l'alimentation et à la santé des jeunes enfants. En ce qui concerne les services prénatales et post‑natales, les participants ont proposé des améliorations dans différents domaines, y compris quant à la surveillance et au contrôle, et à l'accès à l'éducation et au counseling. De plus, de nombreux participants voulaient garantir une grande disponibilité de ces services, surtout pour ceux qui ne seraient peut‑être pas au courant de leur disponibilité ou qui se sentent exclus en raison d'obstacles socioéconomiques.

Allaitement
Nombre de mentions par l’intermédiaire de dialogues en personne 19 Nombre de mentions par l’intermédiaire de présentations en ligne 2
(UC, FS, PS, PT, Autre)

Les participants ont présenté plusieurs idées afin de promouvoir et d'augmenter la pratique de l'allaitement, puisqu'il s'agit d'un élément fondamental à la santé et à l'alimentation précoces des jeunes enfants. Certains intervenants régionaux ont proposé que tous les gouvernements provinciaux et territoriaux élaborent des politiques d'allaitement en collaboration avec les services régionaux et communautaires de santé. De manière plus générale, de nombreux participants ont appuyé la promotion de l'allaitement comme méthode d'alimentation exclusive pendant les six à douze premiers mois de la vie de l'enfant, dans le but d'augmenter l'initiation à l'allaitement et les taux de rétention au fil des ans. Certains participants du Réseau canadien en obésité ont souligné l'exemple du Québec, où la promotion de l'allaitement est utilisée afin d'engager les mères dans le problème d'obésité juvénile.

Services prénatals et post natals
Nombre de mentions par l’intermédiaire de dialogues en personne 17 Nombre de mentions par l’intermédiaire de présentations en ligne 3
(UC, FS, PS, ONG, PT, Autre)

De nombreux intervenants régionaux, fournisseurs de soins et participants du Réseau canadien en obésité considéraient comme essentielle la disponibilité d'un éventail complet de services pendant les périodes prénatales et post‑natales. La majorité des suggestions à cet effet visaient à offrir aux mères et à la famille élargie une surveillance et des soins prénataux appropriés, y compris l'accès à l'éducation et au counseling sur des sujets comme l'alimentation prénatale et le poids de naissance. Bien que de nombreux participants aient suggéré que les professionnels en soins de santé primaires et en santé publique prennent les devants, ils ont également proposé que les professionnels des services de garde fournissent ces services. Certains participants ont suggéré que les services soient offerts à tous, peu importe les antécédents socioéconomiques ou culturels, pour que « nous travaillions sur des mesures qui n'augmentent pas la disparité ». [traduction] Certains participants du Réseau canadien en obésité ont proposé d'élargir les services post‑nataux, dont l'éducation, la surveillance et le contrôle, et ont mentionné qu'il devrait y avoir « plus que de simples directives générales… et [nous devrions] nous assurer qu'elles soient à jour ». [traduction] Un intervenant régional d'Aklavik a insisté sur le besoin de ces services le plus tôt possible, proposant :

« [Nous devons appuyer] les parents pour qu'ils aient la capacité d'offrir un mode de vie sain à leurs enfants dès la naissance. » [traduction]

4.3 Nouvelle recherche

Nombre de mentions par l’intermédiaire de dialogues en personne 30 Nombre de mentions par l’intermédiaire de présentations en ligne 18

Ce thème met l'accent sur l'amélioration de la capacité de recherche générale et des données disponibles sur l'obésité juvénile. Les participants ont proposé deux approches pour réaliser cet objectif. La première consistait à mener une évaluation approfondie des besoins en matière de santé et des facteurs de risque, ce qui exigerait une grande collaboration entre différents groupes afin d'obtenir des renseignements exacts et solides. La deuxième approche portait sur l'amélioration des outils et des pratiques de surveillance en matière de santé et sur l'engagement de tous les professionnels concernés dans leur utilisation et leur prestation. Bien que la deuxième approche n'ait pas reçu un appui aussi important que la première, les professionnels de la santé et les intervenants régionaux croyaient qu'on pourrait ainsi offrir une base d'information plus solide pour faire le suivi de la croissance et du développement d'un enfant, en plus de pouvoir intervenir, au besoin.

Évaluation des besoins de santé et des facteurs de risque
Nombre de mentions par l’intermédiaire de dialogues en personne 16 Nombre de mentions par l’intermédiaire de présentations en ligne 13
(AU, UC, FS, PS, ONG, PT, Autre)

Un sujet populaire auprès des participants était celui d'avoir une recherche solide, exacte et à jour en matière d'obésité juvénile. Les participants ont proposé le besoin d'une recherche accrue sur les facteurs de risque relatifs à l'obésité juvénile, y compris les déterminants sociaux. Ils ont perçu cette solution comme un effort commun entre les gouvernements provinciaux et territoriaux, le secteur privé et le milieu de la recherche (p. ex. le monde universitaire et les ONG). D'autres ont suggéré plus de recherches communautaires, afin d'engager les gens au niveau local dans le but de déterminer où et quand intervenir. Les participants ont également proposé le besoin d'effectuer des recherches afin d'aborder les écarts actuels en matière d'obésité juvénile relativement aux nouveau‑nés, aux enfants d'âge scolaire et aux « sous‑déclarations personnelles massives », qui, selon un participant, sont attribuables aux nombreuses personnes qui ne connaissent pas la différence entre « surpoids » et « obésité ». D'autres participants ont proposé la normalisation plus complète de la recherche partout au pays, en effectuant un examen longitudinal fondé sur la santé de la population, particulièrement pour les Premières nations et les Métis, et le développement approfondi des ensembles de données dans le but de fournir un aperçu détaillé des renseignements existants aux niveaux fédéral et provincial/territorial. Certains intervenants régionaux ont parlé d'un examen existant précoce sur l'alimentation dans certaines régions. Même si cela était normalisé, les participants ont proposé d'élargir le programme afin d'offrir des services proactifs aux mères et aux nourrissons les plus à risque, expliquant : « Nous nous démenons puisque les gens qui viennent nous voir sont souvent ceux qui n'ont pas besoin [d'un examen en matière d'alimentation]. » [traduction]

Amélioration de la surveillance de la santé et des outils de suivi
Nombre de mentions par l’intermédiaire de dialogues en personne 14 Nombre de mentions par l’intermédiaire de présentations en ligne 5
(PS, PT, Autre)

Bien que les participants aient proposé d'offrir plus de soutien aux professionnels de la santé et en services de garde relativement à l'éducation et à la formation (comme on l'a décrit dans la section « Éducation et formation »), ils ont également suggéré une surveillance plus rigoureuse en matière de santé, appuyée grâce à des outils efficaces reconnus partout dans le monde, dont les graphiques de croissance révisés de l'Organisation mondiale de la Santé, lesquels soulignent un ensemble plus détaillé de normes en matière de croissance et de développement psychologique pour les enfants et les jeunes. Cette idée était particulièrement populaire auprès des intervenants régionaux de Saskatoon, qui ont proposé une surveillance de la croissance plus régulière au cours des premières années de vie de l'enfant (p. ex. jusqu'à l'âge de cinq ans, plus souvent pendant les dix‑huit premiers mois). Certains participants voulaient également réexaminer la surveillance fondée seulement sur l'indice de masse corporelle, mentionnant qu'il « s'agit de la façon dont les enfants devraient grandir et non pas de la façon dont ils ont grandi », et qu'il n'inclut pas toutes les activités auxquelles un enfant peut participer. Ainsi, on a déterminé le besoin d'une mesure plus complexe.

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