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La Stratégie pancanadienne intégrée en matière de modes de vie sains constitue un engagement formel des gouvernements FPT pour améliorer les résultats de santé et réduire les disparités, en mettant l’accent sur l’alimentation saine, l’activité physique et leur lien avec un poids santé. Les gouvernements FPT ont établi les objectifs en matière de modes de vie sains, lesquels visent à augmenter de 20 % la proportion de Canadiens qui font de l’activité physique, mangent sainement et ont un poids santé, et ce, d’ici 20153 .
La présente section décrit les données qui serviront de base de référence pour mesurer les progrès. S’il y a lieu, elle mentionne également les lacunes relatives aux données et fournit d’autres sources de renseignements. Le rapport met l’accent sur les indicateurs de la Stratégie pancanadienne intégrée en matière de modes de vie sains (voir le tableau 1). À l’avenir, d’autres sources de données seront fournies, le cas échéant (p. ex., Enquête canadienne sur les mesures de la santé).
Les données proviennent de l’Institut canadien de la recherche sur la condition physique et le mode de vie (ICRCPMV) et de l’Enquête 2005 sur la santé dans les collectivités canadiennesde Statistique Canada, publiée dans Les Canadiens et les Canadiennes en santé : Rapport fédéral sur les indicateurs comparables de la santé 20064. Ce rapport semestriel, qui est publié par Santé Canada, examine un certain nombre d’indicateurs de santé pertinents pour la population canadienne.
L’Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes (ESCC) fournit des estimations transversales à jour sur les déterminants de la santé, l’état de santé et l’utilisation des services de santé au niveau infraprovincial (région sociosanitaire ou groupe de régions sociosanitaires). Les données de l’ESCC proviennent de deux enquêtes distinctes : une enquête globale sur la santé au niveau régional et une enquête sur un sujet précis au niveau provincial. L’enquête de 2005 est la troisième depuis la création de l’ESCC en 2000. L’ESCC résulte d’une collaboration entre Santé Canada, Statistique Canada et l’Institut canadien d’information sur la santé.
| Cibles | Indicateurs | Sources de données |
|---|---|---|
Activité physique |
% de la population de 18 ans et plus classée comme active ou modérément active |
ESCC et surveillance de l’activité physique |
Alimentation saine |
% de la population de 18 ans et plus qui affirme consommer fréquemment des fruits et des légumes |
ESCC |
Poids santé |
% de la population de 18 ans et plus qui a un poids « normal », en fonction d’un indice de masse corporelle (IMC) de 18,5 à 24,9 |
ESCC |
En 2003, les gouvernements FPT du Canada (à l’exception du Québec) ont établi une cible commune en matière d’activité physique pour accroître de 10 points de pourcentage les niveaux d’activité physique chez les Canadiens de 20 ans et plus d’ici 2010. En 2005, reconnaissant la nécessité d’un effort soutenu pendant une longue période, la SMVS s’est donné comme objectif d’augmenter de 20 % la proportion des Canadiens de 18 ans et plus qui font régulièrement de l’activité physique d’ici 2015. Les gouvernements ont uni leurs efforts pour mettre en œuvre des initiatives visant à augmenter les niveaux d’activité physique.
Les données servant à mesurer les progrès vers l’atteinte de cet objectif proviennent de l’ESCC de 2005, laquelle a classé les répondants en trois catégories : actif, modérément actif ou inactif, d’après les activités auxquelles ils ont dit s’adonner durant leurs loisirs. Les répondants ont été invités à préciser la fréquence et la durée de leur participation à diverses activités dans les trois mois ayant précédé l’enquête. Pour chaque activité déclarée, la dépense énergétique quotidienne moyenne a été calculée en multipliant le nombre de fois où l’activité avait été pratiquée par la durée moyenne de celle-ci et par la dépense énergétique. La somme de la dépense énergétique quotidienne moyenne de toutes les activités a servi à classer les répondants en trois catégories : actif – faisant l’équivalent d’une heure de marche ou de 20 minutes de jogging par jour; modérément actif – faisant l’équivalent de 30 à 60 minutes de marche par jour ou d’une séance d’exercice d’une heure trois fois par semaine; inactif – faisant l’équivalent de moins de 30 minutes de marche par jour.
Ces résultats ont révélé que 25 % des Canadiens de 18 ans et plus étaient actifs durant leurs loisirs et 25 %, modérément actifs (voir la figure 1). C’est donc dire que 50 % des Canadiens de 18 ans et plus se sont déclarés à tout le moins modérément actifs en 2005. Les hommes étaient plus nombreux (52 %) que les femmes (48 %) à dire qu’ils étaient actifs ou modérément actifs en 2005. Une augmentation de 20 % signifierait que 60 % des Canadiens de 18 ans et plus consacrent au moins 30 minutes par jour à une activité physique modérée d’ici 2015.
Figure 1. Taux d’activité physique déclaré : Pourcentage de la population (18 ans et +) se disant physiquement active – selon le sexe
Source : Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes (2005)

L’activité physique est aussi mentionnée dans l’Atlas canadien de la nutrition et de la santé. Les données de l’Atlas proviennent de l’ESCC, cycle 2.2 – Volet nutrition (2004). L’index de l’activité physique classe les répondants de 12 ans et plus en trois catégories : actif, modérément actif ou inactif, d’après la valeur de leur dépense énergétique quotidienne totale.
Selon l’Atlas, près d’un cinquième (20,3 %) des Canadiens sont actifs5 (22,6 % des hommes6 et 18 % des femmes7). Un quart d’entre eux (24,6 %) sont modérément actifs8 (24,4 % des hommes9 et 24,8 % des femmes10). Plus de la moitié – 55, 1 % – sont inactifs11, dont 57,2 % des femmes12 et 53 % des hommes13.
L’Atlas décrit le pourcentage de Canadiens qui font au moins 15 minutes d’activité physique quotidienne. Pour recueillir ces données, les répondants ont été invités à préciser à quelle fréquence ils avaient pratiqué certaines activités dans les trois mois ayant précédé l’enquête. Ces fréquences ont par la suite été converties en une moyenne pour un mois. Selon l’Atlas, 29,6 % des Canadiens font au moins 15 minutes d’activité physique quotidienne14. On ne remarque aucune différence notable entre les hommes et les femmes puisque 29,7 % des hommes15 et 29,6 % des femmes16 font au moins 15 minutes d’activité physique quotidienne.
L’Atlas s’intéresse en outre à l’activité physique chez les enfants et donne une estimation de la moyenne du nombre d’heures par semaine que les enfants de 6 à 11 ans consacrent à des activités physiques à l’école ou à l’extérieur de l’école. L’Atlas fait aussi mention de la moyenne du nombre d’heures par jour que les enfants de ce groupe d’âge consacrent aux activités sédentaires, notamment à regarder la télévision, à faire des jeux vidéo ou à passer du temps à l’ordinateur.
En 2005, les ministres FPT responsables du sport, de l’activité physique et des loisirs ont fait appel à l’Institut canadien de la recherche sur la condition physique et le mode de vie pour concevoir et réaliser l’Étude sur l’activité physique des jeunes au Canada (ÉAPJC) – la première enquête représentative sur le plan national au Canada et au monde qui utilise les pédomètres pour mesurer de façon objective le niveau d’activité physique chez les enfants et les jeunes (de 5 à 19 ans). L’avantage à utiliser les pédomètres plutôt que les approximations et les renseignements déclarés est qu’ils permettent d’obtenir des données précises sur les niveaux d’activité physique des jeunes au Canada, en évitant les biais de rappel. Ils fournissent une estimation du niveau global d’activité physique, plutôt que de se limiter à un seul domaine, comme les loisirs. Les pédomètres comportent toutefois un désavantage : ils ne mesurent pas avec précision les activités comme le patinage, le cyclisme ou la nage17 .
Les premières données recueillies dans le cadre de l’étude CANPLAY (2005-2006) révèlent que seulement 9 % des enfants et des jeunes canadiens atteignent l’objectif quotidien de 16 500 pas fixé par les Guides d’activité physique canadiens pour les enfants et les jeunes. L’ÉAPJC fournit des données de base nationales et objectives sur les niveaux d’activité physique des enfants et des jeunes Canadiens. On remarque des écarts évidents d’une région à l’autre : dans l’Ouest et le Nord, les enfants sont plus susceptibles d’atteindre l’objectif quotidien de 16 500 pas alors qu’au Québec, ils sont moins nombreux. Les garçons sont plus nombreux que les filles (12 % contre 5 %) à atteindre cet objectif. Même chez les enfants qui participent à des activités physiques organisées et qui font du sport, seulement 11 % atteignent l’objectif de 16 500 pas, comparativement à 5 % pour ceux qui n’en font pas. Les enfants des collectivités à plus faible densité de population (de 10 000 à 29 999 habitants) sont plus nombreux à atteindre l’objectif fixé par le Guide que ceux des collectivités d’un million d’habitants ou plus18.
Selon l’Enquête régionale sur la santé des Premières nations de 2002-2003, environ 20 % des adultes des Premières nations vivant dans les réserves étaient suffisamment actifs pour maintenir une bonne santé (c.-à-d. ont déclaré faire au moins 30 minutes d’activité physique modérée ou vigoureuse chaque jour).
La nouvelle Enquête canadienne sur les mesures de la santé actuellement en cours (de l’hiver 2007 à l’hiver 2009) permettra de recueillir des données déclarées (p. ex., taux d’activité physique et fréquence de consommation de certains aliments) aussi bien que des mesures physiques directes (p. ex., taille, poids, condition physique et activité physique, à l’aide d’accéléromètres) auprès d’un échantillon représentatif composé d’environ 5 000 Canadiens et Canadiennes âgés de 6 à 79 ans. Les résultats de cette enquête seront publiés en 2010-2011 et intéresseront particulièrement les partenaires de la SMVS.
Les nouvelles sources de données sur l’activité physique sont de plus en plus nombreuses à faire leur apparition. On leur apportera toute l’attention voulue afin de vérifier leur applicabilité dans le cadre de la SMVS. Il est cependant à prévoir que le débat se poursuivra dans le cadre de la SMVS quant à la méthode à privilégier pour mesurer les taux d’activité physique de la population. Aux fins de comparaison, les données de l’ESCC sur l’activité physique déclarée continueront à servir d’indicateur pour mesurer les progrès au chapitre de l’activité physique. Des itérations supplémentaires de l’ESCC fourniront des données qui seront comparées à celles de 2005.
La fréquence déclarée de consommation de fruits et légumes est l’un des indicateurs de santé examinés durant les différents cycles de l’ESCC. Ces données sont utiles pour classer les individus en fonction du nombre total de fois par jour qu’ils ont consommé des fruits et des légumes (fréquence), plutôt qu’en terme de quantité de fruits et légumes consommés quotidiennement. Par conséquent, l’indicateur qui en résulte ne peut servir à affirmer quoi que ce soit sur la consommation de fruits et légumes, ni sur le respect des portions recommandées dans Bien manger avec le Guide alimentaire canadien. Il nous permet cependant de surveiller les tendances en ce qui a trait au nombre de fois que la population (12 ans et plus) déclare consommer des fruits et des légumes.
En 2005, les résultats de l’ESCC, cycle 3.1, révèlent que 42 % des Canadiens de 18 ans et plus ont déclaré qu’ils consommaient des fruits et des légumes au moins cinq fois par jour (voir la figure 2). De ce nombre, les femmes forment la majorité (48,8 %, comparativement à 34,9 % pour les hommes)19 . Une augmentation de 20 % signifierait que 50,4 % des Canadiens de 18 ans et plus affirment consommer des fruits et des légumes cinq fois ou plus par jour d’ici 2015.
Figure 2 : Consommation déclarée de fruits et légumes – Pourcentage de la population (18 ans et +) disant manger des fruits et légumes au moins cinq fois par jour – selon le sexe
Source : Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes (2005)

L’ESCC, cycle 2.2 – Volet nutrition (2004) fournit des données sur ce que les Canadiens consomment à l’aide d’une enquête nutritionnelle. Ces données permettront de combler un écart important de 35 ans en termes de données nationales sur la consommation alimentaire. Les résultats de l’ESCC 2.2 révèlent que 52,3 % des Canadiens20 ont consommé moins de cinq portions de fruits et légumes quotidiennement (47,7 % des hommes et 56,9 % des femmes)21, 22.
Des discussions ont été amorcées pour répéter l’ESCC (volet sur la nutrition); ce sera une occasion de mettre au point des indicateurs qui reflètent mieux la complexité de la saine alimentation23. Entre-temps, pour les fins de la SMVS, la fréquence de consommation de fruits et de légumes demeure l’indicateur à utiliser, comme c’était le cas pour l’ESCC 3.1 de 2005. Les itérations futures de cette enquête permettront de recueillir des données qui serviront aux fins de comparaison.
La SMVS s’est donné comme objectif d’augmenter de 20 % la proportion des Canadiens qui ont un poids « normal » sur un IMC de 18,5 à 24,9 d’ici 201524 . L’indicateur qu’est l’IMC mesure le pourcentage d’adultes dont la taille et le poids déclarés donnent un IMC les situant dans les catégories de personnes avec une « insuffisance pondérale », un « poids acceptable », une « surcharge pondérale » ou de l’« obésité».
L’ESCC de 2005 fournit des donnéesqui tiennent compte de la taille et du poids déclarés, telles que publiées dans Les Canadiens en santé25, calculées pour les personnes de 18 ans et plus, à l’exception des femmes enceintes. La taille et le poids déclarés donnent souvent lieu à des sous-estimations de la prévalence de surcharge pondérale et d’obésité au sein de la population.
Selon l’ESCC de 2005, près du tiers (32,5 %) des Canadiens de 18 ans et plus étaient considérés comme ayant un excès de poids et 14,9 % comme étant obèses (voir la figure 3)26. Près de la moitié (47,4 %) des adultes canadiens avaient un IMC normal. Une augmentation de 20 % signifierait que 56,88 % des Canadiens de 18 ans et plus aient un IMC normal d’ici 2015.
Les femmes étaient plus nombreuses (4,7 %) que les hommes (1,2 %) à avoir un IMC dénotant une insuffisance pondérale, alors qu’un plus grand nombre d’hommes étaient considérés comme ayant une surcharge pondérale (40,3 % pour les hommes et 24,8 % pour les femmes) ou souffrant d’obésité (16,2 % pour les hommes et 13,6 % pour les femmes).
L’IMC et le tour de taille sont des mesures importantes pour évaluer les risques pour la santé. Selon Santé Canada, au niveau de la population, « l’IMC demeure jusqu’à maintenant l’indicateur le plus utile des problèmes de santé associés au poids, et le tour de taille est un indicateur pratique des problèmes de santé reliés à l’obésité abdominale27 ». L’IMC a été choisi comme indicateur de risque pour la santé, parce que les différents cycles d’ESCC fournissent des données sur les tendances le concernant. À l’heure actuelle, nous ne disposons pas de données similaires pour le tour de taille.
Figure 3. Indice de masse corporelle déclaré : pourcentage d’adultes (18 ans et +) déclarant une taille et un poids correspondant à un IMC qui dénote une catégorie particulière, selon le sexe (normalisé selon l’âge)*
Source : Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes (2005)
* Exclut les femmes enceintes

Selon l’Atlas canadien de la nutrition et de la santé, en 2004, près d’un cinquième (18,1 %)28 de tous les enfants canadiens âgés de 2 à 17 ans étaient considérés comme ayant un excès de poids (17,8 % des garçons29 et 18,3 % des filles30), compte tenu des données sur la taille et le poids. Pour ce qui est de l’obésité, la proportion est de 8,2 % pour tous les enfants31 (9,2 % des garçons32 et 7,2 % des filles33).
L’Atlas présente également des données sur l’IMC des personnes de 18 ans et plus. Ces données révèlent qu’en 2004, 36,1 % des adultes canadiens avaient un excès de poids34 (42,2 % des hommes35 et 30,2 % des femmes36) et que 23,1 % de tous les adultes37 étaient obèses (22,9 % des hommes38 et 23,4 % des femmes39).
Comme nous l’avons dit précédemment, l’ESCC (volet sur la nutrition) doit être répétée. Cela sera particulièrement important pour évaluer les progrès sur le plan de l’obésité infantile, puisque les cycles réguliers de l’ESCC n’incluent pas les enfants de moins de 12 ans. De plus, l’Enquête canadienne sur les mesures de la santé, une initiative conjointe de Santé Canada et Statistique Canada, fera connaître les résultats de l’IMC chez les enfants de 6 ans et plus. Cette enquête nationale, qui vise à obtenir des renseignements auprès des Canadiens sur leur état de santé, est menée sur une période de 24 mois débutant à l’hiver 2007, et sera répétée périodiquement.
Dans son rapport de 2007 sur l’obésité infantile, le Comité parlementaire permanent de la santé a uni sa voix à celles de nombreux autres intervenants pour faire valoir la nécessité d’examiner les circonstances particulières des enfants et des jeunes Autochtones40. Les données relatives aux Autochtones sont présentées dans le rapport de l’Enquête régionale sur la santé (ERS) de 2002-2003, dans lequel on souligne qu’environ un adulte des Premières nations sur quatre a un poids santé. Comparativement aux hommes, les femmes sont plus susceptibles d’être obèses (34,3 %) ou obèses morbides (6,8 %). Plus de 40 % des hommes des Premières nations avaient un excès de poids. Plus de la moitié (57,8 %) des jeunes des Premières nations avaient un poids normal ou une insuffisance pondérale, alors que 28 % avaient un excès de poids et 14,1 % étaient obèses. Selon l’ERS, 41,5 % des enfants des Premières nations avaient un poids normal ou une insuffisance pondérale, alors que 22 % avaient un excès de poids et 36 % étaient obèses41.
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