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Rapport 2007 sur la Stratégie pancanadienne intégrée en matière de modes de vie sains

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Disparités en santé

Dans chaque groupe de la population, il existe un continuum de la santé qui fait en sorte que certaines personnes ont une santé moins bonne que d’autres. Il est aussi évident que, pris dans leur ensemble, certains groupes de la population jouissent d’une moins bonne santé que d’autres. La présente section décrit brièvement ce qu’on sait des inégalités ou disparités en santé, les mesures prises pour y remédier, au Canada et à l’étranger, et le rôle de la SMVS dans la réduction de ces disparités. Le statut socioéconomique (SSE), l’identité autochtone, le sexe et le lieu géographique de résidence sont les principaux facteurs associés aux disparités en santé au Canada42 .

Voici quelques exemples :

  • Les femmes peuvent s’attendre à vivre six ans de plus que les hommes. Bien que les écarts entre les habitants des quartiers les plus riches et les plus pauvres et entre les hommes et les femmes s’amenuisent, ils persistent toutefois depuis le début des années 70; les femmes dont les revenus sont les plus faibles ont même une espérance de vie plus grande que les hommes dont les revenus sont les plus élevés43.
  • Les données de l’enquête de 1998 ont révélé que les hommes occupant un emploi et ayant un faible revenu avaient deux fois plus de problèmes de santé et trois fois plus de jours d’invalidité que les hommes à revenu élevé. Ce n’est qu’au milieu des années 90 que le quintile inférieur des Canadiens a atteint la même espérance de vie que le quintile supérieur 25 ans auparavant44.
  • Bien que l’espérance de vie des Indiens inscrits se soit allongée depuis 1980, elle demeure inférieure à celle de la population en général pour les deux sexes45. Bien que l’écart se resserre, une différence persiste entre les Premières nations et les autres Canadiens.
  • On estime que les taux de mortalité infantile chez les Autochtones et les habitants des collectivités nordiques du Canada sont supérieurs à ceux de la population en général. Le taux de mortalité infantile chez les membres des Premières nations qui vivent sur les réserves est estimé à 7 décès par 1 000 naissances vivantes46.
  • Les habitants des collectivités nordiques éloignées se classent bons derniers au pays sur le plan de l’espérance de vie et de l’espérance de vie sans incapacité. Les taux de tabagisme, d’obésité et de consommation d’alcool y sont supérieurs aux moyennes canadiennes47.
  • En 2005, le taux de pauvreté pour l’ensemble du Canada (c.-à-d. le pourcentage de personnes ayant un faible revenu après impôts) était estimé à près de 11 %. Les taux de pauvreté sont beaucoup plus élevés dans certains groupes, notamment les parents seuls (26 %), les personnes à capacité de travail limitée (21 %), les nouveaux immigrants (19 %) et les Autochtones hors réserve (17 %). De plus, ces taux sont plus élevés dans certains quartiers des villes canadiennes48.
  • En 2004, plus de 1,1 million de ménages (9,2 %) ont souffert d’insécurité alimentaire liée au revenu à un moment ou l’autre au cours de l’année précédente en raison de difficultés financières les empêchant d’accéder à une alimentation adéquate49.

Les disparités en santé imposent un fardeau majeur, à la fois aux individus et à la société. Pour les individus, une mauvaise santé rend difficile la participation active à la vie économique, sociale et culturelle de leurs collectivités. Pour la société, une mauvaise santé et les conditions qui en sont à l’origine engendrent également d’importants coûts directs pour le système de soins de santé, ainsi que des coûts indirects pour l’économie en général. On a estimé que le coût total attribuable aux maladies et aux blessures au Canada en 1998 s’élevait à 150 milliards de dollars, réparti de façon presque égale entre les coûts directs (soins de santé) et les coûts indirects (perte de productivité et autres facteurs)50 . Les disparités en santé « ne sont pas compatibles avec les valeurs canadiennes, elles menacent la cohésion des communautés et de la société, elles ébranlent la viabilité du système de santé et elles ont un impact sur l’économie51».

Il est généralement reconnu que la façon la plus efficace de réduire les disparités en santé consiste à combiner les approches universelles et ciblées pour s’attaquer aux déterminants de la santé52.

À l’échelle internationale, la Commission des déterminants sociaux de la santé de l’Organisation mondiale de la Santé, créée en mars 2005, appuie les pays et les partenaires mondiaux en santé pour s’attaquer aux facteurs sociaux qui contribuent à la mauvaise santé et aux inégalités. La Commission a pour mandat de résoudre le problème des inégalités dans le domaine de la santé observées à l’intérieur des pays et d’un pays à l’autre53.

En Europe, de nombreux pays ont poussé plus loin en mettant de l’avant des stratégies globales pour réduire les disparités en santé. Depuis 1987, la Finlande a une politique qui vise expressément l’amélioration de la santé de la population et la réduction des disparités en santé54. L’Angleterre f it depuis longtemps œuvre de pionnière par son approche nationale de la santé de la population. C’est le premier pays, sinon le seul, qui a une politique pangouvernementale de réduction des disparités en santé et d’amélioration globale de la santé de la population. Une nouvelle politique a été mise en place après un examen global réalisé en 2002 qui a permis de passer en revue l’ensemble des programmes gouvernementaux pour déterminer de quelle façon utiliser les dépenses publiques le plus efficacement possible afin de réduire les disparités en santé55. En Suède, un dialogue national soutenu sur les déterminants de la santé et leurs conséquences, un processus de dégagement d’un consensus auquel participent tous les partis politiques, une approche fondée sur la preuve et des consultations publiques ont permis d’élaborer une stratégie axée presque exclusivement sur les déterminants de la santé non médicaux56.

L’ensemble des provinces et des territoires du Canada et les principaux partenaires qui appuient la SMVS s’entendent pour dire que les disparités en santé représentent un enjeu important en matière de santé. Même si les ministères de la Santé de toutes les administrations, souvent en collaboration avec d’autres secteurs, ont lancé diverses initiatives pour améliorer la santé et réduire les disparités, de façon générale, aucune cible ni aucun objectif n’a été établi. L’absence de cadres d’indicateurs de la santé constitue une lacune importante, en particulier compte tenu du peu d’attention portée aux disparités dans les domaines et les indicateurs identifiés par les premiers ministres en 200057. De plus, tous s’entendent pour dire qu’il est nécessaire de déployer davantage d’efforts généraux et intégrés pour réduire les disparités connues sur le plan de la santé, ainsi que les facteurs et les conditions qui les engendrent. On reconnaît également que des travaux sont en cours pour établir un lien entre les différentes initiatives partout au pays afin de mieux coordonner les efforts.  

Voici quelques exemples de projets de recherche canadiens qui visent expressément à réduire les disparités en santé :

  • Les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) ont réalisé une initiative stratégique intersectorielle intitulée Réduire les disparités sur le plan de la santé et promouvoir l’équité pour les populations vulnérables, en partenariat avec Santé Canada, le Secrétariat national pour les sans-abri, le Conseil de recherches en sciences humaines du Canada et la Fondation des maladies du cœur du Canada.
  • L’Initiative sur la santé de la population canadienne a permis de réaliser de la recherche importante et créative dont les résultats devraient influencer les objectifs stratégiques des politiques publiques, notamment un examen utile des stratégies visant à améliorer la santé des Canadiens et à réduire les inégalités.
  • L’Agence de santé publique du Canada (ASPC) ainsi que six centres de collaboration ont été créés pour assurer un leadership et fournir des services de soutien en vue d’un nouveau réseau national de santé publique. Deux de ces centres concentrent leurs efforts sur la réduction des disparités en santé. Le Centre national de collaboration de la santé autochtone a pour mandat d’accroître la capacité des Autochtones à agir sur leurs déterminants de la santé. Le Centre national de collaboration des déterminants de la santé traduira les travaux de trois réseaux d’apprentissage de la Commission des déterminants sociaux de la santé de l’Organisation mondiale de la Santé : développement de la petite enfance, femmes et équité entre les sexes, et conditions d’emploi. 

Du point de vue stratégique et pratique, plusieurs activités récentes retiennent l’attention :
 

  • Le deuxième congrès national de l’Alliance pour la prévention des maladies chroniques au Canada a eu lieu en novembre 2006 sur le thème « La prévention intégrée des maladies chroniques : ensemble en force ».
  • En juin 2008, l’Association canadienne de santé publique, en collaboration avec ses partenaires, a tenu sa conférence annuelle 2008 sur le thème « Vers une réduction des inégalités en santé par la recherche et l’action ».
  • À l’échelle provinciale, la 11e « Journée annuelle de santé publique » se tiendra au Québec en novembre 2008 et aura pour thème principal les inégalités sociales en santé.
  • En avril 2008, le Sous-comité sénatorial sur la santé des populations a publié plusieurs rapports préliminaires sur la politique en matière de santé de la population dans un certain nombre de provinces et territoires, ainsi qu’un document de questions et d’options axé sur l’amélioration des mesures visant les déterminants sociaux de la santé dans les divers ministères. Le Sous-comité a également tenu une table ronde pour discuter des options stratégiques et des actions prioritaires. 

On s’affaire actuellement à mettre à jour la base de données sur les disparités en santé au Canada. Les partenaires espèrent ainsi promouvoir une politique efficace de santé publique, établir les priorités et mener des évaluations qui pourraient contribuer à l’atteinte de l’objectif de la SMVS, soit la réduction des disparités en santé. Un exemple récent est la collaboration entre le Groupe d’experts sur la promotion de la santé de la population et le Groupe des modes de vie sains pour la réalisation d’un projet sur les indicateurs des disparités en santé. Le repérage des indicateurs pourrait déboucher sur une série de mesures communes que les gouvernements FPT pourraient utiliser pour jauger les progrès réalisés au chapitre de la réduction des disparités en santé. Un autre exemple est le projet mené par le Groupe de travail sur la surveillance des maladies chroniques et des blessures du Réseau de santé publique afin de définir des indicateurs qui, combinés aux indicateurs des disparités en santé, serviront à démontrer les effets de ces disparités sur les maladies chroniques.  

La SMVS pourrait éventuellement devenir un élément clé d’un cadre stratégique visant à accélérer le processus de réduction des disparités.

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