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L’intimidation : composer avec un vieux problème

Toutes les personnes qui ont déjà été victimes d'intimidation se souviennent très bien de ce qu'elles ont vécu. C’est une expérience négative qui peut entraîner des séquelles à long terme pour un enfant. La pensée que notre propre enfant puisse être victime d'intimidation à l'école, sur le terrain de jeu ou dans le cyberespace est une grande source de préoccupation pour les parents. La réalité de ce vieux problème, c'est que tant qu'il y aura des enfants, il y aura des intimidateurs. Dans cet esprit, il est important que les parents enseignent à leurs enfants comment établir des relations et comment faire face à l'intimidation avant qu'ils deviennent des adultes qui intimident les autres ou soient victimes d'intimidation.

Qu'est-ce que l'intimidation?

L'intimidation est « une activité délibérée et hostile qui vise à blesser ». Il s'agit d'actes graves qui peuvent avoir des conséquences à long terme sur un enfant. Bien qu’en général l'intimidation commence par des actions comme le dénigrement, elle peut facilement dégénérer. L'intimidation prend de nombreuses formes et n'est pas toujours évidente au départ. Elle ne doit pas être confondue avec les taquineries d’un ami ou de quelqu'un qui n'a aucune intention de blesser l’autre personne. Voici quelques exemples d’intimidation :

  • la violence physique, telle que des coups de poing, des pincements ou du harcèlement physique continu
  • les menaces de violence physique, accusations, diffusion de fausses rumeurs ou menaces à main armée
  • la violence verbale, telle que des injures, des taquineries et des commérages
  • la violence sociale, telle que l'exclusion d'un jeu et le ciblage d’un bouc émissaire
  • la violence sexuelle, telle que le contact sexuel non désiré
  • la cyber-intimidation, telle qu’être menacé, harcelé, humilié ou de porter atteinte à la réputation à l'aide d'Internet, de technologies numériques interactives ou par messagerie texte sur des appareils mobiles.

Qui participe aux actes d'intimidation?

Selon L’Enquête 2005/2006 sur les comportements liés à la santé des enfants d’âge scolaire (HBSC), 36 pour cent des jeunes au Canada ont été victimes d'intimidation et 20 pour cent des élèves canadiens se disent à la fois intimidateurs et victimes. Pour les garçons, les sommets de l'intimidation sont en neuvième année, alors que pour les filles ils sont de la septième à la neuvième année. Les filles et les garçons sont également impliqués dans l'intimidation. Toutefois, les filles peuvent intimider différemment des garçons. Les filles ont plus souvent recours à des formes indirectes d'intimidation comme l’intimidation verbale ou sociale. Un exemple de cette forme d'intimidation est le commérage.

La plupart des actes d'intimidation se commettent en présence de trois parties ::

  • un intimidateur
  • une ou des victimes de l’intimidation
  • les spectateurs

Les spectateurs encouragent ou récompensent l'intimidateur par leurs rires, leur participation ou leur simple présence et aussi en n'essayant pas de mettre fin à l'intimidation.

Quelles sont certaines conséquences de l'intimidation chez les enfants?

Des études montrent, que les intimidateurs et leurs victimes sont plus à risque de développer des problèmes émotionnels plus tard dans la vie. Les conséquences possibles de l'intimidation comprennent :

  • Faible estime de soi : la confiance en soi d'un enfant et peut nuire à ses aptitudes sociales ainsi qu'à son bonheur à l'âge adulte.
  • Culpabilité : Les intimidateurs peuvent en venir à regretter leurs actes; les spectateurs peuvent se sentir coupables d'avoir encouragé l'intimidateur et de ne pas être intervenus.
  • Incapacité de régler ses problèmes : L'intimidateur utilise l'agressivité comme béquille pour résoudre des difficultés d'une autre nature (par exemple, une faible estime de soi). En tolérant l'intimidation, nous n'apprenons pas à un enfant à régler ses problèmes ou à se comporter de manière acceptable avec d'autres.
  • Dépression et exclusion de certaines occasions de grandir : L'enfance est une période pour apprendre, pour grandir et pour découvrir des activités qui seront utiles à l'âge adulte. L'intimidation peut largement porter atteinte à la capacité d'un enfant à participer à des activités, à apprendre et à s'amuser autant à l'école qu'en société.
  • Suicide : Dans les cas extrêmes, un enfant peut décider que la mort vaut mieux que l'intimidation perpétuelle.

Signes que votre enfant est intimidé

Même dans une famille unie et ouverte, un enfant peut hésiter d’en parler de peur d'aggraver la situation. Pourquoi? D’abord, votre enfant peut être gêné, incertain de la façon de communiquer ce qui lui arrive ou craintif de représailles de la part de l’intimidateur.  Dans certains cas, il peut aussi croire que c'est un peu de sa faute, ou encore que ses parents ne le prendront pas au sérieux. Par conséquent, votre enfant peut être hésitant d’aller à l'école (ou à l’endroit où l’intimidation a eu lieu), peut avoir des problèmes scolaires, devenir plus replié sur lui-même,  ou devenir plus anxieux, coléreux ou déprimé.

Que peuvent faire les parents vis à vis l'intimidation?

Si votre enfant est impliqué dans l'intimidation, en tant que parent, votre première réaction consiste à évaluer la situation et à déterminer exactement ce qui se passe avec votre enfant. Les stratégies de lutte contre l’intimidation recommandent aux parents de prendre des mesures :

  • En vous assurant que votre enfant comprenne ce qu'est l'intimidation et sache reconnaître la limite entre des taquineries et des railleries amicales et le début de l’intimidation.
  • En enseignant à votre enfant à ne pas être un spectateur. Les intimidateurs préfèrent avoir un auditoire, et la plupart des enfants n’aiment pas voir quelqu’un être pris à part. Ne soyez pas un spectateur. Si les enfants se réunissent pour tenir tête à l’intimidateur, celui-ci va perdre son pouvoir et très probablement arrêter.
  • En apprenant  à votre enfant l'importance de tenir tête et d’aider tout enfant qui est victime d'intimidation. S’il a peur d’intervenir, apprenez-lui à demander l’aide d’un adulte.
  • En donnant des idées à votre enfant pour faire face à l'intimidation. Aidez-le à comprendre l'importance de s'éloigner d'un intimidateur, si la situation le permet. Montrez-lui comment parler et agir par des démonstrations et jeux de rôle à la maison, afin qu'ils puissent paraître plus confiant lorsque confronté à un intimidateur.
  • En parlant à un professionnel de la santé à propos des prochaines étapes si votre enfant a besoin d'aide avec la dépression ou l'anxiété.
  • En réalisant que souvent les enfants qui sont victimes d'intimidation ne le diront pas aux adultes parce qu'ils ont honte d'eux-mêmes et de ce qui se passe ou qu'ils ont peur des représailles de l'agresseur. Parlez de l'intimidation et des mesures à prendre si cela arrive. Enseignez aux enfants de le dire tout de suite à un adulte.
  • En laissant savoir à tout enfant qui est victime d’intimidation qu’il n’est pas seul et que vous êtes là pour l’aider.  De même, laissez savoir à l’enfant qui est l’intimidateur que vous vous souciez de lui et que vous l’aiderez aussi.
  • En soulignant à d'autres adultes, l’importance de signaler toutes les formes d'intimidation. L'intimidation ne peut continuer que si personne ne s'interpose.
  • En impliquant tout le monde. Pour être efficaces, les stratégies de lutte contre l'intimidation doivent impliquer : les enseignants, les autorités scolaires, les parents, les enfants, et la communauté, si nécessaire. Même la télévision et la culture populaire jouent un rôle pour encourager ou décourager l'intimidation. Parlez de ce problème à l'école de votre enfant et de ce qu'ils font à propos de l'intimidation. Les programmes communautaires de lutte contre l'intimidation peuvent être efficaces.
  • En disposant de conséquences d'apprentissage efficaces pour les intimidateurs. Prendre à partie ou « protéger » l’enfant qui est la victime de l’intimidation n’aidera pas à résoudre le problème.

Pour plus de renseignements sur le sujet, veuillez consulter la fiche d'information sur l'intimidation et bagarres de L'Enquête sur les comportements de santé des jeunes d'âge scolaire.

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