Préparé pour le:
Programme de prévention, de soutien et de recherche pour
l'hépatite C
Division de l'hépatite C
Direction générale de la santé de la population
et de la santé publiqueNotre mission est d'aider les
Canadiens et les Canadiennes
à maintenir et à améliorer leur état
de santé.
This document is also available in English under
the title:
Roll-Up Report of Prevention & Community-Based Support
Regional Projects Funded/In-Progress 1999-2000
Les opinions exprimées dans le présent document sont celles des auteurs et ne reflètent pas nécessairement les politiques officielles de Santé Canada.
Ce document a été préparée
par :
Elizabeth Rajkumar
The Working Group
novembre 2001
Ce rapport porte sur les projets régionaux financés durant l'exercice 1999-2000. Il est déposé conformément à l'engagement de transparence et de responsabilisation pris par la Division de l'hépatite C pour un usage efficace des ressources affectées au Programme de prévention, de soutien et de recherche pour l'hépatite C.
Ce rapport s'appuie sur les documents reçus au 31 août 2001. Les rapports reçus après cette date font partie des statistiques, mais leur contenu n'a pu être inclus dans l'analyse.
C'est en septembre 1998 que le ministre fédéral de la Santé lançait une stratégie d'envergure pour lutter contre l'hépatite C. Les objectifs étaient de renforcer la sécurité du système d'approvisionnement en sang, d'accroître les connaissances sur l'hépatite C, et de faire en sorte que les personnes atteintes du virus de l'hépatite C (VHC) par l'entremise du système sanguin n'aient pas à assumer les coûts de leurs traitements médicaux.
La Division de l'hépatite C a été chargée de coordonner la réponse fédérale à la maladie; à cet égard, l'un de ses programmes les plus importants est le Programme de prévention, de soutien et de recherche pour l'hépatite C. Établi en 1999 après un processus élargi de consultation, le programme vise quatre buts, soit de :
Au plan communautaire, le Programme de prévention, de soutien et de recherche pour l'hépatite C agit par l'entremise de deux volets, Prévention et Soutien communautaire, lesquels reçoivent presque la moitié du budget quinquennal, soit 21 millions de dollars sur un total de 50 millions. (Les trois autres volets - Soutien des soins et aux traitements, Recherche et Gestion, politique, évaluation et engagement des citoyens - se partagent le reste de l'enveloppe budgétaire.)
Le volet Prévention entend :
contribuer aux mesures visant à prévenir l'infection par le VHC, en particulier chez les personnes les plus à risque;
obtenir l'engagement et les ressources d'institutions et de secteurs clés pour adopter et soutenir des mesures de prévention intégrées.
Le volet Soutien communautaire porte sur les activités de sensibilisation et de développement des ressources visant à améliorer le soutien local. Les objectifs sont de :
Dès octobre 1999, le Programme de prévention, de soutien et de recherche pour l'hépatite C rendait possible le financement de projets communautaires pour les organismes locaux, régionaux et nationaux de lutte contre l'hépatite C. La première année, la priorité a été accordée au financement d'initiatives de soins et de soutien des personnes atteintes du VHC/touchées par celui-ci. Cette priorité visait :
Les initiatives de prévention n'étaient pas nécessairement exclues; elles n'ont toutefois obtenu que dix pour cent des fonds accordés au cours de la première année. Cette décision était fondée sur la conviction que l'expérience acquise permettrait d'enrichir la preuve à l'appui de la prévention en milieu communautaire, contribuant ainsi à orienter les initiatives de prévention des années subséquentes.
Le financement régional de projets veut aider les collectivités à répondre avec dynamisme aux besoins des personnes atteintes du VHC, touchées ou à risque; à renforcer la collaboration entre les organismes communautaires; et à assurer à ces organismes une voix au chapitre du Programme national de lutte contre l'hépatite C.
On encourage les requérants à adopter une approche en développement communautaire, c'est-à-dire qui favorise une participation réelle de la population cible au plus grand nombre d'étapes possible, et à respecter les principes qui déterminent le Programme de prévention, de soutien et de recherche pour l'hépatite C.
Ces principes soulignent l'importance :
Suivant ces principes directeurs, les organismes requérants ont été invités à soumettre une proposition de leur plan de travail (détaillant buts, objectifs, activités précises et résultats attendus), et de leur plan d'évaluation, lequel sert à mesurer l'atteinte des buts et des objectifs et à cerner les facteurs ou les conditions pouvant avoir facilité ou compliqué le processus. Les organismes devaient également dresser la liste de leurs partenaires de projet et décrire les rôles et responsabilités de chacun. Au besoin, les requérants ont aussi dû soumettre un plan de viabilité.
Au cours de la première année, une enveloppe totale de 795 000 $ a été allouée à quarante-un projets. Entrepris partout au pays, ces projets présentaient un vaste éventail d'initiatives portant sur les aspects communautaires et organisationnels de la stratégie de lutte contre l'hépatite C, et répondant aux besoins de plusieurs populations spécifiques. En termes d'échéancier et de budget, les projets ont varié d'une initiative de trois mois avec un budget de 2 500 $, à une entreprise de 36 mois dont le financement a atteint 116 000 $.
À la fin de l'exercice financier, 22 des 41 projets financés étaient terminés et 19 encore en cours. À ce jour, 18 organismes nous ont fait parvenir des évaluations et/ou des rapports provisoires ou finaux1, et 5 projets nous ont soumis des produits (extrants), mais aucun rapport.
La répartition géographique des 41 projets financés au cours de l'exercice financier 1999-2000 est la suivante :
Région |
1999-2000 |
Atlantique |
7 |
Québec |
5 |
Ontario |
9 |
Manitoba/Saskatchewan |
4 |
Alberta/T. du Nord-Ouest/Nunavut |
12 |
Colombie-Britannique/Yukon |
4 |
| Total | 41 |
Les 41 projets ont utilisé un grand nombre d'approches et d'activités. Quant à l'idée de départ, il semble que les organismes aient été : guidés par leur propre expérience ou celle de leur collectivité avec la problématique de l'hépatite C; intéressés par la disponibilité des ressources (humaines et autres); encouragés par les partenariats déjà en place (p. ex. la réponse communautaire à d'autres enjeux sociaux ou de santé); et sensibilisés aux besoins, aux inquiétudes et aux comportements locaux par une évaluation officielle ou non. En résumé, le contenu et l'envergure des projets, de limités à ambitieux, dépendaient (a) de l'évaluation, par les parrains, de leur capacité à mettre en oeuvre les activités projetées (en partenariat), et (b) de « l'ouverture » de la ou des populations, c'est-à-dire de la volonté des groupes cibles de s'investir avec d'autres dans le projet et d'en tirer profit.
Lors de l'analyse, nous avons dégagé quatre grands thèmes ou groupes d'activités :
La cueillette de données de base a occupé une place importante dans les activités des organismes, particulièrement dans les collectivités où l'hépatite C constitue une nouvelle problématique. Avant de mettre sur pied des initiatives complexes, certains parrains ont cru bon de dresser un portrait clair et documenté du problème à l'échelle locale - besoins, connaissance de la maladie et perspectives - et d'évaluer les ressources disponibles. Les activités de cette catégorie comprennent : dresser la liste des personnes atteintes du VHC (Atlantique); déterminer la prévalence du VHC chez la clientèle vivant avec le VIH/sida (Atlantique); évaluer les besoins des fournisseurs de services et/ou des groupes de personnes atteintes ou touchées à l'aide d'enquêtes et de consultations (Atlantique, Québec, Ontario, Alberta/T. du N.-O./Nunavut, C.-B./ Yukon); et, dans un effort d'ensemble pour évaluer les connaissances et capacités locales, dresser la liste des partenaires potentiels (Atlantique, Alberta/T. du-N.-O./ Nunavut). La cueillette de données s'est traduite par plusieurs activités, dont une revue de la littérature sur les transplantations du foie, laquelle comprenait une étude des infections concomitantes VHC/VIH et de l'hémophilie (Ontario).
Dans le deuxième grand thème, le développement des structures et des ressources organisationnelles et communautaires, les organismes ont présenté des projets visant à jeter les bases d'initiatives à venir (on présume qu'ils ont déjà une idée des capacités existantes). Ce type d'activités comprend la promotion d'organismes (Québec); la tenue de groupes de discussion, le partage de connaissances (Atlantique, Ontario, Alberta/T. du N.-O./Nunavut); la mise sur pied de comités de direction, de planification et de stratégie (Ontario); le renforcement des activités de levée de fonds (Québec); l'accroissement du leadership, le renforcement de l'équipe bénévole, la formation de fournisseurs de services (Québec, Ontario, Manitoba/Saskatchewan, Alberta/T. du N.-O./Nunavut); et l'organisation d'une conférence provinciale de réseautage/ recherche de solutions (Alberta/T. du N.-O./Nunavut, Québec).
Dans la plupart des régions, les activités de services d'approche/soutien ont représenté une part importante de la programmation, peut-être en réponse à la directive de Santé Canada à l'effet que les initiatives de soins et de soutien des personnes atteintes ou touchées se verraient accorder la priorité. Les initiatives de ce troisième thème visaient à améliorer la disponibilité des services d'aide pratique immédiate et l'accès à ces derniers. Elles ont consisté, entre autres, en services d'échange de seringues (Alberta/T. du N.-O./Nunavut); en counseling et en orientation vers d'autres ressources (Alberta/T. du N.-O./Nunavut); et en amélioration du soutien sous différentes formes, au plan individuel et collectif (Ontario, Alberta/T. du N.-O./ Nunavut).
Le quatrième groupe d'activités portait sur la sensibilisation et l'éducation, catégorie élargie incluant le développement et la diffusion de ressources et d'autres formes de renseignements pour les fournisseurs de services (en particulier pour le personnel et les bénévoles de première ligne, sans exclusion d'autres groupes) et les personnes atteintes, touchées ou à risque. Dans cette catégorie, on compte la tenue de colloques et de conférences; la conception, le test et la diffusion de trousses d'information; des campagnes de promotion et d'éducation publique; et la production de matériel de communication : bulletins, brochures, dépliants, trousses, répertoire de vidéos et de services communautaires (toutes les régions : Québec, Ontario, Manitoba/ Saskatchewan, Alberta/T. du N.-O./Nunavut, C.-B./Yukon).
Une activité des plus populaires (Atlantique, Ontario, C.-B./Yukon, Alberta/T. du N.-O./ Nunavut) a consisté à mettre à jour, adapter ou enrichir et diffuser certains programmes, comme Vivre avec une maladie du foie et Vivre avec l'hépatite C. Dans un cas en particulier, la brochure Safe Body Art, destinée aux jeunes qui s'intéressent au tatouage et au perçage corporel, a été mise à jour et réimprimée, alors que dans un autre cas, une ressource en langue anglaise a été traduite en français (Moncton, N.-B.).
Les différences étaient marquées entre les projets, à la fois dans le nombre de leurs éléments et dans leur structure de liaison. La plupart des projets comportaient plusieurs facettes. Dans certains cas, les éléments étaient organisés séquentiellement, c'est-à-dire qu'une série d'activités était conçue de façon que chaque activité enrichisse et renforce les suivantes. Ainsi, un organisme québécois a reçu du financement pour évaluer les besoins des personnes atteintes et touchées, organiser des rencontres provinciales pour ces personnes et publier un bulletin d'information bilingue; à Edmonton, un partenariat d'organismes locaux a reçu du financement pour procéder à une évaluation qui a permis de dresser la liste des enjeux auxquels les résidants à haut risque de la ville - en particulier les femmes - font face, puis d'élaborer des stratégies et de mettre sur pied un réseau d'organismes afin d'aider les fournisseurs de services à relever les défis qui leur sont présentés.
Dans d'autres projets, les différents éléments étaient moins étroitement interreliés : ils ont été mis en oeuvre en même temps ou se sont chevauchés dans le temps. Ainsi, la Société de l'Hépatite C, région de York (Ontario), a reçu du financement afin de faire la promotion de son travail dans les médias locaux, de contribuer aux colloques sur le VHC, d'animer les rencontres mensuelles des groupes de soutien et de concevoir un répertoire de services communautaires; quant à la Fondation canadienne du foie, section Saskatchewan, le financement octroyé lui a permis d'améliorer ses capacités organisationnelles, d'offrir des ateliers de développement des compétences au personnel et à l'équipe de bénévoles, et de concevoir des outils et des mécanismes pour venir en aide aux personnes atteintes du VHC ou touchées par celui-ci.
Fort peu d'initiatives se sont concentrées sur une seule tâche; par exemple, dresser une liste de membres potentiels (personnes et organismes) pour un groupe provincial d'action sociale sur l'hépatite C (Société canadienne de l'hémophilie, section Labrador/Terre-Neuve); et concevoir et distribuer une brochure conviviale destinée aux personnes atteintes du VHC, pour les aider à prendre des décisions concernant le traitement de la maladie, le logement, le travail et d'autres sujets connexes (Société de l'Hépatite C du Canada, section Manitoba).
Au cours de la première année de financement, le Programme pour l'hépatite C a fourni aux représentants des régions une liste des organismes qui pourraient être intéressés à recevoir du financement. Cette liste comprenait les sections régionales d'organismes nationaux qui s'intéressent à l'hépatite C, les organismes de lutte contre le VIH/sida, ainsi que les organismes amérindiens, tels les Native Friendship Centres. Un reflet du contenu de cette liste apparaît clairement dans l'analyse qui suit.
Ont participé à la grande majorité des projets financés en 1999-2000 plusieurs ONG bien connus, de portée nationale, dont plusieurs comptent des sections partout au Canada. Plus de la moitié des projets (25) étaient parrainés par des ONG oeuvrant directement dans le domaine des maladies du foie (Société de l'Hépatite C du Canada, Fondation canadienne du foie), s'occupant de problématiques de santé connexes (Société canadienne de l'hémophilie) ou d'enjeux de société connexes (Elizabeth Fry Society et John Howard Society, Planned Parenthood of Canada).
En Ontario, les ONG ont pris part à 9 projets (sept par l'entremise des sections provinciales, et deux par celle du bureau national), la plupart du temps comme parrains de projet. Dans les provinces de l'Atlantique, les ONG ont joué un rôle dans cinq des six projets financés (parrains de deux et partenaires dans quatre). Dans la région Alberta/T. du N.-O./Nunavut, les ONG ont parrainé quatre projets et ont agi comme partenaires dans au moins quatre autres, peut-être plus : dans certains cas, les parrains et partenaires de projet étaient eux-mêmes des coalitions ou des consortiums dont les membres n'étaient pas toujours identifiés).
Au total, neuf projets ont été parrainés par des organismes (dont des groupes de travail, des coalitions, etc.) dont le mandat principal concerne le VIH/sida. Dans la région de l'Alberta/T. du N.-O./Nunavut, ce type d'organisme a parrainé six projets et s'est engagé comme partenaire dans au moins trois autres. Quatre projets ont été financés en C.-B./Yukon : les organismes ont agi comme parrain dans un et collaborateurs dans trois. Dans les provinces de l'Atlantique, trois projets, soit la moitié du total des projets financés, ont été parrainés par des organismes travaillant à la problématique VIH/sida, alors qu'en Ontario, ces organismes ont collaboré à deux (peut-être trois) projets. Au Québec et au Manitoba/Saskatchewan, aucun organisme de lutte contre le VIH/sida n'a été précisément identifié comme parrain ou collaborateur des projets financés.
Notre analyse a aussi démontré que les organismes intéressés par les enjeux des Premières nations ont joué un rôle dans dix projets. Cinq projets ont été mis en oeuvre en Alberta/T. du N.-O./Nunavut (partenaires dans tous les cas), deux en C.-B./Yukon, et un dans les régions de l'Ontario, du Manitoba/Saskatchewan et de l'Atlantique. Deux projets parrainés par des organismes des Premières nations ont parrainé des projets : la Meyoyawin Circle Corporation (Manitoba/Saskatchewan) a coordonné/mis en oeuvre un processus de consultation de la collectivité visant l'éducation, le réseautage et le partenariat; et la Vancouver Native Health Society (C.-B./Yukon) a parrainé un projet d'éducation et de services d'approche (en collaboration avec un organisme de lutte contre le sida) où on a conçu du matériel pour personnes peu alphabétisées.
Certaines activités ont quelquefois pu être associées à certains organismes en particulier; ainsi, les projets visant le développement des ressources et les initiatives d'envergure à volets multiples, tendent à être mis en oeuvre par un ou plusieurs ONG bien établis, peut-être à cause de leur expérience de société, de leur crédibilité et de leurs ressources. De plus, les réseaux/partenariats/coalitions/groupes de travail existant déjà semblaient se donner des objectifs plus larges et plus ambitieux que les organismes communautaires moins imposants dont c'était la première expérience. Ainsi, cette tendance était évidente en Alberta/T. du N.-O./Nunavut, où l'approche en réduction des méfaits a évidemment reçu un soutien institutionnel considérable et où plusieurs initiatives complexes - incluant la planification d'une conférence provinciale sur la réduction des méfaits - ont été entreprises par un groupe d'organismes connus, travaillant d'ordinaire en parallèle avec des coalitions/partenariats communautaires établis.
Pratiquement toutes les initiatives entreprises en 1999-2000 sont le fruit d'une collaboration. Plusieurs partenariats comptaient des membres provenant de différentes disciplines et administrations. Au moins cinq projets étaient parraînés par des organismes eux-mêmes coalitions ou réseaux. Ainsi, la AIDS Coalition of Cape Breton s'est associée au programme Sharp Advice Needle Exchange, à Planned Parenthood et à la Elizabeth Fry Society pour mettre sur pied un comité directeur sur l'hépatite C et pour former des bénévoles.
La liste des partenaires à travers le pays comprenait environ 145 organismes pour les 41 projets financés, une moyenne de 3,5 partenaires par projet. Certaines initiatives ont été menées par un seul organisme, alors que d'autres en ont regroupés jusqu'à huit (ainsi un projet de Medicine Hat, en Alberta, mené par la HIV/AIDS Network of Southeastern Alberta Association en collaboration avec la John Howard Society, la Palliser Health Authority, la Croix-Rouge canadienne, Planned Parenthood, la Fondation canadienne du foie, le Miywasin Centre et la compagnie Positive Culture).
Les projets réalisés en Alberta/T. du N.-O./Nunavut ont en moyenne réuni plus de partenaires (cinq) que ceux des autres régions. La région de l'Atlantique est deuxième (quatre), suivie de l'Ontario, dont la moyenne est la plus basse (2,2). Dans les autres régions (Québec, Manitoba/Saskatchewan et C.-B/Yukon), chaque projet comptait environ trois partenaires. Dans l'ensemble, les projets parrainés par les ONG nationaux ou leurs sections regroupaient moins de partenaires que les projets parrainés par d'autres organismes. (Plusieurs projets parrainés par des ONG - Ontario, Manitoba/Saskatchewan et C.-B/ Yukon - n'ont mentionné aucun autre partenaire.)
Dans certains cas cependant, les projets parrainés par les ONG réunissaient plus de partenaires que la moyenne. Ainsi, l'initiative parrainée par la Fondation canadienne du foie - région Alberta/T. du N.-O., le Street Population Hepatitis C Education and Awareness Program, avec sept partenaires; et un autre projet de la Fondation - région sud-ouest de l'Ontario, où cinq organismes ont collaboré à la production de matériel d'information et à l'adaptation d'un programme existant.
Certains projets ont suscité la collaboration de groupes/personnes qui n'étaient pas liés à un organisme spécifique, comme les infirmières en santé communautaire, les écoles et les collectivités.
Six projets comptaient le renforcement de réseaux/partenariats parmi leurs objectifs spécifiques. Dans d'autres cas, il semble qu'il ait été implicite que le travail d'équipe contribuerait de lui-même à renforcer les liens entre organismes participants.
Plus du tiers des projets (environ 40 pour cent) ont simplement décrit leurs populations prioritaires comme des personnes atteintes du VHC ou touchées par celui-ci. Toutes régions confondues, dix-sept initiatives ont ciblé leurs activités pour répondre à cette catégorie « fourre-tout ». Les projets étaient variés : identification des personnes atteintes, évaluation des besoins en milieu urbain et rural, planification stratégique (à l'égard à la sensibilisation), conception de plans d'action pour les individus, conception et diffusion d'information (sur les services, la prise en charge du VHC, la réduction des méfaits, la prévention/promotion de la santé), consolidation des services et renforcement du soutien, et adaptation de programmes existants.
Plusieurs projets ont ciblé certains groupes plus étroitement (personnes vivant avec des infections concomitantes VHC/VIH/sida, personnes venant de recevoir un diagnostic, femmes enceintes atteintes du VHC). Les populations à risque comprenaient les toxicomanes (1), les personnes vivant avec le VIH/sida (5), les hémophiles (2), les utilisateurs de drogues injectables ou UDI (5) et, selon le cas, les populations des quartiers défavorisés, les jeunes, les travailleurs de l'industrie du sexe, les sans-abri, les détenus (les populations amérindiennes étant souvent spécifiquement mentionnées). Dans plusieurs cas, les populations touchées par le VHC étaient également ciblées, quelquefois comme élément d'un groupe général comprenant les personnes atteintes, et quelquefois comme groupe spécifique (p. ex. les familles des personnes atteintes, et les partenaires sexuels des UDI).
Les besoins des collectivités rurales et nordiques (comme ceux des Premières nations) ont également été ciblés avec précision, souvent par l'entremise d'activités de portée générale : évaluations de besoins, campagnes d'éducation publique et le test, par groupe de discussion, de ressources utilisées dans d'autres collectivités.
En accord avec l'objectif de développement des ressources, plusieurs projets ont cherché à répondre aux besoins des organismes/groupes communautaires et de leur personnel - membres de c.a., décisionnaires, gestionnaires, personnel, intervenants de première ligne (communautaire/de rue, jeunesse, correctionnel, dépendances, santé, justice sociale) et bénévoles/pairs aidants. Les initiatives portaient principalement sur l'acquisition de compétences et la formation (p. ex., en soutien, en éducation et en prévention), le partage d'information, et la mise sur pied de réseaux, le plus souvent destinés aux bénévoles et aux intervenants de première ligne.
L'approche selon les déterminants de la santé reconnaît que les occasions et les options qui s'offrent à l'individu dans différents domaines et à différentes étapes de sa vie peuvent exercer un effet considérable sur sa santé2. Ainsi, la pauvreté et un manque d'éducation peuvent accroître les comportements à risque, comme le partage de seringues. Afin de les inciter à garder une vue d'ensemble en mettant leurs interventions sur pied et en oeuvre, les requérants devaient spécifier dans le formulaire de demande sur quels déterminants de la santé leur organisme entendait agir.
Un projet entrepris en Nouvelle-Écosse a révélé l'importance de cerner l'ensemble des facteurs qui influençent la santé. Une enquête menée auprès des partenaires, sur les lacunes et les obstacles dans les services de santé, a démontré que plusieurs des éléments définis - comme le racisme, le sexisme, l'homophobie et l'élitisme - étaient fortement reliés aux déterminants de la santé. Ces données seront inestimables pour orienter les interventions subséquentes.
Par rapport aux déterminants de la santé, l'approche adoptée par certains projet était évidente. Un groupe de projets a ainsi tenté de surmonter ou de minimiser certains effets néfastes dans la vie des personnes ciblées - par exemple, en cherchant à : améliorer les habitudes de vie personnelles (en utilisant des seringues propres et une approche en réduction des méfaits, comme en Alberta/T. du N.-O./Nunavut); remédier aux déficits éducationnels (en concevant des ressources et en élaborant des approches/formes d'évaluation pour public peu alphabétisé, respectivement au Manitoba/Saskatchewan et en Alberta/T. du N.-O./Nunavut); réduire l'impact des différences culturelles (en adaptant les services/ressources aux communautés amérindiennes, aux jeunes, aux personnes vivant dans la rue, comme l'ont fait l'Alberta/T. du N.-O./ Nunavut et le Manitoba/Saskatchewan); réduire les effets de l'isolement social, de l'itinérance et de la pauvreté (en mettant sur pied des groupes de soutien/de pairs, en fournissant des services mobiles et d'autres services d'approche, comme l'ont fait plusieurs régions).
Un autre ensemble d'initiatives agissait sur les déterminants de la santé en travaillant sur la sensibilisation, l'amélioration des compétences et le développement des ressources chez les intervenants/organismes oeuvrant auprès des collectivités touchées par l'itinérance, la pauvreté, l'isolement, le jugement social, etc. Dans un de ces cas, AIDS Vancouver a collaboré avec Service correctionnel du Canada et le Centre d'excellence sur le VIH/sida, en Colombie-Britannique, pour mettre sur pied un atelier destiné aux gestionnaires, aux décisionnaires et aux intervenants des domaines de la santé, des soins communautaires, des services sociaux et correctionnels. L'atelier, auquel participaient des personnes aux prises avec une dépendance, portait sur la santé et la justice sociale en lien avec le VIH, le VHC et les dépendances.
Un troisième ensemble de projets a fourni des ressources et/ou de l'information conçues pour aider les personnes atteintes du VHC ou touchées par celui-ci (comme les populations des quartiers défavorisés) à surmonter les différents obstacles qu'elles rencontrent et qui sont liés aux déterminants de la santé (comme l'emploi et le logement). Ainsi, les sujets à l'ordre du jour d'un groupe de soutien entre pairs incluaient la discrimination, l'isolement social, l'itinérance, le rejet familial et l'adaptation quotidienne.
Un autre facteur indiquant que les déterminants sociaux de la santé ont été non seulement reconnus, mais ciblés, dans la conception et la mise en oeuvre de plusieurs activités de projet à travers le pays, est la participation à de nombreux projets d'organismes/groupes locaux, provinciaux et nationaux engagés dans la lutte contre les injustices sociales et économiques et/ou leurs répercussioins. Parmi ces groupes, on retrouve : la Elizabeth Fry Society, la John Howard Society, des organismes comme le Common Front for Social Justice (Saint-John, N.-B.), le Kamloops Community Advocacy Council, plusieurs Native Friendship Centres, et les services correctionnels et sociaux des ministères provinciaux.
La composition des partenariats indique clairement que dans plusieurs initiatives, les efforts visaient essentiellement les populations atteintes du VHC, touchées par celui-ci ou à risque de le contracter. À ce jour, les rapports reçus suggèrent que même si la nature exacte de leur engagement n'était pas toujours explicite au départ, les groupes et les organismes ont largement contribué à l'élaboration (en fournissant commentaires/suggestions comme partenaires, dans les groupes de discussion, les comités, etc.), à la prestation (bénévolat, soutien entre pairs), et aux activités d'évaluation des projets (rétroaction sur les ateliers, etc.).
On peut le constater à la lecture des exemples suivants :
La première année, la plupart des projets étaient conçus pour être réalisés dans un laps de temps relativement court, c'est-à-dire qu'ils devaient résulter en production d'extrants spécifiques, plutôt qu'en résultats à long terme. Les « extrants » comprennent :
les événements ponctuels ou limités dans le temps, comme les rencontres (dans un but consultatif, éducatif, de planification et/ou de formation), les campagnes (d'éducation publique, de levée de fonds) et les présentations;
les produits, comme les ressources (brochures, bulletins, répertoires, vidéos), les outils stratégique/de planification (plans d'action/stratégies, évaluations des besoins, revues de la littérature, évaluations) et les approches/modèles (aptitudes de vie, éducation entre pairs, programmes d'échange de seringues).
Quant aux « résultats », ils rendent compte de changements (p. ex. dans les comportements, les taux de transmission ou de prévalence) et/ou décrivent des mécanismes (p. ex. une stratégie, un comité directeur) qui ont découlé d'une intervention3.
Le tableau ci-dessous indique que les extrants des projets ont adopté toutes les formes, avec un accent plus marqué dans les deux catégories suivantes : les rencontres (planification/ consultation, éducation et formation), et les ressources (conception et/ou modification). Ceci suggère que pour plusieurs organismes se penchant sur la problématique de l'hépatite C, il fallait partir de la base et se regrouper pour partager, mettre au point des stratégies, établir des liens, s'éduquer et s'informer mutuellement et, dans certains cas, étendre ce processus aux populations atteintes du VHC, touchées ou à risque. Logiquement, les activités d'information et d'éducation devaient donc inclure l'élaboration et l'adaptation de ressources.
Extrants |
Région |
||||||
Atl. |
Qc |
Ont. |
Man./ |
Alb./ |
C.-B./ |
Total |
|
Rencontres |
|||||||
consultation/planification |
1 |
- |
1 |
- |
1 |
- |
2 |
éduc./info (att./touc./à risque) |
1 |
1 |
- |
- |
1 |
- |
3 |
form./info/comp. (fourn.) |
3 |
1 |
2 |
2 |
1 |
1 |
10 |
groupes de soutien |
2 |
2 |
2 |
- |
- |
- |
6 |
Campagnes |
|||||||
éducation |
1 |
- |
- |
- |
- |
- |
1 |
levée de fonds |
- |
1 |
- |
- |
- |
- |
1 |
Ressources |
2 |
- |
6 |
3 |
5 |
1 |
17 |
Outils de plan./stratégie |
|||||||
plan d’action/stratégie |
- |
2 |
- |
- |
2 |
- |
4 |
évaluation des besoins |
1 |
2 |
2 |
- |
2 |
1 |
8 |
revue de la littérature |
- |
- |
1 |
- |
- |
- |
1 |
enquête |
1 |
- |
- |
- |
- |
- |
1 |
évaluation |
- |
- |
- |
- |
1 |
- |
1 |
Modèles/approches |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
1 |
Les résultats attendus sont ceux qui se produisent tels que planifiés ou escomptés au départ, que ce soit à court, moyen ou long terme.
À court terme, les résultats incluent des mécanismes mis sur pied en cours du projet - par exemple, un réseau d'organismes de services (Alberta/T. du N.-O./Nunavut), un comité hépatite C à Prince Albert (Manitoba/Saskatchewan); un partenariat d'organismes offrant la possibilité de tenir des ateliers et d'animer des groupes de soutien dans la région de Medicine Hat (Alberta/T. du N.-O./ Nunavut). On note aussi des changements observables ou mesurables immédiatement après l'intervention - par exemple, amélioration de l'accès aux ressources/soutien (Atlantique), renforcement des services pour personnes atteintes/touchées (Ontario); accroissement de la capacité organisationnelle (Alberta/T. du N.-O./Nunavut); augmentation des connaissances/de la sensibilisation par rapport à la transmission du VHC dans le nord du Canada (Alberta/T. du N.-O./Nunavut); augmentation de la sensibilisation aux enjeux entourant l'hépatite C chez les intervenants de première ligne (Québec); renforcement des partenariats communautaires pour venir en aide aux personnes atteintes du VHC (Alberta/T. du N.-O./Nunavut).
D'autres sortes de changements (p. ex. un changement dans le taux de transmission de la maladie) pourront n'apparaître qu'au fil du temps, après des efforts soutenus et souvent, à la suite d'initiatives complémentaires/intégrées. Étant donné que les projets se sont déroulés dans un laps de temps déterminé, plusieurs n'ont pu se prononcer sur l'atteinte de résultats aussi ambitieux. Néanmoins, un parrain dont le projet a reçu du financement pour mener une enquête sur les habitudes de vie (de façon à mettre au point des stratégies appropriées de réduction des méfaits), était suffisamment confiant pour annoncer à la fois un résultat immédiat (amélioration de l'accès aux services) et un résultat global (amélioration de l'état de santé) (Alberta/T. du N.-O./ Nunavut). Cet exemple illustre bien que les extrants (c.-à-d. les résultats de l'enquête) et les résultats à court terme (c.-à-d. le renforcement des services) sont des étapes sur le chemin des résultats de santé positifs à long terme (c.-à-d. une santé améliorée) .4
Les projets peuvent également avoir obtenu des résultats inattendus, qu'ils soient positifs ou négatifs. Pour la période de financement 1999-2000, un des résultats positifs a été qu'une brochure destinée à l'origine aux populations urbaines atteintes et touchées s'est avérée utile à d'autres populations, dont les fournisseurs de services, les résidants ruraux et les groupes à risque (Manitoba/Saskatchewan).
Il est essentiel que les rapports d'évaluation présentent autant les résultats positifs que négatifs; en effet, de meilleures pratiques peuvent naître autant des échecs que des réussites. Les parrains devraient être encouragés à rendre compte de leur projet dans ce sens. Il est possible qu'ils ne transmettent pas l'information recueillie sur les résultats négatifs, de peur que cela ne ternisse l'image de leur projet ou n'anéantisse les possibilités de financement ultérieur.
Au cours de la première année de financement, plusieurs organismes y sont allés un peu à tâtons. Généraliser à partir de l'expérience d'une poignée de projets serait imprudent, mais il semble important d'utiliser certains indices préliminaires pour dégager « ce qui a fonctionné » de « ce qui n'a pas fonctionné ». Dans le moindre des cas, nous espérons que l'exercice attirera l'attention des organismes soumettant de nouvelles demandes de financement sur ce qui peut faciliter leur projet ou lui nuire.
Régions |
Projets financés |
Rapport reçus |
Atlantique |
7 |
3 |
Québec |
5 |
2 |
Ontario |
9 |
- |
Manitoba/Sask. |
4 |
2 |
Alberta/T. N.-O./Nun. |
12 |
10 |
C.-B./Yukon |
4 |
1 |
Total |
41 |
18 |
Les « leçons » tirées par les projets de leur expérience (d'après les rapports reçus à ce jour - voir l'annexe A) ont été divisées en quatre grandes catégories que nous décrivons ci-dessous : travailler en partenariat, qui traite des commentaires sur les différentes sortes de collaboration; savoir utiliser les compétences, qui porte sur l'importance de savoir à l'avance de quelle forme d'aide extérieure on aura besoin afin de budgétiser en conséquence; connaître son public cible, qui met en lumière la nécessité de concevoir des interventions et des approches acceptables pour la population; et planifier de façon réaliste, qui insiste sur l'importance de bien estimer les coûts et les échéanciers.
Leçon provisoire :
Les partenariats réussis ne fleurissent pas spontanément;
ils demandent une planification étudiée, une compréhension
commune des objectifs et des processus du projet, ainsi qu'une
connaissance et une appréciation des visées et de
la culture de chacun des organismes membres.
Une équipe a rapporté avoir obtenu un succès considérable avec deux comités s'occupant chacun de différents aspects du travail (organisation d'une conférence et production d'une ressource). Dans ce cas, le processus de prise de décision en groupe s'est déroulé harmonieusement. À l'inverse, le partage des responsabilités s'est avéré tellement difficile dans le cas d'un autre groupe, que le comité a dû être scindé en trois entités qui se sont chargées de ne gérer qu'un seul élément (site) du projet. Il semble que les facteurs qui ont contribué à envenimer la situation - laquelle a résulté en délais et en dépassements budgétaires - portaient sur des questions de gestion (p. ex. ne pas tenir compte des suggestions des autres partenaires, ne pas prêter attention à la gestion quotidienne).
Ces faits indiquent que les membres des comités doivent avoir la même compréhension du projet dès le départ (y compris de ses échéances et des rapports exigés) ainsi qu'une définition précise et commune du rôle et des responsabilités de chacun et des procédures à suivre. Par ailleurs, il peut s'avérer utile d'attribuer différents aspects du travail à des sous-comités de manière à assurer la concentration des efforts.
Un autre genre de collaboration a remporté un franc succès : la coanimation des rencontres des groupes de soutien entre pairs et des professionnels de deux organismes, l'un s'occupant principalement de la problématique VIH/sida et l'autre de l'hépatite C. Les évaluations des rencontres par les participants ont été extraordinairement positives. Le rapport de projet énumère la souplesse, la communication, la compréhension et le partage des buts comme avantages de l'approche en coanimation; selon le rapport, cette approche a aidé les partenaires à mieux comprendre les populations soutenues par chaque organisme et leurs besoins. Le rapport ajoutait également que « la personnalité des coanimateurs invitait à travailler avec le groupe », ce qui suggère que peu importe la situation, les traits de caractère individuels sont un facteur de succès dans une entreprise commune.
Deux ONG provinciaux (la Société canadienne de l'hémophilie et la Société de l'Hépatite C du Canada) ont noué une alliance efficace pour réaliser un projet, le premier fournissant au second de l'aide pour la rédaction de la proposition, des conseils/de l'expertise sur certaines tâches essentielles (p. ex. test sur le terrain, relecture d'épreuves) et un espace de rencontre.
Pourtant, partager les mêmes problématiques ne garantit pas que les organismes travailleront bien ensemble, puisqu'il se peut que ce soit leurs différences qui les séparent. Ainsi, le fait que le virus de l'hépatite C peut être contracté, dans certains cas, de la même façon que le VIH/sida pourrait laisser croire qu'une collaboration entre ces deux communautés s'avérerait avantageuse (p. ex. le groupe de soutien mentionné plus haut). L'hépatite C reste néanmoins une maladie de foie et certaines des personnes qui en sont atteintes sont préoccupées par le jugement négatif qui est associé au VIH/sida. Elles craignent que l'association avec un organisme VIH/sida contribue à renforcer la stigmatisation reliée à l'hépatite C. Elles craignent également que, nouvellement concernés par l'hépatite C, les organismes VIH/sida n'aient pas encore les capacités nécessaires pour offrir une programmation adéquate sur le problème. Ces questions devront être étudiées si l'on veut que les énergies soient efficacement employées.
Leçon provisoire :
Pour sauver du temps et éviter les ennuis, il faut reconnaître
ses lacunes et utiliser l'expertise de quelqu'un d'autre
(même s'il faut payer pour le faire).
Un projet voulant produire une brochure d'information a rapporté que le comité consultatif communautaire a bien fonctionné et que ses suggestions ont été suivies. Les membres du groupe avaient tous été soigneusement sélectionnés selon des critères précis : personnes atteintes/touchées, représentants de Santé Canada (fédéral) et des autorités régionales de la santé (provincial), un hépatologiste (connaissance du VHC) et des experts en développement des ressources de lutte contre le VIH/sida. Les deux sexes siégeaient au comité qui comptait autant des résidants urbains que ruraux.
C'est un exemple de ce que signifie engager les « bonnes » personnes, c'est-à-dire savoir qui sont les experts et où on peut les trouver. Un autre projet, qui a utilisé comme ressources pour ses ateliers des « personnes qui s'y connaissent », a mentionné à quel point cette façon de faire avait bien fonctionné.
Dans le projet portant sur la production d'une brochure, l'équipe n'avait pas prévu, à l'étape de la planification, la nécessité d'adapter le message en langage simple. Toutefois, lorsque le besoin s'est fait sentir, les organisateurs ont réussi à échanger les services d'un spécialiste de Héritage Canada contre l'expertise de Santé Canada. L'équipe a également réussi à obtenir d'une imprimerie locale qu'elle absorbe une partie des coûts d'impression, à faire relire les épreuves bénévolement par des membres atteints/touchés de la section locale de la Société de l'Hépatite C, et à faire réaliser le graphisme par une personne atteinte du VHC. S'ajoutant à une subvention d'une société de loterie provinciale, les gains obtenus suite à des activités de levée de fonds (de la Société) ont contribué à payer ces dépenses imprévues. Dans ce cas précis, des solutions créatives ont été trouvées. Néanmoins, c'est un rappel de l'importance de bien évaluer l'aide professionnelle (et les autres formes d'aide) dont on aura besoin, et de prévoir les coûts et les échéances que cela entraîne dès le départ.
Dans un autre projet, un meilleur usage aurait pu être fait des résultats d'une évaluation, si un professionnel avait été consulté pour élaborer le questionnaire. En effet, l'utilité des résultats a été restreinte par l'absence de données démographiques (culture, sexe, groupe d'âge des répondants). Les compétences recherchées peuvent souvent être dénichées dans la collectivité, qu'elles soient fournies bénévolement ou contre rémunération. Comme l'a souligné une équipe, utiliser quand c'est possible les ressources de la collectivité (ex. : pour la rédaction, l'impression, le graphisme) peut contribuer à réduire les coûts. Cela contribue aussi à développer les ressources communautaires.
Leçon provisoire :
Comprendre son public (population cible) - comment il pense,
ce qu'il ressent - et anticiper sa réaction probable
sont essentiels au succès d'une intervention. La population
doit également connaître les organisateurs du projet
et avoir confiance en eux.
Dans un projet consistant à mener une enquête, l'absence de familiarité avec la population cible a rendu le travail plus difficile, et a peut-être même compromis les résultats. Les organisateurs du projet ont été pris de cours lorsque la population ciblée, laquelle incluait des « collectivités marginalisées », a accueilli les chercheurs avec méfiance. En mettant au point son questionnaire, l'équipe d'un autre projet a réalisé l'importance de comprendre les points sensibles et les inquiétudes des populations : leur expérience a en effet suggéré qu'on obtient de meilleurs résultats lorsque les questions ne sont pas formulées de façon menaçante - p. ex. s'informer des comportements à risque plutôt que de demander carrément aux répondants s'ils sont atteints du VHC.
Les évaluations fournies par les participants d'un projet qui avait mis sur pied un groupe VIH/VHC de soutien entre pairs a apporté quelques éléments utiles quant à la perception que ses membres ont d'eux-mêmes et de leurs besoins. Les évaluations les moins positives se concentraient sur la propre capacité des répondants de « parler et d'obtenir le soutien du groupe » et de « dire comment [ils se sentent] face au VIH et au VHC ». Ces informations sont précieuses pour les projets à venir : ils indiquent la nécessité de trouver des façons plus aidantes d'amener les individus à s'ouvrir.
On peut également conclure que la crédibilité d'un organisme auprès d'une clientèle interviewée peut faire naître la confiance et contribuer à l'ouverture des répondants. Ainsi, dans un projet visant à recueillir l'opinion d'utilisateurs de drogues injectables, la perception que les personnes interviewées avaient d'un programme établi auquel elles font confiance s'est traduite par une grande franchise dans les réponses, ce qui a présumément accru l'utilité des données recueillies.
Connaître son public peut également contribuer à faire en sorte qu'il sera réceptif aux messages qu'on cherche à lui communiquer. Un projet a mentionné la nécessité de moins insister sur certains aspects de la réduction des méfaits - par exemple, l'échange de seringues - afin de ne pas perdre le soutien du public. Le fait d'entendre parler d'échange de seringues ne fait que renforcer, dans l'esprit du public, l'idée erronée selon laquelle c'est en cela seulement que consiste la réduction des méfaits.
Le « public » peut inclure les médias, dont il est important de comprendre les comportements et les points sensibles (leur coopération et leur aide étant requises). Ainsi, un poste de radio ayant offert 3 000 $ de temps d'antenne à un projet pour des annonces d'intérêt public, s'est objecté au contenu de l'une des annonces (sur la consommation de cocaïne par voie nasale), ce qui a occasionné des retards. Inversement, une approche trop prudente peut aussi causer des problèmes. Par exemple, craignant la controverse, les organisateurs d'un projet ont agi avec une telle circonspection dans leur sélection des médias qu'ils n'ont finalement reçu « presque aucune couverture médiatique ». Ils ont conclu qu'une approche plus énergique devra être adoptée la prochaine fois.
Leçon provisoire :
Sans une bonne idée de ce que chaque tâche signifie,
on peut mal évaluer le temps et l'argent requis pour
mener un projet à bien.
Une coalition qui a effectué une étude du milieu parmi ses organismes partenaires (dans un but d'accroissement des compétences) a avoué que l'échéancier de 12 semaines était insuffisant pour mener le travail à bien de manière suffisamment fouillée. La coalition n'avait pas non plus prévu de temps pour permettre au chercheur d'assister aux rencontres du personnel/c.a. des organismes participants afin d'expliquer le projet, ou d'assurer le suivi en téléphonant à certaines personnes clés. Un autre projet a mal jugé la somme de travail et de développement préliminaires avant de diffuser une annonce d'intérêt public. L'annonce était donc « mal préparée et elle a été diffusée au mauvais moment ».
Certains aspects du travail seront négligés s'ils ne sont pas clairement délimités au départ, et si leurs coûts ne sont inclus dans les postes budgétaires appropriés. Une équipe a ainsi mentionné que son budget était « irréaliste » et qu'il « manquait de souplesse » : aucun poste n'avait été prévu pour la préparation des rapports finaux (et il n'existe aucune possibilité de réaffecter les fonds).
Une autre équipe de projet, travaillant à concevoir une trousse de présentation de l'hépatite C, a expliqué que les fonds s'étaient avérés insuffisants pour terminer le travail. Les échéanciers ont également été difficiles à respecter, ce qui a été attribué à l'approbation tardive du financement (il est à souhaiter que ce problème se règlera au fil du temps).
Il est trop tôt pour déterminer quelles sont les approches qui présentent les meilleures chances de succès, en particulier parce que les rapports reçus à ce jour se concentrent plus sur ce qui a été fait et mis en oeuvre (un aspect de la meilleure pratique) que sur les changements qui en ont résulté (un autre aspect de la meilleure pratique). Par ailleurs, les évaluations reçues traitent généralement de la satisfaction de la clientèle (p. ex. après des ateliers de formation ou des rencontres de groupes de soutien), ce qui ne fournit pas d'indication sur l'efficacité de l'intervention à long terme.
Chaque collectivité est unique et il n'y a pas de taille universelle, mais nous avons néanmoins glané quelques bribes intéressantes. Les observations qui suivent sont précises et remarquablement pragmatiques, ce qui permet de conclure que la meilleure pratique est plus une question de bon sens que de formules magiques :
Ainsi énumérés, ces éléments n'ont peut-être l'air que de trucs utiles dont certains peuvent tout aussi bien s'appliquer à d'autres enjeux de santé. Nous croyons cependant qu'au fil du temps, les équipes de projet pourront probablement se confirmer mutuellement leurs expériences avec certaines approches, certains cadres, certaines populations, etc., créant ainsi une banque de données qui renforcera la confiance qu'ont les collectivités dans leurs méthodes de lutte contre l'hépatite C, tout en leur fournissant une longueur d'avance (on ne perd pas de temps à réinventer la roue).
Comme la suite permet de le constater, la plupart des organismes qui ont soumis des rapports ont conçu leur projet comme une étape dans un ensemble d'activités à venir :
L'intention générale du financement régional de projets est d'accroître la capacité de réponse des collectivités à l'hépatite C. On a beaucoup écrit sur la capacité des collectivités, sa définition et la façon de la mesurer. Sans entrer dans le vif de cette discussion qui se poursuit toujours, il est possible de définir empiriquement certains indicateurs de la capacité des collectivités (de répondre à l'hépatite C), tel le nombre d'organismes travaillant activement à une problématique, le niveau de collaboration et de coordination entre organismes, la compréhension des problématiques et des besoins auxquels il faut répondre, les compétences disponibles (personnel bien formé et qualifié), le nombre de bénévoles, leur niveau de formation/connaissances ainsi que l'intensité de leur engagement, le niveau de participation des populations dont la santé est en jeu (à toutes les étapes d'un projet), les ressources disponibles (financières, humaines et autres), et la qualité du soutien offert par l'environnement social (en termes de discrimination, peurs, volonté politique, etc.).
Au fil du temps, il est évident que cette liste s'allongera et se raffinera. Cependant, même une étude superficielle des projets financés au cours de cette première année démontre que des changements positifs sont déjà en voie de se produire dans plusieurs des catégories « d'indicateurs » énumérées plus tôt. Ces initiatives communautaires - leur raison d'être, leurs activités, les résultats attendus (extrants et résultats), les stratégies d'engagement de leur population, l'attention qu'elles portent aux déterminants de la santé et leur approche fondée sur la collaboration - sont conçues de manière à accroître la capacité de réponse locale dans les mois et les années à venir. Qui plus est, les leçons tirées à la fois des succès et des échecs viendront enrichir cette capacité.
Le matériel disponible - sommaire des projets et nombre limité de rapports - permet de constater que le financement contribue à stimuler considérablement les collectivités, à augmenter la sensibilisation, à accroître le soutien et à multiplier les partenariats, ce qui (si l'on en croit la rétroaction actuelle) transformera de façon positive et significative le portrait de l'hépatite C au Canada. Le défi consistera à recueillir et à diffuser efficacement les connaissances de tout ordre que les projets font et feront naître.
Ce rapport s'appuie sur les données et le matériel fournis par le Programme de l'hépatite C. Tel que mentionné d'entrée de jeu, au moment de rédiger notre analyse, nous avions reçu moins de la moitié des rapports (provisoires et/ou finaux) qui devaient être déposés par les 41 projets financés; de plus, plusieurs projets ont soumis des extrants sans les accompagner de rapports.
À cause de considérations d'ordre budgétaire et d'autre nature, nous n'avons pu procéder à l'étude des demandes de financement originales. L'information sur les projets n'ayant pas soumis de rapports provient donc principalement des sommaires de projet (un paragraphe) préparés par le Programme de l'hépatite C. Ces sommaires n'étaient pas très spécifiques, par exemple sur leurs approches, leurs partenaires et les résultats attendus (ex. : on mentionne « mécanismes et outils éducatifs » sans préciser davantage). Il est possible que certains éléments aient été modifiés au fil du projet alors qu'ils étaient décrits dans le sommaire; sans rapport, cela ne peut être démontré. De plus, sauf quelques exceptions, aucune information n'a été fournie sur les échéanciers ou les budgets. Il est difficile de mesurer l'utilité qu'aurait pu avoir cette information si elle avait été connue; nous nous contentons donc ici d'en souligner l'absence.
Ces facteurs peuvent influer sur la qualité et la justesse du rapport. D'une part, les différences entre les plans originaux (tels que décrits dans les sommaires) et ce qui s'est passé dans les faits (comme on peut en juger à la lecture des rapports disponibles) suggèrent qu'il est impossible d'éviter des erreurs de calcul (p. ex. dans le tableau des extrants, dans les sections Organismes et Partenaires). L'équilibre du rapport n'est pas non plus harmonieux, dans le sens où nous avons dû fonder les sections les plus importantes (Leçons, Vers une meilleure pratique et Plans d'avenir) sur les rapports reçus et non sur l'ensemble des rapports de projets.
Ces limites soulignent l'importance et l'urgence de concevoir des formulaires de rapport normalisés et d'établir des échéances (périodiques et finales) pour la soumission des rapports de projets. Ce n'est qu'ainsi que les expériences et les résultats des projets pourront pleinement contribuer à accroître la capacité des collectivités et à améliorer les pratiques communautaires.
Étude du milieu et amélioration des connaissances sur l'hépatite C (membres de trois organismes partenaires)
Partenaires :
Extrant :
Déterminants de la santé :
Ce qui n'a pas fonctionné :
Leçons :
Futurs besoins :
Projet conjoint sur l'hépatite C : Formation des fournisseurs de services de première ligne
Partenaires (Comité directeur) :
Extrants :
Groupe de discussion des intervenants communautaires de première ligne5 visant à obtenir idées et suggestions pour élaborer l'ordre du jour de la conférence
Conférence éducative de deux jours pour groupe d'intervenants communautaires (40 à 50 participants)
Brochure éducative en français (la version anglaise a été traduite et imprimée)
Résultats :
Futurs besoins (lacunes à combler) :
« Hépatite sans frontières », journées de formation sur l'hépatite C, offertes à 380 intervenants (toxicomanie, centre jeunesse, population de rue, etc.) de différentes régions du Québec
Extrants :
Ce qui a fonctionné :
Leçons :
Avenir :
Partenaires :
Extrants :
Autres éléments dont il n'est pas fait mention :
Extrants :
Résultats :
Résultats inattendus :
Leçons :
Futurs besoins (lacunes a combler) :
Atelier de sensibilisation et d'éducation d'une journée pour intervenants communautaires
Extrants :
Résultats :
Groupe VIH/VHC de soutien entre pairs
Extrants :
Résultats :
Participation communautaire :
Déterminants de la santé :
Ce qui a fonctionné :
Ce qui n'a pas fonctionné :
Leçons :
Plan de viabilité :
Le projet continuera grâce au partenariat établi entre les deux organismes
Hépatite C : programme d'éducation et de sensibilisation de la population de rue (trousse de présentation)
Partenaires :
Extrants :
Résultats :
Participation communautaire :
Évaluation :
(à venir)
Ce qui a fonctionné :
Ce qui n'a pas fonctionné :
Vidéo de sensibilisation de la jeunesse amérindienne à l'hépatite C
Extrants :
Résultats :
Participation communautaire :
Projet de ligne d'aide téléphonique sur l'hépatite C
Extrants :
Résultats :
Participation communautaire :
Ce qui a fonctionné :
Ce qui n'a pas fonctionné :
Leçons :
Programme de réduction des méfaits sur le terrain
Partenaires :
Extrants :
Résultats :
Participation communautaire :
Ce qui n'a pas fonctionné :
Futurs besoins (lacunes a combler) :
Programme de services de réduction des méfaits
Partenaires :
Extrants :
Résultats :
Participation communautaire :
Ce qui a fonctionné :
Ce qui n'a pas fonctionné :
Leçons :
Futurs besoins :
Utiliser les résultats de l'évaluation pour estimer les besoins futurs
Partager les résultats de l'évaluation avec le bureau national et les autres sections de la Société de l'Hépatite C du Canada et avec la Chinook Health Region
Brochure sur le tatouage et le perçage corporel sécuritaires (ciblant les jeunes et les personnes susceptibles de recourir à ces services) : mise à jour, impression et diffusion
Partenaires :
Réseau de distribution :
Extrants :
Résultats :
(trop tôt pour se prononcer)
Participation communautaire :
Plan de viabilité :
Futurs besoins :
Projet de conférence et trousse de réduction des méfaits
Extrants :
Participation communautaire :
Les UDI
Ce qui a fonctionné :
Ce qui n'a pas fonctionné :
Enquête sur l'hépatite C et les UDI (53 répondants : utilisateurs actifs et ex-utilisateurs)
Extrants :
Résultats :
Participation communautaire :
Ce qui a fonctionné :
Ce qui n'a pas fonctionné :
Plan d'avenir :
Adaptation du programme Vivre avec une maladie du foie (élaboration et promotion)
Extrants :
Partenaire :
Extrant :
Autres éléments dont il n'est pas fait mention :
Extrant reçu :
Autres éléments dont il n'est pas fait mention :
Partenaires :
Extrant :
Autres éléments dont il n'est pas fait mention :
Extrants reçus (distribution interne seulement) :
Autres éléments dont il n'est pas fait mention :
Pour partager cette page, veuillez cliquez sur le réseau sociale de votre choix.